Le Premier Ministre annonce une année de réformes pour «sauver le modèle social» français. L’expression n’est guère heureuse. Car si l’on veut conserver le haut niveau de protection sociale des Français il faudra repenser, réinventer, reconstruire le modèle social français de l’Etat-Providence. Et si l’on veut sauver le «modèle social», il faudra abaisser le niveau de protection sociale des Français.

Alain Madelin



Loi sur l’emploi (suite) : le rapport Virville ouvre les portes d’une vraie refondation sociale

Le rapport de Michel de Virville «Pour un code du travail plus efficace» qui vient d’être remis à François Fillon a essentiellement retenu l’attention par la proposition d’un contrat à durée déterminée de longue durée. Cette proposition n’est pas nouvelle. Elle a été faite depuis longtemps par les libéraux, et aussi proposée dans un rapport pour l’emploi de Jean Boissonnat. Elle n’est pas essentielle et elle pourrait être aisément remplacée par le fait de considérer la fin d’une mission clairement définie comme étant une cause réelle et sérieuse de rupture d’un contrat à durée indéterminée.

Le véritable intérêt de ce rapport se trouve dans les propositions pour redéfinir la place de la loi et du droit contractuel. L’idée maîtresse est de redéfinir dans un «pacte de négociation» soumis au parlement la part du droit du travail d’ordre public qui ne saurait être remis en cause en laissant aux partenaires sociaux le soin de déterminer les domaines qui reviennent à l’interprofession, aux branches ou à l’entreprise ainsi que la méthode contractuelle permettant de modifier l’actuel droit du travail. Pour peu que l’on fasse preuve d’audace dans cette direction, c’est là la bonne méthode pour une véritable révolution du droit du travail.

C’est dans cette direction en tout cas que les libéraux font leurs propositions. Le droit du travail actuel en effet est un droit conçu pour la civilisation de l’usine et des situations de subordination. Un nouveau droit du travail est à inventer avec de nouvelles formes de contrats de travail et d’emploi correspondant à la variété de situation de la civilisation du savoir, au temps choisi et des situations où le travail demandé s’identifie davantage à un résultat attendu qu’à un temps passé dans une situation de complète subordination juridique.


Antimondialisation : le flop de Bombay

Le 4e Forum Social Mondial qui s’est terminé à Bombay est passé quasi inaperçu (malgré la présence de deux ministres du gouvernement Raffarin !). Il est vrai qu’à la différence de Porto Allegre, vedettisé par la présence du président brésilien Lula da Silva, (qui au grand dam des altermondialistes mène une politique de conciliation avec le FMI et autorise les OGM), les autorités indiennes assimilent la politique des altermondialistes comme un retour en arrière. C’est l’ouverture de l’Inde au monde extérieur depuis 1991 qui fait reculer la pauvreté. Même si le boom de l’industrie et de services reste inégalement réparti sur l’ensemble de l’immense territoire indien et que de nombreuses poches de pauvreté demeurent, la mondialisation apparaît globalement positive.

Si beaucoup des difficultés de l’Inde restent liées à la survivance dans les faits d’un système de castes antilibérale et archaïque, l’ouverture au monde est synonyme de progrès social. C’est ce qu’a bien noté Johan Norberg, chercheur au think tank libéral Timbro à Stockhlom, un des intervenants vedettes de la journée « les 4 vérités de la mondialisation » organisée par les Cercles libéraux dans une interview au Figaro du 7 janvier :

«Le système des castes est illégal depuis longtemps, mais le gouvernement a échoué à le supprimer. En revanche la modernisation de l’économie, surtout dans les Etats du Sud, pousse les entreprises à embaucher qui elles veulent et à brasser les castes les unes avec les autres. Dans ces poches, il n’y a plus d’intouchables, il n’y a que des gens qui ont du talent ou pas. Vous avez même des intouchables dans des conseils municipaux. Il y a des mariages entre castes. L’Inde le prouve : la mondialisation capitaliste est socialement progressiste».

