Exprimant sans aucun doute l’esprit du gouvernement, Francis Mer vient de déclarer : « En matière de réformes, je ne crois pas qu’on puisse aller beaucoup plus vite car sinon nous prendrions plus de risques ». On pense immédiatement à cette célèbre apostrophe: « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c'est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles ».

Il eut par exemple été certainement plus facile d’engager la réforme assurant la continuité des services publics dans les 200 premiers jours du nouveau gouvernement qu’aujourd’hui ou encore au lendemain des élections régionales ! Le temps passe… Il en va de même - autre exemple parmi bien d’autres – de la difficile réforme de notre assurance-maladie. Le temps perdu se traduit par des déficits abyssaux de plus en plus difficiles à éponger et lorsque demain il faudra régler partiellement la facture en faisant payer tous les Français, l’on nous dira sans doute que le moment n’est pas propice à la réforme fiscale nécessaire et attendue.

Paraphrasant Montesquieu, on doit aussi regretter que les réformes inutiles diffèrent les réformes nécessaires. Il en est ainsi, à mes yeux, de cette loi sur les signes religieux à l’école adoptée dans une curieuse fièvre laïque et républicaine qui a redonné vigueur à un jacobinisme que l’on croyait oublié et que l’on croit devoir adopter toutes réformes cessantes.

Alain Madelin


Les libéraux et la loi sur les signes religieux à l’école

Alain Madelin prend position contre la loi
à l’Assemblée nationale et dans Le Monde

« Une chose est claire : cette loi, quelque nom qu’on lui donne, est une loi contre le voile islamique. L’interdiction à l’école des autres signes religieux, kippas ou grandes croix, n’est là que pour assurer une fausse symétrie.

Soyons en sûr, cette loi ne facilitera pas le travail des enseignants. Entre les signes « ostentatoires » et les signes « visibles », on a retenu la solution mi-chèvre mi-chou d'une prohibition de tout signe « ostensible ». Cette synthèse audacieuse force l'admiration, mais que règlera-t-elle ? Il appartiendra toujours aux enseignants d'apprécier, ce qui est signe religieux et ce qui est ostensible. La tâche est assez difficile pour qu'elle ait déjà égaré le Ministre de l’Education nationale, en lui faisant déceler des signes prohibés sous un bandana, et même sous certaines pilosités...

Mais ce qui est le plus regrettable, c'est que cette loi nous fasse passer à côté de la vraie question : celle de la place de l'islam en France, de sa compatibilité avec la modernité, la laïcité, les droits de l'homme. Ce n'est pas une commission sur la laïcité qu'il fallait constituer, mais une commission sur le rapport entre l'islam et la République. Tout comme il a fallu l'épreuve de force entre les juifs et la République pour parvenir au Sanhédrin de 1807, tout comme il a fallu le long affrontement avec l'Eglise catholique, nous ne pouvons pas éviter ce rendez-vous avec l'islam de France. Celui-ci doit se mettre en conformité avec nos moeurs, avec nos valeurs, avec les droits de l'homme ; la République doit l'y inviter clairement et fermement.

Cette loi est inutile. La prohibition stricte va bloquer l'évolution de l'islam et encourager les intégristes. Pour éviter ce scénario, il reste une solution : que la loi soit appliquée avec pragmatisme, comme l'a dit le président de la commission des lois ou, pour parler comme le Président de la République, avec discernement. C'est-à-dire que, pour finir, le voile prohibé deviendra foulard ou bandana autorisé... Beaucoup de bruit pour peu de chose, mais avec le risque d'avoir creusé un fossé d'incompréhension avec ceux qui garderont le goût amer d'avoir vu la religion qu'ils pratiquent - ou qu'ils ne pratiquent pas, mais avec laquelle ils sont incités à se solidariser - instrumentalisée et stigmatisée ».

A lire l’analyse d’Alain Madelin développée à la tribune de l’Assemblée et dans le quotidien Le Monde, 6 février 2003 : Une loi de trop

Jacques Garello
« La solution à nos problèmes me paraît simple, tellement simple qu’on ne la voit pas. Il suffit en effet d’assortir la liberté religieuse, la liberté scolaire et la liberté du culte pour mettre fin aux drames actuels. »
A lire Le voile et la Croix, La nouvelle lettre

« Cette riposte, inadaptée à tous points de vue, est dangereuse. Elle amplifie les ambiguÏtés de la laïcité, en privant les Français d’affirmer leurs convictions religieuses. Au prétexte qu’une minorité porte le voile, la majorité de ceux qui portent ou voudraient porter la croix est privée de cette liberté. »
A lire Malheur aux Barbus, La nouvelle lettre

Guy Sorman
« Le gouvernement dans cette aventure se laisse, me semble-t-il, manipuler par des groupuscules laïques militants. Ceux-ci vivent dans la nostalgie des grands combats anticléricaux de jadis, des mouvements qui recrutent dans les milieux enseignants et ne sont guère plus fréquentés que les églises un jour de semaine. Dans ce combat contre la soi-disant menace intégriste, ils retrouvent une jeunesse. »
A lire Le faux débat sur le voile et un vrai risque identitaire, Le Figaro


L’abbé Pierre, le logement et les libéraux

L’Abbé Pierre, tel qu’en lui-même, nous rappelle à la lucidité et à la générosité, en termes percutants ! Saluons le rôle essentiel de ces grandes consciences, qui nous tirent hors de notre quotidien. Son appel mérite attention, car tous les problèmes de nos sociétés ne sont pas résolus, même si nous avons fait d’immenses progrès depuis cinquante ans

Après des décennies d’efforts et d’immenses dépenses pour l’aide au logement, pourquoi ne sommes-nous pas plus avancés ? Le constat est négatif, peut-être faut-il donc réexaminer les moyens mis en œuvre ?

Avons-nous des propositions à faire ? Les libéraux traitent les causes des problèmes, et ils définissent ainsi des solutions durables. Soigner les effets, cela peut se justifier au début d’une urgence, mais si l’urgence perdure depuis cinquante ans, c’est qu’il faut changer nos outils.

Voir les propositions de Dominique Garrigues


Nouvelles des cercles

Dans les nombreuses activités des cercles locaux, nous tenons à signaler plus particulièrement

Le vendredi 13 Février, le cercle de Seine-Maritime organise une réunion à Dieppe, sur le thème « Une collectivité doit-elle s’engager dans des entreprises privées( exemples :Air Atlantique, Transmanche)
Pour participer,
contacter Philippe Decultot

Le jeudi 4 Mars, le cercle du Maine et Loire organise une réunion à Angers, sur le thème « le foulard, difficulté d’intégration. Où sont les causes ? »
contacter Serge Faligot

A signaler l’initiative du cercle local du Morbihan qui a invité les adhérents du Finistère et des Côtes d’Armor à les rejoindre pour les accompagner dans la mise en place de ces deux nouveaux cercles.