Alain Madelin

A l’annonce du plan de sauvetage de l’assurance maladie présenté par Douste-Blazy, j’avais souligné que cette réforme me paraissait être un symptôme de plus de ce qu’il faut appeler la perestroïka française. C’est-à-dire ces réformes qui, au lieu de rompre avec les illusions du dirigisme, imaginent de énièmes mesures qui permettraient cette fois- ci de rendre ce dirigisme efficace, en sauvant au passage bien entendu les intérêts de notre nomenklatura d’Etat. La perestroïka de notre système de santé repose sur l’illusion qu’avec les progrès de l’informatique (le dossier médical informatisé), une haute autorité scientifique, de meilleurs contrôles et une planification intelligente, nous serions capables, cette fois enfin, de maîtriser nos dépenses. Si un tel miracle était possible, l’Union soviétique serait sans doute encore debout.

Je viens de développer cette analyse à l’occasion du 10ème Forum Economie Santé organisé par le quotidien «Les Echos».

Avec la certitude que la gestion par le contrôle des prix et l’encadrement budgétaire ne peut qu’échouer comme ont échoué à d’autres époques le contrôle des prix ou l’encadrement du crédit pour lutter contre l’inflation.

Le système d’assurance santé français, pris dans son ensemble, est un défi aux lois de l’économie de la santé.

Dans cette économie de la santé administrée par l’Etat, vous avez certes des chiffres, mais ce sont par nature des « tarifs » avec une part plus ou moins grande d’arbitraire. Ce ne sont pas de vrais « prix » au sens économique du terme. Les prix ont besoin pour apparaître de mécanismes de marché et de concurrence.

Il faut donc repenser et reconstruire toute l’architecture de notre système de santé.

Il ne faut pas chercher à faire des économies sur la santé des Français : il faut construire une économie de la santé.

La réforme qu’il eût fallu engager, celle qu’il faudra faire un jour, consiste à établir -sous certaines conditions- une double concurrence entre d’une part les organismes qui assurent et d’autre part les producteurs de soins. Au moyen, de la délégation de gestion globale du risque au premier euro. Dans le cadre d’un cahier des charges garant de la solidarité nationale et de la non sélection des risques et allouant une cotisation maladie globale à l’institution d’assurance en fonction des caractéristiques actuarielles de la population couverte par celle-ci (âge, sexe, affections de longue durée, etc.)

Ceci permettrait de transférer aux assureurs les outils d’action sur l’offre de soins.

La réforme du gouvernement est assurément politiquement habile, car elle est relativement indolore : aux grands maux les petits remèdes. On réduit les dépenses un peu, on les déplace beaucoup. On les déplace à la fois vers le futur par l’endettement des prochaines générations et vers les assurances complémentaires.

Mais les trois moteurs principaux de la dérive des coûts restent allumés.


1) le moteur des soins remboursés à 100 % (les ALD, la CMU et l’AME)

2) Le moteur des congés maladies et des indemnités journalières utilisées comme alternative au chômage et aux pré-retraites.

3) Le moteur des dépenses hospitalières

C’est la réforme de la dernière chance, a prévenu Douste-Blazy. Si ce plan échoue «alors la seule solution sera de voir comment chacun contribuera davantage à l’assurance maladie en fonction de ses revenus». Bref, il faudra alors augmenter les cotisations et augmenter leur progressivité. Ceci n’est heureusement pas exact. Il existe une autre réforme que celle qui a été engagée. Et fort heureusement il existe une autre perspective après l’échec programmé de la réforme Douste-Blazy.


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Signalés

UMP
Jacques Garello, dans son éditorial, porte son regard sur le nouveau président de l’UMP en rappelant que les idées mènent le monde. Pour lui Nicolas Sarkozy «se dit libéral, mais pour autant il se défend de toute attache idéologique, il préfère se présenter comme un «pragmatique» : «Je ne me réveille pas chaque matin en lisant Adam Smith, Ricardo ou Hayek, mais en cherchant des solutions»
"Lisez Adam Smith : Il donne les solutions !"
répond jacques Garello

TVA sociale
La Nouvelle Lettre continue son analyse de cette fameuse TVA sociale (voir l'éditorial d'Alain Madelin): «Les gouvernants préfèrent «ce qui se voit» à «ce qui ne se voit pas» : on sait cela depuis Bastiat. En matière de cotisations sociales, ce qu’on voit c’est leur croissance exponentielle et leur poids exorbitant. Ce qu’on ne voit pas c’est que cette situation résulte de l’ineptie d’un système de protection sociale qui a rejeté les règles de la libre assurance et de la concurrence.»
Lire la suite

Réforme de l’Etat
«Quand nos ministres découvrent le modèle suédois», titre La Nouvelle Lettre, en retraçant les impressions de Eric Woerth, secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat sur la Suède : «Chaque fois qu’un ministre découvre qu’il y a autre chose dans le monde que le colbertisme à la française, il précise que c’est très intéressant, mais pas transposable»
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Humeur

Notre ami Jean-Louis Caccomo, universitaire à Perpignan, s’exprime au sujet du décret officiel invitant à remplacer le terme «email» par son équivalent français «courriel».
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Contact caccomo@univ-perp.fr



Nouvelles des Cercles

A signaler la création d’un cercle regroupant le Canada et les USA .
Bruno Pineau-Valencienne, son animateur, nous fait part de son inquiétude devant la situation actuelle de la France : «Les réformes profondes ont été abandonnées face aux pressions syndicales et au poids des corporatismes. Notre politique étrangère incohérente et inefficace a montré ses limites. La mentalité d’assistés de nos compatriotes fait également froid dans le dos. Bref, la France ressemble de plus en plus à un pays soviétique de l’ère Brejnev qui s’est figée dans l’immobilisme
En outre, notre ami Bruno Pineau- Valencienne nous signale un article intéressant paru dans «Le Journal de Québec» sur les partenariats public-privé initiés depuis peu par le gouvernement libéral du Québec.
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Contact Bruno Pineau-Valencienne duci@bellnet.ca

La dernière réunion du cercle de l’Isère a été relayée dans un article du Dauphiné Libéré . «Concrètement, explique Jérôme Ripoll, son animateur, nous allons nous réunir de façon régulière avec les forces vives du département sur une thématique particulière, les 35 heures, les délocalisations, la famille….tous les faits de société qui suscitent des interrogations. C’est un libéralisme de proximité, de rassemblement et de respect des autres. Pendant les trois années à venir, il n’y a pas d’élection prévue : c’est donc le moment de brasser des idées, de réfléchir à ce que nous voulons pour la société de demain.»
Contact florence.ollagnierripoll@santea.com

A signaler la prochaine réunion du cercle de Marseille, organisée par Séréna Zouaghi, avec comme invité Serge Schweitzer, professeur d’économie à l’Université d’Aix- Marseille. Le thème en sera : «Le sursaut libéral, la réponse à une société bloquée.»
Contact liberal13@free.fr

Nous signalons l’intervention sur BFM le 3 Novembre de notre ami, Jean-Claude Gruffat , Président de la Commission économique de France Amérique. Dans cette interview, qui a été faite avant que ne soit proclamée l’élection de Georges Bush, Jean-Claude Gruffat analyse les problèmes des relations commerciales entre la France et les Etats-Unis.
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Contact Jeanclaude.gruffat@citigroup.com