| Rendre
possible les changements nécessaires
Mais la politique, comme disait le Cardinal de Richelieu (dans son Testament politique)« ce n’est pas l’art du possible, mais l’art de rendre possible ce qui est nécessaire». Préparer 2007, suppose une claire vision de ce qui est nécessaire (nous y reviendrons). Mais, c’est aussi mener une réflexion approfondie sur comment rendre possible ce qui est nécessaire. Plusieurs réflexions s’imposent : 1 – En 2007, il ne faudra pas suivre l’opinion mais l’éclairer car l’opinion est contradictoire : Les jeunes veulent à la fois et tout autant être fonctionnaires et entrepreneurs ; les Français n’aiment pas l’économie de marché mais croient aux vertus de la concurrence... Or, les solutions libérales, chaque fois qu’elles sont présentées comme des nouvelles libertés d’agir et de choisir (travailler plus pour gagner plus, faire ses courses le dimanche, choisir l’école de ses enfants...) recueillent toujours la faveur de plus de deux Français sur trois. 2
– La légitimité démocratique est le premier
levier des réformes. 1ère
étape : 3 - Il ne faut pas céder au mythe de la négociation et de la concertation avec les partenaires sociaux. Les syndicats globalement appartiennent au clan du statu quo. Et souhaiter leurs appuis c’est se condamner à des reformes chèvres choux ou des caricatures de réformes. Ce serait une folie que d’imaginer comme vient de le proposer un rapport remis au Président de la République (voir l’éditorial : la loi des syndicats) un cadre unique et obligatoire de négociations pour toute réforme. Cela ne signifie pas, bien entendu, qu’il faille renoncer à tout dialogue social, à chercher pour telle ou telle reforme l’appui d’un ou plusieurs partenaires sociaux, à établir avec eux des « diagnostics partagés ». Et peut être pourrions-nous, comme cela se pratique couramment aux Etats-Unis – même si ce n’est pas notre tradition - envisager quelques sujets de réformes élaborés de façon bi-partisanne. Dire cela, ce n’est pas nier le rôle des partenaires sociaux mais distinguer le domaine qui relève clairement du législateur, de l’espace de réforme contractuelle proposé aux partenaires que l’on ferait bien d’élargir et de reconnaître. 4
– Les réformes exigent enfin de la méthode et de l’habilité.
C’est
une méthode qui conduit non pas à supprimer les
droits trop généreux distribués hier par notre Etat
providence mais d’abord à faire la vérité sur
ses faux droits qui ne pourront être honorés le moment venu
comme par exemple les droits à la retraite dans un système
de répartition menacé par la démographie. D’où
leurs propositions, sur ce dernier exemple, de transformer tous les faux
droits acquis, y compris dans les régimes spéciaux, en vrais
droits calculés en point de retraite ayant une vraie valeur économique
déterminée chaque année en fonction de la croissance,
de la démographie et du nombre de départ en retraite. Ce
qui permettait en plus à chacun de choisir librement l’âge
de sa retraite. Appliquer à la réforme de l’Etat, cette méthode conduit non pas à se focaliser sur les coupes budgétaires ou la réduction du nombre de fonctionnaires mais à se concentrer sur la redéfinition du périmètre et des missions de l’Etat en déléguant chaque fois que possible des activités exercées par l’Etat ou les collectivités locales à des acteurs privés dans le cadre d’un cahier des charges (on retrouvera le détail de nos propositions dans le dossier : Réforme de l’Etat). Enfin,
ce qui différencie sans doute les vraies réformes libérales
des autres réformes – et hélas de celles qui sont
trop souvent présentées comme libérales – c’est
qu’elles ne condamnent pas les Français à une cure
d’austérité et de rigueur mais qu’elles ouvrent
le chemin de la croissance et du pouvoir d’achat. Elles seules peuvent
permettre de maintenir le haut niveau de protection sociale, auquel les
Français sont attachés, pour faire face encore à
la charge des dettes et déficits accumulés depuis 30 ans.
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