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Le
travail est illimité, le plein emploi est possible
C'est
l'entrepreneur qui est la clée de la croissance et de l'emploi.
Dans une économie fluide, il y a du travail pour tout le monde.
Pour multiplier les emplois, il faut multiplier les entrepreneurs et diviser
les obstacles qui sont sur leur chemin.
La source de la croissance se trouve dans l’activité de l’homme
et dans l’art de combiner ces deux ressources rares que sont le
capital humain et le capital financier.
Une économie de marché, est-il besoin de le rappeler, est
un circuit complexe et vivant d’échange de travail (et de
travail accumulé sous forme de capital) : un ouvrier de l’automobile
échange son travail contre celui d’un charcutier qui l’échange
à son tour contre celui d’un comptable qui l’échangera
contre les leçons d’un moniteur de ski qui achètera
une voiture fabriquée par les ouvriers de l’automobile, etc…
Ce circuit volontaire d’échanges est ouvert en permanence
à de nouveaux entrants. Tout producteur ou toute production nouvelle
agrandit la chaîne.
Il est vrai que la concurrence entre les agents économiques semble
compliquer le jeu. Si un nouveau producteur apporte un nouveau produit
qu’il met en vente moins cher que celui de son concurrent, ce dernier
va être contraint d’arrêter sa production et de licencier
ses employés.
Mais si ce nouveau producteur vend si bon marché, c’est qu’il
a réussi à faire la même chose en étant plus
économe sur les biens et facteurs nécessaires à la
fabrication. Cette économie dégage des ressources supplémentaires
qui seront soit utilisées par ce producteur pour produire davantage
dans ses propres établissements, soit prêtées par
lui à d’autres entrepreneurs ayant des projets qu’ils
estiment être rentables mais pour lesquels ils ne disposent pas
de toutes les ressources financières nécessaires.
La concurrence détruit donc des emplois, mais, par les gains de
productivité qu’elle induit, elle permet d’en offrir
d’autres ailleurs.
Là où il y a des entrepreneurs toute augmentation de la
productivité des maillons de la chaîne dégage un supplément
de revenus pour le producteur ou le consommateur qui (dans la mesure où
sont réunies un minimum de conditions) se traduit ensuite en emplois
ou en investissements nouveaux.
La science économique, depuis le Français Jean-Baptiste
Say, nous a appris que tout élargissement de ce circuit d’échanges
s’autofinance. Autrement dit, que toute production nouvelle d’un
bien ou d’un service répondant à un besoin, et donc
à une valeur d’échange sur le marché, augmente
la valeur globale du circuit et génère un pouvoir d’achat
égal à ce qu’il faut pour acheter le produit ou le
service offert.
C'est
l'entrepreneur qui est la clé de la croissance et de l'emploi.
A la base
du circuit d’échange, il y a un acte d’entrepreneur
: un acte qui consiste à estimer qu’en fabriquant ceci ou
cela – et donc en prenant le risque de le fabriquer – on sera
en mesure de satisfaire à une demande solvable émanant d’un
autre qui, elle-même, aura pour origine un pari individuel de même
nature. En l’absence de tels entrepreneurs, il n’y aura pas
de distribution de pouvoir d’achat, donc pas de demande, donc pas
d’emplois offerts, et ainsi de suite …..
Traditionnellement, nous avons tendance considérer que pour qu’il
y ait production, et donc travail, il faut d’abord qu’il y
ait une demande.
Mais en réalité, pour qu’il y ait une demande, il
faut d’abord que quelqu’un ait l’idée de produire
quelque chose à un prix qu’un acheteur est prêt à
accepter en raison de la satisfaction que cet achat est susceptible de
lui apporter. C’est le produit de cette vente qui fournit au producteur
de quoi satisfaire certains de ses besoins, et qui donne donc naissance
à une demande. Bref, on ne peut acheter qu’avec ce que l’on
a produit (ou ce que d’autres ont produit).
La conséquence est que si, à un moment donné, des
secteurs particuliers ne trouvent plus rien à vendre, et donc mettent
des gens au chômage, ce n’est pas parce que la demande (en
général) aurait diminué, et qu’il faudrait
que l’Etat vienne mettre de l’argent pour compenser, mais
parce que quelque part des producteurs ont soudain découvert qu’il
ne valait plus la peine pour eux de prendre les risques d’une production
qui leur apparaît désormais trop coûteuse par rapport
aux espoirs de gains que leur offre le marché.
C’est, fondamentalement, cette disparition de l’offre qui
fait que moins de pouvoir d’achat est distribué, et que l’argent
qui est ainsi mis en circulation ne suffit plus pour acheter tous les
produits qui, précédemment, avaient été mis
en circulation.
C’est cet évanouissement de l’offre – dû
par exemple à un renchérissement inattendu du prix des matières
importées, à une hausse brutale des salaires imposée
aux entreprises, ou encore à une élévation de l’ensemble
des charges fiscales prélevées sur les revenus des entrepreneurs
– qui est in fine responsable de l’apparition du chômage.
En se focalisant sur le rôle de la demande, on prend en quelque
sorte la chaîne en marche : on passe sous silence l’ensemble
des évènements qui en réalité l’expliquent.
On agit sur ce qui n’est qu’un effet, et non réellement
une cause.
Dans une économie fluide, il y a du travail pour tout le
monde.
L’autre
enseignement important de la science économique est que dans cette
chaîne d’échanges, tout le monde peut trouver sa place.
