|
1
- La situation
AVANT-PROJET DE LOI DE PROGRAMMATION
POUR LA COHESION SOCIALE
EXPOSE DES MOTIFS |
PRIORITE A LA PRODUCTIVITE
Paru dans les échos du jeudi 23 décembre 2004
|
| Cinquième
puissance économique du monde, la France consacre à
la protection sociale un effort financier particulièrement
important, qui a plus que doublé au cours des vingt dernières
années : près de 450 milliards d'euros chaque
année, soit 30% de sa richesse nationale. Au sein de
l'Union européenne, seule la Suède connaît
une proportion supérieure (31,2%). Et pourtant, nos résultats
sont inquiétants.
En quinze ans,
• le nombre d'allocataires du RMI est passé de
422 000 à 1 100 000,
• le nombre de familles surendettées supplémentaires
est passé de 90 000 à 165 000 par an, pour atteindre
1 500 000 familles aujourd'hui.
• le chômage des jeunes de 16 à 24 ans
dans les quartiers en zones urbaines sensibles est passé
de 28% à 50%,
• chaque année, plus de 80 000 enfants entrent
en 6ème sans maîtriser les savoirs fondamentaux
(lire, écrire, compter),
• les grandes écoles sont trois fois moins accessibles
aux élèves de milieux modestes qu'au cours des
années cinquante,
• les actes racistes enregistrés sont passés
de 189 à 817 chaque année,
• le nombre de logements indécents a doublé,
• la liste d'attente pour l'accès au logement
social a été multipliée par quatre.
|
la France
est l'un des pays européens où s'accumulent le
plus de signaux préoccupants, comme l'attestent
plusieurs études récentes de l'Inde et de l'OCDE.
• La croissance est bridée, avec une moyenne annuelle
depuis 1990 de 1,8 % contre 2,3 % en Grande-Bretagne et 2,9
% aux États-Unis.
• Le taux de chômage est bloqué aux alentours
de 10 % de la population active, soit près de deux fois
plus qu'aux États-Unis.
• En vingt ans, la dette publique est passée de
20 % du PIB à 64 %.
• Les exportations de biens et services elles ont reculé
de 2,1 % en 2003, alors que le commerce mondial s'accroissait
de 4,5 %.
• Le pouvoir d'achat a augmenté de 50 % en vingt
ans contre 100 % en Grande Bretagne et aux États-Unis.
• Le taux d'activité, c'est-à-dire le nombre
de Français au travail, est bas, en particulier parmi
les jeunes et les seniors. En 2003, il était de 58 %
contre 62 % en Europe et 75 % aux États-Unis.
• La durée du travail est l'une des plus faibles
parmi les pays développés.
• En 1980, le nombre d'heures travaillées des deux
côtés de l'Atlantique était à peu
près équivalent.
• En 2003, un salarié français travaillait
1.453 heures par an et un salarié américain 1.815
heures.
• Le coût du travail se situe à un niveau
élevé.
• En 2000, le passage aux 35 heures avec maintien des
salaires perçus pour 39 heures a entraîné
une augmentation du coût du travail de 11,4 %, ramenée
à 6 % grâce aux gains de productivité et
aux allégements de charges sociales.
• Les investissements ont reculé de 3,6 % en 2002
et de 1,9 % en 2003.
|
2 - La ‘’réponse’’
de la loi de programmation
La
THEORIE / (cf. exposé des motifs)
« Sa réussite repose sur l'engagement de tous les partenaires
concernés, dans le respect des compétences de chacun
– communes, départements, régions, associations,
services publics déconcentrés, entreprises, partenaires
sociaux, entreprises sociales pour l'habitat, chambres consulaires,
centres de formations. Tous seront associés à la mise
au point opérationnelle des différentes mesures, de
façon à garantir constamment leur souplesse, leur
adaptation aux spécificités locales et leur conformité
aux partenariats déjà existants. Le contrat et le
co-pilotage seront privilégiés à chaque fois
que la loi ne sera pas nécessaire. »
La
PRATIQUE / (cf. exposé des motifs)
1°
Le titre Ier de ce projet réunit les mesures de mobilisation
pour l'emploi, autour de quatre axes majeurs :
(Les principes)
• rénovation de l'effort collectif en faveur des demandeurs
d'emploi,
• politique dynamique (sic !) en faveur de l'insertion professionnelle
des jeunes, notamment par une relance de la formation en apprentissage,
• la mise en œuvre, au profit des titulaires de minima
sociaux, d'un contrat d'activité
• diverses mesures en faveur du développement de l'activité
économique et de la création d'entreprises.
