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LE
BANC d'ESSAI des LIBERAUX
Discours
de
Ségolène Royal
à Villepinte |
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D’accord,
très bien |
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Attention
ambiguïté |
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Pas
d’accord, attention danger |
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...
A cet
instant, je veux m’adresser à tous les Français,
c'est-à-dire à chacun de vous, qui attendez de savoir
de quoi demain sera fait.
...
Nous
allons agir ensemble.
Nous
allons, ensemble, faire que la France se retrouve et que chacun
l’aime et se retrouve en elle et accomplisse le changement
profond, une autre façon de voir les choses.
Le
temps n’est plus aux colmatages ou aux accommodements avec
des systèmes qui ne fonctionnent plus.
Il
faut tout revoir, tout repenser – et ne craindre ni d’imaginer
ni d’inventer.
Il
faut entendre et lire, dans les cahiers d’Espérances
issus de nos débats participatifs, le cas d’Odile,
cette mère célibataire, admirable de courage et de
dignité, qui attend un logement depuis 4 ans et raconte sa
honte de vivre, avec ses deux filles, dans une chambre de 12 m².
Il
faut entendre Martine me dire, les yeux secs, le regard fier, mais
les larmes dans la voix : « quand les enfants sont invités
à un goûter d’anniversaire, j’invente une
excuse pour qu’ils n’y aillent pas parce que je ne peux
pas rendre l’invitation ».
Je
faut entendre ce père de famille alsacien que je n’oublierai,
moi, jamais : « je vis le RMI comme une maladie honteuse ;
je ne veux pas être un assisté malgré moi ;
je ne veux pas que les enfants me voient comme ça».
Ou
encore, à Roubaix, l’histoire d’Adeline, terrorisée
à l’idée de retrouver, après notre débat,
un mari violent et dont elle ne sait pas qu’il sera capable,
un jour, de la battre à mort, comme le subisse trois femmes
par semaine.
Ces
cris de détresse silencieuse, ces pauvres vies brisées,
ces familles humiliées, ravagées par la misère
et l’iniquité, ces destins marqués au sceau
d’une malédiction qui ne dit pas son nom – c’est
tout cela que j’ai à l’esprit, là, à
l’instant de m’adresser à vous et c’est
cela qui me donne le désir de me battre, de vaincre et de
proposer cette politique d’alternance qui, seule, sera capable
de surmonter les crises.
Crise
des banlieues : dans les quartiers, le feu couve sous la cendre.
Crise
économique, avec les emplois qui se détruisent.
Crise
sociale.
Crise
éducative.
Crise
morale.
Crise
écologique.
Crise
internationale enfin, sur fond de prolifération nucléaire,
de montée des fanatismes et hystéries guerrières.
Pour
surmonter ces crises, il faut une nouvelle politique.
Pour
surmonter ces crises, il faut une France Neuve.
Voilà
ce que vous m’avez dit.
Et
voilà ce que j’entends mettre en œuvre.
Comment
augmenter les bas salaires si les entreprises ferment ?
Comment
augmenter les petites retraites si les déficits se creusent
?
Comment
augmenter l’effort pour l’éducation et la santé
lorsque la dette explose ?
Telles
sont les questions que vous m’avez posées. Mais vous
m’avez dit aussi que chaque nouveau droit devait aller de
pair avec des devoirs.
Et
vous l’avez fait avec une franchise, une lucidité,
une volonté de refuser les solutions toutes faites et les
fausses promesses des marchands d’illusion, vous l’avez
fait avec une rigueur dont je dois vous dire qu’elles m’obligent.
Et c’est pourquoi j’ai décidé de vous
parler en premier de notre situation économique et, en particulier,
du problème de la dette.
La
dette publique est devenue insoutenable.
Elle représente 64% du PIB et 18 000 euros par Français.
Les
intérêts qu’elle génère sont devenus
à eux seuls la 2ème dépense du budget de la
Nation.
Le
déficit des comptes sociaux a triplé.
La
sécurité sociale est grevée par plus de 80
milliards de déficit cumulé.
Notre
appareil productif est affaibli.
Notre
commerce extérieur affiche un déficit de 30 milliards
d’euros.
La
production industrielle stagne et l’investissement productif
des entreprises ne décolle pas.
Voilà
la France qu’ils nous laissent.
Voilà
l’état des lieux au sortir de la période qui
s’achève.
Et
c’est à vous, c’est à moi, c’est
à tous les Français qui, à partir d’aujourd’hui
nous rejoindront, qu’il appartient de relever le pays.
Je
suis convaincue, par exemple, qu’il faut changer, de toute
urgence, notre façon même de concevoir la création
de valeurs et de richesses.
Je
suis convaincue qu’un développement durable repose
aujourd’hui sur trois piliers (économique, social,
environnemental) et que la défaillance d’un seul peut
faire crouler le tout.
Nous
sommes la 5e puissance économique mondiale. Mais nous devons
ce rang au travail des Français qui conquièrent des
marchés, innovent, prennent des risques et travaillent dur.
Et je suis convaincue que nous ne tiendrons durablement ce rang
que si nous recréons notre capacité à mobiliser
les compétences, à motiver les salariés et
à créer, en fait, ce vrai dialogue social qui reste,
en France, si terriblement archaïque.
L’inventivité
des entrepreneurs doit être, reconnue.
Mais la dignité du travail doit être respectée
et même remise à l’honneur. Avec cette reconnaissance
et ce respect, nous réussirons comme l’ont fait …..
Voilà pourquoi je m’engage à tout faire pour
que, si je suis élue, un nouvel essor soit donné à
la démocratie sociale et au dialogue social constructif qui
va avec. Et voilà pourquoi je
m’engage, en même temps, à soutenir l’effort
des entreprises innovantes et créatrices d’emplois.
C’est ce que j’appelle les cercles vertueux.
Je
le crois de toute mon âme : nous
avons les moyens de relancer la croissance et la machine économique.
Je veux réconcilier les Français avec l’entreprise
pour sortir la France des déficits et accomplir des progrès
sociaux dont nous avons besoin.
J’en
ai pris une claire conscience tout au long de ces semaines passées
à écouter et observer : nous sommes un pays d’excellence
technologique où pas un jour
ne passe sans que des hommes et des femmes se lancent pour donner
corps à un projet créateur d’activité,
de valeur et d’emploi.
Eh
bien je suis reconnaissante à ces entrepreneurs du risque
qu’ils prennent et qui permet de créer, chaque année,
les emplois que la mondialisation financière déplace.
Je
sais gré à ces PME de moins de 250 salariés
qui sont plus de 2 millions en France et qui sont nos premières
créatrices d’emplois.
Et
je m’engage aujourd’hui, devant vous, à tout
faire pour soutenir leur effort et pour créer l’environnement
dont elles ont besoin et qu’elles méritent.
Je
m’engage aussi à faire de la recherche et de l’innovation
une des priorités majeures de mon mandat. |
Nos
commentaires |
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Je m’engage à augmenter le budget national de recherche-développement
de 10 % par an.
Sur
les 65 milliards d'aide aux entreprises, seuls 5 % sont orientés
vers la Recherche et l’innovation, je m’engage à
porter cette part à 15%.
