Il y aura bientôt deux ans, à la suite de la réélection de Jacques Chirac, un nouveau gouvernement se constituait autour de Jean-Pierre Raffarin avec pour ambition l’audace réformatrice. La majorité présidentielle se reconstruisait autour d’une nouvelle formation politique, l’UMP.

Le moment va venir où, après les élections régionales, nous pourrons tirer un premier bilan de l’action engagée et nous interroger sur la place des libéraux dans la majorité.

Nous devrons nous retrouver pour tracer ensemble des perspectives d’avenir autour de quelques idées claires et pour faire peser nos idées. Ce sera le printemps des libéraux.

Alain Madelin


Ce n’est pas les Etats-Unis qui sont menacés par la faillite, mais l’Europe

Nous aimons bien nos petits camarades de gauche, ils ne nous déçoivent jamais et ils ne nous surprennent jamais : depuis 1840, ils attendent l’effondrement inéluctable du capitalisme, dont le signe annonciateur serait bien entendu l’écroulement de la puissance américaine (avant 1940, c’était l’effondrement de la Grande Bretagne qu’ils attendaient).

Depuis toujours, ils ont tort, et ils nous font irrésistiblement penser à ces prophètes qui annoncent la fin du monde pour le 21 avril, constatent qu’elle ne s’est pas produite et ne changent pas leurs prophéties mais la retardent quelque peu.

Aujourd’hui, nos cassandres se sont découverts un nouveau dada : ils sont devenus des spécialistes de la balance des paiements américaine.

En hochant la tête d’un air entendu, (d’un grave pas et d’un grave souci, comme disait du Bellay) ils nous disent que tous les pays qui dans le passé ont eu des déficits de comptes courants supérieurs à5% de leur PNB ont connu des crises financières très graves, et qu’a leur corps défendant, bien entendu, ils se voient obliger d’annoncer l’arrivée d’une crise très, très sérieuse aux USA, puisque les Etats Unis se rapprochent des 5 % fatidiques.

Et là, une fois de plus en les lisant, on ne peut s’empêcher d’être gagné par une franche hilarité.

Explication : les Etats-Unis ont des dettes vis-à-vis des étrangers, fort importantes. Il se trouve également que les Etats-Unis ont des investissements massifs à l’étranger, les fameuses multinationales américaines. Ce que les Etats Unis paient pour le service de leur dette aux étrangers est à peu de choses près égal à ce que les sociétés américaines gagnent en profit à l’étranger.

On est donc devant le paradoxe intéressant du pays le « plus endetté du monde », d’après nos petits gauchistes, qui a un cash-flow positif entre ce que sa dette lui coûte et ce que ses investissements lui rapportent.

Et la raison en est toute simple : les Etats-Unis empruntent à 2 % à la Chine et investissent à 10 % immédiatement après… en Chine.

Les Etats-Unis: le plus grand « hedge fund » au monde ?

Ce qui nous amène à la question suivante : pourquoi les Chinois prêtent-ils aux Américains à 2 % pour leur permettre ensuite d’investir chez eux à 10 % de rentabilité espérée ?

En bâtissant des usines en Chine, les sociétés américaines créent des emplois de qualité, procèdent à des transferts de technologie massifs et apprennent aux cadres Chinois à gérer des entreprises. Les Chinois sont très gagnants dans ce transfert, et les américains aussi, cela va sans dire. Mais qui donc y perd ? Ceux qui font concurrence aux usines chinoises. Et qui sont les concurrents des usines chinoises ? Les usines européennes.

Cette stratégie suivie par les deux plus grands pays du monde marginalise l’appareil industriel européen à toute allure. L’Allemagne perd aujourd’hui entre 30000 et 40000 emplois industriels par mois et son déficit budgétaire explose. Nous allons en effet vers une crise financière très grave, mais ce n’est pas les USA qui vont faire faillite. C’est l’Europe.

Cercle des Economistes – Charles Gave


Non à la discrimination positive

Il y a de la discrimination positive dans l’air. Le Ministre de l’Intérieur en a relancé l’idée et un rapport récemment publié par l’Institut Montaigne en fait la promotion et formule des propositions. Ce dernier rapport est intéressant tant par la richesse de sa documentation et de ses analyses que la profonde orientation antilibérale de ses propositions.

Rappelons-le, un des principes fondamentaux du libéralisme est celui de l’égalité devant la loi, et toute discrimination négative ou positive doit être condamnée. S’il est normal de souhaiter qu’à tous niveaux le pluralisme de la société française puisse être représenté, ceci doit être fait sans le secours de lois qui conféreraient des droits spécifiques à des minorités spécifiques au risque de les amener à se refermer sur elles-mêmes pour continuer à bénéficier de ces droits.

