Alain Madelin

Au palmarès des réussites de nos exportations, il faut maintenant ajouter l’impôt mondial «made in France». Cette idée longtemps portée par le mouvement ATTAC a été reprise et développée par un groupe d’experts à la demande du Président de la République, Jacques Chirac. La voici maintenant portée, toujours à l’initiative de notre Président de la République, au niveau international. Cocorico !

Bien entendu nous devons tout entreprendre pour faire reculer la faim, la maladie, la misère dans le monde.

D’abord lutter pour le respect des droits humains fondamentaux car, comme l’a montré le prix Nobel Amartya Sen, ce respect est une condition du développement. Voilà qui devrait nous inviter à remettre en cause le soutien que la France apporte à bien trop de dictatures dans le monde.

Développer ensuite les agricultures du Tiers-Monde pour lutter contre la faim. Voilà qui devrait nous donner le devoir de mettre fin à notre protectionnisme agricole, et ne pas chercher à interdire l’usage des OGM à ceux qui en ont le plus besoin.

Permettre aussi aux pays en développement d’attirer des capitaux pour pouvoir construire des usines, installer des calls centers afin de vivre de leur travail. Voilà qui interpelle la guerre que nous déclarons aux délocalisations et aux pays qui ont l’audace de chercher à attirer les capitaux dont ils ont besoin par une fiscalité plus séduisante que la nôtre.

Favoriser enfin, bien entendu, le développement d’infrastructures, d’hôpitaux et d’écoles. Voilà qui invite les pays les plus riches à prendre directement en charge ces projets. Comme vient de le dire le président du Sénégal Abdoulaye Wade, afin de lutter contre la corruption qui, hélas, accompagne trop souvent l’aide internationale : « Je ne veux pas d’argent, mais des routes, des écoles, des dispensaires, des hôpitaux, des terrains aménagés et irrigués ».

Mais faute d'apporter des réformes concrètes à ces problèmes, voici qu'on fait miroiter un providentiel impôt mondial. Les experts mandatés par Jacques Chirac sont imaginatifs : une taxe sur les transactions financières; une taxe sur les ventes d’armes; une taxe sur la pollution à prélever sur les moyens de transports, fret ou billets d’avions ; une taxe sur le bénéfice des multinationales; une taxe sur les cartes de crédit ou encore un impôt additionnel sur l’impôt sur le revenu (la vérité obligeant à dire que sans doute conscient du faible taux de popularité de ces deux dernières suggestions, elles sont présentées comme un prélèvement volontaire, du moins dans un premier temps).

L’intention est généreuse, mais elle s’alimente hélas d’une pensée économique primitive, celle qui consiste chez les animistes ou les enfants à vouloir punir les objets « méchants » : « radiateur brûle, méchant radiateur ! » Méchante pollution, méchante spéculation , méchantes armes, méchants riches qui voyagent en avion, méchantes multinationales. Vous avez fauté, vous serez taxé.

Au risque de jouer les rabats-joie, qu’il soit permis de rappeler la proverbiale sagesse fiscale : « si on met un impôt sur les vaches, ce ne sont pas les vaches qui paient les impôts ». Taxer les billets d’avion ou les multinationales entraînera inéluctablement une hausse des prix, des produit et des services. De même une taxe sur les transactions financières se répercutera sur le coût du crédit dont les plus pauvres - consommateurs ou pays – feront les premiers frais. Vouloir enrayer la "spéculation" en la taxant, c’est méconnaître le rôle essentiel qu’elle joue aujourd’hui sur les marchés pour en réduire les risques et ignorer que le gain d’un spéculateur est nécessairement la perte d’un autre.

Quant à taxer les ventes d’armes comme l’avait déjà proposé Laurent Fabius, c’est oublier que les armes ne sont méchantes que par l’usage que l’on en fait et l'on n'imagine guère une taxation des armes achetées par notre armée ou notre police. Si l’on vend des armes à une autre démocratie pour l’aider à se défendre on ne voit guère pourquoi il faudrait instituer une taxe sur la défense de la démocratie. Et si l’on vend des armes à une dictature, le paiement d’une taxe ne saurait ni excuser ni moraliser cette vente.