Par
des mesures fiscales, je m’engage à encourager les
entreprises à innover et à faciliter, pour cela, leur
accès aux financements bancaires.
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L’insuffisance
de notre recherche est pour la Recherche publique moins une question
de moyens qu’une question de structures et d’organisation.
C’est la question de l’utilité même de
ces aides qui devrait être posée
L’innovation est une prise de risque et davantage une affaire
de capitaux et de profit qu’un problème de financement
bancaire. |
L’Etat
soutiendra les pôles de compétitivité qui associent
laboratoires et entreprises dans des réseaux d’excellence.
Trop
de régions attendent aujourd’hui une aide de l’Etat
qui ne vient pas ! Eh bien l’Etat, si je suis élue,
soutiendra les porteurs de projets, partout où ils se trouveront,
en généralisant les Ateliers de la Création.
Je
m’engage à ce que les entrepreneurs qui garantissent
les emprunts de leur entreprise sur leur patrimoine propre soient
sécurisés par un mécanisme de caution mutuelle.
Je
veux aussi que l’école et l’entreprise se rapprochent.
Je
veux que l’entreprise devienne un lieu familier aux jeunes
dès l’enseignement secondaire et jusqu’à
l’université.
Je
le veux parce que vous le voulez.
Et
vous le voulez parce que l’insertion professionnelle de nos
enfants et, donc, leur choix de métier et d’avenir
en seront facilités.
Les
Français, je l’ai également compris, aspirent
à voir l’Etat réformer profondément sa
gestion pour dégager des économies et donc des marges
d’action.
Sans
doute cette réforme sera-t-elle, chez nous, plus difficile
à mener qu’ailleurs.
Car
la France, n’est-ce pas, s’est constituée autour
de son Etat central !
Car
il fut, cet Etat, partie prenante à sa construction, sa puissance,
sa grandeur !
Mais
nous devons agir. |
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| Nous
avons un Etat qui est devenu beaucoup trop lourd. |
Excellentes
intentions |
Nous
avons trop ministères.
Nous
avons des ministères qui ont, en dix ans, changé huit
fois de périmètres et donc de dénominations
avec toutes les dépenses inutiles, toutes les pertes d’efficacité,
que cela suppose.
Il
faut réformer tout cela.
Il
faut alléger le poids de nos administrations.
Il
faut les mettre au service des citoyens alors que, trop souvent,
les citoyens ont le sentiment d’être le jouet des administrations.
Il
faut soulager des administrations centrales qui s’épuisent
à gérer des personnels répartis sur le territoire
et des crédits de toutes sortes.
Il
faut en finir avec cette lourdeur de l’Etat central qui engendre
toujours plus de textes législatifs ou réglementaires
– et des textes qui, bien souvent, sont à la fois illisibles
et inutiles.
Les
fonctionnaires en sont les premières victimes lorsqu’ils
s’épuisent en réunions stériles au lieu
de donner l’impulsion et la créativité dont
ils sont porteurs et qui sont leur vraie vocation.
Face
à cette situation, face à ce gaspillage d’énergie
et de substance, je propose :
-
de limiter le nombre de ministères,
-
d’en finir avec l’inflation réglementaire qui
nous caractérise trop souvent
-
d’expérimenter à chaque fois pour réformer
vraiment
-
d’engager une nouvelle étape de la régionalisation,
mettant fin à la ruineuse superposition des compétences.
Ce
sont les régions qui, par exemple, mettront à niveau
les bâtiments et résidences universitaires.
C’est
aux régions qu’incombera la tâche de sortir les
prisons françaises de l’état honteux où
elles se trouvent.
Ce
sont les régions qui piloteront le service des aides économiques
et de la formation professionnelle.
L’Etat,
certes, garantira par un fond de « péréquation
» l’égalité entre les régions qui
bénéficieront donc, pour remplir ces nouvelles missions,
d’un transfert de ressources. Mais nouvelles missions pour
les régions, il y aura. Nouvelles intelligences territoriales,
on verra naître.
Et
tant pis pour ce vieux jacobinisme qui est l’un des démons
les plus malins de ce pays !
J’ai
la passion du service public.
Je
sais que les Français sont habités par la même
passion.
Et,
aussi, les fonctionnaires qui ont une conception exigeante de leur
mission.
Ensemble,
nous allons donner un coup de jeune à cet Etat colbertiste,
jacobin, centralisé à l’excès, croulant
sous le poids des ans, des bureaucraties inutiles et des réglementations
trop complexes.
Ensemble,
nous allons mettre l’Etat à l’heure de ce désir
d’autonomie, de responsabilité civique et de liberté
que j’ai senti monter d’un bout à l’autre
de la France.
Je
veux construire un ordre social et économique juste
|
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Le règne sans frein du profit financier est intolérable
pour l’intérêt général. |
La
démagogie s’ajoute à l’ignorance |
Il est insupportable à ceux qui vivent de leur travail et
il est dramatique pour ceux qui n’arrivent pas à en
vivre.
C’est
ce cri de colère que j’entends monter de la France
qui travaille et de celle qui aimerait travailler. Colère
contre les délocalisations qui dévorent l’emploi.
Colère
contre le fait que 23% des jeunes sont sans emploi, que l’âge
du premier emploi n’en finit pas de reculer et que la précarité
des contrats se généralise.
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Colère
quand priorité est donnée à la rente et au capital
financier et que cela conduit à l’augmentation constante
des loyers et du foncier.
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L’augmentation
des loyers n’a bien entendu rien à voir avec une quelconque
priorité donnée à la rente ou au capital.
Les taux d’intérêt longs (la rente) n’ont
jamais été aussi bas.
Le « juste prix » des loyers ne peut être fourni
que par un vrai marché du logement décloisonné
et concurrentiel. |
Colère
quand la moitié des salariés du privé touche
moins de 1400 euros par mois, que 4 millions de salariés
sont payés au Smic au bout de 20 à 30 ans de travail.
Colère
encore quand on sait qu’il y a 7 millions de pauvres en France
qui vivent avec moins de 700 euros par mois, que 2 millions d’enfants
sont condamnés à vivre dans la pauvreté et
qu’il y a là comme une forme moderne de malédiction
et de destin.
Les
Français, oui, sont en colère face à cela.
Et
moi, Ségolène Royal, je dis que ce n’est pas
juste, c’est le pacte social qui est rompu et que c’est
dangereux.
Nous
devons refuser cette situation.
Nous
devons stopper le descenseur social.
Comme
le criait le père Wreznisky, le fondateur d’ATD Quart
Monde, « c’est l’homme qui crée la misère,
c’est l’homme qui peut détruire la misère
».
Quand,
dans un pays comme la France, deux millions de personnes ont recours
à l’aide alimentaire, quand on sait qu’il y a,
chaque jour, en France, 2000 accidents graves du travail, quand
on sait qu’à 35 ans un ouvrier ou un employé
a sept ans de moins d’espérance de vie qu’un
cadre, quand on sait que 27% des salariés travaillent debout
en permanence, que 37% sont exposés à l’inhalation
de produits chimiques sur leur lieu de travail, quand on sait que
les victimes de l’amiante ne sont toujours pas indemnisées
ou qu’un million et demi de personnes se trouvent en situation
de surendettement, quand on sait, enfin, que les femmes sont les
premières victimes des bas salaires et des petites pensions,
que l’écart de salaire avec les hommes est encore de
25%, quand on sait tout cela, on est bien obligé de se dire,
et de crier, que, oui, le lien social se délite ; on est
bien obligé de se dire et de crier que tout cela est comme
une cicatrice sur le corps d’un pays qui a inventé
la plus belle devise du monde : « liberté, égalité,
fraternité » ; et moi, Ségolène Royal,
je ne peux pas ne pas m’associer à ce cri, le relayer,
lui prêter ma voix et ma volonté
Vous
m’avez dit des choses simples et vraies.
