
Alain
Madelin |
En
pleine campagne des élections européennes voici
qu’un large consensus politique s’affiche, de Dominique
Strauss-Kahn à Nicolas Sarkozy, la cause semble entendue
: il faut donner à l’Europe un «gouvernement
économique» !
Les
libéraux cependant ne peuvent souscrire à cette
idée qui repose sur un sophisme : la «monnaie
unique» exige un «gouvernement économique»!
C’est là méconnaître le rôle
de la monnaie. Lorsque le monde vivait sous le régime
de l’étalon or, personne ne prétendait qu’à
l’étalon or unique devait correspondre un gouvernement
économique mondial.
La
vérité c’est que l’euro exige une
discipline commune pour éviter que des pays affaiblissent
cette monnaie commune par leur laxisme budgétaire profitant
ainsi de la vertu des autres pour mener une politique qu’ils
n’auraient pu mener avec leur ancienne monnaie (c’est
le cas de la France depuis deux ans qui, sans la couverture
de l’euro, aurait vu sa politique de fuite en avant dans
la dépense publique et dans l’endettement sanctionnée
depuis longtemps par les marchés financiers).
Il
est d’ailleurs plaisant de voir le ministre de l’économie,
partisan de cette nouvelle gouvernance européenne, proposer
d’imposer aux Etats de reconstituer des marges de manœuvres
budgétaires en période de croissance, comme si
une quelconque contrainte européenne avait empêché
dans le passé la France de choisir - comme elle aurait
dû le faire (et comme l'a fait l’Espagne) - le retour
à l’équilibre voire à l’excédent
budgétaire.
La
vérité c’est aussi que dès lors que
l’on s’est doté d’une monnaie unique,
les différences conjoncturelles ou structurelles de productivité
entre deux pays ne peuvent plus être corrigées
par des ajustements de taux de change ; elles doivent donc l’être
par des variations de prix relatifs (coût du travail,
coût du capital…) ce qui exige une très grande
souplesse des économies. Ce qui fait qu’en réalité,
l’euro exige soit des politiques très libérales
menées au niveau des Etats (c’est le sens du programme
de Lisbonne, hélas resté largement lettre morte),
soit un super-Etat européen capable de mener des politiques
de transferts. Les partisans du gouvernement économique
sont plus proches de cette seconde option qu’ils accompagnent
généralement par les propositions d’impôt
européen ou d’harmonisation fiscale pour lutter
contre la concurrence (baptiser «dumping fiscal»)
des pays qui font le choix d’une fiscalité plus
faible pour doper leur croissance.
Pour
les libéraux, au-delà d’une légitime
coordination des politiques économiques –du type
agenda de Lisbonne– les citoyens ont tout à gagner
à la concurrence des politiques économiques, car
une bonne politique économique libérale sera toujours
supérieure à une politique moyenne européenne.
L’Espagne libérale d’Aznar l’a montré
en conjuguant forte croissance, réduction spectaculaire
du chômage, équilibre budgétaire dans le
cadre européen tel qu’il est, sans besoin de «gouvernement
économique européen».

La
création d'un courant libéral réformateur
constitue pour les Cercles libéraux - qui entendent
bien entendu préserver leur indépendance
- une opportunité pour relayer leurs idées
au sein du monde politique.
Ce courant
réformateur doit maintenant se mettre en place
pour peser sur les choix et les orientations de l'UMP.
Pour cela,
nous organisons une première rencontre nationale
des libéraux réformateurs, le
Samedi
19 juin à 14h30
à la Maison de la Chimie
28 bis rue Saint-Dominique, Paris 7ème |
Cette
rencontre nous permettra :
| |
-
de
discuter et d'adopter un texte, présenté
par Hervé Novelli, chef de file des députés
réformateurs, appelant au regroupement des
réformateurs
-
de préparer et de coordonner
les initiatives permettant, dans la perspective
du prochain congrès de l'UMP, d'affirmer
notre présence
- d'organiser l'expression
de nos convictions dans le cadre des débats
de l'UMP. |
Ce faisant,
nous avons l'ambition de faire vivre le débat et
la démocratie interne autour de nos idées
et nos propositions dont nous savons qu'elles sont populaires
et même souvent majoritaires au sein de l'UMP.
Merci
de nous faire savoir si vous souhaitez, comme nous l'espérons,
participer à cette rencontre.
Renseignements et réservations :
01 40 62 70 70 ou 01 40 621 70 71 |