L’image et l’influence de la France dans le monde se mesurent davantage, à mes yeux, à l’énergie que nous mettons dans la défense de nos valeurs - celles des droits de l’homme et de la démocratie - que dans les bénéfices attendus de nos ventes d’armes.

Avant la chute du Mur de Berlin, face à la menace que représentait l’Union soviétique, il pouvait être de bonne guerre d’entretenir des relations suivies avec telle ou telle dictature en Afrique ou au Proche-Orient. Mais aujourd’hui plus rien ne s’oppose à une vision plus morale – donc plus libérale – de notre politique étrangère.

S’il est normal d’entretenir des relations diplomatiques normales avec des pays comme la Chine, nous ne devons pas pour autant abdiquer nos valeurs.

L’image de la France ne sort pas grandie de la visite du Président chinois à Paris. Comme l’a noté un quotidien du matin : « Les empereurs de Chine exigeaient des roitelets tributaires qu’ils se livrent à la cérémonie du kowtow, ou triple prosternation. Jacques Chirac s’y est soumis devant le président Hu Jintao. Un, il a paralysé Paris, repeint de rouge comme sa Tour Eiffel ; deux, il a plaidé auprès de l’Union européenne pour la levée de l’embargo sur les ventes d’armes, maintenu depuis 1989 en raison des violations des droits de l’homme ; et trois, il a repris à son compte la propagande chinoise qui qualifie d’ « agressif » un référendum organisé à Taïwan » (ce référendum, rappelons-le, a pour but d’interroger démocratiquement les Taïwanais sur la nécessité de renforcer leur défense face aux 500 missiles que la Chine pointe sur eux). Il était tout aussi surprenant d’entendre le Président de la République souhaiter que la France et l’Union européenne vendent des armes à la Chine (ce qui a aussitôt créé un nouveau désaccord avec les autres pays européens qui ont répondu que l’on en reparlerait lorsque la Chine aurait progressé sur le chemin des droits de l’Homme). Cette proposition est d’autant plus curieuse que la France, on le sait, a livré des frégates et des avions à Taïwan pour y défendre la démocratie dans des conditions mystérieuses ( voir le livre de Thierry Jean-Pierre, Taiwan Connection : Scandales et meurtres au coeur de la république, Paris, Robert Laffont) qui risquent de coûter bientôt 600 millions d’euros aux contribuables français qui sont en droit de demander que l’on cesse d’opposer le secret-défense sur ce dossier pour connaître la vérité. D’autant plus curieuse aussi que le Président de la République, favorable on le sait au principe de la taxe Tobin sur les mouvements de capitaux proposée par les altermondialistes, avait proposé quelques jours plus tôt à Genève de remplacer cette taxe par une taxe sur les ventes d’armes.

Quand une démocratie vend des armes à une autre démocratie pour l’aider à se défendre, on ne voit guère pourquoi il faudrait instituer une taxe sur la défense de la démocratie. Et si elle vend des armes à une dictature, le paiement d’une taxe ne peut ni excuser ni moraliser cette vente.

Alain Madelin


Les américains prennent le virage du chèque éducation

Un pas décisif vient d’être franchi aux Etats-Unis : pour la première fois, la possibilité pour les parents de choisir librement l’école de leurs enfants est soutenu par l’Etat fédéral. «L’existence même de milliers d’écoles privées, de près de 3 000 Charter Schools et de 2 millions d’élèves en cours par correspondance montrent bien que les parents veulent avoir le choix de leur école» constate Rod Paige, ministre de l’Education. Le gouvernement américain et le Congrès ont pris acte de ce mouvement et ont fait du School Choice et du chèque éducation une politique officielle en approuvant, le 22 janvier dernier, le financement d’un Voucher Program concernant Washington D.C.

Initié par les libéraux et relayé par Rod Paige, ce programme de 14 millions de dollars propose à près de 2 000 familles à faible revenu des bourses dont le montant peut s’élever jusqu’à 7 500 dollars par élève. Ainsi, les parents pourront choisir l’école de leur choix, qu’elle soit privée laïque ou confessionnelle.

Rod Paige, ministre de l’Education, se félicite de la mise en place de ce programme. Pour lui en effet, il fallait mettre un terme à une politique de moyen qui a prouvé son inefficacité, rappelant que les défenseurs du monopole de l’école publique demandaient toujours plus d’interventions de l’Etat, de ressources, d’enseignants pour obtenir un résultat finalement toujours plus décevant.

«Le monopole est tout simplement la mauvaise politique pour l’éducation» affirme-t-il, «comme il le serait pour tout autre business ou entreprise. L’Histoire a sans cesse prouvé que les monopoles ne fonctionnent pas. En matière d’éducation, plusieurs années d’isolement d’autres manières de penser créent une frayeur intellectuelle qui fait obstacle aux changements nécessaires. Le manque de responsabilité permet les mauvaises décisions, comme celle de placer des personnes incompétentes dans les salles de classe ou de continuer le financement de programmes qui n’éduquent pas. L’intérêt politique et la protection des emplois ne devraient pas être plus importants que la réussite éducative».

La concurrence mise en place entre les écoles publiques et les écoles privées constitue une dynamique visant à renforcer et à améliorer la qualité de l’éducation du service public. «Le choix sauvera l’Ecole publique» affirme Rod Paige qui met ainsi fin à la carte scolaire dans le cadre de Washington D.C., n’acceptant pas que «les élèves soient enchaînés à une école par un diktat légal et un mandat bureaucratique» et que seuls les parents qui ont les moyens puissent mettre leurs enfants dans l’école de leur choix.