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Vous
m’avez dit vouloir des écarts de revenus moins injustes,
une réforme de la fiscalité qui taxe davantage le capital
que le travail.
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Cette
réflexion pose la question du rapport entre la justice sociale
et les inégalités |
Vous
m’avez dit vouloir que le travail soit payé à
son juste prix.
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Le
« juste prix » ne peut qu’être un prix de
marché (c’est là un acquis de la science économique
depuis la fin du Moyen âge) |
Vous
m’avez dit, enfin, vouloir que des solutions à la crise
du logement soient trouvées au-delà des éternels
discours.
Est-il
normal, m’avez-vous dit, que des jeunes travailleurs habitent
en caravane et que de petits retraités soient chassés
de leur logement faute de pouvoir payer leur loyer ? .
Eh
bien je vous ai entendus.
Et
je n’aurai de cesse, si je suis élue, que de répondre
à votre juste colère.
Je
propose un pacte présidentiel pour le pouvoir d’achat
garanti et la sécurité du logement tout au long de
la vie.
Je
propose (parce que vous avez été nombreux à
me dire que les chiffres officiels de la hausse des prix sont inférieurs
à la réalité) une réforme de l’indice
des prix. Nous utiliserons des indices de prix différents,
tenant compte de la réalité des dépenses des
ménages pour revaloriser les retraites, le SMIC et les minima
sociaux.
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Je
m’engage à une hausse du SMIC à 1500 € par
mois et à une hausse des bas salaires, au dessus du SMIC, qui
sera fixée par les partenaires sociaux dès juin 2007
dans le cadre de la conférence sur les salaires.
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Le
SMIC à 1500 euros va alourdir de 25% le coût du travail
peu qualifié. La hausse « politique » du SMIC (découplée
de la croissance et de la productivité) détruit des
emplois peu qualifiés. En revanche cette proposition n’engage
à rien si comme le dit Ségolène Royal cette augmentation
se fait "le plus tôt possible dans la législature" |
Pour
que cette augmentation puisse se faire rapidement, et sans pénaliser
les petites entreprises, je m’engage à mettre en place
un plan massif de formation professionnelle débouchant sur
un système gagnant – gagnant : le salarié sera
mieux payé, mieux qualifié et l’entreprise plus
performante.
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Je
m’engage, pour les jeunes sans ressources et qui vivent, de
plus en plus nombreux, dans la précarité,
je m’engage à créer une allocation d’autonomie
et d’entrée dans la vie active ; laquelle allocation
leur sera versée en contrepartie d’une obligation de
formation sérieuse, d’une recherche active d’emploi
et, pour les étudiants, d’heures de soutien scolaire
auprès d’élèves en difficulté.
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Dés
lors que la « formation est sérieuse » - et donc
avec un retour sur investissement – l’industrie bancaire
est à même de financer les études supérieures. |
Je
mettrai en place un plan de rattrapage pour les petites retraites,
avec une hausse immédiate de 5 % intervenant dès 2007.
Le minimum vieillesse sera versé mensuellement et les retraites
de la Sécurité Sociale seront payées au 1er
de chaque mois, pour éviter les découverts. Nous procéderons
aussi, dès 2007, à une augmentation de 5 % de l’allocation
adulte handicapé.
Je
rétablirai également le programme Handiscol qui a
été démantelé pour permettre d’accueillir
tous les enfants handicapés dans le sein de l’école.
J’insiste
sur la question du logement.
Je
l’ai souvent dit, vous le savez : tout commence par les familles
car, si les familles fonctionnent bien et assument leur devoir d’affection,
d’éducation et de surveillance, alors les enfants démarrent
dans la vie dans de bonnes conditions.
Eh
bien le logement est la condition première d’une vie
de famille sécurisée.
Et
les inégalités criantes dans ce domaine doivent se
réduire si l’on veut aider les familles à être
ces lieux d’éducation et d’épanouissement
des enfants qu’elles doivent être.
|
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Il
y a les Sans-Domicile-Fixe, naturellement, pour lesquels des solutions
d’urgence doivent être trouvées : je propose, à
cet égard, de faire obligation à chaque ville de créer
une place d’hébergement d’urgence pour 1000 habitants
;
|
Cette
obligation existe déjà ! |
je
propose une politique d’accompagnement humain permettant à
ceux qui ont basculé, travailleurs pauvres, femmes seules,
jeunes à la dérive, de se raccrocher à une
utilité sociale ; et je rends hommage au travail des associations
qui jouent un si grand rôle pour réinsérer ces
gens dans l’activité et dans l’emploi.
Mais
l’urgence ne doit pas faire oublier les autres problèmes
de fond.
Les
scandales les plus criants ne doivent pas occulter le fait que la
crise du logement frappe aussi celles et ceux qui travaillent et
qui font des efforts pour payer leur loyer.
Je
propose, là-dessus, quatre mesures concrètes, bien
connues de ceux qui se battent sur ce problème et que j’ai
également rencontrés dans le cadre de ces débats
participatifs :
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1.
La construction des 120.000 logements sociaux dont
on a besoin et qui, faute d’obéissance à la loi
SRU par certaines communes, ne sont pas construits. L’Etat se
substituera à la carence de ceux qui s’enferment dans
l’égoïsme territorial en lançant lui-même
les programmes de logement nécessaires. Il faut cela pour que
le droit opposable au logement ne soit pas une promesse électorale
ou un vain mot. Il faut cela pour que l’amélioration
de la situation des plus démunis ne produise pas l’aggravation
de la situation de ceux qui paient leur loyer.
|
Voir
notre critique du logement social :
> Les
nouveaux marchands de bien
> Haro
sur le Dalo ! |
2.
La création d’un service
public de la caution permettant d’assurer les impayés
de loyer et d’éviter les expulsions.
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Pour
la caution, la proposition d’assurance garantie mutuelle faite
par F. Bayrou est plus intelligente. Quant à faire payer les
loyers non acquités par l’Etat... |
3.
La mise en location des nombreux logements vacants spéculatifs.
Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis
plus de deux ans et la possibilité existera pour les communes
de procéder à des acquisitions-réquisitions.
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Qu’est
ce qu’un logement vacant spéculatif ? |
4.
L’accès à la propriété
sera favorisé et encouragé par l’extension
des prêts gratuits. Aujourd’hui,
les Français aspirent à la propriété de
leur logement. Je veux que ce soit possible et que ceux, notamment,
qui ont fait l’effort, dans le logement social, de payer leur
loyer pendant quinze ans puissent accéder à la propriété.
|
Excellent |
5.
Enfin, avec les Régions, l’Etat aidera à la
mise en place d’un programme de logement pour les étudiants
et les jeunes travailleurs.
