 |

Alain
Madelin |
Ainsi
le gouvernement tiendra bon. Il ira jusqu’ au bout de
la réforme du statut d’EDF, n’en déplaise
à la CGT qui tente une fois de plus de prendre les Français
en otages. On est tenté d’applaudir une telle énergie
réformatrice. Le problème, derrière cette
gesticulation, c’est que de réforme il n’y
en a pas vraiment.
Récapitulons
:
Il
y a quelques années se dessinait le projet –
alors fortement soutenu par l’encadrement – d’ouvrir
largement le capital d’EDF dans la perspective d’une
privatisation, de renforcer la concurrence, de banaliser progressivement
le statut du personnel pour réduire ses avantages exorbitants,
de diminuer le nombre des agents et de faire des gains de productivité.
Aujourd’hui,
le gouvernement réaffirme qu’EDF est et restera
une grande entreprise publique possédée par l’Etat
à 70%. Dans cette ouverture marginale du capital, 15%
seront réservés au personnel d’EDF, et l’ouverture
est à peine annoncée qu’elle est déjà
reportée. D’ailleurs en gage de bonne volonté,
le gouvernement recapitalise tout de suite EDF à hauteur
de 500 millions d’euros. Le réseau de transport
d’électricité français, rebaptisé
EDF transport - sans doute pour souligner son indépendance
!-, sera vendu en tout ou partie à la Caisse des dépôts
(au moment où le réseau électrique italien
TERNA est privatisé et introduit en bourse).
D’ici
le 31 décembre 2005, EDF recrutera 3 500 personnes (et
GDF 1 200) mettant fin ainsi à une politique continue
freinant ainsi la diminution des effectifs et l’amélioration
de la productivité engagée depuis plusieurs années.
Un
coup de pouce sera donné aux augmentations de salaires
prévues.
Le 1% au comité d’entreprise sera pérennisé
(au moment où la justice s’intéresse aux
malversations qu’il a engendré). Le régime
des retraites sera partiellement mis à la charge de la
Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse et les avantages
spéciaux (départ à 55 ans – et même
parfois plus tôt-, bonification de deux mois par année
de travail, calcul des pensions sur la base de 75% à
80% du dernier salaire…) sera préservé (et
payé par EDF et une taxe nouvelle sur le transport de
l’électricité, bien entendu répercutée
sur la facture des abonnés).
Certes
le changement de statut imposera à EDF une transparence
comptable plus que nécessaire, favorisera sa recapitalisation
et facilitera ses opérations internationales, mais l’on
serait tenté de voir globalement un recul plutôt
qu’un progrès dans le changement de statut proposé.
En réalité, l’ardeur du gouvernement à
modifier le statut d’EDF ne trouve pas vraiment sa source
dans l’exigence de Bruxelles de voir lever la garantie
limitée de l’Etat au nom de la concurrence, mais
plus prosaïquement dans le fait qu’en contrepartie
de ce changement de statut et de l’adossement du régime
des retraites des électriciens au régime général,
EDF pourrait verser (comme cela fut fait autrefois lors de la
transformation du statut de France Telecom), une soulte de plusieurs
milliards (jusqu’à 10 milliard ?) absolument nécessaire
au bouclage du prochain budget.
Réforme,
vous avez dit réforme ?
|

Question
à Nicolas Sarkosy
Les
humeurs de Nicolas Buat
«Est-il
plus facile d’obliger les distributeurs et les industriels
à baisser leurs prix de 5% que d’obliger les administrations
à modérer leurs dépenses ?»
Lire
la suite

Signalé
Le
numéro de juin de la revue Le Point de rencontre.
Libéral et croyant, dont Pierre Garello est le rédacteur
en chef, propose des articles à lire absolument :
- «La religion, première institution
démocratique selon Tocqueville», de
Michael Novak qui rappelle que lorsque l’on a compris que
la liberté est le triomphe de la raison pratique sur le
«libertinisme», on sait pourquoi il ne peut
y avoir de démocratie durable sans foi chrétienne
: «La loi catholique offre trois conditions prérequises
par la démocratie : la vérité, la liberté
et la dignité. Ce sont ces trois croyances récurrentes
qui rendent intelligibles la conception des droits de l’homme
et la primauté spirituelle de la liberté».
- «Une meilleure conception de la liberté»,
de George Weigel, qui met en évidence l’importance
de changer notre conception de la liberté, au regard de
l’ambivalence des biotechnologies et de la résurgence
du patriotisme consécutif aux attentats du 11 Septembre
: la
liberté d’indifférence qui, prévalant
de nos jours, exalte la volonté, est incapable de fonder
la dignité d’un peuple libre, au contraire de la
liberté
d’excellence
Pour se procurer la revue Le Point de rencontre.
Libéral et croyant contacter :
Le Point de Rencontre
Cercle Frédéric Bastiat
35, avenue Mac-Mahon
75 017 Paris
Tel : 01 43 80 55 18
3 euros le numéro
abonnement 15 euros l’année, soutien : 45 euros ou
plus.
Un
livre paru en juin 2003 «Mondialisation et éthique
des échanges», dirigé par Jean-Yves
Naudet, qui sont les actes du IXe colloque d’éthique
économique, Aix-en-Provence.
Le ton est donné par Jean-Yves Naudet qui rappelle qu’il
ne faut pas craindre la mondialisation car l’échange,
dont elle repousse les limites aux frontières du globe,
est le propre de l’homme et la source de tous ses progrès,
prolongé par Pascal Salin qui affirme que la mondialisation
représente réellement un espoir pour tous les spoliés
car de la suppression des obstacles à l’échange
surgit mille opportunités d’améliorer sont
sort. Des actes intéressants à ne pas manquer.
Contact
: centre.ethique@univ.u3-mrs.fr

A lire
La relecture libérale de la devise "liberté,
égalité, fraternité" par
Jean-Christophe Hauguel, animateur du cercle
du Havre
Lire
la suite
La contribution de Raphaël de Sacco, co-animateur du cercle
du Havre "Un état libéral pour
une France libérée".
Lire
la suite

Nouvelles
des cercles
Création
d'un cercle local à Mantes la Ville dans les Yvelines.
Contacter Michael Paris jean.bertrand27@wanadoo.fr
|
|