Bloc note de campagne


Quand Bayrou critique Ségolène Royal

On aura beaucoup remarqué les piques de François Bayrou à l’encontre de Nicolas Sarkozy. C’est sa critique du programme de Ségolène Royal que nous préférons retenir.
«Son programme (ndlr), multipliant les interventions de l’État, perpétuant l’illusion que c’est à l’État de s’occuper de tout, et qu’il peut s’occuper de tout, créant je ne sais combien de services publics, va exactement à l’encontre, en sens contraire, des orientations nécessaires pour rendre à notre pays et à son économie leur créativité et leur équilibre».
«Ségolène Royal, par son programme, va aggraver durablement les problèmes de l’économie.»



La France centrifuge
Lu dans la Nouvelle Lettre, l’éditorial de Jacques Garello. Notre ami analyse le scrutin du 22 avril : «Je suppose qu’un certain nombre d’électeurs ont voté Bayrou parce qu’il incarnait à leurs yeux «l’antisystème». Ces électeurs en ont assez de voir le paysage politique français toujours dominé par les mêmes hommes, les mêmes partis, les mêmes idées. (…) Bayrou avait raison de comprendre que les Français sont mécontents et de leur droite et de leur gauche, mais il avait tort de croire qu’en additionnant deux nullités on puisse trouver autre chose que zéro. (…) Le centre va laisser un vide dans l’échiquier politique français. Le libéralisme pourra bientôt combler ce vide. Plus la France est centrifuge, plus elle convergera vers les idées de la liberté.»
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Et après…
Yves de Kerdrel, chroniqueur au Figaro observe comme nous le faisions la semaine dernière (voir «Et après ?»), l’indifférence grandissante de la sphère économique et financière à l’égard d’un monde politique dont elle ne dépend plus.
«L’élément le plus important », écrit-il, «l'élément le plus important, c'est que, grâce à la mondialisation, l'économie française s'est presque totalement affranchie de la politique. Il y a encore cinq ans, avant de renverser Jean-Marie Messier, Claude Bébéar et Jean-René Fourtou ont consulté Bercy, l'Élysée et VGE. Trois ans plus tôt, avant de lancer une OPA sur Elf, Total s'était assuré auprès de DSK de sa bienveillance. Si Thierry Breton entend toujours faire respecter la grammaire des affaires, comme les Immortels veillent sur la langue française, les industriels et les financiers français, eux, ne répondent plus que devant leurs actionnaires, les seuls auxquels ils doivent des comptes. (…) Ce que l'on retiendra de cette campagne électorale, c'est que si les candidats ont tous évoqué le CAC 40, les superprofits, les soi-disant superdividendes et évidemment «les patrons voyous», comme si c'était une généralité, les entreprises, elles, ont continué d'investir, de vendre, d'embaucher - oui, de créer des emplois - et surtout d'aller chercher la croissance là où elle se déroulait. Sans prêter attention aux emplois aidés de Ségolène Royal ou détaxés de François Bayrou. Elles ont continué à créer de la richesse là où c'est facile de le faire, là où ce n'est pas condamnable, là où l'économie croît cinq fois plus vite que dans l'Hexagone. Pendant que les chiens aboyaient, la caravane de l'entreprise passait tranquillement son chemin.
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Vieilles croyances
«La pensée française est capable du meilleur et du pire», écrit Michel Cicurel, président de La Compagnie Financière Edmond de Rotschild, dans une opinion parue dans les Echos. «Au panthéon du pire, je ferai volontiers entrer le jeu à somme nulle, inlassablement ressuscité.
Selon une vieille croyance française, en effet, les gains d'un joueur viennent des pertes des autres. Parmi les multiples symptômes de ce syndrome malthusien, le concept tenace de partage du travail : le travail des uns ferait le chômage des autres, d'où retraite à soixante ans et 35 heures. De même le commerce extérieur et sa forme la plus aboutie, la mondialisation, inspirent une grande méfiance à nos compatriotes, convaincus qu'à ce jeu, il y a forcément des perdants. Quant à l'allergie suscitée chez nous par la richesse, ne provient-elle pas du sentiment confus que la prospérité des uns s'explique par la spoliation des autres ? L'aspiration à l'égalité est plutôt sympathique, mais devient belliqueuse lorsqu'elle est éperonnée par le postulat de somme nulle.»
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Biocarburants polluants
Lu dans le Monde, «Les biocarburants polluent aussi» par Stéphane Lauer. «Souvent présentés comme LA solution pour lutter contre le réchauffement climatique, pourraient ne pas être la panacée imaginée par certains. Un spécialiste des sciences atmosphériques de l'université de Stanford, en Californie, Mark Jacobson, s'est ainsi livré à des projections pour savoir quel pourrait être l'impact atmosphérique d'une généralisation des biocarburants à l'horizon 2020. "Un mélange d'essence avec une concentration élevée d'éthanol présente un risque égal, voire plus grand, pour la santé publique que l'essence seule", indique M. Jacobson, qui ajoute : "Dans certaines parties du pays, le mélange "E85" a entraîné une forte augmentation de l'ozone, un des principaux éléments du smog (mélange de brouillard et de fumée qui se forme au-dessus des grandes agglomérations du fait d'une pollution atmosphérique)."»
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Un vote libéral ?
Pour notre ami Jacques Garello, les libéraux n’ont rien à attendre de cette consultation. Dans la Nouvelle lettre, il s’interroge : «Privés de candidats, de partis et de programmes, les libéraux n’ont pas pour autant été privés de leurs cartes d’électeurs. Peuvent-ils vraiment s’en servir ?»
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Candidats, tous Blairistes ?

