Alain Madelin

Quelle rentrée ! Une rentrée d’abord politique. L’élection prochaine de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UMP et son départ du gouvernement sont sûrement le signe d’une nouvelle dynamique de l’UMP. Il faut lui souhaiter bonne chance. Une UMP rénovée, présentée hier comme la réunion de la droite et du centre et devenue dans la bouche du futur président de l’UMP «l’alliance de la droite, du centre et des libéraux» est aussi une opportunité pour que les libéraux s’y fassent une plus large place. Il est bon pour cela que s’organise un courant réformateur libéral au sein de l’UMP. (voir ci-dessous).

Une chose est sûre cependant, l’UMP qui devait marquer la fin des querelles de personnes à droite va devenir le moyen d’institutionnaliser de futures rivalités présidentielles. La rivalité Chirac – Sarkozy est déjà au cœur de la vie politique. L’élection présidentielle est d’ores et déjà engagée. Il est hélas à craindre que désormais les jeux et les enjeux de pouvoir l’emportent sur l’exercice du pouvoir, les considérations d’opportunités politiques sur les positions de fond.

L’UMP va être pour un temps doublement écartelée.

Parti du président, l’UMP se doit par nature de soutenir l’actuel Président de la République, mais elle se doit aussi d’être le parti qui prépare le futur Président. Le problème c’est que manifestement le Président sortant semble bien vouloir se représenter. Le conflit sera rude.

L’UMP est aussi le parti du soutien à la politique du gouvernement (politique dans laquelle beaucoup de libéraux, comme moi-même, ont de plus en plus de mal à se reconnaître). Mais il est clair que progressivement, en voulant dessiner une politique d’avenir, l’UMP s’éloignera de la politique du gouvernement.

Il est à craindre que tout ceci soit la manifestation d’une crise politique et institutionnelle plus profonde sur laquelle nous devrons revenir.

La rentrée, c’est aussi l’annonce de toute une série de mesures à la cohérence plus que douteuse :


- Le gouvernement annonce sa volonté de lutter contre les délocalisations. Ce faisant, il se trompe de problème. La France a tout à gagner en délocalisant une partie de ses activités. A condition toutefois que le moteur de la création d’entreprises et d’emplois tourne à plein et que l’on desserre les freins fiscaux et réglementaires. Comme le dit Tony Blair : «La meilleure chose qu’un gouvernement puisse faire, ; c’est d’éviter de donner l’illusion que nous pouvons prévenir les changements».

Au surplus, pour lutter contre les délocalisations, le gouvernement annonce un plan de lutte à base d’exonérations de charges ou d’impôts dans certains bassins menacés, au risque de fausser la concurrence avec les entreprises du même secteur qui ne se trouvent pas dans ces bassins d’emplois. Dans le même temps, le ministre des Finances s’emporte contre les nouveaux pays d’Europe de l’Est qui vont bénéficier des aides européennes et qui ont l’audace de croire qu’un faible niveau de fiscalité est la clef de leur développement. On a du mal à suivre.

- Le gouvernement accorde le régime du bénéfice mondial consolidé à Vivendi. Pourquoi pas ? Mais présenter cette mesure comme une contre partie à la création de 300 emplois tout de suite, 1600 dans trois ans, et 2100 en cinq ans (3,8 milliards de crédit d’impôt), cela fait l’emploi aidé à 12,6 millions d’euros, à 2.4 M ou à 1,8 M. On aurait pu faire l’économie de cette présentation qui rend ridicule toute comparaison avec le coût des emplois aidés à la mode socialiste, des emplois jeunes aux emplois prétendument créés par les 35 heures.

