 |

Alain
Madelin |
TVA
sociale : le retour des alchimistes.
Voici revenu le serpent de mer de la TVA sociale, relancée
par un rapport du Sénat sous la houlette de Jean Arthuis
et de Philippe Marini, mise à l’étude par
Nicolas Sarkozy.
L’idée est simplissime. Pour lutter contre la concurrence
des méchants produits étrangers vendus pas assez
chers, il suffirait de basculer les cotisations sociales prélevées
sur les salariés dans un surplus de TVA payée
par tous les consommateurs. Ainsi disent les promoteurs de cette
idée : «les produits étrangers seront mis
à contribution pour financer nos régimes sociaux».
Elémentaire, cher Arthuis !
On est presque gêné de troubler ce nouveau «politiquement
correct» par le rappel, certes dérangeant, de quelques
lois économiques qui hélas pour nos inventeurs
ne se votent pas au Parlement.
1° Ce ne sont pas les produits étrangers qui paient
la TVA, mais les consommateurs. Comme le dit la vieille sagesse
fiscale : «si vous mettez un impôt sur les vaches,
ce ne sont pas les vaches qui paient les impôts».
La TVA n’est pas un droit de douane (comme l’a montré
le père de la TVA française, Maurice Lauré).
Rapidement l’augmentation de la TVA est rattrapée
par une augmentation des salaires, les prix et/ou les monnaies
s’ajustent. D’ailleurs si la TVA jouait le rôle
d’un droit de douanes nul doute que nos partenaires commerciaux
nous en auraient depuis longtemps parlé dans les discussions
commerciales internationales. L’exemple du Danemark, cité
dans le rapport du Sénat, car il a largement effacé
ses charges sur les salaires en portant la TVA à 25%,
ne prouve rien, car à l’évidence la France
n’est pas inondée de produits danois devenus moins
chers.
Si l’idée de la «TVA sociale» ressurgit
aujourd’hui, c’est parce que compte tenu de notre
absence de réformes, de notre compétitivité
déclinante et d’un euro paradoxalement trop haut
(par rapport aux fondamentaux de la zone euro), certains cherchent
désespérément des mesures équivalentes
à une dévaluation monétaire.
Il est évident qu’une baisse de l’euro de
20 ou 30% effaçant la hausse de l’euro par rapport
au dollar (et aux monnaies rattachées de fait au dollar)
de ces 18 derniers mois, aurait beaucoup plus d’impact
pour les entreprises de main d’œuvre françaises
soumises à la concurrence internationale qu’une
hypothétique TVA sociale.
2° Si vouloir effacer la totalité des charges sociales
payées par les entreprises françaises (environ
200 milliards), suppose d'augmenter la TVA de 50 points, c’est-à-dire
porter le taux normale de TVA à 69,6% !
L’audace des sénateurs est beaucoup plus modeste
(… et donc l’impact beaucoup plus restreint). Ils
proposent dans un premier temps de transférer 1 point
de PIB -soit environ 15,6 milliards d’euros- de cotisations
sociales employeurs vers la TVA qui verrait ainsi son taux normal
augmenter de "seulement" 4 points.
Mais économiquement cela revient à prélever
1 point de PIB d’impôt en plus sur les Français
pour le donner en subventions aux entreprises françaises.
Encore que le rapport du Sénat n’est pas clair.
Comme il le note avec une innocence désarmante, «cette
baisse importante des charges sociales rendrait très
largement inutiles les dégrèvements actuellement
financés par le déficit budgétaire et qui
représentent de l’ordre de 17,1 milliards d’euros
à la charge de l’Etat». Autrement dit, si
l’on suit bien, l’opération serait neutre
pour les entreprises, mais elle ne serait pas neutre pour les
consommateurs et si les salariés peuvent espérer
récupérer la hausse de TVA dans une augmentation
de salaire, il en va de même bien entendu des retraites
et des chômeurs
Après le retour de l’animisme
économique voici les retours des alchimistes. Après
les alchimistes de gauche qui pensaient en finir avec le chômage,
avec les 35h et la transmutation du temps de travail, voici
les alchimistes de droite qui pensent lutter contre les délocalisations
et le chômage grâce à l’alchimie fiscale
de la transmutation des charges sociales en TVA !
|