Il ne s’agit pas d’un jeu de chaises musicales où la
place gagnée par l’un est nécessairement perdue par
l’autre. Les hommes ne se concurrencent pas : ils se complètent.
Dans cette chaîne d’échanges, le travail se distribue
selon la loi de l’avantage comparatif, c’est-à-dire
celle de la complémentarité des aptitudes. Chacun est employé
à ce qu’il sait faire le mieux, ou à tout le moins
le moins mal.
C’est ce que le Prix Nobel d’économie Paul Samuelson
résumait par la formule suivante : « même si j’étais
capable de taper à la machine plus efficacement que ma secrétaire,
je ferais un meilleur usage de son temps en travaillant à mes recherches
d’économie qu’en mettant en forme le résultat
de mes travaux ».
Autrement dit, dans une économie idéalement fluide (où
rien n’entrave la créativité des entrepreneurs, et
qui permet donc une pleine utilisation des ressources humaines), il existe
un emploi virtuel pour tout le monde.
Tant qu’il y aura des besoins non satisfaits et des personnes à
la recherche d’un emploi, tant qu’il y aura des entrepreneurs
persuadés qu’ils peuvent gagner de meilleurs revenus en cherchant
à satisfaire par une offre attirante une demande qu’ils estiment
solvable, et tant qu’ils ne se heurteront pas à une contrainte
institutionnelle les contraignant à payer certains emplois à
un prix plus élevé que la valeur ajoutée qu’ils
peuvent rapporter, l’emploi s’accroîtra jusqu’à
résorption du chômage.
Pour
multiplier les emplois, il faut multiplier les entrepreneurs et diviser
les obstacles qui sont sur leur chemin.
Pour créer
des emplois, il ne s’agit donc pas d’attendre le retour de
la croissance ou de doper artificiellement la demande. Ce qu’il
faut c’est rendre aux gens le goût d’entreprendre, tant
il est vrai que, fondamentalement, l’entrepreneur est au cœur
des processus de création d’emplois.
La création d’emplois passe par la création de produits
nouveaux, de meilleure qualité ou moins chers, l’invention
de façons nouvelles de faire, la découverte de marchés
nouveaux, proches ou lointains, de services ou de métiers nouveaux.
Pour cela, il faut des entrepreneurs. Sans entrepreneurs, rien de tout
cela ne verra le jour. L’offre créatrice d’emploi (pour
reprendre l’expression d’Octave Gélinier) ne peut essentiellement
venir que de l’entreprise et des entrepreneurs. Pour reprendre une
phrase de Nicole Notat, alors qu’elle était secrétaire
générale de la CFDT : « Gutenberg n’a pas attendu
le marché de la lecture pour inventer l’imprimerie ».
En réalité, la crise de l’emploi qui marque les sociétés
européennes n’a rien à voir avec des problèmes
de demande, de technologie, de culture ou d’éthique. C’est
beaucoup plus prosaïquement un problème de facteurs d’offre
– c’est-à-dire un problème de répression
de tout ce qui, normalement, conduit l’esprit humain à vouloir
faire, à vouloir créer.
Tout ce qui précède signifie que le meilleur facteur de
création d’emploi, c’est encore le travail, le travail
des autres, le travail notamment de tous ceux qui ont envie de créer,
qui ont le désir de créer quelque chose qui soit utile à
leurs concitoyens (qui soit créateur de valeur).
Ces gens là, ce ne sont pas seulement des entrepreneurs, mais des
entreprenants. Car de tels entreprenants, on en trouve partout. Aussi
bien chez les cadres et les salariés que chez les patrons. Tout
le monde a en effet en soi, au moins à un moment de sa vie, une
parcelle d’esprit entreprenant, l’aspiration à une
certaine liberté professionnelle. Les français nous le disent,
ce n’est pas l’envie d’entreprendre qui leur manque
ni même parfois les moyens, mais plutôt les motivations, les
incitations qui font qu’à un moment donné un individu
se sent prêt à faire de nombreux sacrifices, ou à
prendre de nombreux risques pour surmonter tous les obstacles qui s’opposent
à son désir d’aller jusqu’au bout de son projet.
Plus ces obstacles seront nombreux, plus ils seront lourds, moins ceux
à qui à un moment quelconque de leur vie auront eu envie
de créer quelque chose auront le courage d’aller au bout
de leurs ambitions.
Dans cette optique, le chômage n’est en quelque sorte pas
autre chose qu’une panne des circuits d’échange, panne
dont la faute n’incombe en rien aux principes de l’économie
de marché, ni aux entrepreneurs mais dont la source se trouve dans
le développement cumulatif d’institutions réglementaires
et fiscales dont l’effet est de massivement démotiver les
créateurs.
Au total, la crise et le chômage ne sont que le résultat
d’une mauvaise affectation de ces deux ressources travail et capital,
qui ne se trouvent pas là où elles devraient être
parce que nos institutions cultivent l’art de décourager
ceux dont c’est précisément le travail et la compétence.
La solution s’impose d’elle-même. Elle passe nécessairement
par un programme audacieux de libération fiscale et réglementaire.
Le problème n’est pas de partager les emplois, ni de créer
de faux emplois sans avenir. C’est en libérant le travail,
et grâce à cela en redonnant à l’esprit de création
des raisons d’entreprendre, qu’on multipliera les emplois
et qu’on rendra l’espoir à ceux qui n’ont pas
de travail.
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