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Alain
Madelin |
Ainsi
avec la nouvelle Constitution européenne l’Europe
sera plus puissante, plus démocratique et plus «française».
Soit. Reste à savoir quel sens donner à ces mots,
quel champ d’action ils recouvrirent et dans quelle mesure
cette Europe plus puissante, plus démocratique, plus
«française» apporte de meilleures réponses
à ce qui restent les préoccupations essentielles
des Français à savoir le chômage, le pouvoir
d’achat, l’avenir de leurs enfants, les institutions
de protection sociale qui fonctionnent...
Une
Europe puissance. Partager des domaines de souveraineté
comme la défense ou la politique étrangère
pour mieux affirmer l’Europe dans le monde, passer de
l’Europe essentiellement économique à une
Europe plus politique, voilà des objectifs contenus dans
le projet de Constitution. Il n’y a sur ce point rien
à redire sauf qu’il n’est guère raisonnable
de présenter - comme on le fait en France - cette future
puissance européenne comme le moyen de «faire face»
à la puissance américaine. D’abord, parce
qu’en matière militaire les Etats-Unis restent
et resteront la police d’assurance des démocraties
(sauf à doubler durablement l’impôt sur le
revenu dans les pays européens pour tenter de les rattraper).
Ensuite parce qu’en politique étrangère
une majorité de pays européens souhaite davantage
être au coté des Etats Unis que de leur «
faire face ». Enfin, parce que face au péril du
monde, il existe entre l’Europe et les Etats-Unis une
évidente communauté de valeurs et d’intérêts.
En revanche, prétendre que cette puissance politique
appliquée à l’économie est la clef
de la prospérité des européens et le remède
à notre chômage, relève de la mystification.
Si la prospérité était proportionnelle
à la puissance d’un gouvernement, l’Union
Soviétique serait encore debout et les soviétiques
les plus prospères au monde. De Hong Kong à la
Suisse, de l’Irlande à la Suède, il existe
des peuples prospères, des pays sans chômage qui
ne doivent rien à la puissance de leurs Etats ou de leurs
gouvernements mais qui ont compris que cette prospérité
était davantage liée à la confiance dans
les libertés économiques et l’ouverture
aux échanges.
L’Europe
plus démocratique. Avec la nouvelle Constitution
l’Europe sera plus politique et plus démocratique.
Derrière cette affirmation il faut entendre d’abord
que le poids des politiques (Parlement et Conseil) sera renforcé,
que le champ des décisions prises à la majorité
qualifiée sera étendu. Ceci ne poserait pas de
problème si le champ d’application de ces nouveaux
pouvoirs était bien borné et si les droits fondamentaux
qui garantissent les européens contre tout empiétement
d’un pouvoir central - fut-il plus démocratique
- étaient bien définis. Tel n’est pas le
cas, hélas.
Le principe de subsidiarité est fort mal défini
et bien mal protégé.
Le projet de traité constitutionnel distingue les domaines
de compétences exclusives de l’Union des domaines
de compétences partagées. Les domaines où
les décisions se prennent à l’unanimité
et ceux où les décisions se prennent à
la majorité qualifiée (étendue à
vingt nouveaux domaines) ; or, dans le champ de compétences
partagées (article 1-13), le projet de traité
stipule (article 1-11) que les Etats «exercent leurs compétences
dans la mesure où l’Union n’a pas exercé
la sienne». Autrement dit, priorité au pouvoir
d’en haut, c’est-à-dire l’inverse d’une
vraie subsidiarité.
Quant au contrôle du principe de subsidiarité,
il est des plus fragile. Certes les décisions prises
par l’Union Européenne doivent justifier qu’elles
sont plus efficaces à ce niveau, qu’au niveau national
ou régional, mais la procédure de contestation
est des plus aléatoires (la Commission est tenue de réexaminer
sa proposition, une proposition rejetée par un tiers
des parlements nationaux dans un délai de six semaines).
Quant
aux droits fondamentaux, nous avons déjà souligné
toute l’ambiguïté de leurs définitions
et le danger que recèle le mélange des vrais droits
de l’homme, les droits-libertés («les droits
de») de la première génération avec
les droits-créances («les droits à»)
dit de deuxième et de troisième génération
(droits sociaux et droits environnementaux).
(Voir
la lettre des Cercles de 14.04.05)
Ainsi, le pouvoir politique européen pourra se prévaloir
de tel ou tel droit social ou environnemental pour limiter une
liberté fondamentale. Cependant pour être positif
on peut penser que ces conflits de droits potentiels qui devront
être tranchés par la Cour de Justice Européenne
obligera celle-ci à se transformer - ce qui est à
mes yeux souhaitable – en véritable Cour Suprême
Européenne capable de dire le droit conforme à
notre tradition juridique et de rétablir une hiérarchie
des normes.
Dans le conflit qui oppose depuis les origines de la construction
européenne les partisans des libertés économiques
du marché et de la concurrence aux partisans des politiques
communes et de l’harmonisation il est clair que le projet
de Constitution européenne donne l’avantage aux
seconds.
Une
Europe plus française. Les partisans du oui,
chef de l’Etat en tête, nous expliquent que cette
Constitution nous permettra en vrac de favoriser l’harmonisation
sociale, de mieux protéger nos services publics, d’instituer
un gouvernement économique face à la Banque centrale,
de repousser la Directive Bolkestein, de lutter contre le dumping
fiscal et social des pays de l’Est et européen,
de protéger notre exception culturelle bref...de freiner
des réformes libérales mises en oeuvre par l’Europe.
Répétons le, notre intérêt aujourd’hui
n’est pas d’avoir une Europe plus «française»
mais d’avoir une France plus européenne. C’est
à dire plus ouverte aux réformes libérales
portées par l’Europe. Il est dommage que cette
campagne ait gâché l’occasion de faire la
pédagogie de cette Europe là. Pire, d’avoir
fait de l’Europe libérale le bouc émissaire
de nos difficultés. Pire encore, de faire croire qu’une
Europe plus puissante, plus démocratique, plus française
serait la solution à nos problèmes.
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Les
libéraux à l'heure du choix européen |
Rencontre
organisée par les Cercles Libéraux Paris Ile-de-France
avec
Alain
MADELIN
Président des Cercles Libéraux |
Jean
Philippe FELDMAN
Professeur agrégé
des facultés de droit |
Jacques
GARELLO
Professeur émérite |
Herbert
AXELRAD
Responsable
du Cercle Europe |
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Le
Jeudi 12 mai 2005
de 18h30 à 21h
aux Salons Hoche
9, avenue Hoche-75008 Paris
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DEBATS
SUR LA CONSTITUTION EUROPEENNE
Les interrogations d’un libéral
Cette semaine notre ami Jacques Garello poursuit
son analyse sur le projet de Constitution européenne en
évoquant les libertés et les principes énoncés
dans la Charte des droits fondamentaux qui constitue la partie
II du projet constitutionnel.
Si pour les partisans du «oui» le traité constitutionnel
permettrait de défendre plus efficacement les droits individuels,
cet argument semble en réalité peu crédible
pour Jacques Garello.
Lire «la
Déclaration européenne des droits de l’homme»
paru dans La Nouvelle Lettre le 02.05.05
Trahison des libéraux
Pour Stephane Denis, dans sa chronique parue dans
le Figaro du 03 mai, «Le libéralisme aura été
le grand perdant de ce référendum. Lui barrer la
route, le principal argument des deux camps...». Alors
que le libéralisme est présenté, tant par
la gauche que par la droite, comme «une idéologie
inhumaine», les libéraux se taisent. Cependant,
quel que soit le résultat du référendum,
«les Français ne se rapprocheront pas du libéralisme...»
ainsi se trouve posée la responsabilité de l’ensemble
de notre élite politique qui devra affronter à l’avenir,
avec son électorat, la réalité économique
de l’Europe libérale.
Lire «Trahison
des libéraux » paru dans le Figaro le 03 05 05

