
Ce
n’est pas les Etats-Unis qui sont menacés par la
faillite, mais l’Europe
Nous
aimons bien nos petits camarades de gauche, ils ne nous déçoivent
jamais et ils ne nous surprennent jamais : depuis 1840, ils attendent
l’effondrement inéluctable du capitalisme, dont le
signe annonciateur serait bien entendu l’écroulement
de la puissance américaine (avant 1940, c’était
l’effondrement de la Grande Bretagne qu’ils attendaient).
Depuis
toujours, ils ont tort, et ils nous font irrésistiblement
penser à ces prophètes qui annoncent la fin du monde
pour le 21 avril, constatent qu’elle ne s’est pas
produite et ne changent pas leurs prophéties mais la retardent
quelque peu.
Aujourd’hui,
nos cassandres se sont découverts un nouveau dada : ils
sont devenus des spécialistes de la balance des paiements
américaine.
En
hochant la tête d’un air entendu, (d’un grave
pas et d’un grave souci, comme disait du Bellay) ils nous
disent que tous les pays qui dans le passé ont eu des déficits
de comptes courants supérieurs à5% de leur PNB ont
connu des crises financières très graves, et qu’a
leur corps défendant, bien entendu, ils se voient obliger
d’annoncer l’arrivée d’une crise très,
très sérieuse aux USA, puisque les Etats Unis se
rapprochent des 5 % fatidiques.
Et
là, une fois de plus en les lisant, on ne peut s’empêcher
d’être gagné par une franche hilarité.
Explication
: les Etats-Unis ont des dettes vis-à-vis des étrangers,
fort importantes. Il se trouve également que les Etats-Unis
ont des investissements massifs à l’étranger,
les fameuses multinationales américaines. Ce que les Etats
Unis paient pour le service de leur dette aux étrangers
est à peu de choses près égal à ce
que les sociétés américaines gagnent en profit
à l’étranger.
On
est donc devant le paradoxe intéressant du pays le «
plus endetté du monde », d’après nos
petits gauchistes, qui a un cash-flow positif entre ce que sa
dette lui coûte et ce que ses investissements lui rapportent.
Et
la raison en est toute simple : les Etats-Unis empruntent à
2 % à la Chine et investissent à 10 % immédiatement
après… en Chine.
Les
Etats-Unis: le plus grand « hedge fund » au monde
?
Ce
qui nous amène à la question suivante : pourquoi
les Chinois prêtent-ils aux Américains à 2
% pour leur permettre ensuite d’investir chez eux à
10 % de rentabilité espérée ?
En
bâtissant des usines en Chine, les sociétés
américaines créent des emplois de qualité,
procèdent à des transferts de technologie massifs
et apprennent aux cadres Chinois à gérer des entreprises.
Les Chinois sont très gagnants dans ce transfert, et les
américains aussi, cela va sans dire. Mais qui donc y perd
? Ceux qui font concurrence aux usines chinoises. Et qui sont
les concurrents des usines chinoises ? Les usines européennes.
Cette
stratégie suivie par les deux plus grands pays du monde
marginalise l’appareil industriel européen à
toute allure. L’Allemagne perd aujourd’hui entre 30000
et 40000 emplois industriels par mois et son déficit budgétaire
explose. Nous allons en effet vers une crise financière
très grave, mais ce n’est pas les USA qui vont faire
faillite. C’est l’Europe.
Cercle
des Economistes – Charles Gave

