Contribution du cercle du Doubs au plan de cohésion sociale.

A partir de ce préambule qui reste marqué du sceau social-démocrate imposé depuis des décennies par tous les gouvernements français, on ne s’étonne pas des « poncifs » à chaque page du plan.
Comment se fait il que la France consacre 450 MD’€ à la protection sociale et que nous sommes le pays européen développé qui a le plus de chômeurs ? Le plan de Jean Louis Borloo ne fait pas une analyse objective, mettant simplement en avant l’accumulation de réglementations, de procédures et de structures pour expliquer le gâchis.
Et….que propose t il ? la création de maisons de l’emploi (pas à la place de l’ANPE mais en plus) avec des emplois publics à la clef.

Au constat : 25% des fonctionnaires sont enfants de fonctionnaires ! Qu’à cela ne tienne, nous allons créer de nouveaux emplois de fonctionnaires en marge des concours de la fonction publique et des postes réservés aux jeunes issus des quartiers sensibles : il y a fort à parier que ces « nouveaux fonctionnaires » ne tarderont pas à être titulariser (les syndicats montent déjà au créneau)

Une première rupture est déjà intervenue

Il est faux de dire que la création d’entreprises a été facilitée ; le fameux capital de 1€ n’a jamais permis de créer et développer une entreprise ; c’est bien souvent le manque de capitaux propres et/ou permanents qui conduit les jeunes entreprises à disparaître.
Il faut au contraire stimuler l’épargne populaire vers des placements de proximité avec par exemple la garantie des collectivités locales.

L’assouplissement des 35 heures risque de n’être qu’un effet d’annonces

Le fameux DIF serait la base d’une « véritable assurance emploi » . Soit on comprend au 1er degré et c’est l’emploi à vie qui revient !!!
On peut craindre que ce fameux DIF payé avec une allocation de 50% du salaire net hors temps de travail ne permette à certains salariés de se payer des « stages de macramé en Haute Ardèche » sur les fonds de la formation professionnelle.

Le gouvernement n’a jamais eu une telle opportunité de réformer l’Etat avec les nombreux départs en retraite des fonctionnaires à partir de 2006.
Au lieu de s’en servir comme levier, le plan Borloo propose de créer de nouveaux postes « contractuels » mais définitifs.
A titre d’exemple, tous les élus de tous bords du département de la Creuse se sont insurgés contre la suppression de certains services publics du département, alors qu’on y compte plus de 6000 fonctionnaires pour une population totale de 120000 habitants.


Il paraît que les maisons de l’emploi vont remédier aux carences du service public de l’emploi :
On crée un nouveau service public pour montrer au service public existant comment il faut faire pour être performant mais personne ne parle de récompenser l’efficacité des agents du service public et la mise en place d’objectifs

Il va falloir moderniser le contrat de travail mais sans toucher au sacro saint Code du Travail et en rénovant les mécanismes de protection de l’emploi.
JL Borloo ne s’explique pas quand il parle des mécanismes de protection de l’emploi.

Comment veut il améliorer le taux d’activité des travailleurs agés et dans le même temps rayer ces travailleurs de la liste des demandeurs d’emploi considérant qu’ils ne sont plus employables ! C’est le même gouvernement pourtant et même le même ministre.

Autre invention : le dossier unique du demandeur d’emploi. Ce dossier sera accessible partout mais….par qui ? pourquoi ? comment ? pas de réponse.

Les demandeurs d’emploi devront chercher un emploi : Bravo !
Des sanctions seront prises après une procédure contradictoire : la responsabilité de la sanction incombera à l’Etat mais……qui ?

Quand même 7500 agents supplémentaires pour les maisons de l’emploi……….

Dans l’accompagnement des 800000 jeunes en difficulté, rien n’est dit sauf à créer 100000 emplois dans le secteur public.
Pour les autres on parle de référants et d’emplois durables.
Le plan propose même de servir aux jeunes en difficulté une allocation entre deux contrats, mais quels contrats ? quelle allocation ? sur quelle base ?

Pour les nouveaux emplois dans la fonction publique des jeunes issus des quartiers sensibles, on invente « la voie républicaine de recrutement en alternance qui rétablit l’égalité des chances » Cette égalité n’existait donc pas ?

De l’assistance à l’emploi

On ne parle que des mesures en faveur de personnes bénéficiaires d’allocations (ARE, ASS, RMI, RMA, et autres allocations)
Rien n’est dit pour les personnes recherchant un emploi et ne touchant aucune indemnité ou allocation d’aucune sorte et elles sont nombreuses (souvent qualifiées)

Développer l’économie solidaire

Rien n’est dit sur les entreprises d’insertion ou associations qui opèrent sur le secteur marchand en toute illégalité, créant une concurrence déloyale et favorisant même le chômage dans de nombreuses TPE.

Etablir un nouveau pacte pour l’emploi

Jean Louis BORLOO découvre la complexité du Code du Travail : est ce nouveau ?
Pour alléger les relations de travail et assouplir les règles, le ministre propose une négociation interprofessionnelle : pour assouplir, rien de pire !.

Le reste des propositions ou plutôt de l’enfonçage de portes ouvertes démontre en fait que l’Etat veut toujours et encore se mêler de tout au lieu de confier aux acteurs eux-mêmes le soin de conduire leur avenir.