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Alain
Madelin |
Ainsi
le Président de la République semble bien décidé
à dire une nouvelle fois « oui » au nom de
la France à la poursuite du processus d’adhésion
de la Turquie à l’Union européenne. L’UMP
est contre, l’UDF est contre, tout comme l’opinion
publique. Pour passer en force, le Président s’engage
à ce que les Français soient consultés.
Mais à la fin du processus, dans 10 ou 15 ans !
A
défaut de pouvoir consulter les Français par référendum
dès aujourd’hui sur une question qui ne se pose
pas, la démocratie la plus élémentaire
impose que sur une question d’une telle importance la
représentation parlementaire délibère –
c’est promis – et vote.
Refuser
ce vote aujourd’hui, avant que le conseil européen
n’en décide en décembre, c’est bien
entendu inviter les Français à se saisir de la
question lors du référendum de l’an prochain
sur la Constitution européenne.
Il
est vrai que cela fait longtemps – depuis 1963 –
que l’Europe a reconnu la vocation européenne de
la Turquie, mais l’Europe d’alors était avant
tout l’Europe du marché commun. Avec la chute du
Mur de Berlin, l’Europe ne change pas seulement de dimension,
elle change de nature. Elle ne « s’élargit
» pas selon le vocabulaire usuel, elle se réunifie.
Elle se refonde dans un nouveau projet qui n’a de sens
que dans un ancrage commun à des valeurs partagées
et historiquement forgées ensemble.
L’Europe
avec la Turquie ce n’est plus l’Europe diront certains,
en tout cas ce serait une nouvelle Europe. Le Président
de la République peut légitimement en caresser
le projet, mais alors il doit l’expliquer clairement à
l’opinion, chercher à l’entraîner et
ne pas reporter l’expression de la volonté des
Français deux ou trois quinquennats plus tard pour esquiver
aujourd’hui l’expression de la volonté de
leur représentation parlementaire.
La
question n’est pas de savoir si la Turquie respectera
le moment venu les critères dits de « Copenhague
» définis en 1993 - démocratie, état
de droit, droits de l’homme, respect des minorités,
économie de marché -, car dès lors qu’un
tel cahier des charges serait (et il le sera sans doute fort
heureusement) rempli, il apparaîtrait choquant et guère
responsable qu’après tant d’efforts demandés
l’Europe ne tienne pas sa promesse.
La
question est de savoir si les institutions prévues par
le traité constitutionnel que l’on va soumettre
par référendum ont été conçues
pour un tel élargissement. La réponse du Président
de la Convention pour l’Europe qui a donné naissance
à ce traité, Valéry Giscard d’Estaing,
était clairement non. Ces institutions reposent sur une
autre idée de l’Europe et sur un autre équilibre
que celui qui verrait la Turquie devenir par sa démographie
le premier pays européen.
On
peut vouloir la Turquie en Europe, mais dans ce cas-là
il faut une autre Constitution, et si l’on veut la Constitution,
il faut trouver un autre cadre à l’association
de la Turquie à l’Europe que celui de son intégration
politique à l’Union européenne.
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Signalé
Budget
Jacques Garello nous livre, dans un article publié
dans la Nouvelle Lettre, son analyse du budget présenté
par le ministre de l’Economie et des Finances :
« Budget de rigueur pour les uns, cadeaux aux plus riches
pour les autres. Rien de tout cela n’est vrai et le budget
SARKOZY est un budget laxiste, aux déficits excessifs,
aux dépenses en hausse. C’est un budget en trompe-l’œil,
car les baisses d’impôts sont compensées, et
au-delà, par des hausses de prélèvements
obligatoires… »
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Affaire
Julia
Jean-Christophe Hauguel, responsable du cercle du Havre,
livre ses réflexions sur l’affaire Julia :
«Le déchaînement médiatique et surtout
politique contre le député Didier Julia est très
représentatif du centralisme technocratique de notre
pays. Quand l’UMP parle de «farce tragique»,
le PS renchérit en «pantalonnade lamentable».
»
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Nouvelles des Cercles
Saluons
la création de deux cercles :
en Dordogne , contacter André Added,
andre.added@gif.fr
dans l’Eure, contacter Jean-Maxime Sorriaux,
jms@systhea.com
A
signaler la dernière réunion du cercle
du Havre qui projette de développer des rendez-vous
réguliers sur le modèle des cafés littéraires
ou philosophiques, dédiés aux débats économiques
et de société.
Le cercle a développé sa réflexion sur
le thème «Les fondements du libéralisme».
Il en est ressorti un constat très fort : le libéralisme
fondé sur les principes de liberté, de respect
des droits de propriété privée et de responsabilité
n’est que très peu connu et absent des principaux
débats politiques.
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le compte-rendu
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