Je
serai, aussi, la Présidente du travail pour tous et du métier
pour chacun.
Je
réhabiliterai la valeur travail.
Dans
le pacte présidentiel que je vous propose.
Et
d’abord, à la base, j’engagerai une lutte sans
merci contre le chômage des jeunes, un des plus élevés
d’Europe et l’une des sources du découragement,
de la révolte contre l’absence de futur et, à
la fin, de la délinquance.
Tout
jeune doit pouvoir sortir du système scolaire et universitaire
avec un diplôme : c’est le contrat qu’il faut
passer entre la Nation et son école.
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Pour
les 190 000 jeunes qui sortent de l’école ou de l’université
sans aucune qualification, je reprends la proposition de Jacques Delors
d’ouvrir un chantier d’intérêt
national.
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Ces
jeunes ont besoin d’un emploi qualifiant pas d’un chantier
national |
Aucun
jeune, diplômé ou qualifié, ne doit rester au
chômage plus de six mois, sans qu’une formation ou un
contrat ne lui soit proposé - c’est un droit pour lui
et un devoir pour nous.
Tout
jeune doit pouvoir bénéficier d’une possibilité
d’insertion et je propose, à cet effet, de généraliser
les bourses et les emplois-tremplins que les Régions ont
mis en place, avec un objectif de 500 000 emplois tremplin.
|
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L’Etat
ouvrira, enfin, un nouveau droit : chaque
jeune, à sa majorité, disposera d’un prêt
gratuit de 10.000 euros, pour lui permettre de construire
son premier projet de vie. Je le dis solennellement à toutes
celles et tous ceux qui doutent, qui rencontrent plus de portes fermées
que de mains tendues : la France a besoin de vos talents et de votre
énergie ; les entreprises et les services publics ont un devoir
à remplir à l’égard d’une génération
qui représente aussi leur avenir.
|
Le
même prêt pour tous, quelque soit sa situation de fortune
, sa situation professionnelle, sa capacité à rembourser…
! |
Je
leur dis aussi qu’à leur âge, on a le droit à
l’erreur, que la peur de l’échec ne doit pas paralyser,
qu’on apprend et qu’on se renforce aussi dans les difficultés
que l’on rencontre : vous devez croire en vous car la France
aime ses enfants, tous ses enfants et n’est elle-même
que lorsqu’elle lutte contre toutes les formes de discrimination.
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Dans
l’intérêt des entreprises comme des salariés,
dans l’intérêt de la France,
je créerai la Sécurité Sociale professionnelle
qui garantira, contre une formation et une recherche active d’emploi,
une rémunération égale à 90% du dernier
salaire perçu afin de permettre, sans drame, la mutation des
emplois.
|
Le
« sécurité sociale professionnelle » est
un concept d’origine CGT, devenu aujourd’hui un concept
fourre-tout au programme de tous les candidats.
En parlant de « mutation » Ségolène Royal
semble la destiner aux licenciements économiques et aux reconversions.
On s’interroge sur la durée de la garantie des 90% du
dernier salaire et sur ses conséquences sur l’assurance
chômage (qui rappelons-le est un système paritaire) |
Et
pour encourager, enfin, le passage du RMI au travail, je donnerai
raison à ceux qui, comme l’association Emmaüs, demandent
depuis longtemps la création
d’un Revenu de Solidarité Active
qui garantira les prestations en un mécanisme unique, durable,
et garantissant que quelqu’un qui retrouve un travail ne puisse
plus voir ses revenus baisser.
|
S’il
s’agit de reconvertir la Prime pour l’Emploi (PPE) par
une sorte d’impôt négatif, la piste est intéressante. |
Et
puis, n’est-ce pas, tout se tient : emploi, famille, école
?
Quand
un maillon vient à casser, c’est la chaîne qui
se voit fragilisée.
Et
c’est l’éducation qui tient tout l’édifice.
C’est
pourquoi, avec moi, l’Education, encore l’Education,
toujours l’Education, elle sera au cœur de tout et en
avant de tout !
L’Ecole
est le cœur battant de la République.
L’Ecole
est le lieu où se transmettent les savoirs et les valeurs
républicaines.
L’école
est le creuset où se forment les futurs citoyens.
Et
l’école, vous me l’avez également dit,
traverse une crise profonde.
J’ai
entendu le signal d’alarme que lancent beaucoup de parents
: l’Ecole tiendra-t-elle demain sa promesse d’égalité
des chances ?
J’ai
entendu le message des enseignants, en première ligne dans
ce combat pour l’égalité et, donc, la citoyenneté
: face aux difficultés qui s’accumulent, aux violences,
aux incivilités qui angoissent, face aux coupes sombres dans
les budgets et les emplois, face à un pouvoir d’achat
qui semble baisser dans la mesure exacte où croissent les
difficultés du métier, comment ne pas être tenté,
parfois, de baisser les bras ?
A ces
enseignants qui se battent en première ligne sur le front
de la citoyenneté de demain, je veux dire ceci.
Vous
serez soutenus, encouragés par la République dans
votre mission.
Votre
place sera mieux reconnue, vos filières de formation encore
améliorées si vous en sentez le besoin.
|
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Votre
droit à l’innovation et à l’expérimentation
du travail en équipe
sera pleinement reconnu sans que vous ayiez à craindre les
inspections un peu trop rigides.
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Très
bien, mais il manque des propositions sur l’autonomie et l’évaluation
des établissements |
Nous
créerons un service public
d’accueil de la petite enfance.
L’obligation
scolaire sera fixée à 3 ans et les chances scolaires
des enfants en seront accrues.
|
Un
service public de plus. A quel coût ? |
Collège
et école devant assurer en son sein, ou dans les quartiers,
le soutien scolaire gratuit,
nous confierons cette nouvelle mission, comme vous l’avez proposé
dans plusieurs débats participatifs, à un
corps nouveau de répétiteurs dont la mise en place sera
discutée avec l’équipe pédagogique, les
associations de parents d’élèves et les élus.
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Pourquoi
exclure les enseignants du soutien scolaire ?
Mieux vaudrait financer - et distribuer sous certaines conditions
– un chéque :« Soutien scolaire »
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La
carte scolaire favorisera la mixité sociale,
au lieu de consolider les ghettos.
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La
suppression de la carte scolaire annoncée devient - comme chez
Nicolas Sarkozy- un simple aménagement
> Voir
notre dossier. |
Elle
sera redécoupée pour que les secteurs soient plus
hétérogènes et que chaque famille ait le choix
entre plusieurs établissements.
Les gros collèges seront divisés
pour ne pas dépasser 600 élèves
et ayant eu à nouveau confirmation des brutalités
et violences subies par les élèves et les enseignants,
un nouveau métier sera créé pour renforcer
la discipline et développer massivement le sport et la culture
qui sont les meilleurs remparts contre l’agressivité.
L’échec
scolaire étant aggravé par la détresse financière
et sociale et éducative des familles, je
créerai des emplois-parents dans les quartiers
comme l’a proposé l’association AC Le Feu et
je généraliserai les
écoles de parents.
L’allocation
de rentrée scolaire sera doublée dès 2007 afin
que soit pleinement garantie la gratuité scolaire.
