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2002-2007
– Les gouvernements de droite n’ont pas mené une politique
libérale
Il
est absurde d’opposer libéral et social. Le socialisme
de gauche n’a pas été social - on l’a vu - et
un socialisme de droite ne le serait pas davantage
Les mesures socialement douloureuses reprochées au gouvernement
ne sont pas le résultat de réformes libérales, mais
le produit de leur absence. Faute de croissance, faute de réforme
profonde de l’Etat et de nos systèmes publics, on en a été
réduit à pratiquer une politique de la hache budgétaire
que les libéraux ont toujours condamné car ils savent qu’elle
est socialement et politiquement dangereuse. Et les économies de
bouts de chandelles réalisées ici et là apparaissent
d’autant plus injustes quand on les compare aux distributions faites
par le gouvernement aux catégories les plus menaçantes ou
les plus influentes.
Si je prend les réformes qui sont devant nous, l’économie,
l’emploi, la santé, l’école, on ferait une grave
erreur à opposer libéral et social. La France a impérativement
besoin de retrouver le chemin d’une hyper-croissance pour créer
des emplois, pour sortir progressivement de la précarité
et remettre en marche l’ascenseur social. La preuve a été
faite par de nombreux pays autour de nous qu’il faut pour cela libérer
le marché du travail et avoir une audace dans la réforme
fiscale que j’espère maintenant à l’ordre du
jour.
Dans le domaine de l’assurance maladie si l’on veut éviter
de dérembourser massivement et de renvoyer les Français
vers les assurances complémentaires, si l’on refuse l’étatisation
comme la privatisation, il est évident qu’il faut introduire
une dose de concurrence pour mieux gérer ce monstre étatique
en pratiquant la délégation de gestion à des mutuelles
ou à des assurances.
Et si à l’école on cherche plus de justice et davantage
d’égalité des chances, la meilleure réforme
n’est-elle pas d'offrir un large statut d’autonomie aux établissements
qui le souhaitent afin de permettre aux enseignants de faire mieux et
donner enfin aux parents une vraie liberté de choix de l’école
de leurs enfants (cette dernière mesure est aujourd’hui plébiscitée
par 90% des Français, à commencer par les couches populaires.)
La vérité
oblige à dire que n’est pas libérale une politique
qui a connu la plus forte augmentation des dépenses publiques depuis
1997 et qui a laissé filer les déficits publics dans l’espoir
keynésien de nourrir la croissance. Pour les libéraux la
croissance ne se fabrique pas à coup de dépenses publiques,
elle se libère. Que n’est pas davantage libérale une
politique qui augmente les prélèvements obligatoires, le
nombre de jours travaillés pour l’Etat et les dépenses
de l’Etat providence qui maintient les 35 heures, freine l’ouverture
à la concurrence de nos services publics et qui pratique le retour
de l’interventionnisme y compris dans les entreprises privées.
Lors du débat
des élections présidentielles de 2002 les libéraux
avaient développé l’idée que, la page des élections
tournée, il faudrait saisir la fenêtre d’opportunité
pour engager rapidement les réformes essentielles à l’avenir
du pays dans un programme de réformes de 200 jours (100 jours d’action
pour le gouvernement et 100 jours d’action parlementaire).
Si une action rapide et déterminée a été menée
avec succès par Nicolas Sarkozy dans le domaine de la sécurité
qui était au cœur de l’élection présidentielle,
le Président de la République et son gouvernement ont expliqué
que cette règle des 200 jours était absurde et que pour
mener les autres réformes ils avaient le temps devant eux car la
croissance était, croyaient-ils, solide et la gauche durablement
K.O.
On a donc choisi la réforme prudente, la réforme pas à
pas, en expliquant que c’était là le meilleur moyen
de réussir les réformes et de préserver la popularité
du gouvernement. Résultat, hélas, l’impopularité
est là et les réformes sont largement absentes. Le temps
perdu ne sera pas facile à rattraper, et on voit bien par exemple
que le service minimum garanti dans les transports publics sera plus difficile
à mettre en œuvre au lendemain des régionales qu’au
lendemain des présidentielles
A ce problème de calendrier s’ajoute un problème de
méthode. Il y a une sorte de loi politique qui veut que tout projet
de réforme plongé dans un bassin de concertation au contact
des corporations syndicales se déforme et se rétrécit.
S’il faut ouvrir aux partenaires sociaux un vaste espace de refondation
sociale par la négociation contractuelle, pour décider de
l’avenir du pays, les parlementaires de la majorité me paraissent
plus légitimes et plus représentatifs pour décider
de l’avenir du pays.
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