En France quand on n'a pas d’idées, on a toujours une idée d’impôt.

Mercredi 29 septembre
1ères rencontres
de la réforme


à partir de 17h00
à la maison de la chimie,
28, rue Saint Dominique 75007 PARIS
Suivie d’un cocktail dînatoire
à partir de 20h00
à la maison des Polytechniciens,
12, rue de Poitiers 75007 PARIS



Signalé

Fiscalité
Chris Patten, commissaire européen aux relations extérieures, a publié le 23 septembre une tribune sur la nécessité de la concurrence fiscale. «Le ministre français des Finances, Nicolas Sarkozy, s'est forgé une réputation de gestionnaire énergique des affaires publiques et d'homme relativement libéral en matière économique. C'était donc surprenant de l'entendre dire que les taux d'imposition des nouveaux Etats membres de l'Union européenne étaient trop bas, et plus encore de le voir proposer que les fonds du budget communautaire perçus par ces pays à des fins de développement structurel soient réduits en conséquence.»
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Etats-Unis
Notre ami Yves Roucaute vient de publier un livre à lire absolument « La Puissance de la liberté ». Dans cet ouvrage, Yves Roucaute fait une véritable apologie de la liberté en rappelant qu’à l’heure actuelle «l’Amérique constitue […] le navire amiral des républiques libres».
Publiant un entretien avec Yves Roucaute et l’opposant à celui de Jacques Julliard, le Figaro littéraire engage un match entre les deux auteurs : qui l’emporte ? Nous vous invitons à donner votre avis en accédant au forum du Figaro Littéraire.
La puissance de la liberté, PUF, 320 p., 23 euros.


Humeur

Le saviez-vous ? Dominique Strauss-Kahn passe pour l'économiste socialiste le plus imaginatif, violant les tabous, secouant les totems auxquels sacrifient encore les socialistes à l'ancienne. C'est dire si l'on attendait, avec autant d'impatience que de gourmandise, quelle neuve solution allait sortir de sa corne d'abondance pour répondre au défi des délocalisations.
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Nouvelles des Cercles

Le pot de rentrée des Cercles libéraux, le 21 septembre, a réuni autour d’Alain Madelin plus de 200 personnes dans nos locaux du 31 boulevard La Tour Maubourg. Nous avons pu nous réjouir de la présence de parlementaires tel que Hervé Novelli, chef de file des députés Réformateurs, Jean-Michel Fourgous, président de Génération entreprises, Jean-Jacques Descamps, Claude Goasguen, Michèle Tabarot. Nous repartons ainsi pour une année d’action et de promotion des idées libérales au sein du monde politique et de la société civile.

"Ayons un esprit militant", faire entendre la voix des libéraux, prendre la parole, assumer nos idées, les faire connaître, informer, débattre et convaincre : quelques réflexions d'Eloi Jutteau, un des responsables du cercle de Paris Centre.
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A signaler la position du cercle du Havre qui s’est récemment exprimé sur la liaison transmanche qui relie le port de Dieppe à Newhaven.
Jean-Christophe Hauguel estime que l’état financier de la ligne qui appartient au Conseil Général de Seine-Maritime est « révélateur de la dérive de la gestion publique observée dans le pays ».
Lire l’article publié dans la presse havraise
A lire également l’éloge de Frédéric Bastiat , un des symboles de la pensée libérale. «Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas», l’ouvrage de chevet de Jean-Christophe Hauguel, aurait inspiré Ronald Reagan .Ce livre éclaire un courant de pensée libéral souvent mal perçu en France.
Lire l’article
Contacter Jean-Christophe Hauguel cercleliberalduhavre@wanadoo.fr