Humeur
Notre ami Dominique Garrigues regrette l’interventionnisme
systématique du gouvernement, particulièrement en
matière d’«achats éthiques»
ou de «commerce équitable».
«Mais la France reste la France ! Voila que le gouvernement
se croit obligé de s’en mêler, qu’il
va s’occuper lui-même de créer et faire fonctionner
un label...»
Lire
la suite
Contact : dominique.garrigues@equant.com

Nouvelles des Cercles
A signaler le déjeuner-débat du cercle des
Pyrénées Atlantiques, le vendredi 6 Mai
à Saint Jean de Luz, sur le projet de constitution européenne
avec comme invité Alain Lamassoure.
Contact : michel.tribouillard@odeis.net
A signaler la réunion du cercle du Havre,
le mardi 17 Mai, sur le projet de constitution européenne
avec Jacques Rollet, maître de conférences
en sciences politiques à l’Université de Rouen,
qui défendra le «oui» et Patrick Longuet,
administrateur au Parlement européen qui défendra
le «non».
Contact : cercleliberalduhavre@wanadoo.fr
A lire la contribution au débat de Gabriel Lévy,
du cercle des Bouches du Rhône, «Face
à un avenir indiscernable, adoptons le principe de précaution».
Avec le «oui», il s’agit d’un pari, avec
le «non», il s’agit d’une sagesse prudente.
Lire
la suite
Contact : gabriel.levy@libertysurf.fr
A lire le billet d’humeur de notre ami, Gilles Dubois,
à propos de l’émission sur France3 «Pour
un oui ou pour un non. Vous avez la parole.» . En France,
il est plus facile d’être accepté si on est
communiste que si on est libéral !…
Lire
la suite
Contact : g.dubois@gmx.de
A lire le commentaire de Jean-Pierre Chevallier
«Carrefour, la Chine et la culture économique et
financière des Français.» Les communistes
chinois ont compris que le capitalisme libéral présente
des avantages pour tout le monde….
Lire
la suite
Contact : jpchevallier@hotmail.com
A lire également, sur la Chine, la chronique de résistance
de notre ami, Jean-Louis Caccomo «Quand
la Chine s’éveille».
Les rares économistes lucides savent bien que, pour peu
que l’on remette un système social à l’endroit,
en libérant notamment les énergies individuelles,
la croissance n’est plus un mystère, ni un miracle,
mais une conséquence logique et inéluctable…
Lire
la suite
Contact : caccomo@univ-perp.fr
A lire le compte-rendu de la dernière réunion du
cercle de Meurthe et Moselle et l’exposé
de Jean-François Hehn, sur l’abrogation
du monopole de la sécurité sociale.
Les libéraux veulent avoir le libre choix de l’organisme
et des prestations.
Lire
la suite
Contact : jean-paul.oury@libertysurf.fr

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