Non à
la discrimination positive
Il
y a de la discrimination positive dans l’air. Le Ministre
de l’Intérieur en a relancé l’idée
et un rapport récemment publié par l’Institut
Montaigne en fait la promotion et formule des propositions. Ce dernier
rapport est intéressant tant par la richesse de sa documentation
et de ses analyses que la profonde orientation antilibérale
de ses propositions.
Rappelons-le,
un des principes fondamentaux du libéralisme est celui
de l’égalité devant la loi, et toute discrimination
négative ou positive doit être condamnée.
S’il est normal de souhaiter qu’à tous niveaux
le pluralisme de la société française puisse
être représenté, ceci doit être fait
sans le secours de lois qui conféreraient des droits spécifiques
à des minorités spécifiques au risque de
les amener à se refermer sur elles-mêmes pour continuer
à bénéficier de ces droits.
C’est
pourquoi la politique de discrimination positive entreprise aux
Etats-Unis depuis trois décennies sous le nom d’«affirmative
action» est, avec le recul du temps, considérée
comme un échec (voir notamment les
publications de Thomas Sowell). S’en inspirer aujourd’hui
en France serait assurément une erreur.
S’il
est parfaitement légitime de promouvoir l’égalité
des chances et de lutter contre les discriminations, il est dangereux
d’imposer une obligation de résultat fondée
sur des quotas ethniques explicites ou implicites. Il en est ainsi
de la proposition de l’Institut Montaigne qui consiste à
«faire figurer au bilan social la photographie des 20
à 30 premiers cadres de l’entreprise ainsi que les
actions menées en matière de diversité et
leurs résultats» !
S’agissant
de la nécessité de lutter contre les ghettos - pour
laquelle les libéraux ont fait depuis longtemps de nombreuses
propositions- l’Institut Montaigne propose de renforcer
la planification urbaine et les quotas sociaux en établissant
«un indice de mixité fixant un équilibre
social et ethnique dans les programmes de logement»
!
Si ce rapport
contient beaucoup de propositions intéressantes, notamment
à accroître l’autonomie des établissements
dans les ZEP, il passe à côté des vraies solutions
de liberté : la confiance dans la liberté
du travail pour créer de vrais emplois qui constituent
la première réponse au problème de l’intégration
; la remise en cause du «logement social»
qui est par nature ségrégatif à la privatisation
massive des logements, leur accession à la propriété
et la reconstitution d’un véritable marché
de l’habitat seul capable de produire des logements bon
marché ; la liberté de choix pour les parents
de l’école de leurs enfants accompagnée
d’une très grande liberté de gestion pour
les établissements scolaires existants et d’une liberté
de création d’établissement nouveaux comme
l’ont revendiquée et obtenue (voir
notre dernière lettre) les minorités aux Etats-Unis.
Voir
notre dossier "Les libéraux et la discrimination positive
aux Etats-Unis"

La
loi Perben 2
A
noter la prise de position de l’éditorialiste Favila
dans Les Echos, 13 et 14 février 2004, sur la loi Perben
2 :
"Les
pouvoirs exorbitants (perquisition de nuit, surveillance électronique,
garde à vue de quatre jours, etc.) conférés
à la police judiciaire en cas de graves délits commis
en bande organisée seront-ils limités à la
grande criminalité, tel que le terrorisme ou le trafic de
stupéfiants, ou deviendront-ils l’ordinaire de la répression
? Nul ne le sait à ce jour. Or de la réponse à
ces questions dépend l’ultime et préoccupante
interrogation : la fébrilité pénale française
est-elle en train de lézarder notre Etat de droit libéral
?"

Signalé
L’article
de Pascal Salin paru dans Le Figaro sur la sécurité
routière qui vient en contrepoint à la discussion
sur le permis de conduire probatoire :
Gare
à l’autophobie

Nouvelles
des cercles
Le
Cercle du Val d'Oise a choisi lors de son dernier
dîner-débat un sujet d'actualité "l'euthanasie".
Lire
le compte-rendu
Le Cercle de Paris 5, 6,7ème arrondissement
a organisé avec succès une réunion avec Alexandre
Adler sur la politique étrangère.
Lire
le compte-rendu
Dîner-débat
organisé par le Cercle de l’Aisne
le jeudi 19 février à Laon sur le thème : "Le
vieillissement de la population et propositions libérales
sur divers sujets locaux".
Pour obtenir plus de renseignements et participer contactez Maryse
Séfika
Conférence
organisée par le Cercle du Morbihan le vendredi
27 février à Vannes sur le thème : "Le
libéralisme en Amérique latine".
Pour obtenir plus de renseignements et participer contactez le Cercle
du Morbihan
Conférence
organisée par le Cercle du Maine-et-Loire,
le jeudi 4 mars, sur le thème : "le foulard : difficultés
d’intégration. Où sont les causes ?".
Pour obtenir plus de renseignements et participer contactez Serge
Faligot ou Vincent
Jourdain
Le
responsable des Cercles libéraux en Allemagne,
Gilles Dubois, a fait paraître
un article en Janvier dans Airbag , magazine franco-allemand, dans
lequel il souligne l'objectif des cercles : afficher franchement
le choix libéral avec des propositions modernes.
Le
Cercle de la Savoie a pris l’initiative de publier
une lettre mensuelle. De même le Cercle de Bordeaux
publiera une lettre trimestrielle.
Signalons
l'initiative d'un de nos responsables du Cercle de Paris
1, 2, 3, 4, 8, 9, 10, 11ème arrondissements, Eloi
Jutteau, qui écrit régulièrement dans le courrier
des lecteurs de France-Soir et du Figaro ses réactions sur
l'actualité.
Lire
une de ses réactions sur le dialogue social.
Travaux
des Cercles
Le Cercle «Nouvelle croissance, compétitivité
et fiscalité» animé par François
Xavier travaille à présent sur la «Flat
Tax» et a fait des propositions sur un remplacement de
la taxe professionnelle.

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