Alain Madelin


Cette nouvelle année s'ouvre sous le signe de la mondialisation.
Mondialisation de l'exigence démocratique d'abord après les élections en Ukraine et en Afghanistan, à la veille d'élections en Palestine et en Irak.
Mondialisation cathodique hélas aussi de la tragédie humaine d'un raz-de-marée catastrophique, heureusement accompagné de la mondialisation de la compassion et de la solidarité.
Certes, la force et le nombre des images, la présence de touristes occidentaux, sont pour beaucoup dans cette émotion planétaire. Il n'en reste pas moins que ce drame aura donné une dimension plus humaine à une mondialisation si souvent incomprise et décriée en France. Qu'il me soit permis cependant d'ajouter quelques réflexions.

1/ On ne peut d'ailleurs qu'être frappé par le décalage entre les Français spontanément généreux et une classe politique qui de gauche à droite a vu aussitôt dans cette catastrophe prétexte à inventer -- ou à promouvoir -- un nouvel impôt mondial. Tocqueville disait « lorsqu'il y a un problème social, en Amérique il y a une association, en Angleterre il y a un lord, en France il y a l'État ». Cette réflexion est toujours d'actualité. Il est de bon ton de reprocher aux États-Unis la faiblesse de leur aide publique au développement. C'est oublier qu'à chaque dollar d'aide publique s'ajoute quatre dollars d'aides privées. C'est ignorer que les Américains donnent chaque année 200 milliards de dollars à leurs associations philanthropiques. Si nous avions en France le même niveau de générosité -- et aussi le même système fiscal -- c'est près de 40 milliards d'euros qui seraient mobilisés au service des actions caritatives et philanthropiques. Mieux vaut me semble-t-il favoriser (fiscalement) la générosité spontanée que de vouloir la forcer par l'impôt et se décharger de ses devoirs sur l'État.

2/ Le tsunami est assurément une catastrophe humaine. Ce n'est sans doute pas la catastrophe économique annoncée. Les bourses asiatiques n'ont d'ailleurs pas fléchi. Et la reconstruction sera sûrement plus rapide qu'on ne le croit car la plupart des pays frappés disposent de marchés financiers performants qui leur permettent d'acheminer entre les meilleures mains les capitaux nécessaires à la reconstruction. Il y a d'ailleurs un certain paradoxe à voir qu'en France les partisans les plus déterminés d'une aide étatique massive aux pays touchés par le tsunami sont souvent ceux qui exigent du gouvernement français des mesures protectionnistes contre ces mêmes pays accusés de dumping fiscal, social ou écologique.

3/ La catastrophe télévisée d'un jour ne doit pas faire oublier les catastrophes cachées de tous les jours. Au Darfour et au Congo par exemple les victimes oubliées représentent chaque année l'équivalent de trois ou quatre tsunamis. Et ce ne sont pas là des victimes de catastrophes naturelles inévitables. Elles méritent tout autant la compassion, la mobilisation et l'action.



Signalés

Monnaie
Notre ami Jacques Bichot a publié une tribune intitulée «Epargnons en dollar» : «Certains disent que le dollar va encore baisser par rapport à l'euro en 2005. Peut-être ont-ils raison. Peut-être pas. La seule chose certaine est que les arbres ne montent pas jusqu'au ciel et qu'un jour le retournement de tendance se produira.»
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Education
L’association Liberté Chérie, bien connue de tous les libéraux, a fait publier le 29 décembre dernier une tribune dans Le Figaro s’adressant aux Jacobins pour leur expliquer ce qu’est l’autonomie des établissements scolaires : «En ces temps de débat et d'annonces ministérielles sur l'école, s'il est une proposition libérale mal comprise et parfois détournée de son sens, c'est celle de l'autonomie des établissements scolaires.»
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Société
Le professeur Jacques Marseille aborde, dans une tribune publiée le 3 janvier dans Le Figaro, le problème du traitement de l’inégalité : «Parler des inégalités aujourd'hui en France consiste soit à flatter l'opinion courante en l'habillant d'une réalité plus compassionnelle que scientifique, soit à lui tordre le cou en prenant le risque de passer pour un de ces nouveaux monstres qu'engendre l'ultralibéralisme.»
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Humeur

Jean-Louis Caccomo s’élève contre «l’hystérie anti-économique» : «Les gens, à droite comme à gauche, ne comprennent pas que l’on puisse critiquer l’exception française, aussi chère à De Gaulle qu’à Mitterand. Pourquoi n'y aurait-il pas une exception italienne ou polonaise ? Cependant, on ne construit pas la grandeur d’un pays sur les ruines de son économie.»
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Réorganisation des Cercles thématiques

Les Cercles thématiques constituent des espaces de discussions, de réflexions et de propositions organisées autour des défis du XXIème siècle. Ils sont maitenant reorganisés en 6 grands thèmes.
Les 6 grands thèmes



Nouvelles des Cercles

Nous signalons la visite d'Alain Madelin
au cercle libéral de Marseille le 27 Janvier.
Renseignements : 06 14 62 08 36

Nous signalons tout spécialement le livre de notre ami Bruno Munier, responsable du cercle des Alpes Maritimes «Révolution libérale et gouvernance mondiale» avec une préface d’Alain Madelin. Bruno Munier analyse le changement profond de notre monde qui affecte toutes les sociétés et tous les hommes.

Le prochain dîner-débat du cercle du Havre, le mercredi 26 Janvier, avec comme invitée Benoîte Taffin, porte-parole des Contribuables Associés sur le thème «Le rôle d’un groupe de pression face aux décideurs politiques»
Contacter Jean-Christophe Hauguel cercleliberalduhavre@wanadoo.fr

Nous avons demandé à nos animateurs de cercles locaux de nous fournir une contribution au débat sur la loi de cohésion sociale . Nous remercions Christian Braga, du cercle de la Moselle, pour ses réflexions.
Contacter Christian Braga braga.mobilfer@wanadoo.fr

Nous sommes très heureux de retrouver les chroniques de notre ami, Jean-Louis Caccomo, qui, en mission officielle à Phuket pour l’Université de Perpignan, a vécu «une expérience terrifiante…En quelques instants, une mission de rêve a tourné au cauchemar…Quand la vague est arrivée, nous n’avions aucune information, aucune alerte… Nous avons couru vers les hauteurs pour atteindre le sommet de la montagne à l’intérieur de l’île. Nous entendions le bruit des murs se froisser et des maisons s’écrouler sous la pression du courant… Au petit matin, nous sommes redescendus dans la baie dévastée.»
Jean-Louis Caccomo, touché par la dignité de la population locale, est heureusement de retour.