| Un
diagnostic
La
France doute.
Les
symptômes de son mal ont pour noms : pauvreté, exclusion,
précarité, insécurité…
Il y a une France, qui ne s’en sort pas, qui vit la précarité
au quotidien, qui ne peut pas faire de projets d’avenir.
Je
veux m’adresser à cette France qui souffre dont tout
le monde parle mais à laquelle pourtant on ne parle pas (...)
Je
veux m’adresser à cette France qui n’en peut
plus de faire des efforts et dont on ne parle que pour la culpabiliser.
En
25 ans le pouvoir d’achat des salaires n’a en moyenne
presque pas augmenté alors que le niveau de qualification
n’a pas cessé de s’élever ! Et tout le
monde sait bien que la réalité est pire, et qu’en
vingt cinq ans la France qui vit de son travail a subi une chute
de son niveau de vie, qu’elle a plus de mal à joindre
les deux bouts, plus de mal à se loger (...)
Il
y a en France 3 millions et demi de travailleurs qui gagnent moins
que le SMIC et qui ne demandent pour la plupart qu’à
travailler plus. Il y a en France plus de travailleurs pauvres que
de RMIstes.
Il
y a en France 1 million six cent mille parents qui élèvent
seuls leurs enfants avec un seul salaire et qui sont confrontés
à des problèmes quotidiens souvent insolubles.
Il
y a en France un million de salariés qui sont obligés
de jongler avec plusieurs employeurs en même temps pour gagner
parfois à peine de quoi vivre.
Il
y a une France qui voudrait travailler pour gagner sa vie et qui
ne trouve pas de travail. Et il y a une France qui travaille de
plus en plus dur et qui ne se sent pas payée de retour (...)
Toutes
ces France en vérité n’en forment qu’une.
En chacun d’entre nous, dans chacune de nos familles, à
différents moments de notre vie, dans nos aspirations contradictoires,
nous appartenons à la France qui perd et à celle qui
gagne, à la France qui travaille beaucoup et à celle
qui ne travaille pas assez. A celle des propriétaires et
à celle des travailleurs. Nos destins, nos souffrances, nos
réussites sont entremêlés (...)
Au
fond, depuis 25 ans, on fait une politique qui se résume
tout entière à prendre aux uns pour donner aux autres,
à pénaliser les uns pour favoriser les autres, à
déshabiller Pierre pour habiller Paul
(...)
On
s'enferme dans la logique exclusive du traitement social du chômage,
de l’emploi aidé et de l’assistance.
On
se contente d’accompagner les conséquences sans chercher
à agir sur les causes (...)
Au
fil du temps nous avons dénaturé la République
en l’enfermant dans l’égalitarisme, le nivellement
et l'assistanat.
Une vision et des propositions
Je
vous propose de construire ensemble une société qui
donne à chacun les moyens d’être libre, de gagner
sa vie par son travail, de se faire sa place dans la société,
de réaliser ses aspirations, de vivre debout, dignement,
du fruit de son activité (...)
Je
propose de rétablir l’égalité devant
l’impôt en laissant à celui qui a travaillé
dur le produit de son travail (...)
Je
propose de rétablir l’égalité devant
le service public, devant l’école, devant la santé,
en ramenant l'Etat dans les quartiers que cela plaise ou non aux
bandes et aux voyous (...)
Ou
bien nous ne changeons rien et nous continuons, ou bien nous changeons
tout dans notre façon de concevoir la politique et nous construisons
réellement une France nouvelle (...)
Le premier des impératifs, c'est de donner la priorité
au travail parce que c’est le travail qui crée le travail.
Comme c'est la richesse qui crée la richesse (...)
Dire
à celui qui travaille dur pour gagner sa vie et qui est démoralisé
de voir que l’assistance paye mieux que le travail, que je
veux construire avec lui une société où il
n’y aura plus d’assistance
sans contrepartie, où il sera demandé à celui
qui vit avec les minima sociaux d’accomplir un travail d’utilité
sociale. C'est cela aussi la solidarité.
Elle n'est pas à sens unique (...)
Dire
au petit patron qui paye toutes ses charges et qui n’en peut
plus de la concurrence déloyale que je veux construire avec
lui une société où il n’y aura plus aucune
indulgence ni aucune tolérance
pour le travail au noir et pour la contrefaçon
(...)
Faire
en sorte que le travail paye. Il faut briser
la spirale suicidaire du revenu de la propriété qui
explose et de la rémunération du travail qui s’effondre
(...)
(...)