 A en croire Yves Bourdillon dans les Echos, les principaux candidats sont tous Blairistes. Ils le prennent pour exemple, vantent sa réussite économique et sociale ou déclarent en être proche. Ségolène Royal le défend devant les éléphants du PS, François Bayrou revendique une certaine ressemblance physique et Nicolas Sarkozy file à Londres pour se faire «introniser»…
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Mais...
Les Blairistes n’y trouvent pas leur compte
Mais outre-Manche, pour les vrais Blairistes, le compte n’y est pas. Si l’on en croit Denis Mac Shane, député du New Labour et proche du Premier ministre britannique, la campagne présidentielle française n’offre rien et les propositions avancées ici ou là sur l’identité nationale ou le drapeau français peuvent flatter l’électorat mais ne font pas l’avenir économique et social d’un pays. (Voir éditorial ci-joint)



Révolution fiscale
Toute la presse économique en parle, on instaure une «Flat Tax» à 15%...en République Tchèque ! Le gouvernement de centre-droit tchèque a présenté, il y a peu son programme de réformes économiques et sociales qui comporte notamment l’instauration d’un impôt à taux unique («flat tax») de 15% et une volonté de réduction des dépenses publiques.
Sont également prévus des changements dans le secteur de la santé publique et des retraites ainsi que de nouvelles suppressions d’emploi dans le secteur public. «Il nous faut arrêter l’actuelle expansion des dépenses. Sans ces réformes nous ne pourrions songer à l’adoption de l’euro en 2012» a souligné le Premier ministre Topolanek en affirmant que la République tchèque avait devant elle « les trois dernières années pour faire quelque chose avec les finances publiques».
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Pas de remède miracle !
Lue dans Le Monde, l’opinion de Raymond Soubie, Président du Conseil d’Orientation pour l’emploi et Jean-Baptiste de Foucauld, Président de Solidarités nouvelles face au chômage : Ils écrivent : « La question de l'emploi, de par sa nature propre, se prête mal aux débats électoraux et au souci des candidat (e) s de proposer des mesures simples, faciles à comprendre, et porteuses d'une apparente efficacité massive. Hélas, il n'y a pas de remède miracle au chômage ! Les mesures phares des uns ou des autres (heures supplémentaires sans charges sociales, deux nouveaux emplois sans charges pour tous, emplois aidés massifs, notamment pour les jeunes) ont toutes une certaine efficacité, des effets pervers importants et un résultat final ambivalent que chacun peut interpréter du bon ou du mauvais côté selon ses préférences politiques. Mais de là à régler le problème français du chômage, il y a un gouffre. »
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Courrier de campagne
A la confusion des programmes, à la confusion des idées, à la confusion des électeurs, nous rajouterons la confusion des lecteurs de la « Lettre des Libéraux » qui s’interrogent et font connaître leur choix
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Erreurs sur l’Allemagne
La composition gouvernementale à l’allemande préconisée par François Bayrou n’est pas tout à fait ce que nous décrit. Henrik Enderlein, Professeur d’Economie politique à Berlin écrit dans les Echos : «Cette comparaison laisse perplexe. Aujourd'hui, les deux tiers des Allemands ne sont pas satisfaits du travail du gouvernement. (…) Le gouvernement allemand ne représente pas un «gouvernement d'union», tel qu'il semble être préconisé par M. Bayrou. Son origine est conflictuelle : l'image du mariage forcé serait plus appropriée. (…) Au niveau national, la grande coalition reste une anomalie. Les clivages entre la gauche et la droite sur les grands chantiers sont irréductibles. A titre d'exemple, la réforme nécessaire de l'assurance-maladie, projet phare du gouvernement Merkel, vient d'échouer. Ce type de ratage est typique d'une grande coalition à l'allemande. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, celle-ci a tendance à empêcher les «bons compromis» - si fortement ancrés dans la vision française de la politique allemande - à cause de son caractère provisoire et institutionnellement conflictuel. Les deux partis cherchent constamment des options pour quitter le pacte. La grande coalition, c'est la continuation de la politique partisane par d'autres moyens.»
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Feu l'ISF suédois