La
société de la connaissance exigeant un investissement
massif dans l’Université et la recherche,
je veillerai à renforcer l’autonomie des universités
dans le cadre national et je les encouragerai à
se regrouper entre régions pour atteindre une taille comparable
à celle des grandes universités du monde.
Je
détaillerai, jeudi prochain à Dunkerque et vendredi
prochain à Strasbourg, un plan de réformes global
concernant l’Education, la Recherche et la Culture.
Vous
avez aussi, au cours des débats, beaucoup parlé des
insécurités, des désordres et de la violence
dans nos villes et à leurs périphéries..
Et
de fait, depuis cinq ans, la violence à l’encontre
des personnes n’a cessé d’augmenter.
4 millions
de personnes ont été agressées verbalement
ou physiquement dans la seule année 2005.
Le
nombre de mineurs mis en cause pour des actes d’atteintes
aux personnes a augmenté de 32% depuis 2002, et de 83 % en
huit ans.
Plus
rien ne semble être épargné par cette épidémie
de violence : ni l’école, ni les familles, ni les jeunes.
J’ai
parlé, déjà, des violences qui frappent les
femmes. Permettez-moi d’y revenir. Car ce thème est
revenu, dans nos débats, avec une terrible insistance. Et
je dois avouer que j’y suis moi-même, en tant que femme,
particulièrement sensible. Une femme sur dix est victime
de violences conjugales. En 2004, chaque semaine, trois femmes ont
été tuées par leur conjoint. Les violences,
abandons, mauvais traitements d’enfants ont augmenté
de 34% depuis 2002. Je veux vous le dire aujourd’hui : la
première loi votée par le prochain parlement sera,
je l’espère, une loi efficace contre les violences
faites aux femmes.
J’ai
parlé aussi de cette autre forme de violence, de cette violence
douce et à peine visible, qu’est l’inégalité
devant l’accès aux soins. Permettez-moi d’y insister
aussi. Car enfin est-il normal que des quartiers entiers, des zones
rurales, n’aient plus de médecin généraliste
? Est-il normal que trouver une prise en charge pour une personne
âgée dépendante relève souvent, aujourd’hui,
de l’exploit ? Est-il normal, est-il acceptable, qu’il
n’y ait pratiquement plus, en France, de structures de santé
de proximité ? Non, cela n’est pas normal.
|
|
Non,
cela n’est pas acceptable. Oui, vous êtes nombreux, très
nombreux, à vivre cet état de fait comme une violence
faite aux plus faibles, une brutalité terrible à l’endroit
des plus modestes. Et c’est pourquoi, après vous avoir
écouté, je souhaite mettre en oeuvre une politique de
santé publique notamment axée sur
la création d’une nouvelle génération de
dispensaires en milieu rural et dans les quartiers urbains sensibles.
|
L’idée serait parfaite si cette création se faisait
sur appel d’offre en Partenariat Public/privé. |
Et
puis, il y a la violence dans les quartiers…
Où
en sont-ils, les quartiers, un an après les émeutes
?
Est-ce
parce qu’on les entend moins, est-ce parce que la machine
à images a cessé de s’intéresser à
eux et de concentrer sur eux son faisceau de lumière, que
le problème est résolu ?
Et
quelles réponses ont-elles été données
aux appels à la justice, à l’égalité
des chances, à la sécurité, qui se sont exprimés,
aussi, avec une telle exaspération ?
A-t-on
porté remède au précariat ? à l’insécurité
sociale ? aux discriminations ? à la désertion des
services publics ? au chômage des jeunes ?
Non,
hélas.
Rien,
ou presque rien, n’a été fait.
Or
chacun sait que, si rien n’est fait, les mêmes causes
produiront les mêmes effets et ce que la France a connu hier
ne sera rien en comparaison de ce qu’elle connaîtra
demain.
Il
y aura des émeutes d’une violence extrême, et
qui ne seront plus limitées aux seuls quartiers dits sensibles.
Il
y aura des gestes de désespoir radical, des actes de nihilisme
sans pareil, qui laisseront les pouvoirs publics sans ressource
et sans voix.
La
France entrera en crise.
Et
c’est tout le lien social qui, de proche en proche, menacera
de craquer. Il y a urgence. J’ai la ferme volonté d’empoigner
ce problème à bras le corps. Ecoutons là encore,
les propositions et les attentes de ceux qui agissent tous les jours
sur le terrain.
Mettre
les parents devant leur responsabilité pour assumer leur
rôle, tout leur rôle.
Aider
les mamans seules, débordées par les pré-adolescents,
à se regrouper pour encadrer leurs enfants et bénéficier
pour cela d’emplois parents.
La
bataille pour l’emploi des jeunes de quartier doit se gagner.
Renforcer
les procédures de l’encadrement scolaire et
créer partout des mini-internats urbains, pour les jeunes
qui ont décroché de l’école, imaginer
une école de la deuxième chance avec
de la culture, du sport, des voyages éducatifs, du travail
solidaire.
Soutenir
les associations, les élus de terrain, les travailleurs sociaux
qui savent mieux que personne, pour les vivre, où sont les
bonnes solutions.
A
la première incartade, répondre par une sanction ferme,
rapide et proportionnée,
je dis bien proportionnée, alors que, trop souvent, le premier
délit n’est pas sanctionné par une justice débordée
qui manque de moyens ; ou alors, à l’inverse, on frappe
trop lourdement des mineurs qui, en dehors des cas d’atteintes
graves aux personnes, n’ont pas leur place en prison et en
ressortent à 70% récidivistes et développer
toutes les formes d’encadrement y compris militaire dans des
chantiers humanitaires.
Créer
des polices de quartier pour remplacer cette proximité hélas
supprimée et renforcer les moyens de la justice des mineurs.
Mais
il faut aussi : entendre le malaise que cette violence exprime,
y remédier sur la longue durée, ne pas traiter les
délinquants comme des sauvages ou des barbares.
Je
ne veux pas de cette société toujours plus violente
où, comme me l’a dit l’un d’entre vous
lors d’un débat, « une bonne partie des violences
est engendrée par le manque de considération envers
certains jeunes. Ils ne se sentent pas utiles à la Nation
et ont, de ce fait, l’impression que la Nation ne fait rien
pour eux, et donc, qu’ils ne lui doivent rien ».
Je
ne veux pas de cette société du « tous contre
tous », cette société du « chacun pour
soi ».
Je
veux que la France aime sa jeunesse et exerce sur elle une juste
autorité pour lui permettre de grandir.
Je
ne veux pas, moi, d’un projet où la jeunesse est infantilisée,
considérée comme une charge, voire une menace ou un
danger.
Car
une société qui a peur de sa jeunesse est une société
qui n’a plus confiance en elle et qui manque à son
devoir d’hospitalité à l’égard
de la génération suivante.
Je
veux une société qui fait confiance aux jeunes. Je
pense qu’un ordre n’est pas juste, qui considère
les enfants de la République inégaux en droits tout
en leur imposant les mêmes devoirs.
Je
crois qu’un pays est malade quand, ressuscitant le fantasme
du XIXème siècle des fameuses « classes dangereuses
», il devient sourd au cri de souffrance qui monte, qu’on
le veuille ou non, des quartiers difficiles ou sensibles.
Et
je ne peux pas me résoudre à cette souffrance.