Déjà signalé le livre de Johan Norberg: "Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste", paru chez Plon, Paris, 2004


Recherche : la preuve par l’Amérique


La recherche française est en crise. Certains chercheurs et à commencer par l’ancien ministre socialiste de l’Education nationale Claude Allègre menacent de quitter la France… pour les Etats-Unis ! C’est là indirectement faire l’éloge d’un système capitaliste qui en faisant tourner à plein régime le moteur de la création des richesses est capable de consacrer des moyens importants à une recherche qui à son tour alimente le moteur. C’est aussi chercher à échapper aux multiples contraintes bureaucratiques et statutaires – chercheurs à vie, 35 heures, retraites à 60 ans…- qui caractérisent la recherche socialisée à la française.

On attend avec impatience que les mêmes fassent des propositions pour libéraliser la recherche française.


Jacques Bichot : la réforme des retraites reste à faire

Jacques Bichot, co-auteur avec Alain Madelin de « Quand les autruches prendront leur retraite », Le Seuil, 2003, livre de propositions pour une vraie réforme des retraites fondées sur calcul par point et le libre-choix (voir dossier), récidive avec la parution de « Sauver les retraite ? La pauvre loi du 21 août 2003 », L’Harmattan et Sauvegarde Retraite.

Selon le gouvernement, la loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites devrait suffire à « sauver les retraites ». Hélas, ce texte long et touffu, assorti d’une multitude de décrets d’application compliqués, n’a pas les qualités requises pour remplir une telle mission. Tel est l’avis de Jacques Bichot.

Pour lui, cette réforme est plutôt un rafistolage, une réparation provisoire qui laisse entier le problème du remplacement du système ancien. On se serait évité bien des difficultés en allant droit au but au lieu d’augmenter le fatras de dispositifs abscons dont il faudra un jour se débarrasser pour se doter d’un système de retraites par répartition compréhensible, efficace et respectueux des principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

Jacques Bichot, Sauver les retraites ? La pauvre loi du 21 août 2003, Coédition L’Harmattan/Sauvegarde-Retraites, Paris, 2004, 120 pages, 10 euros

Pour en savoir plus sur le livre
Voir aussi le compte rendu du libre dans Seniorscopie


L’UMP ouvre le débat, les libéraux proposent

En attendant de mieux définir l’organisation de courants au sein de l’UMP, celle-ci vient d’ouvrir un espace de libre confrontation politique entre ses diverses sensibilités. Alain Madelin a accepté d’entre prendre la responsabilité. Avec Alain Juppé ils ont présenter le forum UMP d’ores et déjà ouvert sur internet. Sont déjà au menu des débats, la construction européenne, la mondialisation (avec la contribution des cercles libéraux), le principe de précaution. A venir, la santé, l’école , l’emploi.

Ceux des membres des Cercles Libéraux qui sont adhérents de l’UMP sont vivement invités à participer à ces débats. Contacter Dominique Garrigues.

Lire la contribution d’Alain Madelin
Intégrer la Turquie, c’est changer d’Europe


Nouvelles des cercles

• Réunion de travail des Cercles thématiques
Le Comité exécutif des Cercles ainsi que les responsables des cercles se sont réunis le 20 janvier 2004 autour d’Alain Madelin pour une réunion de travail.
Lire le compte-rendu

• La rentrée des Cercles libéraux de Paris et de la région parisienne
Plus de 150 personnes, membres des Cercles libéraux, étaient présentes mardi 20 janvier 2004 à l’Espace Maillot Congrès, pour écouter les vœux d’Alain Madelin. Ce fut dans cette ambiance chaleureuse et conviviale que tous ont eu le plaisir de partager la Galette des Rois.

• Cercles locaux
En 2003, près de 50 cercles locaux ont été créés. D’ores et déjà dans les départements les plus importants et dans chaque région, il y a au moins un cercle local dynamique. Chaque cercle est constitué d’un noyau dur qui établit le programme et assure la communication et l’animation. Plusieurs cercles ont décidé de se réunir à jour fixe ou à période régulière, à l’instar du cercle des Hautes Alpes, de la Haute Vienne, du Morbihan ou des Alpes Maritimes

Perspective pour 2004 : notre objectif est de doubler la création des cercles locaux (deux seront créés prochainement dans le Loiret et le Gard) et d’aboutir à une coopération étroite avec les cercles thématiques.