«Pourquoi la Suède supprime-t-elle l’ISF ? Parce qu’il ne rapporte pas grand-chose (un demi-milliard d’euros) et fait fuir les capitaux à l’étranger. Chaque année, entre 3 et 4 milliards d’euros trouveraient refuge en dehors du Royaume et les Suédois détiendraient entre 50 et 90 milliards d’euros dans des banques étrangères. Il décourage les talents et les incite à l’exil. Enfin, constatent les Suédois, cet impôt est devenu une bizarrerie en Europe. Seuls quelques pays le pratiquent encore comme la France, l’Espagne, le Luxembourg et la Suisse, ces deux derniers ayant par ailleurs su attirer les capitaux étrangers plutôt que de les faire fuir… » David Victoroff, Valeurs Actuelles.
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Feu l'intellectuel de gauche
Lu dans Valeurs Actuelles : «Feu l’intellectuel de gauche» de Chantal Delsol. «La faiblesse politique de la gauche, sa difficulté à se refonder depuis la chute du mur de Berlin correspondent à la fuite massive de ses intellectuels. (… ) Probablement la gauche française était-elle trop liée au “socialisme réel” pour survivre après sa disparition. Il lui faudra retrouver le chemin du socialisme irréel, le seul qui fonctionne. En attendant, elle a perdu sa base arrière, à savoir ses intellectuels. Elle ressemble à ces canards décapités qui continuent malgré tout leur course, pour quelques instants…»
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Trahison
Dominique de Villepin pourra mettre à son bilan la fondation de la toute nouvelle Ecole d’Economie de Paris, généreusement subventionnée par le gouvernement. On pourra noter, comme le fait Yves de Kerdrel dans le Figaro que l’on retrouve les signatures des principaux piliers de cette nouvelle école - Daniel Cohen, Philippe Askenazy, Thomas Piketty - à la fin d’un appel des économistes à voter Ségolène Royal. «Sur le fond, cet appel de professeurs pour une candidate dont le programme évolue chaque jour pourrait passer pour un non-événement, s'il ne provenait pas justement de professeurs d'économie. C'est-à-dire de ceux qui sont en principe les mieux à même de faire la part des choses entre le rationnel et l'émotionnel. Or, dans leur texte, on a du mal à trouver quelque chose de rationnel. Rien pour expliquer comment la France va pouvoir obtenir le point de croissance qui lui manque. Rien pour justifier comment la candidate socialiste va pouvoir réduire la précarité. Rien pour détailler comment créer un climat plus amical en faveur de l'entreprise.»
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Concurrence
Lu dans le Nouvel Economiste, l’article de Jean-Michel Lamy sur la concurrence. Il y constate «le silence étonnant des trois «grands» candidats à l’Elysée sur le rôle de la concurrence dans la vie économique et sur son impact dans la réalisation des… programmes ? (…) Au plan domestique aussi les inhibitions sur l’aiguillon de la concurrence ont également un prix. Notamment, celui de se priver de la méthode concurrentielle pour faire avancer les réformes. Dans “Objectif croissance 2007”, l’OCDE rappelle que “l’intensité de la concurrence” est nécessaire à la diffusion de l’innovation et à la montée en ligne des investissements dans les technologies de l’information.»
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Lettre aux candidats
Reprochant aux candidats à la présidentielle d’ «inciter à l’embauche» au moyen de divers subventions ou allègements de charges, Yves de Kerdrel dans une amusante «Lettre d’un patron à Ségolène et François » publiée dans le Figaro, note : «Savent-ils qu'un entrepreneur embauche non pas à cause d'une aide X ou Y, mais parce qu'il a besoin de bras pour fournir une demande ? J'ai lu un jour dans Le Figaro qu'au cours des trente dernières années il y avait eu au total près d'une quarantaine de plans-emploi. Tous bâtis de la même manière, avec des allégements de charges, ou des tas de subventions. Mais il me semble étonnant qu'un beau jour personne ne se soit dit : « Stop ! Arrêtons de distribuer de l'argent public. Faisons simplement en sorte que les entreprises puissent se développer, pour qu'elles créent spontanément du travail.»
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Quand la France s’éveillera !
Dans le mensuel Capital, un correspondant à Paris du journal chinois Le Quotidien de l’économie s’étonne : «Ce qui me frappe, c’est que les candidats ne parlent pas vraiment de réduire l’intervention de l’Etat dans votre économie. Je sais bien que c’est chez vous une tradition séculaire et qu’il ne sera pas facile d’y renoncer, mais ce n’est pas vraiment le meilleur modèle pour le capitalisme moderne. J’ai suivi l’affaire Airbus, dans laquelle l’intervention de l’Etat complique tout. Drôle de façon de diriger une entreprise…».