Et
je ne peux pas imaginer qu’il suffise d’envoyer des
bataillons de police ou de gendarmerie.
Et
je ne peux pas me faire à l’idée qu’il
y ait deux jeunesses : l’une qui serait vouée à
la réussite et l’autre condamnée à l’échec
ou, pire, à la violence brute parce qu’au départ
il n’y a pas les mêmes chances et qu’on n’a
pas su encadrer à temps les enfants et les faire réussir
à l’école comme le dit très bien Kerry
James.
J’aurai
prochainement l’occasion de dire avec plus de précisions
en appui sur les associations, AC Le Feu, Parlement des Banlieues,
dans les Banlieues ce que demain l’Etat fera.
Je
sais que je réussirai à trouver des solutions et à
empêcher de nouvelles explosions. Parce qu’au plus profond
de moi, si je suis présidente de la République, je
veux réaliser pour chaque enfant né ici ce que j’ai
voulu pour mes propres enfants.
Je
veux une nouvelle donne avec tous les jeunes de France.
Mais
quand j’entends Karim, de Toulon, m’expliquer qu’il
ne comprend pas pourquoi il doit subir, plusieurs fois par jour,
les contrôles d’identité, je me dis qu’il
n’exprime pas si mal que cela cette part du mal français
qui le touche et qu’il m’incombera, avec vous tous,
de traiter ! .
Je
veux lutter farouchement contre les discriminations et les humiliations.
Je
veux une France qui s’accepte telle qu’elle est devenue
et qui considère même que c’est une chance d’être
désormais ainsi : riche d’histoires diverses, colorée,
métissée.
Je
veux une France qui reconnaisse comme ses enfants légitimes
tous ceux dont les familles sont venues d’ailleurs et qui
sont aujourd’hui des Français à part entière
et dont les parents et les grands parents ont donné leur
vie pour nos libertés.
Du
fond du cœur, je vous le redis : la France a besoin de vous
; vous êtes la chance de la France ; je veux une France qui
vous écoute, une France qui vous comprenne et une France
qui, en même temps, soit exigeante envers vous.
Je
veux une France qui entende ce que lui dit Diam’s dans «
Ma France à moi » : « Il ne faut pas croire qu’on
la déteste, mais elle nous ment (…). Ma France à
moi leur tiendra tête jusqu’à ce qu’ils
nous respectent ».
Je
ne veux plus entendre parler de deuxième, troisième
ou quatrième génération pour certains enfants
d’immigrés alors qu’on ne le fait jamais pour
ceux dont les familles sont originaires d’Europe.
J’ai
entendu aussi les graves problèmes de santé des jeunes.
Et ce désarroi me paraît totalement inconcevable dans
un pays comme le nôtre.
Je
propose la gratuité totale des soins pour les moins de 16
ans. Je propose la mise en œuvre d’une carte santé
jeune 16/25 ans.
Je souhaite que la contraception soit gratuite pour les jeunes femmes
de moins de 25 ans afin de lutter contre les grossesses précoces.
Je propose de renforcer les moyens de la médecine scolaire
et universitaire. Toutes ces actions entraîneront des économies
dans les dépenses de santé car la prévention
dès le plus jeune âge est très efficace.
C’est
sur les jeunes aussi que je compte pour protéger la planète
car c’est pour vous et la génération qui vient
que nous devons agir.
Je
veux faire de la France le pays de l’excellence environnementale.
C’est pour moi une conviction profonde et ancienne qui remonte
à mon enfance rurale et consolidée dans mon action
de Ministre de l’environnement.
Vous
ne voulez plus, et moi non plus, de cette irresponsabilité
qui détruit la planète, qui laisse la biodiversité
s’épuiser, qui ne prépare pas l’après-pétrole.
Vous m’avez fait part de vos alarmes. Vous avez raison. Le
réchauffement planétaire est une menace sur le monde
et sur la paix : déplacement massif de populations, accès
à l’eau potable. Je ferai de cette cause une grande
cause nationale pour la France.
J’engagerai
la France dans la voie de l’excellence environnementale comme
cela n’a jamais été fait. 100 000 emplois, non
délocalisables peuvent être créés. Un
investissement massif dans l’environnement conduira à
développer de nouveaux métiers, de nouvelles compétences,
Dans le domaine du bâtiment, des transports, de l’agriculture,
l’essor des écoproduits et des écoprocédés
sera un moteur de l’activité et de la croissance durable.
Tout comme les bio-carburants pouvant
créer de nouveaux emplois.
|
|
Le
défi environnemental doit être vu comme une chance. A
condition d’anticiper plutôt que subir les mutations.
Là aussi, il y a deux logiques
: celle du laissez-faire, du libéralisme, qui vise le profit
immédiat et nous prépare au pire. Ou celle de la volonté,
qui relève les défis, pour laisser à nos enfants
une planète vivable et qui applique le principe pollueur-payeur,
empêche la destruction de biens collectifs publics.
|
Divine
surprise : laissez-faire est bien orthographié en référence
à l’origine de la formule de Vincent de Gournay : «
Laissez-nous faire », qui constitue une revendication de responsabilité
et non « Laisser faire » comme on le voit très
souvent, ce qui suggère une doctrine du « Laissez-aller
»
Pour le reste il est stupide d’opposer l’économie
et l’écologie qui n’est rien d’autre que
l’économie des ressources rares. Quand au principe de
responsabilité qui oblige à réparer le
dommage dont on est responsable – que l’on aime aujourd’hui
appeler pollueur-payeur – il est à la base de l’ordre
juridique libéral.
|
Je
vous propose :
- un
plan de développement massif des énergies renouvelables
pour qu’elles représentent 20 % de la consommation
d’énergie en 2020, ce qui permettra de
réduire la part du nucléaire ; ce
plan de développement national s’appuiera sur une politique
commune européenne de l’énergie ;
|
On
a besoin du nucléaire en France et en Europe. Réduire
la part du nucléaire pousserait les prix de l’électricité
vers des sommets. |
-
une fiscalité écologique
qui encourage les bonnes pratiques ;
|
Le
programme de l’UMP ne dit pas autre chose |
-
de favoriser les économies
d’énergie dans le logement. Tout permis
de construire devra intégrer les énergies renouvelables.
J’ai
développé tous ces sujets à Montluçon
avec un plan d’action très précis.
Une
agriculture assurant une alimentation de qualité et respectant
l’environnement est aussi à notre portée.
Nous
pouvons surmonter la crise de confiance entre nos concitoyens et
leur agriculture, née des crises alimentaires et des abus
d’engrais et de pesticides. Je veux redonner aux agriculteurs
la fierté de leur métier Il faut aujourd’hui
produire autrement : la qualité doit primer sur la quantité
; l’environnement doit respecté et les paysages préservés
et ceux qui font ces efforts doivent recevoir davantage d’aide
car ils agissent pour l’intérêt général.
Je
proposerai à nos partenaires une refondation de la politique
agricole commune pour réorienter les aides vers le développement
rural, en modulant les primes et en assurant leur transparence.
|
|
Cette
réorientation de la PAC doit permettre à l’Europe
de se nourrir par elle-même et aux paysans de vivre dignement
de leur travail tout en maintenant nos identités rurales vivantes.
