Lors
du dîner de printemps des libéraux, Alain Madelin
dans son intervention a voulu répondre à la question
qui était celle de tous "et maintenant que faire
ensemble ? ".
Je
vous propose d’unir les efforts des uns et des autres
au sein de la société, au sein de la majorité,
au sein de l’UMP.
I-
Au sein de l’UMP d’abord.
Ceux
qui en 2002, au moment où Jean-Pierre Raffarin est devenu
Premier Ministre, ont fait avec moi le choix de participer à
la création de l’UMP, l’ont fait avec la
volonté d’être, je rappelle précisément
les termes : « partenaire à part entière
d’une nouvelle formation politique, unie, diverse, plurielle
». Avec la volonté de regrouper les libéraux
de toutes origines dans une grande formation politique dans
l’esprit de ce que nous avions préfiguré
quelques années plus tôt avec Idées-Action.
Nous l’avons fait aussi avec la volonté, disions-nous,
« d’organiser le moment venu, le grand courant réformateur,
imaginatif, libéral et moderne dont l’UMP a besoin
».
Ce
moment est venu.
Le
moment est venu de construire ensemble et d’organiser
au sein de l’UMP un grand courant réformateur libéral.
Aussi
je vous invite à laisser les états d’âmes
au vestiaire de l’UMP.
N’attendez
pas que l’UMP fasse une place aux libéraux, prenez
la, prenons la ensemble.
Je
ne sais pas si l’UMP est l’avenir des libéraux,
mais je suis sûr que l’UMP n’a pas d’avenir
sans les libéraux.
Si
l’UMP devait être un parti mono-culturel, mono-courant,
elle retrouverait rapidement les frontières de l’ex-RPR.
Ses
dirigeants l’ont bien compris qui souhaitent favoriser
l’expression de la diversité.
C’est
d’ailleurs pour cela que j’ai accepté il
y a peu de créer et d’animer le forum de l’UMP,
un espace d’expression ouvert aux diverses sensibilités,
afin d’organiser en toute liberté des débats,
sur l’Europe, le principe de précaution, l’école,
la santé, l’économie et l’emploi,
des débats qui doivent donner la parole aux militants
et déboucher sur des votes.
Alors
ce soir je dis à mes amis, engagés au sein de
l’UMP, nous allons faire vivre le débat, faire
vivre la démocratie interne, et nous allons nous tourner
vers l’UMP d’en bas, car l’UMP d’en
bas est sans doute plus réformatrice et libérale
que l’UMP d’en haut. Car nous savons qu’à
la base de l’UMP nos idées sont souvent populaires
et même majoritaires.
C’est
pourquoi nous allons défendre nos idées et poser
dès maintenant 7 questions claires qui appellent des
réponses claires de tous nos amis de l’UMP.
-
Voulez-vous donner aux parents la liberté de choisir
l’école de leurs enfants ?
-
Voulez-vous accorder aux établissements scolaires qui
le souhaitent un vrai statut d’autonomie pour leur permettre
de faire une meilleure école ?
-
Voulez-vous réformer vraiment la gestion de l’assurance
maladie en donnant aux caisses, aux assurances et aux mutuelles,
une délégation de gestion de service public pour
leur permettre d’assurer de meilleurs soins au meilleur
coût ?
-
Voulez-vous en finir avec les 35 heures - non pas pour revenir
aux 39 heures – mais pour favoriser le libre choix du
temps de travail, travailler plus si l’on veut gagner
plus ?
-
Voulez-vous programmer la diminution de la dépense publique,
du nombre de fonctionnaire et engager une vraie réforme
de l’Etat pour cela ?
-
Dans le domaine du droit du travail, voulez-vous moins de loi
et plus de contrat ?
-
Voulez-vous poursuivre les baisses d’impôts et les
inscrire dans une réforme globale de la fiscalité
?
Notre
action n’est dirigée contre personne, elle est
au service de tous.