Les constat qui soutendent la réflexion :
« Avec plus de quatre millions de personnes indemnisées
ou allocataires, ce chômage massif est une donnée permanente
qu'il faut pouvoir maîtriser dans le cadre d'une perspective
d'avenir. »
« les métiers de demain sont identifiés et il
nous faut donner aux jeunes les moyens des les connaître et
de les exercer »
Les
principales mesures du titre Ier:
| MESURES |
COMMENTAIRES |
| • la création
de 300 maisons de l'emploi, lieu de l'anticipation des besoins,
privés, publics, parapublics, de l'adaptation de la formation,
de la relation entre le demandeur d'emploi et l'entreprise,
|
Refitage des missions locales et autres organismes
car ‘’ la gestion du contrat d'avenir puisse être
déléguée aux plans locaux pour l'insertion
et l'emploi (PLIE), aux maisons de l'emploi et aux missions
locales (CMP 8/12/04) |
| • un accompagnement renforcé vers
l'emploi pour tous les jeunes qui en ont besoin : 800 000 emplois
leur seront proposés sur cinq ans, grâce, notamment,
à la réforme complète de la formation en
apprentissage organisée par le projet de loi, |
Le texte ‘’botte
en touche’’ sur des acteurs dont le nombre va chuter
sous l’effet du papy boom et/ou (si c’est le OU
: Danger) sur des collectivité publiques qui devront
s’alourdir de néo-fonctionnaires en apprentissage. |
| MESURES |
COMMENTAIRES |
| • la mise en place, en cinq ans, d'un
million de contrats d'activité destinés aux allocataires
de minima sociaux conjuguant temps de travail et temps de formation,
et l'amélioration du revenu minimum d'activité,
ouvert aux titulaires de l'allocation spécifique de solidarité
et aligné sur le régime social des contrats de
travail de droit commun, |
Risques de refitage des CES et autres solutions
(cf commentaire 1)
(CMP 8/12/04 : Un amendement proposé par l'opposition
a été adopté, prévoyant que le contrat
d'accompagnement dans l'emploi dure au minimum six mois. Par
ailleurs, la présidence du comité de gestion du
contrat d'avenir sera confiée au président du
Conseil général et au préfet)
|
| • une simplification des contrats aidés
afin de dynamiser les politiques en faveur de l'emploi des personnes
les plus éloignées de la vie professionnelle,
|
Affirmation impossible
à tenir sans une refonte de l’Etat et la suppression
des organismes qui vivent de la complexité des aides |
| • la création
de micro entreprises, voie privilégiée de sortie
du chômage, la dynamisation du marché des services
aux particuliers et la consolidation des structures d'insertion
par l'activité économique. |
3 commentaires :
- la création ne se décrète pas par les
textes
- le service aux particuliers génère, en amont,
la subvention aux services délivrés (donc le déficit)
- l’orientation des textes précédents et
non abolis (en particuliers la loi de janvier 2002) tend vers
la création de vastes Centres de Santé mutualisant
les actions
|
2° Le titre II organise un rattrapage
en matière de logement social
Les
constat qui soutendent la réflexion : « une inadaptation
du parc de logements aux caractéristiques et aux besoins
de ses destinataires ; l'absence de feuille de route pour le mouvement
HLM ; des dysfonctionnements multiples du marché locatif
privé, qui chassent les classes moyennes des centres villes.
»
| MESURES |
COMMENTAIRES |
| • la réalisation
d'un programme de 500 000 logements locatifs sociaux pour sortir
de la crise, |
(Commentaires à écrire par un
spécialiste du secteur) |
| • La remise
sur le marché de 100 000 logements vacants du parc privé,
|
(Commentaires à écrire par un
spécialiste du secteur) |
| • Le renforcement du dispositif d'accueil
et d'hébergement d'urgence, destiné à ceux
de nos concitoyens qui n'ont pas de toit, afin d'atteindre 100
000 places. |
(Commentaires à écrire par un
spécialiste du secteur) |
3° Le titre III contient différentes
réformes destinées à rétablir l'égalité
effective des chances en s'attaquant à la source aux inégalités.
| MESURES |
COMMENTAIRES |
| • pour les enfants en grande fragilité
dès la maternelle, la création de 750 équipes
de réussite éducative en cinq ans |
Donc donnant un poids
grandissant à des associations dont la nature mérite
réflexion |
| • un effort en faveur de l'accueil et
de l'encadrement des collégiens en difficulté,
|
idem |
| • une réforme
de la dotation de solidarité urbaine, pour donner leur
chance aux territoires en difficulté : 120 millions d'euros
supplémentaires par an pendant cinq ans seront attribués
aux villes qui souffrent des charges socio-urbaines les plus
importantes, parce qu'elles accueillent les familles les plus
nombreuses et fragilisées et supportent, de ce fait,
des budgets importants pour la jeunesse, l'éducation
et les équipements publics. |
La CMP du 8/12/04
a approuvé la proposition du Sénat : les petites
entreprises échappant à l'obligation de revitaliser
les bassins affectés par des licenciements, participeront
à l'étude d'impact social et territorial des mesures
de revitalisation. Ce point important met en jeu la responsabilité
morale des entreprises qui licencient, fussent-elles petites
(cf. document CMP)
En clair c’est l’affirmation que le travail n’est
pas mobile et, que l’entreprise qui s’engage à
un moment ‘’m’’ vers la création
d’emploi est obligatoirement ‘’scotchée’’
par les emplois qu’elle a créés à
un instant t
|
Globalement ce projet est le Nieme plan à répartir
la misère.
Il ne s’intéresse jamais à la
création de richesse mais uniquement à des mécaniques
de répartition, confiées aux acteurs classiques (la
nébuleuse associative et la fonction publique) qui depuis
30 ans ont démontré qu’ils peuvent proliférer
mais qu’ils ne sont pas la solution. (cf. REAGAN : l’Etat
n’est pas la solution mais une partie du problème).
Ce Nieme plan à répartir la misère
s’inscrit dans une permanence de pensée :
- l’entreprise doit maintenir (dans toute circonstance et
même après sa mort) tout emploi créé
- les associations sont le bras séculiers de l’Etat
pour conduire une politique de pansement social
- l’idée dominante est que l’affirmation juridique
du chiffre (500 000 logements, 100 000 logements vacants, 1.000.000
de contrats d'activité, 300 maisons de l'emploi) doit mécaniquement
créer la réalité correspondante.
|