De nouveaux emplois et une nouvelle
fierté rurale sera développée grâce aux
biocarburants et à la valorisation de la biomasse,
au développement de la filière bois et de la bio construction.
|
Les
biocarburants sont aujourd’hui ruineux, bien peu écologiques.
Il est d’ailleurs révélateur que Ségolèné
Royal les inscrive dans la partie de son programme consacrée
aux aides à l’agriculture et non dans la partie «
Environnement » |
Pour
mettre en œuvre toutes ces réformes, nous avions besoin
d’institutions impartiales, qui fonctionnement et qui répondent
aux besoins de notre temps. C’est pourquoi je vous propose
une République Nouvelle.
Des
réformes profondes doivent être faites pour moderniser
les institutions.
Du
côté du parlement et de la démocratie représentative,
le mandat unique sera instauré, le Sénat réformé,
le pouvoir de contrôle du Parlement sera renforcé et
le 49.3 supprimé.
Je
veux aussi que l’opposition soit respectée même
si cela n’a guère été le cas au cours
de ces cinq dernières années.
Pour
rééquilibrer le rôle de la majorité et
de l’opposition, et pour permettre un dialogue constructif
au sein du pays, la présidence de la commission des finances
de l’Assemblée Nationale sera confié à
un député de l’opposition.
Démocratie
participative : les citoyens pourront faire examiner par le Parlement
une proposition de loi qui aura recueilli 1 million de signatures.
Le développement des jurys de citoyens et des budgets participatifs
sera encouragé et le référendum d’initiative
populaire instauré.
|
|
Démocratie
sociale : pour faciliter le développement d’un syndicalisme
beaucoup plus représentatif, un crédit d’impôt
sera accordé pour les cotisations syndicales. La représentativité
sera fondée sur l’élection et le
principe majoritaire mis en œuvre pour les accords sociaux.
|
Si
un tel principe avait prévalu dans les dernières décennies,
il n’y aurait eu que bien peu d’accord sociaux. |
Je
veux que la France se modernise dans la qualité de ses relations
sociales. Tout le monde doit y gagner, entreprises, salariés
et avec le pays tout entier dans une logique de cercle vertueux
qui met fin aux logiques d’affrontement et qui permet des
compromis sociaux qui nous permettront d’être plus forts.
Dans
les 6 mois qui suivront l’élection présidentielle,
je consulterai le peuple français sur ces propositions de
réformes démocratiques de nos institutions.
Outre-mers
Je
me suis rendue à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe
et je n’oublie pas les autres outre-mer dont la culture, me
le rappelait Aimé Césaire, est aussi la nôtre.
Je
veux une République, de la reconnaissance et de la responsabilité.
Et des politiques publiques qui tiennent compte de leur identité,
de leur diversité et des problèmes de la continuité
territoriale.
L’histoire
des outre-mers n’est pas périphérique : c’est
notre histoire commune. L’esclavage et la colonisation en
font partie et doivent trouver toute leur place dans nos programmes
scolaires ainsi que les grandes œuvres littéraires et
historiques, Louis Delgresse, Frantz Fanon, La Mulâtresse
Solitude, Aimé Césaire.
Je
veux que la France revienne à la table de l’Europe
et je ferai tout pour cela.
|
|
L’Europe
doit rester la grande ambition et la grande réalisation du
XXIème siècle. Je sais que vous le voulez comme moi.
Mais, je sais aussi que, comme moi, vous ne voulez pas n’importe
quelle Europe, vous me l’avez dit dans les débats. Je
ne veux pas d’une Europe qui ne serait qu’une zone de
libre échange adossée à l’OTAN. Je veux
encore moins d’une Europe de tous contre tous où
le dumping fiscal et social remplace la solidarité,
et dans laquelle la concurrence sert de projet de société.
L’Europe que je veux doit élever le niveau de tous les
pays et de chaque individu, et non les abaisser.
|
Passage
protectionnisme.
> Voir
nos critiques des propositions voisines de Nicolas Sarkozy.
|
L’Europe
doit se fixer comme objectif une croissance dynamique et créatrice
d’emplois
Je
veux relancer des politiques communes sur les enjeux majeurs que
nous affrontons. En Europe, comme en France, la croissance naîtra
de l’investissement dans la recherche, dans l’innovation,
dans les énergies renouvelables, dans les transports.
L’Europe
doit se battre aussi pour une politique industrielle, à l’instar
de ce que font les Etats-Unis et les grands pays émergents.
L’Europe ne doit plus s’abandonner
au seul dogme de la concurrence. Airbus n’aurait
pu être lancé si la doctrine actuelle de l’Europe
avait été applicable en 1970…
Pour
réussir cela, les outils actuels ne sont pas adaptés.
La croissance et l’emploi doivent être inscrits dans
les statuts de la Banque centrale européenne . Il faut mettre
en place un gouvernement économique de la zone euro »
pour une politique de croissance coordonnée
Le
Pacte de stabilité ne doit pas servir à freiner la
croissance mais à la stimuler.
Je propose de sortir du chiffrage du déficit les dépenses
consacrées à la recherche et à l’innovation.
Nous
accumulons un retard très inquiétant qui risque d’être
ravageur, face à l’Inde et à la Chine. Il est
temps, j’allais dire, de passer aux choses sérieuses.
Je
veux une Europe qui protège ses citoyens et les aide à
tirer profit de la mondialisation
Il
n’est pas supportable de voir des entreprises faisant des
bénéfices délocaliser leur production.
L’Europe doit se protéger et nous protéger.
Avec moi elle fera reconnaître
le respect des normes sociales et environnementales dans toutes
les négociations de l’OMC.
La
concurrence déloyale est encore moins supportable à
l’intérieur de l’Europe. Je
proposerai l’instauration de taux planchers en matière
d’impôt sur les sociétés pour
freiner les délocalisations fiscales.
De
même, je proposerai à nos partenaires la négociation
d’un protocole social pour renforcer les droits des travailleurs.
L’Europe
devra s’atteler au dialogue avec la Méditerranée
et mettre enfin en place des politiques de co-développement.
C’est
la meilleure façon d’endiguer l’immigration illégale
et lutter contre les mafias qui l’organisent. Décourager
les migrations de la misère, c’est soutenir le développement
des pays pauvres, en réduisant les écarts entre Nord
et Sud. C’est notre devoir.
Le
co-développement sera donc mon objectif.
L’aide publique sera radicalement réformée
et réorientée vers les circuits courts, la santé,
l’éducation, l’énergie solaire, les associations
de femmes, le micro crédit, comme je l’ai vu au Sénégal,
et cessera d’alimenter les
gouvernements corrompus.
Cela
me conduit à vous dire comment je conçois le rôle
de la France dans le monde et la façon dont j’entends
lui faire tenir son rang.
La
France c’est un paysage que nous aimons, c’est aussi
une grande Histoire, certes pas uniforme, mais avec des moments
sublimes, quelquefois des abîmes et, en arrière-plan,
la grande lumière jamais éteinte de la Révolution
française.
C’est
également une langue dont Fernand Braudel nous a enseigné
la part qui est la sienne dans la construction de notre identité.
N’oublions jamais la dimension de la francophonie. Il y aura,
en 2050, trois cents millions d’hommes et de femmes qui parleront
français ! Je souhaite qu’il y en ait davantage. Bien
davantage. Je souhaite une France qui parle, dans sa langue, sa
propre langue, au monde.
