Alain Madelin

À suivre la diplomatie française, à regarder la télévision, ou à lire nos journaux il semblait clair que l'armée américaine s'enlisait en Irak face à une insurrection populaire qui chaque jour gagnait du terrain. Evident aussi que jamais les élections démocratiques ne pourraient se tenir, qu'elles seraient massivement boycottées. Et que d'ailleurs c’était bien une folie américaine que de penser que le monde arabe et musulman pouvait se marier avec la démocratie.

Déjouant les prédictions de nos Cassandre, les élections ont eu lieu à la date prévue, et malgré les menaces terroristes les Irakiens se sont rendus massivement aux urnes. La joie des Irakiens, ce jour là, à se rendre aux urnes pour dire non au terrorisme et oui à la liberté était visible sur les écrans de télévision du moins sur ceux des télévisions étrangères et même des pays arabes qui ont, sans surprise, beaucoup mieux rendu compte de l’évènement que les télévisions françaises.

Il était certain que maintenir les élections à la date prévue quelles qu'en soient les difficultés était la seule façon de permettre à la majorité silencieuse des Irakiens de s'exprimer. Elle l’a fait sans ambiguïté montrant ainsi qu'elle était aussi une majorité courageuse. Il est d'ailleurs frappant que les sunnites lorsqu’ils l’ont pu, notamment à Bagdad, ont tout aussi massivement participé aux élections, voté pour des listes qui les représentaient, et ce malgré les consignes de boycott.

Nos Cassandre professionnels vont aujourd'hui chipoter les résultats, expliquer qu'ils sont la marque de tensions ethniques qui risquent de disloquer l’Irak ou que la majorité chiite s'apprête à imposer un Irak confessionnel. La réalité est forte heureusement différente, la classe politique irakienne qui est d’une qualité rare entend maintenant tout faire pour maintenir l'unité nationale, assurer un équilibre des pouvoirs et préparer une constitution conciliant références islamiques et démocratiques.

Quelles conclusions ?

1/ La guerre en Irak s'est certes engagée sur un mauvais prétexte : l'existence en Irak de stocks d'armes de destruction massive. Ce qui était rappelons-le, une conviction partagée par tous. Mais du point de vue du droit international il appartenait alors à Sadam Hussein de prouver qu'il avait détruit les armes qu’il avait possédées, ce qu’il ne fit pas. Et, au surplus, les rapports les plus critiques ont bien expliqué que Sadam Hussein avait conservé une capacité et une volonté de recréer des armes de destruction massive sitôt l'embargo levé.

2/ Mais, ce qui est essentiel, l'une des pires dictatures de la planète est tombée et a été remplacée moins de deux ans après, par un début de démocratie.

3/ Dans la guerre que l'islam radical a déclarée à l'islam modéré et aux démocraties le but des Américains, à savoir ouvrir le monde arabe musulman à la liberté et à la démocratie, enregistre une nouvelle victoire. Après l'Afghanistan, et la reprise de négociations entre Israël et la Palestine sous l'impulsion d'une autorité palestinienne démocratique hostile au terrorisme, l’Irak s’ouvre à la démocratie.

Une profonde transformation est ainsi engagée. N'en déplaise aux professionnels bien français de l'antiaméricanisme primaire.



Signalés

Etats-Unis
Dire que les pauvres et les exclus pullulent aux Etats-Unis est un cliché en France. Tout le monde est d’accord, depuis les médias jusqu’au politiques qui brandissent régulièrement la menace d’une américanisation de notre économie pour ne pas avoir à faire des réformes. Mais la réalité est différente.
Chômage, pauvreté et inégalités aux Etats-Unis : la vérité sur ifrap.org

Irak
Dans son édito, notre ami Jacques Garello remarque que le calendrier prévu a été tenu et "démontre la détermination des autorités irakiennes en place et l’engagement total des Etats-Unis"
Croisade pour la liberté sur libres.org


Nouvelles des Cercles

Nous signalons particulièrement la réunion du cercle de Paris, 5 ,6 et 7èmes arrondissements animée par le Député, Hervé Mariton sur «Le rythme et l’ampleur des réformes dans la deuxième partie du quinquennat.»
Hervé Mariton a fait un bilan plutôt positif du travail parlementaire, même si le rythme de la réforme est lent, et si l’opportunité des 100 premiers jours du quinquennat n’a pas été saisie. Il a souligné avec conviction son appartenance aux libéraux dont la visibilité incite ses collègues de la majorité à se rapprocher de leur position. Il a affirmé son droit à la différence «Etre libéral n’est pas une insulte». Faire des réformes et les réussir nécessitent un bon diagnostic, un objectif et des alliés. Devant un public plus exigeant sur le rythme et l’ampleur des réformes, Hervé Mariton a félicité le travail indispensable des Cercles Libéraux et a conclu en se qualifiant de «libéral romantique» où le rêve n’est pas exclu.
Contacter Herbert Axelrad axelrad@chups.jussieu.fr
Contacter Jean-Claude Gruffat jeanclaude.gruffat@citigroup.com

Nous remercions Sérena Zouaghi et Jean-Pierre Bensimon pour l’organisation de la visite d’ Alain Madelin à Marseille.
Après avoir répondu aux nombreuses questions d’étudiants de l’Ecole de Journalisme sur les enjeux de la mondialisation, la taxe mondiale proposée par Jacques Chirac, les dictatures dans le monde, l’adhésion de la Turquie en Europe, le commerce équitable, la situation en Irak, le conflit Israélo-Palestinien, le droit d’ingérence…. Alain Madelin, après avoir accueilli Jean-Claude Gaudin, Sénateur Maire de Marseille, a animé un dîner-débat qui a réuni plus de trois cents personnes.

A lire le commentaire de notre ami, Roger Saint Pierre sur les élections en Irak :
"Irak: une leçon de démocratie !
C'est avec des regrets dans la voix que les principaux présentateurs nous annoncent un taux de participation aux élections en Irak avoisinant les 60%. Un taux qui montre que, même chez les kurdes et les arabes sunnites, on a voté. Cette annonce clôture une journée consacrée par les médias à décrire les attentats destinés à empêcher les électeurs de s'approcher des bureaux de vote. Attentats perpétrés par des terroristes qualifiés de "guérillos" ou de "résistants". Nos intellectuels prétendent que la démocratie ne s'impose pas par la force. Ils pourraient ajouter "contrairement à la dictature" mais ils n’ont pas entièrement tort. La meilleure réponse vient du peuple irakien : cette démocratie ne leur est pas imposée, ils la désirent de toutes leurs forces, comme la plupart des peuples à qui l'on donne cette chance. Bien sur, dans un pays divisé en communautés antagonistes c'est encore loin d'être gagné. Mais ce premier pas est encourageant.
"
Contacter Roger Saint Pierre roger.stpierre@wanadoo.fr

Notre ami, Eloi Jutteau réagit devant les manifestations de fonctionnaires, récentes et annoncées pour Février, qui remettent en lumière le gouffre qui sépare le monde des salariés des entreprises et celui des employés de la fonction publique.
Lire la réaction d'Eloi Jutteau
Contacter Eloi Jutteau Eloi.jutteau@seri-expert.com

l’intervention de Philippe Gay, lors de la dernière réunion du cercle du Havre sur la mondialisation, une réalité nouvelle incontestable.
Lire l'intervention
contacter Philippe Gay ph.gay@free.fr