Nous voulons :

1° libérer la croissance.
Parce que, nous avons besoin d’une forte croissance pour faire face, sans drame, aux défis qui sont devant nous.
Parce que, sans sursaut réformateur comme l’écrit le rapport Camdessus, notre croissance est condamnée à reculer.
Et nous savons que quand la croissance n’est pas assez forte pour créer des emplois, ce sont les plus pauvres les plus démunis qui en font les frais.
Et si l’on veut que la croissance et l’emploi prennent de la vitesse, il faut desserrer les freins.
Pardon de répéter ce qui constitue pour nous un chemin d’évidences.
Il n’y a pas de croissance ni d’emplois durables sans entrepreneurs motivés ni entreprises prospères.
Il n’y a pas d’emplois et de croissance durable sans financement sain de l’économie.
Il n’y a pas de financement sain de notre économie sans assainissement de nos dépenses publiques.
Il n’y a pas d’assainissement de nos dépenses publiques sans réforme de l’Etat et de l’Etat providence.
Qu’on ne nous accuse pas de vouloir affaiblir l’Etat, nous voulons seulement le remettre à sa place.
Nous souhaitons une France où par exemple que le prix du gaz ne se décide pas dans un bras de fer entre le Premier Ministre et le Ministre de l’Economie, où il serait tout simplement un prix de marché et où l’Etat veillerait avant tout à ce que s’exerce la concurrence pour le téléphone, les banques, la distribution ou les services, car la concurrence est assurément le meilleur moyen de faire baisser les prix.
Nous disons depuis longtemps que si l’on veut redonner aux Français l’envie d’entreprendre, de travailler et d’investir, il vaut mieux récompenser le travail, le mérite et l’effort de tous. Il faut leur laisser une part plus grande du fruit de leur travail et pour cela réformer en profondeur notre fiscalité.
Comme il faut réformer en profondeur notre droit du travail.
Il nous a fallu 40 ans pour libérer vraiment les prix en 1986 avec Edouard Balladur et s’apercevoir que la liberté des prix était le meilleur remède contre l’inflation. Combien de temps devrons-nous attendre encore, pour que l’on s’aperçoive enfin que la liberté du travail est le meilleur remède contre le chômage.
Oui, si l’on veut développer l’emploi, il faut développer la liberté du travail, la liberté de gérer sa vie et son temps, ainsi que la liberté d’organiser l’entreprise.
C’est quand on desserre les freins que l’on prend de la vitesse.

2° une société d’égalité des chances et de mobilité sociale.
Nous sommes tout aussi attentifs à la France de la misère, des fins de mois difficiles et de la panne de l’ascenseur social. Mais cette France, nous pensons la défendre mieux que d’autres. parce que pour nous la première des politiques sociales, c’est la croissance et la création d’emploi.
Ce qui montre d’ailleurs au passage qu’il est absurde d’opposer réformes libérales et réformes sociales car c’est avec le plein-emploi qu’on réintègre les exclus du marché du travail, que l’on réduit la précarité, que l’on améliore la fiche de paie et le pouvoir d’achat des salariés
Oui, nous portons depuis longtemps l’exigence d’une France qui donne à chacun sa chance, nous pensons qu’il n’y a pas plus grande priorité aujourd’hui que de réintégrer cette part de notre jeunesse de nos quartiers et de nos cités qui aujourd’hui fait France à part.. Cette France à part est une part de l’avenir de la France, et il nous faut d’urgence réparer cette déchirure de la société française.
Nous pensons que les communautés sont utiles à la société et que le communautarisme, c’est-à-dire l’affirmation de droits particuliers liés à une communauté est un danger. C’est pour cela que nous n’aimons guère pour cela parler de discrimination positive. En revanche nous avons besoin d’une action positive, énergique pour appliquer l’égalité des droits sans discrimination.
Affirmer l’égalité des chances, c’est appliquer l’égalité des droits sans discrimination.

3° une société de libre-choix.
Le meilleur gouvernement c’est le gouvernement qui permet aux hommes de se gouverner eux-mêmes, et qui fait confiance aux personnes, à leur liberté à leur responsabilité.
Beaucoup de nos choix collectifs d’hier ont vocation à devenir des choix plus personnels demain.
D’ailleurs offrir la liberté de choix, c’est assurer une large assise populaire aux réformes que nous souhaitons.
Un exemple : choisir librement l’école de ses enfants. Partout dans le monde c’est le levier de la rénovation de nos systèmes scolaires, avec l’évaluation et l’autonomie garantie. En Europe, 22 pays sur 25 pratiquent la liberté de choix.
Cette liberté est la clef des réformes qui font bouger partout le monde l’éducation (même en Chine communiste).
90% des Français sont pour et pourtant la question n’a pas été posée dans les 15.000 débats du rapport Thélot. Elle n’est pas davantage à l’ordre du jour du gouvernement.
Oui nous voulons une société de libre-choix, libre choix de l’école, libre choix de l’âge de sa retraite, libre-choix d’une meilleure protection sociale, libre-choix bien sûr de son temps de travail.
Nous ne voulons pas que la nécessaire réforme des 35 h soit un retour en arrière, un impossible retour aux 39 h, mais l’occasion d’un nouveau progrès social vers un temps de travail librement choisi.
Les 35h, avant même d’être une ruineuse expérience, sont d’abord, et on ne le dit pas assez, une atteinte à la liberté individuelle.
Travailler plus, travailler moins, travailler à temps partiel, travailler le dimanche, autant de choix qu’il faut permettre et respecter. Et si quelqu’un fait le choix de travailler plus pour gagner sa vie ou élever sa famille, aucun homme politique n’a le droit de lui interdire

4° une société de propriété.
Plus de liberté pour tous, ce doit être le plus de propriété pour tous.
Nous voulons transformer en vrais droits nos faux droits sociaux comme, par exemple, nos faux droits à la retraite gagés par des promesses politiques qui ne pourront être tenues.
Nous voulons favoriser la propriété de son logement ou de sa maison. En commençant par repenser de fond en comble une politique de logement social à bout souffle et trop souvent ségrégative et en y permettant une accession à la propriété plus audacieuse. (prenons exemple sur la Chine - communiste - qui vient de privatiser la quasi totalité de ses logements sociaux).
Nous voulons encore diffuser la propriété des entreprises, par l’intermédiaire de vrais fonds de pension et d’épargnes.
Voici, mes amis, brossés à grands traits les contours de notre espoir, la France nouvelle que nous voulons construire.