Que tous ceux, dans le public comme dans le privé, qui veulent
travailler plus pour gagner plus puissent le faire (...)
Les
socialistes veulent construire le progrès social contre l’économie.
Je veux construire le progrès social grâce à
l’économie !
Ils
disent : augmentons le SMIC, l’entreprise paiera !
Mais
si elle ne peut pas payer, elle licenciera ou elle ira produire
ailleurs ou elle se rattrapera sur tous les autres salaires.
Ils
disent : faisons payer le capital ! Mais si le capital paye trop,
il s’en ira.
Je
propose l’augmentation des salaires
nets et la diminution des charges qui pénalisent le travail.
Je veux tout mettre sur la table sans tabou : l’impôt
sur le revenu, la taxe professionnelle, la taxe sur les salaires,
les charges sociales. Comment pourrait-on espérer revaloriser
le travail si en le surtaxant on pousse les entreprises à
l’économiser et à freiner les salaires ? (...)
Qu’elle
logique y a t- il à ce que le consommateur contribue à
financer sa sécurité sociale quand il achète
un produit français et pas quand il achète un produit
étranger ?
(...)
Allez donc demander à l’industriel, à l’ouvrier
du textile, à l’agriculteur s'ils pensent que ce n'est
pas une bonne idée de faire contribuer les importations au
financement de la protection sociale et d’en exonérer
les exportations ! Je propose que l’option de la TVA sociale
soit étudiée, débattue, sans a priori idéologique
(...)
Je
propose que toutes les heures supplémentaires soient totalement
exonérées d’impôts et de charges sociales
(...)
Je
propose que chacun puisse transmettre à ses enfants sans
aucun droit de succession le patrimoine constitué tout au
long d’une vie de travail (...)
Je
propose la participation, l’intéressement et les stocks
options pour tous (...)
Au
fonctionnaire (...) je propose le partage systématique des
gains de productivité et une part de rémunération
au mérite (...)
Les
socialistes proposent de partager l’emploi.
Je
propose de libérer le travail !
Voici le deuxième clivage de la prochaine présidentielle
(...)
Je
propose un contrat unique à durée indéterminée,
plus souple, avec une consolidation des droits du salarié
au cours du temps.
Au
salarié qui a peur de la précarité je propose
de créer une sécurité
sociale professionnelle pour sécuriser l'ensemble
de son parcours professionnel plutôt que seulement son emploi
du moment.
Je
lui propose la liberté du choix
syndical en mettant fin au monopole de la représentativité
fondé sur un critère historique qui n’a plus
lieu d’être.
A celui
qui veut changer de métier je propose le
droit à la formation tout au long de la vie
(...)
Je
veux aider chacun à construire son projet de vie grâce
au temps choisi !
Je
veux la liberté du choix vis-à-vis du travail. Je
veux que chacun soit libre de rester aux 35 heures ou d’en
sortir (...)
A celui qui vient d’avoir un enfant et qui a besoin de gagner
plus je propose la liberté de travailler plus. A celui qui
souhaite avoir davantage de temps je propose la liberté de
travailler moins.
A
celui qui préfère travailler le dimanche je propose
la liberté de le faire (...)
Je
veux que chacun soit libre de choisir son rythme de travail en fonction
de ses besoins et de ses aspirations et d’organiser sa vie
comme il le souhaite.
Et
à celui qui est contre la grève obligatoire imposée
par une minorité je propose la démocratie par
l’organisation obligatoire d’un vote à
bulletin secret dans les 8 jours qui suivront tout déclenchement
de mouvement social.
Les
socialistes veulent l’assistance pour tous.
Je
veux que l'on reconnaisse l'utilité sociale de chacun !
(...)
Je
propose que les enfants lorsqu’ils
sont doués pour les études bénéficient
de bourses plus substantielles et puissent être accueillis
dans des internats d’excellence
(...)
Je
propose d’assouplir la carte
scolaire parce que c’est une meilleure façon
de lutter contre la ségrégation urbaine (...)
(...)
Tu disposeras d’un crédit
formation tout au long de ta vie
Sur
l'euro
(...)
Et il n’y a aucune raison pour que la zone Euro soit la variable
d’ajustement des déséquilibres économiques
du monde (...)
N’avons-nous pas encore compris combien il est risqué
pour l’emploi de pousser à la réévaluation
de l’Euro quand tous les autres pays du monde mènent
une stratégie monétaire offensive, et quand
le dumping monétaire amplifie les effets dévastateurs
du dumping social ? (...)
