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Alain
Madelin |
Nous
pensions que Bush remporterait aisément l’élection
présidentielle américaine. Nous le souhaitions
aussi.
D’abord, même si ce n’est pas essentiel parce
que la défaite de Bush aurait été instrumentalisée
contre les idées chères aux libéraux (même
si beaucoup de libéraux américains au sens français
du terme ne ménagent pas leurs critiques contre Bush
que ce soit tant en ce qui concerne les droits de la personne
– le Patrio Act, Guantanamo, Abou Graïb – ou
la progression des dépenses publiques).
Ensuite plus sérieusement, parce que face à la
menace totalitaire et terroriste de l’islamisme radical,
le monde a besoin d’une Amérique qui s’engage
et non d’une Amérique qui se replie. Les démocraties
doivent faire bloc avec l’Amérique pour regarder
cette menace en face pour réagir et agir en commun, pour
propager dans le monde et plus particulièrement dans
le monde arabo-musulman l’idée de liberté
qui constitue le meilleur antidote à cette nouvelle idéologie
totalitaire qui défigure l’Islam.
Comme l’a écrit aussitôt José Maria
Aznar, «La réélection de Bush ouvre aussi
une période d’espoir pour la communauté
internationale. Nous avons l’opportunité d’unir
nos efforts pour créer un monde plus sûr et plus
libre».
VOICI VENU LE MOMENT DE VERITE ENTRE LA FRANCE, L'EUROPE
ET LES ETATS-UNIS
Il faut s’attendre à une forte offensive
diplomatique américaine à la fois politique, économique
et militaire en direction de l’Europe. (Voir «A
Conservative Vision for U.S. Policy Toward Europe»
publié par l’Heritage
Foundation). Trois défis peuvent et doivent être
relevés en commun.
1er défi : la construction d’un Iraq démocratique.
Quelle qu’aient été hier les positions des
uns ou des autres sur l’opportunité d’une
intervention en Iraq, quelles que soient les réserves
sur la façon dont les Américains ont géré
l’après-guerre (nous ne comprenons pas pourquoi
les Américains n’ont pas aussitôt facilité
la mise en place d’un vrai gouvernement provisoire irakien
et ont ainsi laissé transformer une armée de libération
en armée d’occupation), il n’y a aujourd’hui
pas d’autre alternative que d’aider le gouvernement
Allawi et de tout faire pour organiser les élections
en janvier prochain comme prévu.
L’immense majorité des Irakiens attend ce rendez-vous
électoral. Les terroristes le redoutent et feront tout
pour l’empêcher car ils savent que la majorité
irakienne silencieuse qui subit leur terrorisme quotidien pourra
alors s’exprimer. Les attentats, les révoltes sporadiques
ne doivent pas faire illusion si la population irakienne était
hostile dans ses profondeurs à son gouvernement et au
processus engagé, elle ferait grève, elle manifesterait,
elle fermerait les devantures des magasins.
Il est dommage que le Président de la République
française soit le seul chef d’Etat absent de Bruxelles
au moment où l’Europe rencontrera le Premier Ministre
irakien. Car l’incroyable proposition de la France de
faire venir des représentants de la «résistance»
irakienne au prochain sommet de Charm-el-Cheik a semé
le moins qu’on puisse dire le doute sur notre diplomatie
et sur son souhait de voir vraiment réussir le processus
démocratique irakien.
Suggérons qu’une très large annulation de
la dette irakienne – le nouvel Irak doit-il rembourser
les crédits consentis à Saddam Hussein pour acheter
des armes ou construire des palais ? – soit l’occasion
pour la France de se réinsérer pleinement dans
le processus de sortie de crise irakienne. (Voir
la théorie de la dette odieuse).
2ème défi : le processus de paix israëlo-palestinien.
Les forces de changements qui peuvent construire un Grand Moyen
Orient plus ouvert à la liberté, à la démocratie
et à la modernité ont besoin que s’affirme
une nouvelle perspective de paix israëlo-palestinienne.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle beaucoup
d’Etats despotiques de la région alimentent le
terrorisme palestinien afin de préserver leur pouvoir.
Sans doute comme beaucoup le soulignaient en France, une action
internationale pour renverser le régime de Saddam Hussein
aurait gagné à être précédée
d’un retour préalable au processus de paix. Mais
encore aurait-il fallu trouver un interlocuteur palestinien
capable d’arrêter le sabotage permanent de ce processus
par les mouvements terroristes islamo-palestinien qui ne souhaitent
pas la paix mais la disparition de l’Etat d’Israël
(rappelons que Saddam Hussein accordait une prime aux familles
des kamikazes anti-israëliens).
