
Alain
Madelin |
Le
gouvernement serait bien inspiré de reporter à
plus tard son projet de suppression d’un jour férié.
Certes, vouloir financer la dépendance est une louable
intention. Cependant les bonnes intentions ne font pas forcément
les bonnes politiques.
De
quelque côté que l’on retourne la proposition
du gouvernement, elle consiste à additionner trois impôts
: l’impôt travail obligatoire payé par les
salariés du privé et du public, l’impôt
(ou l’endettement) supplémentaire payé par
les Français pour financer la contribution patronale
de l’Etat, la contribution sur les revenus du patrimoine
et des placements.
Cette augmentation
des prélèvements obligatoires d’un total
d’1,9 milliards d’euros va bien évidemment
dans le mauvais sens. Elle révèle l’inquiétante
incapacité de l’Etat à réaliser un
effort d’économie d’environ 0,25 % de nos
dépenses publiques pour financer de nouvelles dépenses.
S’il
est nécessaire de permettre aux Français de travailler
plus, ce doit être pour leur permettre de gagner plus
et non pour confisquer la totalité de leur effort au
profit de l’Etat.
C’est
une mesure paradoxale pour un gouvernement qui entend préserver
« l’acquis social » des 35 heures puisque
elle revient à obliger les français à
travailler plus pour l’Etat tout en leur interdisant de
travailler plus pour eux-mêmes.
Enfin,
s’il est de bonne pédagogie d’expliquer que
si l’on veut dépenser plus il faut nécessairement
travailler plus, il conviendrait d’aller plus
loin en expliquant aux Français que pour financer notre
niveau de déficits publics, il faudrait supprimer 40
jours fériés !
La
question de la dépendance et de son financement dépasse
de très loin la proposition du gouvernement et elle ne
saurait être séparée du débat sur
la réforme de la Sécurité sociale qui s’annonce.