Demandez-vous
pourquoi les pays européens qui enregistrent les meilleures
performances en matière d’emploi, de pouvoir d’achat
et de croissance comme le Danemark, la Suède ou l’Angleterre
sont en dehors de l’Euro ? (...)
(...)
Dire à la Banque Centrale Européenne qu'il y a des
risques à poursuivre une politique de resserrement monétaire
alors que l’activité stagne (...)
Il
est urgent que soit créé un véritable gouvernement
économique de la zone Euro et que soient rediscutés
le statut et les objectifs de la BCE
(...)
Accepter une discipline budgétaire commune comme contrepartie
de la monnaie unique, c’est chercher à réduire
les déficits quand la conjoncture est bonne, mais c’est
aussi refuser une logique absurde qui conduit à augmenter
les impôts, à couper dans les investissements publics,
et à tailler dans les dépenses sociales quand la croissance
ralentit et le chômage augmente. C’est s’en tenir
à cette simple vérité que ce n’est pas
le déficit qui crée le chômage mais le chômage
qui creuse le déficit.
C’est poser comme principe que
si la dette publique doit être remboursée, ce ne peut
être que par la croissance et certainement pas par la diminution
du pouvoir d’achat. C’est refuser la
dictature du court terme en inscrivant la stratégie budgétaire
dans la durée. C’est privilégier la logique
économique sur la logique comptable. C'est se donner des
marges pour l'investissement et l'innovation (...)
(...)
Faire semblant de croire que l’on peut réformer quand
l’économie stagne et quand tous les leviers de la politique
économique sont bloqués c’est se condamner à
ne jamais réformer. (...)
(...)
Refuser que le droit européen
de la concurrence laisse les entreprises européennes à
la merci des prédateurs du monde entier.
C’est
refuser que l’Europe sanctionne la présomption d’abus
de position dominante quand les Etats-Unis se contentent de sanctionner
l’abus avéré de position dominante.
C’est
refuser que l’Europe rejette toute forme de préférence
communautaire et empêche toute politique industrielle quand
le monde entier fait le contraire.
C’est
refuser que certains pays membres puissent financer la baisse de
leur impôt sur les sociétés et faire ainsi du
dumping fiscal à notre détriment avec l’argent
de nos impôts ! (...)
(...)
Refuser que le marché unique serve de paravent à tous
les dumpings sociaux, fiscaux ou écologiques ! |
NOS
COMMENTAIRES :
Certains
ont cru devoir discerner dans la préoccupation sociale affichée
par Nicolas Sarkozy et dans son diagnostic sur la misère
des Français, un souhait de se démarquer d’une
politique trop libérale.
En réalité, les libéraux ont depuis longtemps
développé des diagnostics très voisins avec
des mots très proches.
Avec la conviction qu’il est absurde de séparer le
libéral et le social et qu'au surplus une politique très
libérale est la mieux à même de nous faire retrouver
le chemin du plein emploi, d’une croissance continue du pouvoir
d’achat et de remettre en marche l’ascenseur social.
Ce prologue social nous convient donc ce qui compte, nous le verrons,
ce sont les propositions que l’on en déduit.
Une
introduction à une nouvelle politique économique et
sociale gagnerait à être complétée par
une vision de la nouvelle économie (révolution des
technologies du savoir numérique et la mondialisation), des
possibilités et de la nécessité de retrouver
une croissance forte, seule solution à nos problèmes.
Ce premier point appelle des propositions précises sur une
refonte de l’impôt sur le revenu et notamment de la
taxation marginale du travail (le "coin fiscal et social"
record que nous imposons au travail qualifié). La croissance
se faisant à la marge, les individus seront davantage incités
au travail à l’effort et au risque si le prélèvement
marginal est de 30% que s’il est de plus de 70% (comme c’est
le cas aujourd’hui en combinant impôt sur le revenu
et déplafonnement des cotisations)
Oui...pour ceux qui sont aptes au travail. Il faudrait insister
sur le fait que ce travail d’utilité sociale n’est
pas une punition mais un élément de dignité
retrouvée.
Combattre la contrefaçon soit, mais le travail au noir il
est un espace de liberté qui met de l’huile dans les
rouages de la société et qui ne saurait être
réduit avec des méthodes policières. Le chèque
emploi universel est par exemple un moyen plus habile pour réinsérer
dans l’économie officielle le travail parallèle.
Une politique de libération des salaires nous parait la meilleure
réponse (voir "Réinventer
le SMIC")
La diminution des charges dont parlent les politiques
est en réalité sur le plan économique un
transfert de charges vers d’autres, avec le plus
souvent de considérables effets pervers.