C’est pourquoi la politique de discrimination positive entreprise aux Etats-Unis depuis trois décennies sous le nom d’«affirmative action» est, avec le recul du temps, considérée comme un échec (voir notamment les publications de Thomas Sowell). S’en inspirer aujourd’hui en France serait assurément une erreur.

S’il est parfaitement légitime de promouvoir l’égalité des chances et de lutter contre les discriminations, il est dangereux d’imposer une obligation de résultat fondée sur des quotas ethniques explicites ou implicites. Il en est ainsi de la proposition de l’Institut Montaigne qui consiste à «faire figurer au bilan social la photographie des 20 à 30 premiers cadres de l’entreprise ainsi que les actions menées en matière de diversité et leurs résultats» !

S’agissant de la nécessité de lutter contre les ghettos - pour laquelle les libéraux ont fait depuis longtemps de nombreuses propositions- l’Institut Montaigne propose de renforcer la planification urbaine et les quotas sociaux en établissant «un indice de mixité fixant un équilibre social et ethnique dans les programmes de logement» !

Si ce rapport contient beaucoup de propositions intéressantes, notamment à accroître l’autonomie des établissements dans les ZEP, il passe à côté des vraies solutions de liberté : la confiance dans la liberté du travail pour créer de vrais emplois qui constituent la première réponse au problème de l’intégration ; la remise en cause du «logement social» qui est par nature ségrégatif à la privatisation massive des logements, leur accession à la propriété et la reconstitution d’un véritable marché de l’habitat seul capable de produire des logements bon marché ; la liberté de choix pour les parents de l’école de leurs enfants accompagnée d’une très grande liberté de gestion pour les établissements scolaires existants et d’une liberté de création d’établissement nouveaux comme l’ont revendiquée et obtenue (voir notre dernière lettre) les minorités aux Etats-Unis.

Voir notre dossier "Les libéraux et la discrimination positive aux Etats-Unis"


La loi Perben 2

A noter la prise de position de l’éditorialiste Favila dans Les Echos, 13 et 14 février 2004, sur la loi Perben 2 :

"Les pouvoirs exorbitants (perquisition de nuit, surveillance électronique, garde à vue de quatre jours, etc.) conférés à la police judiciaire en cas de graves délits commis en bande organisée seront-ils limités à la grande criminalité, tel que le terrorisme ou le trafic de stupéfiants, ou deviendront-ils l’ordinaire de la répression ? Nul ne le sait à ce jour. Or de la réponse à ces questions dépend l’ultime et préoccupante interrogation : la fébrilité pénale française est-elle en train de lézarder notre Etat de droit libéral ?"


Signalé

L’article de Pascal Salin paru dans Le Figaro sur la sécurité routière qui vient en contrepoint à la discussion sur le permis de conduire probatoire :
Gare à l’autophobie


Nouvelles des cercles

Le Cercle du Val d'Oise a choisi lors de son dernier dîner-débat un sujet d'actualité "l'euthanasie".
Lire le compte-rendu

Le Cercle de Paris 5, 6,7ème arrondissement a organisé avec succès une réunion avec Alexandre Adler sur la politique étrangère.
Lire le compte-rendu

Dîner-débat organisé par le Cercle de l’Aisne le jeudi 19 février à Laon sur le thème : "Le vieillissement de la population et propositions libérales sur divers sujets locaux".
Pour obtenir plus de renseignements et participer contactez Maryse Séfika

Conférence organisée par le Cercle du Morbihan le vendredi 27 février à Vannes sur le thème : "Le libéralisme en Amérique latine".
Pour obtenir plus de renseignements et participer contactez le Cercle du Morbihan

Conférence organisée par le Cercle du Maine-et-Loire, le jeudi 4 mars, sur le thème : "le foulard : difficultés d’intégration. Où sont les causes ?".
Pour obtenir plus de renseignements et participer contactez Serge Faligot ou Vincent Jourdain

Le responsable des Cercles libéraux en Allemagne, Gilles Dubois, a fait paraître un article en Janvier dans Airbag , magazine franco-allemand, dans lequel il souligne l'objectif des cercles : afficher franchement le choix libéral avec des propositions modernes.

Le Cercle de la Savoie a pris l’initiative de publier une lettre mensuelle. De même le Cercle de Bordeaux publiera une lettre trimestrielle.

Signalons l'initiative d'un de nos responsables du Cercle de Paris 1, 2, 3, 4, 8, 9, 10, 11ème arrondissements, Eloi Jutteau, qui écrit régulièrement dans le courrier des lecteurs de France-Soir et du Figaro ses réactions sur l'actualité.
Lire une de ses réactions sur le dialogue social.

Travaux des Cercles
Le Cercle «Nouvelle croissance, compétitivité et fiscalité» animé par François Xavier travaille à présent sur la «Flat Tax» et a fait des propositions sur un remplacement de la taxe professionnelle.