Car
la France c’est plus que la France. La France c’est
ce drôle de pays qui, comme disait André Malraux, n’est
jamais aussi grand que lorsqu’il l’est pour tous les
hommes. La France ce sont des valeurs exigeantes et belles proclamées
par la Révolution française. La France ce sont des
valeurs universelles qui nous obligent et que nous devons porter
haut pour ne pas décevoir ceux qui ont foi en nous. L’Histoire
de France est une Histoire vivante. C’est une histoire qui,
parce qu’elle est vivante, doit continuer de parler au monde.
Le
monde… Nous savons tous ce qu’il en est : la mondialisation,
les échanges, les influences croisées et fertilisantes,
mais aussi le tohu-bohu, l’iniquité, le malheur, les
crimes de masse, les guerres. Je ne veux pas d’une France
qui aurait la tentation de s’éloigner de la scène,
de renoncer, de laisser faire. Je ne veux pas d’une France
qui laisserait ce monde se casser, éclater en morceaux, en
blocs de vie et de pensée hostiles les uns aux autres. Je
ne veux pas d’une France qui se résignerait à
sortir de l’Histoire.
Allons-nous
rester là, spectateurs muets, apeurés, bientôt
victimes ? Avons-nous quelque chose à dire, encore, au monde
? Avons-nous quelque chose, encore, à lui apporter ? Les
Français le croient. Les Français le veulent. Je le
crois et le veux avec eux.
Les
fins de la politique de la France, si je suis élue, seront
simples et fidèles à notre vocation la plus haute
: la paix, bien sûr ; la sécurité pour les Etats
; mais aussi la justice pour les peuples et le développement
pour tous.
La
paix ? Elle n’est possible que fondée sur l’équilibre
d’un monde multipolaire. C’est pourquoi tous les efforts
visant à faire redémarrer l’Europe et à
en faire une puissance également politique seront poursuivis
avec une ardeur particulière. C’est pourquoi tout sera
fait pour remédier au déséquilibre des puissances
qui est la règle d’aujourd’hui dans nos rapports
avec nos partenaires et alliés. Et c’est pourquoi,
aussi, la France, si je suis élue, pèsera de tout
son poids pour que soit respecté le droit international.
Celui-ci existe. Il n’est que de l’appliquer. Nous réclamerons
de nos meilleurs amis que les résolutions du Conseil de Sécurité
soient mises en œuvre, que les grands traités du désarmement,
de l’environnement, soient respectés. La France et
le Royaume-Uni ont la lourde responsabilité d’être
membres permanents du Conseil de Sécurité. Nous y
jouerons tout notre rôle, à l’écoute certes
de nos partenaires européens mais aussi de tous les pays
prêts à travailler avec nous. Le multilatéralisme,
c’est la mobilité de l’action au service des
principes que les Nations Unies ont fixés.
Veiller
à la sécurité de tous, c’est aussi donner
l’exemple. Et c’est pourquoi nous continuerons à
déployer des forces au service du droit, s’il le faut,
en Afrique comme au Proche-Orient.
La
Justice pour les peuples exige que nous parlions fermement, en toutes
circonstances, devant nos alliés, nos amis et en agissant
dans toutes les instances où se bâtit aujourd’hui
la justice internationale.
Le
développement implique que la France, qui fut l’une
des premières à plaider pour l’aide publique,
ne se paie pas de mots. Nous sommes tous terriblement en retard
sur nos engagements à l’égard des pays défavorisés.
Il faudra redoubler d’efforts.
Il faudra que la France indique le chemin à tous ceux qui
s’accommodent à bon compte des promesses non tenues
et des inégalités criantes.
Le
réalisme, c’est aussi choisir des priorités.
Nous regarderons d’abord devant notre porte, et je vais vous
surprendre : notre porte, c’est l’Afrique :
L’Afrique
est notre voisine. Elle est là, cette Afrique à laquelle
m’attachent tant de liens. Elle est là, vivante, dynamique,
mais accablée de maux et de tensions. Chaque Africain qui
parvient à nous rejoindre en témoigne. Et il ne comprend
pas qu’après tous nos beaux discours, nous tournions
la tête et nous barricadions. Il ne comprend pas, parce que
l’avenir, qui appartient aujourd’hui aux Chinois et
aux Indiens encore oubliés, écartés, voici
moins de vingt ans, appartiendra peut-être demain à
son frère, à son fils, un Africain.
|
|
De
quoi souffre l’Afrique ? D’une économie mondiale
absolument débridée
qui ne laisse aucune chance à des productions agricoles fragiles
et incapables de rivaliser avec les politiques de pays bardés
d’atouts financiers et technologiques. Un peu de bon sens, un
peu de justice, recommanderaient que l’on remette un peu d’ordre
sur les marchés, que des avantages soient laissés aux
pays les plus pauvres, que des préférences – il
faut le dire – soient accordées par l’Europe à
l’Afrique, quitte pour celle-ci, en échange, à
savoir orienter ses achats vers l’Europe. Organisons, d’Europe
vers l’Afrique et de l’Afrique vers l’Europe, des
relations favorisées et équitables.
|
Les
africains disent eux qu’ils souffrent du protectionnisme des
pays riches. |
De
quoi souffre la démocratie africaine ? D’un jeu trop
brutal des alternances.
Du poids des oligarchies. De la corruption de certaines élites.
Et je n’oublie pas cette honte que fut, à la toute fin
du XX° siècle, le génocide des Tutsis au Rwanda
: un crime contre l’humanité ; une insulte à l’humanité
de l’homme ; un deuil pour le monde. Ni enfin, aujourd’hui,
la tragédie du Darfour que la communauté internationale
a sans doute le moyen de stopper : pourquoi ne le fait-elle pas ?
pourquoi la France, la grande France, celle des internationalistes
qui ont fondé notre parti, celle des Républicains qui
croient que nous avons, sur la scène du monde, un rôle
particulier, ne fait-elle pas pression pour que s’arrête
le massacre ?
|
Mieux
vaudrait dire que l’Afrique souffre dans beaucoup de pays de
l’absence d’alternance démocratique. |
L’Afrique
est à la portée de la France et de l’Europe.
Elle est à notre heure. Je veillerai à ce que celle-ci
soit saisie et gardée. Il ne s’agira pas de manifestations
éphémères, de cérémonies d’un
jour, de tournées à bride abattue mais d’un
effort opiniâtre sur pied égal avec les Africains,
dirigeants ou non.
Notre
voisin, c’est aussi, bien sûr, le Proche et Moyen-Orient.
On plaidera pour des conférences. Je dis oui, naturellement.
Mais je plaiderai surtout pour le réalisme et l’ambition.
La paix au Proche-Orient suppose deux aspirations indissociables
et également impérieuses : celle de la justice, celle
de la sécurité. Il faut rendre justice aux Palestiniens.
Mais il faut garantir la sécurité d’Israël
et la vie de tous ses citoyens. L’objectif n’est pas
inaccessible. Les Palestiniens modérés, démocrates,
partisans du compromis, existent et refusent de se taire. Les Israéliens
favorables au partage de la terre sont une majorit&eac | |