Pour cela un changement était nécessaire à
la tête de l’autorité palestinienne. La disparition
d’Arafat peut être une fenêtre d’opportunité
pour un nouveau processus de paix dans lequel bien entendu Europe
et Etats-Unis doivent agir de concert.
3ème défi : faire face ensemble aux nouvelles
menaces du monde. Le monde est menacé à
la fois par le terrorisme lié à l’islamisme
radical et par les risques de prolifération de l’arme
nucléaire et des armes de destruction massive. Or l’Europe
reste divisée sur l’appréciation de cette
menace et sur les moyens d’y faire face. La diplomatie
française conteste l’idée même d’une
guerre contre le terrorisme. (voir
lettre semaine dernière). Sur ces questions le dialogue
Euro - Atlantique est plus que jamais nécessaire. La
meilleure réponse à l’unilatéralisme
américain que l’on critique (d’autant plus
facilement que la menace soviétique sur l’Europe
a disparu et que le parapluie américain n’est plus
une question vitale pour l’Europe) c’est la construction
d’un multilatéralisme démocratique. Les
Américains vont faire preuve d’initiative. La question
est de savoir maintenant si l’Europe abordera ce rendez-vous
avec l’Amérique de Bush II unie ou divisée.
L’EUROPE EN CRISE
L’Europe traverse une triple crise.
1° Une crise économique d’abord.
L’écart de compétitivité de croissance
et de productivité se creuse avec les Etats-Unis. A Lisbonne
en 2000 les pays européens s’étaient mis
d’accord sur un ensemble de réformes pour que d’ici
à 2010 l’Europe se dote de «l’économie
de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique
du monde». A mi-chemin le
rapport présenté au Conseil européen
par Wim Kok est un dramatique constat d’échec qui
souligne «le manque d’action politique déterminée»
de la part des membres de l’Union européenne.
Or quelles que soient les critiques que l’on puisse faire
à la Commission européenne, force est de constater
que celle-ci est depuis longtemps le moteur des réformes
nécessaires. C’est à son initiative et sous
son implusion que l’Europe et tout particulièrement
la France doivent la libéralisation de leur économie,
l’ouverture au libre-échange, le renforcement des
règles de concurrence, l’obligation de maîtriser
les déficits publics et d’engager les réformes
nécessaires.
Malheureusement, la nouvelle Commission avant même d’exister
est déjà affaiblie par sa confrontation avec le
Parlement européen.
2° Une crise politique. Dans le bras de
fer qui vient d’opposer le Parlement européen à
la nouvelle commission, celle-ci a dû céder. Mais
ne nous y trompons pas : l’enjeu n’était
pas la censure de Rocco Buttiglione pour les quelques propos
qui avaient choqué certains parlementaires européens.
C’était une volonté de puissance du Parlement
européen face à la commission. C’était
aussi la volonté d’affaiblir une commission jugée
«trop atlantiste et trop libérale». Cette
crise sera sans doute surmontée, mais elle établit
un nouveau rapport de forces.
Face aux réformes libérales nécessaires
pour tenir les promesses de l’agenda de Lisbonne, on sait
d’expérience que le moteur ne sera pas vraiment
le Conseil européen (même si en son sein aujourd’hui
les pays de l’Est apportent un souffle réformateur),
quand on a vu, il n’y a pas si longtemps ce même
Conseil s’accorder pour transiger contre l’avis
de la Commission sur les disciplines budgétaires du pacte
de stabilité. Ce ne sera pas davantage le Parlement européen
plus volontiers porté à réglementer qu’à
libérer (voir l’étude
des votes des députés européens du
Timbro Institute
qui n’avait recensé que 12 députés
européens vraiment favorables au libre-échange)
3°
Une crise institutionnelle à venir avec le vote du projet
de Constitution européenne. On sait en effet
que le «non» d’un seul pays suffirait à
rendre caduque ce projet et que ce «non» est déjà
une probabilité dans de nombreux pays à commencer
par la Grande-Bretagne (où les derniers sondages ne donnent
qu’un tiers de voix au «oui»), mais aussi
l’Irlande, les Pays-Bas, la Pologne, le Danemark et peut-être
même la France.
En
France en effet, aux hésitations du Parti socialiste,
au sentiment populaire de dépossession de souveraineté,
s’ajoutent la question de l’entrée de la
Turquie et l’évidence que le projet de Constitution
européenne n’a pas été taillé
pour une Europe sans frontières élargie demain
à la Turquie (et par conséquent après-demain
à d’autres pays encore). On peut dire «oui»
à la Turquie en Europe (il y a des arguments pour cela),
mais ce serait pour le moins «une autre Europe»,
et choisir cette Europe-là impliquerait de dire «non»
à l’actuel projet de Constitution. A l’inverse,
dire «oui» au projet de Constitution impliquerait
de savoir dire «non» à l’entrée
de la Turquie.
