Europe |
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Faire de l'Europe un repoussoir, l'accuser d'être responsable de tous nos malheurs, c'est favoriser la montée du non au référendum. C'est faire aussi – et c'est plus grave – un mauvais usage de l'Europe : au lieu d'en faire le levier des réformes en France, on en fait le bouc émissaire de notre impuissance publique. Au lieu de faire une pédagogie de la modernité libérale et des changements nécessaires, voici que l'on fait une attaque en règle contre une Europe trop libérale et que l'on voit le Président de la République faire écho aujourd'hui aux thèses les plus radicales des écologistes, des antimondialistes, épouser les rhétoriques les plus à gauche sur les délocalisations, le dumping social, le dumping fiscal ou le dumping écologique. Au risque de réactiver nos vieilles tentations dirigistes et protectionnistes. Le temps n'est plus ou le candidat Chirac disait : «Il n'y a pas d'autre choix que le libéralisme. Plus exactement, le libéralisme n'est pas un choix mais une nécessité...» ; et, en paraphrasant un humoriste anglais : «Je dirai que le problème majeur du libéralisme en France est de n'avoir jamais été mis en oeuvre en France.» L'approche libérale n'oppose pas aujourd'hui la gauche et la droite. Car, au-delà de nos frontières, c'est souvent la gauche qui défend le mieux la concurrence pour servir l'intérêt général et favoriser le pouvoir d'achat des consommateurs. Y compris dans le domaine des services publics, que la France a tendance à confondre avec les monopoles publics alors que la délégation de gestion permet de les rendre plus efficaces. Il s'agit d'un conflit, comme on l'a noté à Bruxelles, entre les «modernes» et les «réactionnaires». On peut certes vouloir une Europe sociale, mais l'Europe sociale antilibérale n'existe pas. L'Europe de la panne de croissance, du chômage durable, de l'endettement insoutenable, de nos systèmes sociaux en faillite, c'est l'Europe antisociale.
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