- Le débat sur les 35 heures est de retour. D’abord en Allemagne où des entreprises sous la menace des délocalisation augmentent leurs horaires de travail sans compensations salariales. A peine le gouvernement français avait-il dit «de telles choses étaient impensables chez nous», qu’elles produisaient. Plusieurs entreprises « d’en bas » ont remis en cause la loi. Elles ont ainsi, hélas, donné un mauvais exemple en présentant la sortie des 35 heures comme une contrainte voire un chantage («C’est 37 heures payées 35, ou 0 heure payée 0»). Mais elles ont montré aussi a contrario qu’il est possible de sortir des 35 heures dans le cadre légal actuel même si celui-ci peut être amélioré. En fait la question avant d’être légale est avant tout économique. Pour les libéraux, la remise en cause des 35 heures ne doit pas être une régression, mais un progrès vers le temps de travail choisi. Ce qui signifie que les heures supplémentaires doivent être valorisées. Le problème c’est que les entreprises qui subissent dans la mise en œuvre des lois Aubry par le gouvernement une augmentation du SMIC de 20% en 3 ans, avec toutes leurs répercussions, n’ont plus pour beaucoup les moyens de payer le surcoût des heures supplémentaires. D’où l’idée du gouvernement de réduire ce surcoût ou d’y ajouter une nouvelle réduction des charges sociales. Si l’augmentation du SMIC avait suivi la hausse des prix, on aurait pu sortir en souplesse des 35 heures en permettant aux Français de gagner plus aux moyens d’heures supplémentaires correctement valorisées. Ç’eut été donner un sens au slogan souvent affiché : récompenser le travail, le mérite et l’effort. Le résultat c’est qu’avec l’usine à gaz de l’exonération des charges sociales, aux effets de seuil pervers, la prime pour l’emploi (hier critiquée, aujourd’hui réévaluée de 4%), le SMIC et diverses formes d’emplois aidés, le marché du travail est aujourd’hui un marché administré.

La France a mis 40 ans pour renoncer au contrôle des prix (et découvrir que la liberté et la concurrence étaient le meilleur moyen de faire baisser les prix) combien de temps lui faudra-t-il pour renoncer au contrôle des salaires (et découvrir que c’est le meilleur moyen de lutter contre le chômage).


- Dernière exemple : la France vient d’annoncer un plan bio-carburant qui est pour l’essentiel le produit des lobbies céréaliers et sucriers, au niveau français comme au niveau européen, inquiets des disparitions des aides aux exportations. Concrètement cela signifie de nouvelles subventions aux budget de l’Etat au nom d’arguments écologiques plus que discutables («La production de bio-carburant est écologiquement contre-productive» affirme le bureau européen de l’environnement). Avec un étrange raisonnement économique qui figure dans le rapport parlementaire consacré aux bio-carburant : «A cause de leur moindre contenu énergétique par unité de volume, la substitution de bio-carburant à des carburants classiques accroît le volume total de carburants consommés et donc taxés à la TIPP et à la TVA». Autrement dit les bio carburants diminuent le rendement de votre plein d’essence, les Français devront donc faire plus souvent le plein, bonne affaire pour l’Etat. Au secours Frédéric Bastiat ! On attend la réaction des consommateurs.

Un courant réformateur libéral au sein de l’UMP
Nouvelles rencontres


Mercredi 29 septembre 2004
à partir de 17h00
à la maison de la chimie,
28, rue Saint Dominique 75007 PARIS

Suivie d’un cocktail dînatoire
à partir de 20h00
à la maison des Polytechniciens,
12, rue de Poitiers 75007 PARIS

Pour en savoir plus et vous inscrire



Elections présidentielles américaines: La société de propriété

Une société de propriété valorise la responsabilité, la liberté et la propriété. Les individus ont alors la possibilité de se libérer de la tutelle du gouvernement en devant propriétaire, prenant ainsi le contrôle de leurs destinées. Dans une société de propriété, les patients contrôlent leur assurance maladie, les parents contrôlent l’éducation de leurs enfants, et les employés contrôlent la constitution de leur retraite.

