
Alain
Madelin |
Le
message que nous laisse Ronald Reagan c’est celui de la
force des convictions et de la puissance de la liberté.
En
ces temps où l’on se lamente volontiers sur l’impuissance
publique, il a montré comment la confiance dans la liberté
peut régénérer un pays et remodeler le
monde.
"Il
est temps d’essayer quelque chose de différent,
et c’est ce que nous allons faire" disait-il
au lendemain de son élection. Cette "différence"
Reagan trouve sa source dans de solides convictions libérales
forgées pendant de longues années où il
se fit le propagandiste d’idées et de principes
libéraux empruntés aux meilleurs auteurs (empruntés
notamment à Frédéric Hayek et au Français
Frédéric Bastiat dont il connaissait l’œuvre).
La
révolution Reagan c’est d’abord la confiance
dans la liberté et la responsabilité des personnes
appliquée à l’économie. A contre-courant
des idées socialisantes de son époque, Reagan
impose une révolution fiscale (il baisse le taux marginal
de l’impôt de 70% à 28%), diminue la taille
de l’Etat (qu’il renforce cependant dans ses fonctions
essentielles : sécurité et défense), ouverture
à la concurrence les secteurs protégés.
Et pour cela il n’hésite pas à affronter
l’establishment bureaucratique et les syndicats (jusqu’à
licencier en avril 1981 plus de 11.000 contrôleurs aériens
qui refusaient de reprendre le travail). Les résultats
sont spectaculaires : 16 millions d’emplois créés,
il fait revivre le rêve américain et l’Amérique
reprend confiance.
Mais
Reagan aussi c’est le solide adversaire du communisme.
Il désigne l’Union soviétique – qualifiée
d’ "Empire du Mal" - qu’il épuise
dans une course aux armements, car Reagan a la conviction –
ou plutôt la prémonition – que l’Empire
soviétique peut s’écrouler et que le Mur
de Berlin serait abattu.
Il
ne pouvait y avoir de plus juste symbole que de voir disparaître
Ronald Reagan ce 6 juin 2004 , 60ème anniversaire d’un
autre triomphe de la liberté. Un homme qui a des convictions
– et qui de plus est des "convictions libérales"
– qui les défend avec force, qui les met en œuvre
avec succès quand il gouverne…on comprend que l’establishment
politique français n’ait guère aimé
Ronald Reagan.
Pourtant
il y a beaucoup de ressemblances entre la France aujourd’hui
(et l’Europe) et l’Amérique déclinante
à la veille de la révolution reaganienne.
Reagan
nous a montré le chemin pour combattre ce déclin
: la confiance retrouvée dans la force de la liberté.
Pour
en savoir plus :
16 jours après sa prise de fonction, Reagan prononce
cette adresse
au pays (qu’il rédige lui-même comme tous
ses discours) dans laquelle il expose sa politique économique
: baisse des taux d’imposition et freinage des dépenses
du gouvernement.
Site de Ronald Reagan :
The Ronald Reagan Presidential Library and Museum
A consulter : le
dossier sur Ronald Reagan préparé par
l’Americain Enterprise Institute