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Il est clair qu’il existe un lien négatif assez fort entre le niveau des prélèvements obligatoires et le niveau d’activité. Notre pays est, exceptionnellement parmi les pays de l’OCDE, le seul dont la redistribution a continué à augmenter au cours des 20 dernières années. La France est également le pays qui consacre la part la plus élevée de son PIB aux dépenses sociales, largement devant tous les partenaires européens y compris les pays nordiques, à l’exception toutefois de la Suède. Or, notre taux de chômage, notre pauvreté ne baissent pas et ne sont pas plus faibles, loin de là, que ceux constatés chez nos partenaires. Par ailleurs, comme l’Etat dépense toujours plus qu’il ne prélève, il s’endette. C’est-à-dire qu’il reporte la charge d’une partie croissante des dépenses d’aujourd’hui sur les impôts des générations futures. Nous avons un système étatique qui vit à crédit et détruit peu à peu, au fil des années, les ressorts de la croissance. Un franc de dépense publique en plus, c’est toujours un franc de dépense privée en moins pour la consommation, l’épargne ou l’investissement. L’Etat, pas plus qu’un ménage, ne peut durablement dépenser plus qu’il ne gagne. Il n’y a pas d’emplois et de croissance durable sans financement sain de l’économie. Il n’y a pas de financement sain de notre économie sans assainissement de nos dépenses publiques. Si nous voulons créer massivement les nouveaux emplois dont nous avons besoin, il nous faut donc commencer par organiser un retour rapide et énergique de nos finances publiques à l’équilibre. Ce qui est au surplus une exigence liée à l’Euro et au Pacte de stabilité (1). La réduction
de la dépense publique est un impératif. Le gouvernement
s’y engage mais les coupes budgétaires ne suffisent pas.
Seule la réforme de l’Etat, la réforme des systèmes
sociaux et du marché du travail permettra d’obtenir une réduction
efficace et durable de nos dépenses publiques. L’objectif n’est d’ailleurs pas tant de réduire en lui-même le chiffre des dépenses publiques que de réduire la part de ces dépenses dans la richesse totale en dopant la croissance par des réformes audacieuses. Engager une réforme fiscale d’ensemble Il
est clair que nous avons un système d’incitation qui n’est
plus adapté à notre nouvelle société ni à
notre nouvel environnement. Il nous faut une refondation des fiscalités
du travail, de l’entreprise et de l’épargne, crédibilisée
par des économies budgétaires et des réformes de
fond. Il faut rompre avec les modèles économiques d’hier, qui ne fonctionnent plus aujourd’hui. La mondialisation financière, le développement du libre-échange, la révolution des technologies de l’information constituent une profonde mutation économique. Oublions
la relance par la dépense publique et par le soutien artificiel
de la consommation. Ce n’est pas la consommation, mais l’investissement qui crée la croissance et l’emploi. Oublions Keynes et, avec Jean-Batiste Say, retrouvons l’économie de l’offre. Mais l’idée
dominante de la baisse d’impôt engagée (baisser l’impôt
sur le revenu d’un tiers en cinq ans ?) est de transférer
du pouvoir d’achat aux Français pour faciliter leur consommation
(avec aujourd’hui l’idée de concentrer les baisses
d’impôts sur les seuls ménages modestes). L’objectif premier d’une réforme fiscale n’est pas de relancer la consommation, mais de doper la croissance. La
baisse des impôts déplace les richesses, la réforme
fiscale les multiplie. Si d’une année sur l’autre la croissance augmente, c’est parce que certains ont choisi travailler plus, d’entreprendre, d’innover, d’investir. Or, les incitations marginales à prendre des risques et à innover dépendent très largement de la fiscalité. Il est clair qu’en France le taux maximal de taxation des revenus, lorsqu’on additionne l’impôt sur le revenu et la CSG — CRDS. dépasse le fameux taux de Laffer à partir duquel le rendement fiscal d’un supplément d’imposition diminue les recettes fiscales. Une fiscalité
trop progressive avec des taux marginaux trop élevés tue
l’impôt en dissuadant ceux sur qui les prélèvements
pèsent le plus lourdement de travailler davantage. Une vaste réforme de l’impôt sur le revenu Il est possible dès maintenant de proposer aux Français une réforme de l’impôt sur le revenu ramenée à trois tranches et un taux maximum de 35% en redéployant une large part des quelques 50 milliards que représentent nos 418 niches fiscales ( dénoncées par le Conseil des Impôts ) et qui ne peuvent être remise à plat que dans une réforme d’ensemble (dans le droit fil de la réforme proposée par le ministre des Finances en 1995). La CSG serait intégrée dans l’impôt sur le revenu et l’ensemble des impôts ainsi simplifiés retenu à la source. La prime pour l’emploi, mise en place par Lionel Jospin dans l’objectif louable de faciliter le retour au travail, mais dont on constate aujourd’hui l’inefficacité, serait transformée en un revenu familial garanti inspiré de l’impôt négatif. Une réforme de la fiscalité de l’épargne L’épargne est aujourd’hui victime de toute une série d’impôts (droits de succession, impôt sur les plus-values, droits de mutation, ISF, etc…) qui visent en fait à privilégier et favoriser le présent, c’est-à-dire la consommation, par rapport au futur. Ces formes d’imposition favorisent une économie d’endettement au lieu d’aider à l’accroissement des capitaux propres, ce qui pèse d’autant sur la croissance et limite la création de nouveaux emplois. Il faut
se donner pour objectif d’éliminer les doubles et triples
taxations qui pèsent sur l’épargne, et d’assurer
autant que possible la neutralité fiscale entre les différentes
formes de placement. Cette réforme globale de la fiscalité de l’épargne doit inclure l’impôt de solidarité sur la fortune qui est en Europe une exception française. Chacun s’accorde à penser que cet impôt répond aujourd’hui plus à un dogme politique qu’à une réelle opportunité fiscale. Au-delà, cet impôt est source de démotivation quand il ne provoque pas une fuite vers d’autres pays d’une ressource indispensable aux entreprises, aux entrepreneurs et donc à l’emploi. La bonne fiscalité, c’est une fiscalité allégée pour tous. Une fiscalité qui ne prélève pas plus en France que dans d’autres pays comparables. Une fiscalité qui stimule l’initiative et le travail, l’esprit d’entreprise et l’investissement. Une fiscalité de l’excellence économique dans un monde moderne et ouvert. (1)
Avec l’Euro, la Banque centrale européenne est contrainte
de pratiquer une politique unique – donc moyenne - pour une zone
économique restée hétérogène dans laquelle
certains pays sont menacés par l’inflation et d’autre
comme l’Allemagne, sont menacés par la déflation.
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