On
doit pouvoir au sein de l’UMP être à la fois
réformateur libéral avec Sarkozy, avec Fillon,
avec Raffarin, avec Juppé. Nous n’avons pas la
volonté d’entretenir, de nourrir des querelles
de personnes ou de ressusciter de vieilles chapelles. Nous avons
l’ambition de mettre nos idées et nos propositions
au service de tous.
J’invite
mes amis de l’UMP à prendre dès demain,
toutes les initiatives qui vont permettre de donner vie à
ce courant réformateur libéral, département
par département, arrondissement par arrondissement.
Emparons-nous
de tous les thèmes du débat politique. Retrouvons-nous
d’ici la fin du mois de mai dans une première rencontre
nationale. Préparons-nous à peser sur les choix
à venir au sein de l’UMP.
Mais
au delà de l’UMP il y a la majorité et il
y a la société.
II
Au sein de la majorité
Si
le pluralisme est nécessaire au sein de l’UMP,
la majorité bien entendu se doit d’être plurielle–
et c’est une évidence dans un système électoral
fondé sur des scrutins à deux tours. En politique
nous cherchons à faire des additions, pas des divisions.
C’est
pourquoi je n’oublie pas, bien au contraire, ceux de nos
amis qui sont engagés au sein de l’UDF ou qui s’y
sont réfugiés.
Si
nous voulons réfléchir à l’avenir
du pays, faire partager nos idées, nos propositions nous
devons le faire bien entendu sans exclusive, et je tiens sur
ce point à saluer la qualité du dialogue avec
François Bayrou et dire combien j’ai apprécié
dans le débat sur la réforme des retraites que
l’UDF défende des propositions qui étaient
aussi les nôtres.
III
Dans la société
Enfin
bien entendu, notre action n’est pas enfermée dans
les partis politiques, même si je le rappelle les meilleures
idées, les meilleures propositions ne servent à
rien si elles ne sont pas relayées le moment venu dans
la vie politique.
Je
souhaite en ce printemps des libéraux que s’épanouissent,
se fortifient toutes les initiatives que j’ai citées
tout à l’heure en exemple. Nous avons besoin d’une
société civile libérale forte. Au début
du 20ème siècle Emile Faguet écrivait :
« Les français libéraux demandent aux hommes
politiques d’être libéraux, et ceux-ci répondent
: soyez les plus nombreux et je vous garantie bien qu’alors
je serais libéral, d’ailleurs je ne pourrais pas
faire autrement ».
Nous
avons besoin de faire de la politique autrement, ce que nous
avons hier initié ensemble avec Idées-Action.
Il
n’y a pas d’un côté la politique et
la société civile, l’une et l’autre
doivent être toujours étroitement liées,
et non de temps en temps, en affichant au gouvernement quelques
personnalités de la société civile, pour
faire trois petits tours et puis s’en aller.
C’est
pourquoi l’action des Cercles libéraux reste précieuse.
Elle doit se développer, pour être plus que jamais
en toute indépendance ce lieu de rencontres, de réflexions
et de débats, entre les réformateurs libéraux
de l’UMP, de la majorité et celles et ceux qui
refusent un engagement politique mais qui avec nous veulent
faire bouger la société.
Alors mes chers amis, ce dîner marque un nouveau printemps
des libéraux.
Ce
soir nous affirmons ensemble une volonté.
Ce
soir nous reprenons la parole et nous entendons bien la garder.
Les
temps ne seront pas faciles, mais justement en de tels moments
la fortune sourit à celles et ceux qui se redressent
quand d’autres se découragent, qui se rassemblent
quand d’autres se dispersent, qui agissent dans la force
de leurs convictions quand d’autres hésitent et
doutent.
Merci
donc à vous d’annoncer par votre présence
et votre détermination que je sais grande, le
retour des libéraux, le printemps des libéraux.
Extrait
du discours d’Alain Madelin, au dîner du printemps
des libéraux, le 7 avril 2004
Tout
le discours d'Alain Madelin