Alain Madelin


Poursuivons notre débat sur la Constitution européenne.

1 - «L’Europe reste le meilleur outil de modernisation d’une France figée dans ses acquis» disent les libéraux partisans du «oui». Assurément. Mais la question reste de savoir de quelle Europe parle-t-on ? Celle du Traité de Rome, de l’Acte Unique, de Maastricht et du Traité de Nice, ou celle de la future Constitution européenne ? Les libéraux sont d’autant plus en droit de s’interroger que le président de la République croit devoir expliquer que «la logique de la Constitution est justement non libérale», que son adoption serait le meilleur «moyen d’enrayer la dérive libérale anglo-saxonne». Ils sont en droit d’hésiter lorsque le premier secrétaire du Parti Socialiste et le Ministre des affaires étrangères, expliquent, dans une touchante harmonie, que si le «non» devait l’emporter nous resterions avec le Traité de Nice, d’inspiration beaucoup plus libérale.

Ce qui est sûr c’est que la Constitution européenne donne plus de poids aux politiques par rapport à l’Europe dite des «technocrates de Bruxelles» ou l’Europe «des juges» qui davantage affranchie des groupes de pression et des considérations d’opportunité électorale a été jusqu’à présent le vrai moteur du progrès européen. En donnant ainsi plus de poids aux politiques pour accélérer ou freiner les réformes libérales là il n’est pas faux de dire que la France frileuse et antilibérale d’aujourd’hui pourra utiliser ces freins que lui offre la Constitution.

En réalité, la victoire du «non» ouvrirait vraisemblablement une crise politique mais non pas une crise institutionnelle car le Traité de Nice - hier présenté comme un excellent traité et aujourd’hui jugé trop libéral - resterait en vigueur et permettrait la poursuite des politiques de libéralisation en Europe (On peut même penser que le Traité de Nice serait alors complété par quelques dispositions tirées du projet de traité constitutif : Présidence du Conseil européen stabilisée, Ministre des affaires étrangères, Europe de la défense, droit de regard des Parlements nationaux...

2 - La victoire du «non» affaiblirait la position de la France en Europe. En réalité, ce n’est pas la France qui serait affaiblie mais plutôt la politique française en Europe. Celle qui freine les réformes nécessaires à notre compétitivité, celle qui refuse les bénéfices de la concurrence, celle qui prend fait et cause pour les altermondialistes et celle qui propose de taxer le kérosène des avions, celle qui tord les contraintes du Pacte de stabilité pour s’autoriser à endetter un peu plus les générations futures.

3 - La victoire du «non» serait la victoire des anti-libéraux. Indiscutablement, mais ce serait une victoire à la Pyrrhus.

Débarrassée de l’arrogance française, l’Europe - du moins on peut le penser - irait plus vite et plus loin sur le chemin des réformes nécessaires. Réformes qui, bon gré mal gré, s’appliqueraient à la France et qui, loin de l’affaiblir, la renforceraient.

NB : On peut encore entendre ou lire qu’une victoire du «non» «affaiblirait l’euro». L’argument est curieux dans la bouche de ceux qui il y a quelques semaines encore déploraient – à juste raison - la force de l’euro par rapport au dollar qui contribuait à brider la croissance de la zone euro.

(à suivre)




LES DEBATS SUR LA CONSTITUTION EUROPEENNE

Les interrogations d’un libéral.
Cette semaine notre ami Jacques Garello poursuit son analyse sur le projet de Constitution européenne en posant la question du choix proposé aux Français : «Europe sociale ou Europe libérale ? ».
Or, c’est bien à l’Europe libérale que nous devons cinquante ans de progrès économique et social. Le traité de Rome a résulté d’un compromis entre les «structuralistes» dirigistes, inventeurs des politiques communes et les «libre-échangistes», créateurs du marché commun et concurrentiel. Le bilan est clair : ce qui a bien fonctionné dans cette Europe c’est ce qui était marchand, c’est l’ouverture des frontières, ce qui a lamentablement échoué ce sont toutes les politiques communes, qu’elles soient celles de l’agriculture évidemment, ou de l’industrie (charbon, acier), ou encore des transports et de l’énergie, ou même de la santé et de la recherche. Si je dis oui au marché commun, je dis non aux politiques communes. Si mon Président me signifie maintenant que le oui au referendum c’est le non au marché commun, c’est le rejet de tout ce qui a fait la prospérité et la paix en Europe, je suis presque tenté de dire non.
"Europe sociale ou Europe libérale ?"

L’analyse sur la montée du «non» à la Constitution.
Pour Jacques Peter nous assistons dans le cadre de la campagne pour le référendum à la naissance d’un «non» idéologique à l’Union européenne.
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La société de précaution

«Après l’échec de l’Etat providence on espérait l’Etat de droit libéral. Voici l’Etat sécuritaire.»
«Le risque d’un Etat sécuritaire» article de Alain Madelin paru dans les Echos le jeudi 21 avril 2005.


Nouvelles des Cercles

A lire le billet d’humeur de notre ami, Eloi Jutteau, «Libéral et fier de l’être !».
Pour moi, les valeurs du libéralisme sont la liberté individuelle, la responsabilité, l’initiative.
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Contact eloi.jutteau@seri-expert.com

A lire le compte-rendu de la dernière réunion des cercles Libéraux des 18, 19 et 20 èmes arrondissements de Paris qui votent «oui» au projet de Constitution européenne.
Face à un «non» souvent passionnel, il faut dire «oui» si l’on souhaite que le projet européen, nécessaire à l’ouverture économique de la France ne soit pas stoppé.
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Contact François Giné fg@brault.net
Contact Emmanuel Laporte emmanuel_laporte@hotmail.com

A lire également en faveur du «oui» l’analyse de notre ami Jean-Claude Malaguti, du cercle du Morbihan. «Oui à une Europe libérale. Oui à la Constitution. Oui à une Europe plus énergique. Oui à une France plus optimiste !»
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Contact cerclesliberaux-morbihan@wanadoo.fr

Les libéraux sont partagés sur ce référendum. A lire l’analyse de notre ami, Jean-Pierre Chevallier, qui vote «non». Une constitution est le texte fondamental sur lequel se fonde une nation, or l’Union Européenne à 25 n’est pas une nation. L’idée d’une nation européenne est une folle invention technocratique anti-libérale et anti-américaine qui détruira le dynamisme des entreprises.
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Contact jpchevallier@hotmail.com

A lire des extraits du compte-rendu de la conférence du Général Picquemal devant le cercle des Bouches du Rhône. «La menace terroriste en Europe : un défi majeur à relever.» Le Général Picquemal a développé devant un public nombreux l’ampleur de la menace terroriste et l’urgence d’une véritable mobilisation en France et en Europe.
Lire des extraits
Contact Jean-Pierre Bensimon jpbensimon@wanadoo.fr

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