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Alain
Madelin
et les Réformateurs Libéraux UMP
d’Ile de France accueilleront
NICOLAS
SARKOZY
Le
mardi 9 Novembre 2004 à 19 heures 30
A La Maison de la Mutualité
24 rue Saint Victor 75005 PARIS
Nous
comptons sur votre présence et celle de vos amis
Pour
vous inscrire |

Signalé
Elections
américaines
Alain Madelin a accordé une interview au Monde le 4 novembre
pour donner son sentiment sur la réélection de George
W. Bush à la présidence des Etats-Unis : «il
est vrai qu'en France cette élection a suscité une
vive hostilité à l'égard de l'Amérique,
et particulièrement à l'égard de l'Amérique
qu'incarne George Bush.».
Lire
l’interview
Etats-Unis
Michael Novak, ancien ambassadeur américain à la
Commission des droits de l'homme de l'ONU et pour la conférence
de Berne de l'OSCE, titulaire de la chaire de religion et politique
à l'American Enterprise Institute, a publié une
tribune dans Le Monde le 30 octobre dernier : «Au fil
des ans, l'électorat américain devient plus "libéral",
au sens européen du terme, c'est-à-dire plus attaché
à la liberté, moins prompt à écouter
l'opinion de l'élite, un peu plus religieux et "traditionnel"
dans ses idéaux moraux. En d'autres termes, moins social-démocrate,
moins sensible au charme de la gauche, il s'éloigne du
modèle français».
Lire
la suite
Société
de propriété
Notre ami Mathieu Laine a publié une tribune sur la société
de propriété, un des thèmes centraux de la
campagne électorale de George W. Bush, dans le Figaro :
«Il n'est pas que sur le terrain militaire, diplomatique
ou culturel que la France fait entendre sa différence avec
les Etats-Unis. Sur le plan des perspectives de société,
notre pays se positionne également en alternative au modèle
américain. Ainsi, alors que le président Bush promet
l'avènement d'une «société de propriété»,
tournée vers les individus, la France poursuit la construction
d'une «société de contrôle»…»
Lire
la suite

A lire
|
Pour
mieux comprendre l’élection américaine
et son issue, lisez ou relisez les excellents ouvrages de
Guy Millière, Pourquoi Bush
sera réelu (Paris, Ed. Michalon),
et de Yves Roucaute, La
puissance de la liberté (Paris, PUF). |

Nouvelles
des Cercles
A signaler la dernière
réunion du cercle de Bordeaux
à laquelle se sont associés «Liberté
chérie» et «Liberté et humanisme».
Les participants ont été invités à
réfléchir sur le thème du libéralisme
comme facteur de progrès et de propositions pour la Gironde
et l'Aquitaine.
Lire
le compte-rendu
A signaler la première réunion du cercle
de la Loire Atlantique. L'objectif étant
de promouvoir les idées libérales, plusieurs moyens
ont été envisagés :
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-
des réunions thématiques destinées
à drainer un nombre croissant de sympathisants ou
de personnes curieuses de découvrir les idées
libérales
- parfaire les argumentaires libéraux
- des petits déjeuners de conjoncture en présence
de leaders politiques libéraux
- interpeller régulièrement les politiques
locaux sur les questions qui agitent l'opinion, au niveau
national ou local
- apporter une contradiction de qualité aux arguments
anti-libéraux. |
Il a semblé aux participants que le thème de la
santé devait faire partie des priorités. Pourquoi
le système actuel pousse-t-il tous ses acteurs à
l'augmentation et à l'inefficacité des dépenses
?
Contacter Vincent Charpin cerclesliberaux44@wanadoo.fr
A
signaler la prochaine réunion du cercle
local des Charentes, sur le thème «Le
projet européen et la Turquie sont-ils compatibles ?»
Contacter Francis Demay fdmy@club-internet.fr
Saluons
l'initiative du cercle de Paris
Centre qui tiendra son premier Café Liberté,
rencontre hebdomadaire des libéraux, organisée avec
Liberté Chérie. Deux débats sont prévus
:
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-
les élections US
- Nicolas Sarkozy peut-il être le porteur de l'idéal
libéral en France ? |
Contacter Aurélien Véron aurelien.veron@bnpparibas.com

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