Dans les dépenses sociales il y a les dépenses dites
d’assurance ou de prévoyance qu’il est logique
d’asseoir sur des cotisations payées par des personnes
(et compensées par l’Etat dans certains cas) et des
dépenses dites de solidarité nationale (la famille,
le handicap, le chômage au-delà d’un certain
seuil..) qu’il est logique de faire payer par l’impôt.
La CSG est là pour y pourvoir partiellement.
Pour le reste nous pensons que la TVA sociale est une fausse bonne
idée (voir
notre dossier )
Quand N.S dit qu’il serait une bonne idée « de
faire contribuer les importations au financement de la protection
sociale » il faut rappeler que ce ne sont pas les produits
qui payent les impôts mais les personnes, c’est à
dire le consommateur final. Si l’on renchérit les produits
importés faute de trouver dans la plupart des cas une offre
de substitution...on diminue le pouvoir d’achat.
Exonérer Les heures supplémentaires, l’idée
est dans l’air. Elle a été aussi reprise par
Bayrou. On ne peut que constater que la métallurgie a réussi
par un accord avec les partenaires sociaux à supprimer de
fait les 35 heures en revalorisant les heures supplémentaires
sans faire appel à de nouvelles subventions de l’Etat.
Il y a un certain paradoxe à alléger les charges sociales
pour favoriser la mise en place des 35 heures afin de travailler
moins, pour proposer ensuite de sortir des 35 heures afin de travailler
plus, en allégeant les charges sociales !
La proposition est audacieuse elle se heurtera bien évidemment
à la critique facile «Vous exonérez ainsi les
successions des milliardaires». Tant qu’à avoir
du courage politique mieux vaudrait poser le problème de
l’ISF.
Voir
notre critique de la proposition du contrat unique.
Voir
notre critique de la proposition de sécurité sociale
professionnelle.
Attention à ne pas légitimer ainsi des atteintes à
la liberté du travail, ce qui serait un recul
Très
bien (voir
notre dossier sur l'éducation)
Nicolas Sarkozy reprend ici les thèses des adversaires du
traité de Maastricht.
Indiscutablement, comme le note Sarkozy les pays européens
hors de la zone Euro ont obtenu ces dernières années
de meilleurs résultats en matière d’emploi.
Mais qui est responsable ?
Faut-il imposer à la BCE une gouvernance politique de l’euro
ou faut-il pour tirer les bénéfices de l’euro
accepter les disciplines budgétaires et les réformes
qu’il impose.
La
vérité c’est que l’euro exige une discipline
commune pour éviter que des pays affaiblissent cette monnaie
commune par leur laxisme budgétaire profitant ainsi de la
vertu des autres pour mener une politique qu’ils n’auraient
pu mener avec leur ancienne monnaie (c’est le cas de la France
depuis quatre ans qui, sans la couverture de l’euro, aurait
vu sa politique de fuite en avant dans la dépense publique
et dans l’endettement sanctionnée depuis longtemps
par les marchés financiers).
La vérité c’est aussi que dès lors que
l’on s’est doté d’une monnaie unique, les
différences conjoncturelles ou structurelles de productivité
entre deux pays ne peuvent plus être corrigées par
des ajustements de taux de change ; elles doivent donc l’être
par des variations de prix relatifs (coût du travail, coût
du capital…) ce qui exige une très grande souplesse
des économies. Ce qui fait qu’en réalité,
l’euro exige soit des politiques très libérales
menées au niveau des Etats (c’est le sens du programme
de Lisbonne, hélas resté largement lettre morte),
soit un super-Etat européen capable de mener des politiques
de transferts. Les partisans du gouvernement économique sont
plus proches de cette seconde option qu’ils accompagnent généralement
par les propositions d’impôt européen ou d’harmonisation
fiscale pour lutter contre la concurrence (baptiser «dumping
fiscal») des pays qui font le choix d’une fiscalité
plus faible pour doper leur croissance.
Pour les libéraux, au-delà d’une légitime
coordination des politiques économiques –du type agenda
de Lisbonne– les citoyens ont tout à gagner à
la concurrence des politiques économiques, car une bonne
politique économique libérale sera toujours supérieure
à une politique moyenne européenne.
Revoilà la préférence communautaire ! On ne
sait déjà plus très bien ce qu’elle veut
dire dans le domaine agricole, on attend avec curiosité que
l’on nous explique ce que serait une préférence
communautaire en matière de téléphone ou d’ordinateur
portable. (critique
de la préférence communautaire)
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