Pour approfondir ce que représente la société de propriété, consultez les documents suivants :

La feuille de route du gouvernement américain :
Fact Sheet: America's Ownership Society: Expanding Opportunities

Articles
Différents articles présentent succinctement et brillamment la société de propriété :
Bush to Tout Ownership Society, Donald Lambro, The Washington Times, 12 août 2004
The Ownership Society, Dan Ackman, Forbes, 3 septembre 2004
Road Map to an Ownership Society; Jack Kemp, Townhall.com, 16 août 2004
What Bush needs to do: the Ownership Society, Stephen Bainbridge, Tech Central Station, 2 septembre 2004

Pour aller encore plus loin…
Le Cato Institute présente un dossier très complet sur la société de propriété à consulter absolument.

Pour connaître les multiples bénéfices que les citoyens peuvent retirer d’une société de propriété, lire l’étude de David Boaz.

Ce concept est aujourd’hui applicable en priorité à trois grands domaines :
La sécurité sociale
L’assurance maladie
L’éducation

En outre, le Cato Institute a mis à disposition un espace media qui regroupe les documents, articles essentiels ainsi que les spécialistes de la question pour une bonne compréhension de la société de propriété.



Signalé

Fiscalité
Hervé Mariton, député de la drôme, a publié une tribune dans Le Figaro, le 1er septembre dernier. Près de deux cents parlementaires UMP s'engagent pour une décentralisation sans impôt nouveau et ont donc signé le pacte proposé par Hervé Mariton. Parmi eux, Philippe Auberger, Gilles Carrez, Olivier Dassault, Christian Estrosi, Jean de Gaulle, Louis Giscard d'Estaing, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Pierre Lellouche, Alain Madelin, Pierre Méhaignerie, Jean Puech ou Serge Vinçon.
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Emploi
Bernard Zimmern, directeur iFRAP, rappelle dans une tribune publiée le 1er septembre dans le Figaro, que «le gouvernement met la dernière main au projet de loi de finances pour 2005, qui sera discuté et amendé par le Parlement en octobre et en novembre. C'est une dernière chance pour une disposition capitale pour l'emploi, l'une des plus importantes de toutes celles que pourrait entériner cette législature. »
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Education
Nicolas Lecaussin, rédacteur en chef de société civile, aborde, dans une tribune publié dans Le Figaro le 4 septembre, la difficile situation des enseignants et de l’éducation en France. « Personne ne conteste le fait que la situation de l'école française est mauvaise. Taux d'illettrisme parmi les plus élevés au monde, dépenses exorbitantes pour des résultats catastrophiques, bureaucratie imposante, syndicats conservateurs, s'opposant à toute réforme du «mammouth», enseignants endoctrinés et désemparés, élèves démotivés et abandonnés, voici quelques caractéristiques de l'Education nationale en 2004. »
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Impôt
Notre ami Jacques Bichot, dans une tribune publiée dans Le Monde le 3 septembre, aborde l’impôt sur les sociétés. « Le projet de baisse de la "surtaxe Juppé" à l'impôt sur les sociétés (IS) incite à réfléchir sur la façon dont cet impôt affecte l'économie en général et les entreprises en particulier. »
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Nouvelles des Cercles

Nous remercions les cercles qui se sont manifestés pendant les vacances :
- celui des Hauts de Seine qui s’est réuni le 21 Juillet
- celui de Lyon qui s’est mis en place à la fin Juillet
- celui de la Basse Normandie qui a fait publier un article dans la Presse de la Manche du 6 Juillet pour annoncer sa création ( document joint)
- intervention en direct , en Août ,sur Europe 1 d’Eloi Jutteau, un des responsables de Paris Centre, sur les délocalisations( document joint)


Saluons la création de deux nouveaux Cercles :
Le cercle libéral de Caen,
contacter Laurent Leclerc claude.gatignol.permanence@wanadoo.fr
Le cercle de Besançon qui se réunit pour une première rencontre le 3 Septembre.
Contacter Yves Quemeneur ym.quemeneur@wanadoo.fr

Plusieurs réunions sont déjà prévues à Rouen, Dunkerque, Vannes…