Meeting de la Mutualité
 |
Le
meeting du 9 novembre 2004, organisé par les Réformateurs
libéraux, a connu un véritable succès : 1.500
personnes ont répondu à l’appel. Le public
libéral a ainsi pu apprécier les discours de Jacques-Yves
Bohbot, Claude Goasguen, Hervé
Novelli, Alain Madelin, et Nicolas
Sarkozy. Ce dernier a présenté aux libéraux
son programme et ses futures actions à la tête de
l’UMP.
Alain Madelin a, quant à lui, présenté
les espérances et les attentes des libéraux.
Lire
le discours d'Alain Madelin

Les idées libérales à gauche
Les
idées libérales se frayent un chemin à gauche.
Certes, une alouette ne fait sans doute pas le printemps, mais
il faut y voir un signe du dégel des idées à
gauche, comme le démontrent l’interview de Monique
Canto-Sperber et la tribune de David Spector dans Libération.
Dans son inteview accordée aux Echos,
Monique Canto-Sperber rappelle : «Il ne
faut pas oublier que le libéralisme est une conception
qui non seulement défend le droit de chacun à être
libre, mais qui reconnaît aussi la nécessité
de donner à tous les moyens d’exercer cette liberté»
Lire
les extraits
David Spector déclare dans sa tribune
: «L’antilibéralisme intellectuel de la gauche
rencontre ainsi l’antilibéralsime clientéliste
de la partie de la droite la plus proche des détenteurs
de rentes.»
Lire
les extraits

Signalés
Elections américaines
Jacques
Garello salue la réélection de Bush: «Je
me réjouis de la victoire de George W. BUSH. Elle a de
quoi nous donner espoir. En revanche cette victoire aura fait
beaucoup de surpris, encore davantage de déçus.»
Lire
la suite
Arafat
L’édito de la Nouvelle Lettre parle de "l’Inhumanité
en deuil" : «Ce titre barrait la une du «Méridional»,
un quotidien marseillais aujourd’hui disparu, au lendemain
de la mort de Leonide BREJNEV. On devait au dictateur soviétique
quelques actes notoires d’exterminations et d’oppressions
naturellement inscrits dans un régime inhumain.
Je n’ai pas hésité à le reprendre pour
saluer comme il me semble convenir la disparition de Yasser ARAFAT.»
Lire
la suite
ISF
Bernard Zimmern a publié une tribune dans
le Figaro du 17 novembre : «Avec, semble-t-il, l'aval
prévisible du gouvernement, le Sénat va, à
la fin du mois de novembre, ajouter un amendement dans le projet
de loi de finances destiné à mettre davantage l'ISF
au service de l'emploi et donc de la solidarité.»
Lire
la suite
Délocalisations
Michel Godet a publié une tribune dans
le Monde du 16 novembre : «Les peurs ont la vie dure
! On a beau répéter que les délocalisations
pures représentent moins de 5 % des investissements français
à l'étranger […] et constater que l'attractivité
de la France des 35 heures reste insolente pour nos voisins […]),
rien n'y fait ! La "une" de l'actualité reste
alarmante sur le thème de la désindustrialisation
et des délocalisations.»
Lire
la suite
Chômage
Jacques Garello rappelle la promesse du Premier
Ministre d’une baisse durable du chômage : «C’est
la promesse du premier ministre, Jean-Pierre RAFFARIN, pour l’année
2005 il est vrai. Mais n’est-ce pas déjà un
fait, puisque, pour le mois de septembre, le chômage vient
de diminuer de 0,3% ? Hélas, la réalité est
moins rose, parce que, sur un an, le chômage continue à
progresser et que tous les indicateurs sont dans le rouge.»
Lire
la suite

Nouvelles
des Cercles
Signalée, la prochaine
réunion du cercle de Toulouse sur le thème des élections
américaines, avec comme invité, le Président
de l’association France Etats-Unis, Monsieur Pascal Bardet.
Contacter Elizabeth Pouchelon pouchelon@aol.com
Signalé
le dîner-débat du vendredi 10 décembre à
Orléans sur le thème « Le libéralisme
est un humanisme » animé par Pascal Salin, à
l’initiative du Club Perspectives du Loiret .
Contacter Lionel Fedrigo lfedrigo@wanadoo.fr

|
|