Alain Madelin

La presse aura surtout retenu de la «convention sociale» organisée par l’UMP, cette proposition phare : baisser les charges sociales sur les heures supplémentaires.

On peut donc ainsi résumer notre politique pour l’emploi (droite et gauche confondues) la baisse massive des charges sociales pour contribuer au surcoût que représente pour les entreprises la facture des 35 heures afin de permettre aux Français de travailler moins. Baisser les charges sociales pour permettre maintenant aux Français de travailler plus.

On hésite entre le Sapeur Camember et Gribouille pour trouver l’inspirateur d’une telle politique.

Depuis longtemps, les libéraux mettent en garde contre l’illusion des «baisses des charges sociales» qui en l’absence de baisse des dépenses sociales (bien au contraire!) ne constituent en fait qu’un transfert de charges vers le travail le plus qualifié au détriment de la compétitivité et au risque d’une dangereuse «smicardisation» des salariés français, de la compression des hiérarchies compte tenu des effets de seuil de ces «allégements de charges sociales» (on trouvera une analyse complète de cette contribution chez les libéraux «Pour une justice sociale libérale»).

La France a dû attendre 1986 pour s’affranchir définitivement du contrôle des prix car depuis la guerre la classe politique et la haute technocratie française prétendaient - en vain - lutter contre l’inflation par l’encadrement du crédit et le contrôle des prix. En instaurant la liberté des prix et la libre concurrence, l’inflation, a eu tôt fait de disparaître.

Il en est de même en ce qui concerne le marché du travail où les salaires sont largement administrés et faussés par de multiples interventions de l’Etat (coup de pouce artificiel au SMIC, allégement de charges, divers emplois aidés ou prime pour l’emploi...et maintenant coup de pouce salarial au frais de l’Etat et en franchise d’impôt sur les sociétés...), où les emplois sont aussi largement sur-réglementés par un droit du travail extraordinairement contraignant hérité de la civilisation de l’usine.

Le moment viendra où l’on réalisera que seul un libre marché de l’emploi renonçant à toute intervention salariale artificielle pour soumettre le coût du travail à un vrai calcul économique et qu’un code du travail allégé au profit d’un droit du travail plus contractuel et plus souple, permettra de retrouver le chemin du plein emploi et de saines augmentations de salaires.


Signalés

MONDIALISATION
Notre ami Jaques Garello, dans la nouvelle lettre, nous dévoile la vérité sur les délocalisations.
La vérité sur les délocalisations

CHINE
La situation économique de la Chine est toujours aussi mystérieuse en apparence. D’un côté, la croissance se poursuit à des rythmes faramineux de près de 10%. De l’autre, le gouvernement maintient certaines politiques dirigistes, envisage même une politique conjoncturelle de stop and go et restreint ses exportations. Le tout dans un régime politique de parti unique inchangé, toujours aussi dictatorial. Mais si la Chine, manifestement, continue à progresser, c’est parce que, dans la majorité des secteurs, elle a choisi le capitalisme. Il lui reste à achever sa conversion, si elle ne veut pas remettre en cause ces éléments positifs.
La Chine entre capitalisme et interventionnisme sur libre.org

EUROPE
En arrêtant au 29 mai la date du referendum sur la ratification du projet constitutionnel européen, le Président de la République a ménagé un temps d’information et de réflexion qui contraste avec la hâte qui avait présidé au referendum sur le traité de Maastricht. Je ne m’en plaindrai pas : quand le peuple est consulté, il doit être conscient des choix qu’il fait, et avoir la possibilité de s’instruire sur la décision qu’on lui demande de prendre.
Le tour d'Europe en quatre vingt jours par Jacques Garello

ECONOMIE
La différence essentielle entre la France et les Etats-Unis, c’est l’extraordinaire conservatisme français, au mauvais sens du mot, qui nous empêche d’imaginer la moindre réforme et a fortiori de sortir du politiquement correct. Au contraire, les Américains sont sans complexe lorsqu’il s’agit d’innover et envisagent le plus tranquillement du monde les réformes les plus radicales. On vient d’en avoir un nouvel exemple avec Alan Greenspan
Alan Greenspan : supprimer l'impôt sur le revenu sur libres.org


Nouvelles des Cercles

A signaler la dernière réunion du cercle du Puy de Dôme, sur «la directive Bolkestein». Le débat fut très animé. La majorité des participants s’est prononcée en faveur de la directive Européenne. Mais un certain nombre a émis des doutes et des craintes face à l’application de cette mesure.
Lire le compte rendu
Jean-Pierre Brenas jpbrenas@wanadoo.fr
Lucette Mermoz au 04 73 83 08 69

A signaler, au sujet du référendum sur la constitution, la position en faveur du oui de notre ami, Christian Thomas, responsable du cercle dans l’Essonne.
Lire la position de Christian Thomas
Contact Christian Thomas cercleslib91@wanadoo.fr

A lire le Billet d’humeur de Georges Lenglet, du cercle de la Savoie.
Lire le billet d'humeur
Contact Georges Lenglet lenglet.georges@wanadoo.fr

A signaler l’intervention de notre ami Eloi Jutteau, sur RTL, dans l’émission «Les auditeurs ont la parole». qui voulait réagir sur une certaine incohérence, et peut-être un double langage dans les revendications des syndicats
Lire l'intervention
contact Eloi Jutteau eloi.jutteau@seri-expert.com

A signaler le dîner-débat du cercle de Bordeaux, sur une approche libérale de la médecine et du système de santé. La directive Bolkenstein a également été abordée.
Lire le résumé
Contact Pascal Bérillon berillon.pascal@wanadoo.fr

A lire la chronique de résistance de Jean-Louis Caccomo.
«Le capitalisme est en crise»
Contact Jean-Louis Caccomo caccomo@univ-perp.fr

A lire l’analyse de Jean-Pierre Chevallier «Hyper réussite du capitalisme libéral…aux Etats-Unis et nouveau paradigme»
Lire l'analyse
Contact Jean-Pierre Chevallier jpchevallier@hotmail.com