Socialisme et gaullisme
Lue dans la Tribune, cette phrase tirée du baromètre de l’Institut Limelight qui a interrogé une vingtaine de grands dirigeants français. «Les présidents (ndlr des grands groupes) restent cette année encore très sévères vis-à-vis des politiques français de tous bords, qu’ils accusent de perpétuer un antilibéralisme nuisible, hérité du socialisme comme du gaullisme.»



Populistes contre économistes
Dans sa dernière chronique du Monde : «Les économistes face au populisme», Eric le Boucher jauge les propositions économiques des candidats : «Les hommes et les femmes qui se présentent à nos suffrages connaissent très mal le monde économique réel et ils minimisent l’incroyable ampleur des défis qui sont posés au pays par la mondialisation, l’accélération technologique et le vieillissement. La tournure franco-française prise par la campagne présidentielle et le récent tournant sur l’ «identité nationale» prouvent que leur esprit et leurs propositions ne sont placés ni sur les bons sujets, ni au bon niveau. Au mieux, ils promettent de panser les plaies sociales des changements économiques mais sans s’attaquer aux causes, sauf de façon incantatoire.»
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La présidentielle de Wall Street
Le Wall Street Journal note l’évolution du candidat Sarkozy dont la rhétorique embrasse le Gaullisme traditionnel et l’idéologie de l’Etat. Ses discours de campagne sont devenus des diatribes contre le capitalisme et le libre-échange mondial et ses incessants appels à l’interventionnisme rendent malade pour la France si il atteint le stade ultime. Le 6 mars dernier à Cormeilles, dans la banlieue de Paris, il a cité le mot «Etat» plus de 70 fois et le verbe «protéger» plus de 40 fois.
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Social et libéral
Les libéraux en parlent et le veulent depuis longtemps. Dans une interview aux Echos, Martin Hirsch, Président d’Emmaüs France et directeur général de l’Agence Nouvelle des solidarités actives, revient sur sa proposition de Revenu de Solidarité Active qui «permettrait de cumuler durablement revenu d’activité et revenu de la solidarité avec la garantie que toute heure supplémentaire travaillée procure un gain de revenu». C’est là une proposition fort proche de l’idée du Revenu Familial Garanti, sorte d’ «impôt négatif» défendu depuis longtemps par les libéraux. (voir "Instituer un revenu familial" ) Comme quoi, on peut être libéral ET social.