Ce mouvement pour la liberté de choix, d’envergure international, trouve aussi un écho en France puisque la liberté de choix constitue aussi une forte demande des parents. Alors qu’en 1999 63% des Français s’y montraient favorables selon un sondage Ifop, ils représentent maintenant 90%, dont 86% chez les sympathisants de gauche et 96% chez les sympathisants de droite. Un consensus qui ne peut qu’inciter à la réforme.

Lire l’intervention de Rod Paige, ministre de l’Education américain,
à l’Heritage Foundation : A Time For Choice


L’Histoire du Libéralisme

Philippe Nemo, docteur d’Etat, est professeur à l’ESCP et directeur scientifique au Centre de Recherche en Philosophie Politique (CREPHE). Il est notamment l’auteur de «Histoire des idées politiques», dont le tome II a été récompensé du prix du livre libéral 2002, ouvrage qui est le fruit d’une réflexion profonde et brillante fournissant ainsi une base intellectuelle sérieuse qui pourrait changer la vision que les jeunes étudiants des universités et des grandes écoles ont en général de la liberté.

Dans le cadre du CREPHE, Philippe Nemo et Jean PETITOT organisent un séminaire sur «Histoire du libéralisme en Europe» . Le premier trimestre a été consacré à "La face libérale du républicanisme français. 1850-1914" et s’est terminé par une séance hors-série sur le problème de la liberté en islam. Le second trimestre est consacré au "Libéralisme allemand" sur un programme abordant l'ensemble du libéralisme de langue allemande (y compris en Autriche), qui reste mal connu en France. Enfin Le troisième trimestre, dont le programme est encore provisoire, complétera les diverses lacunes subsistant dans le programme des années précédentes du Séminaire. Ainsi le volumineux ouvrage prévu sera-t-il en mesure de répondre aux ambitions de son titre, "Histoire du libéralisme en Europe".

Il est d’ores et déjà possible de retrouver une partie de ces interventions en ligne : Philippe STEINER (Université de Lille-III), "Le débat sur la liberté du commerce des grains. 1750-1775". Loic CHARLES (INED), "l'économie politique française et le politique dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle".

De même, des cahiers de recherches. peuvent être commandés, parmi lesquels nous signalons particulièrement : Séminaire "Histoire du Libéralisme en Europe", Présentation générale(en français et en anglais) (Novembre 2001). Philippe NEMO (ESCP-EAP), "La théorie hayékienne de l'ordre auto-organisé du marché (la "main invisible")", et«Les Idéologues et le libéralisme». Jean PETITOT (CREA, CNRS, EHESS), «Modèles formels de la "main invisible": de Hayek à la théorie des jeux évolutionniste». Paolo HERITIER (Université de Turin), «Le personnalisme libéral catholique dans l'Italie du XIXe siècle». Alain LAURENT, «Les libertariens américains».


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Lire les actes du colloque organisé par l’iFRAP :
« Mettre l’ISF au service de l’emploi » du mercredi 17 septembre 2003

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A lire aussi sur le site de Contribuables associés :
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Dans le dernier numéro, lire le dossier :
Comment réveiller la croissance en Europe

Jacques Marseille La guerre des deux France, Paris, Plon, 2004
Jacques Marseille, professeur d’histoire économique à la Sorbonne, qualifie les trente dernières années de «nouvelles trente glorieuses». Pour justifier cet optimiste qui va à l’encontre des idées reçues, il part d’un simple constat : la France est devenue, en trois décennies, l’une des puissances économiques les plus dynamiques de la planète. Preuve en est les performances françaises : le taux de mortalité infantile a été divisé par quatre, l’espérance de vie a progressé de sept ans, le PIB par habitant a quasiment doublé et le patrimoine moyen des Français a triplé, sans parler des profits que les entreprises françaises tirent de la mondialisation.

Mais ces performances ne peuvent perdurer qu’à condition de savoir réformer. C’est sur ce point que l’optimisme cède la place à l’inquiétude. Jacques Marseille constate l’état de blocage dans lequel se sont progressivement enfermés les Français à cause de l’hypertrophie de l’Etat, du corporatisme des syndicats et des échecs de l’Education nationale. Tous ces poids sont autant de freins à l’expansion de la France qu’il faudra réformer.

Jacques Marseille décrit ainsi deux France, « celle qui avance et celle qui freine » et nous livre un véritable plaidoyer pour la réforme.


Nouvelles des cercles

Le 3 février 2004, à Mandelieu, le Cercle local Alpes Maritimes a organisé une conférence sur le thème de la mondialisation, présentée par Bruno Munier, enseignant, spécialiste des questions internationales.
Lire le compte-rendu

Le Cercle local du Puy-de-Dôme, qui travaille en particulier l’assurance-maladie et les défis du vieillissement, vient de publier une lettre qui rend compte de ses travaux.
Contact Lucette Mermoz 04 73 83 08 69 ou Jean-Pierre Brenas

Le Cercle local Paris 12, 13, 14ème arrondissements s’est réuni sur le thème de l’assurance maladie. Lire le compte-rendu.
Contact : Elisabeth Pouchelon

Le Cercle local Paris-Centre propose de développer les cercles libéraux auprès des étudiants des universités et grandes écoles.
Pour soutenir et aider cette inititiave, contacter Aurélien Véron

Travaux des cercles
Contribution d’Herbert Axelrad, responsable du cercle thématique La nouvelle Europe:
Après l'échec de la CIG sur le traité constitutionnel