La France décroche, elle a besoin d’un sursaut réformateur.
Nous semblons condamnés à une croissance molle et l’on continue à vivre à crédit en reportant la facture de notre déficit de réformes sur les générations futures...

Comme le souligne le rapport Camdessus, nous avons besoin d’une thérapie de choc. Il faut une politique agressive de libération de l’économie qui, seule, nous permettra d’atteindre un niveau de croissance forte –et même d’hyper-croissance- nécessaire pour nous sortir du piège de l’endettement public, du chômage persistant, et de faire face sans drame au rendez-vous démographique.

Notre impuissance publique s’explique par une classe politique repliée sur elle-même, élevée dans des idées dirigistes et ayant grandi dans des pratiques locales clientélistes et interventionnistes. Le problème n’est pas tant de mettre la société civile au gouvernement que de dépolitiser la société et de repenser la frontière entre la société civile et la société politique. Le mal français, celui d’une centralisation excessive, s’est accentué avec le quinquennat et la concomitance des élections présidentielles et législatives, qui a abouti à concentrer un peu plus le pouvoir au sommet de l’Etat.

Notre impuissance publique s’explique aussi sans doute par une crise des mécanismes démocratiques.

La démocratie, qui devrait être l’émergence d’une opinion raisonnable éclairée par le débat, est aujourd’hui, avec les médias, submergée par l’émotion et par l’exploitation politique de l’émotion. La classe politique cherche, par tous les moyens, à prolonger son excès de pouvoir sur la société. La crise de l’Etat providence et les contraintes financières limitent sa prétention à faire le bien par la dépense publique. Elle cherche aujourd’hui inconsciemment à prolonger son excès de pouvoir par l’insécurité du monde et le besoin de protection des Français. Il existe aujourd’hui une étrange connivence entre les fabricants de peur de tous horizons et les marchands de sécurité que deviennent les hommes politiques. Et il n’existe, hélas, pas de freins au pouvoir de réglementer et au débordement des lois spectacle.

Les libéraux doivent se mobiliser pour faire en sorte que le débat des présidentielles s’engage sur les vrais enjeux du pays et que celui-ci ne soit pas tronqué comme il fut en 2002 ou détourné comme il le fut pour les élections européennes de 2005 (où tous se sont ingéniés à diaboliser l’Europe libérale dans lequel les partisans du oui faisaient campagne en expliquant que voter la Constitution c’était se donner les moyens de bloquer les réformes libérales de l’Europe).

Comme l’a écrit le très officiel rapport Camdessus «la France décroche, il nous faut un sursaut».
L’enjeu du prochain quinquennat est clair, ce sera soit le sursaut libéral, soit le dépôt de bilan.