Propositions pour libérer la croissance et l'emploi
Il a fallu attendre 1986 pour que la France en finisse vraiment avec le contrôle des prix et s’aperçoive enfin que la liberté des prix et la concurrence constituaient le meilleur remède contre l’inflation. Aujourd’hui, les marchés du travail et des salaires sont des marchés hyper-réglementés, hyper administrés. La formation des salaires est faussée par des hausses du SMIC artificielles et par leur contrepartie d’allégement de charges aux effets de seuil pervers. Aujourd’hui la majorité des salaires français sont comprimés entre 1 et 1,7 SMIC au risque d’une dangereuse smicardisation de la société française. Il faut libérer le droit du travail, le rendre plus contractuel et libérer les salaires. Il faut aussi désétatiser, ouvrir à la concurrence les secteurs protégés. Il faut, enfin, réformer en profondeur la fiscalité, sans attendre le retour de la croissance.

Pour cela il est nécessaire de remettre à plat l’impôt sur le revenu et la CSG en réduisant le nombre de tranches à trois et en diminuant drastiquement le taux d’imposition en s’attaquant aux niches fiscales afin de débrider la création de richesse et de favoriser la croissance. Ce qui au bout du compte, se traduit toujours -les expériences étrangères le montrent- par une augmentation des recettes fiscales grâce à la richesse supplémentaire créée.

Il n’y a pas de progrès social sans progrès économique. La meilleure forme de lutte contre l’exclusion c’est d’avoir un emploi, un véritable emploi dans une véritable entreprise.

La première des politiques sociales, c’est la politique qui libère la croissance et la création d’emplois. Le meilleur moyen de retrouver l’espoir et la cohésion sociale, c’est de multiplier les emplois.

Ceci passe nécessairement par un retour de la confiance dans l’esprit d’entreprise, dans les libertés économiques et dans la concurrence.

Une nouvelle croissance se dessine partout dans le monde. C’est une croissance forte. C’est la croissance de la nouvelle civilisation du savoir et du partage du travail international. C’est une croissance riche de nouveaux métiers, de nouveaux services, de nouvelles formes de travail et d’emplois.

Dans ce nouveau monde, notre économie doit pouvoir fournir à tous les Français la possibilité d’avoir un travail. Encore faut-il pour cela éviter d’appliquer au problème du chômage les vieilles analyses ou les vieilles solutions.

L’économie est un organisme vivant, elle a en permanence besoin de s’adapter et ce besoin est d’autant plus fort que nombre d’évènements sont venus la bouleverser au cours de ces dernières années : les mutations technologiques, la mondialisation des marchés des capitaux, le renforcement de la concurrence avec la conversion d’un nombre toujours plus grand de pays à l’économie de marché et au libre échange.

Le chômage est en quelque sorte la facture de nos propres rigidités : de nos rigidités réglementaires, nos rigidités financières, celles de nos statuts, de nos administrations publiques, les rigidités de notre coût du travail, de notre marché du travail ou de notre Code du travail.

Le paysage économique de la France du plein-emploi dans ce nouveau monde sera très différent : il y aura moins d’emplois dans les grandes unités manufacturières, un tissu beaucoup plus dense de petites et moyennes entreprises, de nouvelles formes de travail et d’emplois souples, laissant davantage de place à la diversité des situations, un fort développement des professions indépendantes.

La nouvelle croissance, c’est la redécouverte de l’importance de l’homme dans l’économie, de l’importance de l’incitation à créer des richesses et à adopter des comportements responsables.
Il faut pour cela reconstituer un système de valeur et renouer avec les fondements d’une économie de liberté qui stimule l’initiative, met les hommes en situation de responsabilité, réduit les situations de dépendance et d’accoutumance à l’assistance, et renoue par là même avec la philosophie d’un vrai progrès social.

La croissance et la création d’emplois ne sont pas le fruit d’une génération spontanée. Ils sont le fruit de l’action humaine.

Ce qui fait la croissance, ce qui met l’économie en mouvement, ce qui permet la croissance et l’emploi, ce sont d’abord et avant tout des hommes et des femmes qui sont plus ou moins motivés à travailler, embaucher, créer des richesses en faisant preuve de comportements responsables.
En fait, la compétitivité se joue de plus en plus sur la valeur ajoutée de la part du travail des hommes les plus innovants, ceux dont la fonction est de penser à la mise au point des produits, des services, des métiers de demain, mais aussi à la meilleure manière de les commercialiser.

Or, avec notre structure fiscale actuelle, ces créateurs de valeur ajoutés sont ceux sur lesquels, au bout du compte, les prélèvements fiscaux et sociaux sont de plus en plus lourds. Au risque de voir un grand nombre d’entre eux se démotiver ou partir à l’étranger.
Notre machine à produire des biens, des services et des emplois est trop petite, notre machine à dépenses publiques est trop puissante. Résultat : trop d’impôts, trop de charges, trop d’obstacles à la croissance face à trop peu de producteurs, trop peu de créateurs de richesses, et toujours trop d’obstacles sur leur chemin.

Or, depuis des années, l’Etat confisque une part toujours plus grande du revenu et de l’épargne des Français ; et les dépenses publiques ne cessent de croître.
Au fil du temps, la feuille de paie a proportionnellement diminué au profit de la feuille d’impôt, des charges et des taxes de toutes sortes.

Actuellement, près d’un euro sur deux produits par les Français est prélevé par l’Etat. Et s’il est vrai qu’un grand nombre de ménages français, par rapport à la situation de la plupart des pays étrangers, ne subit qu’un prélèvement relativement faible, voire nul, au titre de l’impôt sur le revenu. Mais en contrepartie de cette situation, ces ménages paient sous forme de charges sociales (et d’impôts indirects) ce qu’ils paieraient dans d’autres pays sous forme d’impôt sur le revenu.

Résultat : le salaire réellement perçu après charges sociales semble souvent bien léger aux Français, quand les impôts et les cotisations qu’ils paient apparaissent, eux, bien lourds.

Dans le même temps, on a multiplié les allocations, les subventions et les droits de toutes sortes en créant un système complexe d’Etat Providence souvent injuste et inefficace.

Pour augmenter durablement le pouvoir d’achat des Français, il faut fabriquer un nouveau pouvoir d’achat et non redistribuer le pouvoir d’achat existant.

Pour créer des emplois dont nous avons besoin, il faut inventer de nouveaux emplois, créer des produits nouveaux, de nouvelles façons de fabriquer, découvrir de nouveaux métiers, de nouveaux services et de nouveaux marchés et non partager les emplois existants.

Faire le choix de la nouvelle croissance de l’emploi, c’est faire le choix de la compétitivité par la valeur ajoutée.
Pour les libéraux, la croissance ne se fabrique pas à coups de dépenses publiques, elle se libère.
-> Il nous faut pour bénéficier pleinement de la nouvelle croissance, faire pleinement confiance à l’esprit d’entreprise des français, à la concurrence et au jeu des libertés économiques.
-> Il faut laisser aux Français une part plus grande du fruit de leur travail de leur initiative, des risques qu’ils prennent revoir globalement, au travers d’une politique de réforme fiscale ambitieuse.
-> Il faut non seulement libérer la création d’emplois nouveaux, mais encore imaginer et laisser vivre les nouvelles formes de travail de demain.