Compte-rendu du dernier dîner-débat
du cercle de la Gironde

Enjeux internationaux de la France et de l’Europe
Intervenant : Jørgen Mortensen

Aujourd’hui, la question de l’élargissement est dominée par l’ouverture des négociations avec la Turquie qui suscite l’apparition de nouveaux clivages dans le monde politique français. Ce débat fait souvent oublier les futurs élargissements à d’anciens Etats du bloc soviétique et des pays restant de l’ex-Yougoslavie. Quid, notamment, de l’Ukraine avec son nouveau Président élu ? Globalement, quelle Europe voulons-nous et quelles limites devons-nous fixer à cette Europe ? Devons-nous définir l’Union sur la base de critères géographiques, culturels, religieux, historiques ou politiques ?

Les clivages viennent du choix des critères, certains prétendent que l’entrée d’un pays comme la Turquie provoquerait un retour à une Europe du « libre-échange » tandis que d’autres estiment que l’intégration de la Turquie serait un facteur de stabilité géopolitique.

Le débat illustrait la grande diversité des positions concernant l’entrée de la Turquie : valeurs musulmanes et valeurs chrétiennes, coût budgétaire et migratoire pour d’autres. Révélateur de l’opinion publique, un sondage paru dans Le Figaro du 13 décembre montrait qu’une majorité de français était contre l’adhésion de la Turquie mais en faveur de l’ouverture des négociations.


Environnement et libéralisme
Intervenant : Jean-Paul Dagnelie

L’approche libérale applique à l’environnement les principes suivants : faire confiance à la loi du marché, limiter l’intervention de l’Etat, pouvoir faire ce qui ne nuit pas à autrui et réparer tout dommage causé à autrui.

Force est de constater que l’action humaine bouleverse l’environnement, pollue, épuise les ressources naturelles de la terre et des mers. Sans une véritable écologie appliquée et fondée sur le libéralisme, comment mettre fin aux menaces qui pèsent sur notre environnement ? Il faut responsabiliser les acteurs et leur faire payer le juste prix de leur contribution à la protection de l’environnement (le pollueur payeur) au lieu de laisser les individus sous assistanat et interventionnisme. Le rôle de l’Etat, et du législateur, n’est pas de protéger l’environnement à travers le droit administratif mais de créer des droits pour le protéger. C’est là où le libéralisme intervient : il favorise l’exercice du droit de propriété et stimule la concurrence créative car « détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence ».

Cette citation fait partie du quizz proposé par l’intervenant pour tester la culture écolo-libérale de chacun. Mais oui, n’ayant pas honte d’être écolos nous aussi ! la gauche n’a pas le monopole de l’écologie.
Depuis 1866, l'écologie étant est la science qui étudie la relation des êtres vivants avec leur environnement.


Transports
Intervenant : Philippe Vigué

Sur l'échiquier des Transports Européens, la France est une zone de transit et 80% des marchandises transitent par la route. De cet état de fait et des contraintes résultantes, tant régionales que nationales, sont évoqués les éventuels rééquilibrages possibles entre le rail, le fluvial, la mer et l'adaptation du réseau routier sachant qu'une hausse de 40% du trafic de marchandises est prévue pour les 10 prochaines années.

Sont passées en revue les approches structurelles Européennes (programme Marco-Polo par exemple) et Françaises (nouvelle organisation sectorielle mise en place par le Ministre des Transports) ainsi que l'état d'avancement des projets à ce jour suivant le rapport du CIADT.

L'intérêt de l'Europe et de la France est de rééquilibrer les modes de transports, de résorber les goulets d'étrangement, de faciliter les connections aux frontières tout en harmonisant les normes sociales et de sécurité et de protéger mieux l'environnement. L'intermodalité est une urgence, mais attention à certains projets idéalistes tant ferroviaires que maritimes et prenons conscience qu'actuellement la vitesse moyenne du fret rail en Europe est de 18 kms/heure.


Compétitivité
Intervenant : André Brison

Le coût du travail est trop élevé en France comparé à son niveau dans l ’Union Européenne et aux Etats Unis. L’entrepreneur individuel qui réalise un chiffre d’affaires de 3000 € perçoit en réalité un revenu net de 1000 €. L’augmentation du coût du travail fait baisser la compétitivité. Et c’est la compétitivité qui crée les emplois. Or, la productivité des entreprises françaises est insuffisante par rapport à d’autres pays comme l’Allemagne : c’est la productivité qui crée l’emploi mais aussi la créativité et la recherche.

Il faut donc baisser le coût du travail. Toutefois, celui-ci est élevé essentiellement à cause des prélèvements sociaux qui sont plus importants que dans les autres pays.

Les prélèvements sociaux sur le travail pourraient être remplacés par des recettes fiscales. Mais celles-ci en % du PIB sont déjà trop élevées par rapport à l ’UE et aux Etats Unis. Les élever encore réduirait la consommation, donc la production, donc l ’emploi et la compétitivité. Il est donc nécessaire de réduire les prélèvements sociaux et les dépenses publiques en augmentant leur efficacité.

Contacter Pascal Bérillon berillon.pascal@wanadoo.fr