Demain, le verdict libéral !
Dans la Nouvelle Lettre, notre ami Jacques Garello tranche dans le débat présidentiel : «Les candidats ont tous des propositions libérales isolées au sein de programmes plus ou moins étatistes. De fait, il n'y a aucun candidat qui exprime de vision libérale de la vie en société. Nicolas Sarkozy est plus libéral que François Bayrou sur le thème de l'Education Nationale. François Bayrou est plus libéral que Nicolas Sarkozy sur le thème des institutions. Philippe de Villiers est plus libéral que Nicolas Sarkozy sur le thème du droit opposable au logement. Nicolas Sarkozy est plus libéral que François Bayrou sur le thème du syndicalisme. Et pour le clin d'oeil, Olivier Besancenot est plus libéral que Nicolas Sarkozy, François Bayrou ou Philippe de Villiers lorsqu'il dénonce les subventions que touchent les grandes entreprises !»
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Assurances sociales
Dans les Echos, notre ami Jacques Bichot dans un article: «Baisser fortement les prélèvements obligatoires ?» nous propose de considérer autrement les prélèvements obligatoires. «Nos hommes politiques scrutent le taux de prélèvements obligatoires. Ils ne savent pas comment le faire baisser. Faute d’idées, certains entonnent la rengaine «ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite» : c’est le «demain, on rasera gratis» de la droite. Pourtant, la solution est sous leur nez. Pour la voir, il suffirait de prendre conscience des erreurs de gouvernance qui ont amené à financer par un prélèvement fiscal ou quasi fiscal des services qui pourraient tout bonnement être payés par ceux qui en bénéficient.(…) Il suffirait de réformer notre système de protection sociale en séparant nettement ce qui relève de la main tendue aux personnes en difficulté, à financer par l’impôt, et ce qui est une production de services d’assurance ou de report de revenu d’une période à l’autre de l’existence, dont la nature est d’être vendus. (…) Redonnons du sens à l’expression «assurances sociales», sortons de l’ornière du «tout redistribution» où nous nous enlisons.»
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Un service public de la dépendance ?
Dans une interview au Echos, Gérard de la Martinière, Président de la Fédération Française des Sociétés d’Assurance s’oppose clairement à l’éventuelle création d’une 5e branche de la Sécurité Sociale : «La dépendance est un risque nouveau, encore peu balisé. C’est un risque de long terme en forte croissance puisque le nombre de personnes dépendantes pourrait être multiplié par deux d’ici à trente ans. Nous sommes effectivement partis en croisade contre cette cinquième branche car nous pensons que la puissance publique ne doit couvrir la dépendance que pour les personnes qui n’ont pas les moyens de prendre ce risque en charge. Dans le cas contraire, vous risquez de créer un nouveau droit, qui créera automatiquement une source de déficit énorme.»



Court terme
Dans un débat organisé par Les Echos face à Michel Sapin , Hervé Novelli précise la proposition de Nicolas Sarkozy : «L’exonération des heures supplémentaires ne constitue qu’une solution de court terme. A moyen terme, il faudra négocier un assouplissement des contrats de travail.»
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Les propositions économique de Bayrou et Sarkozy
vues par Alain Madelin sur Le Monde.fr

«Les candidats, chacun avec une touche personnelle, ont une musique entrepreneuriale plutôt sympathique. Les choses se gâtent quand on écoute les paroles. Car je vois des mesures que l’on peut discuter mais je ne vois pas de politique cohérente articulée. L'objectif-clé pour ce pays, c'est de retrouver le chemin d'une croissance de 3 à 4 %, qui est la seule solution à nos problèmes : l'emploi, le pouvoir d'achat, la sauvegarde du modèle français de protection sociale, le financement de dépenses nouvelles, le vieillissement, la santé... Les candidats se résignent à une croissance de 2 ou 2,5 %, qui n'est pas à la hauteur de la politique de notre pays.»
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Alstom : quand les banques font payer les contribuables
Mario Monti
, l’ancien commissaire européen à la concurrence raconte dans le Figaro, l’affaire Alstom. A commencer par le «chantage» du gouvernement français sur la Commission : «Si la Commission refusait la recapitalisation, les banques créditrices auraient quitté Alstom, nous disait-on. La Commission se serait rendue responsable de dizaines de milliers de chômeurs. Notre évaluation nous portait plutôt à penser que c’étaient les banques qui faisaient pression sur le gouvernement français, afin qu’il se décide à extraire les banques d’une passe problématique en adossant le coût sur les contribuables français.»
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Le Nord vire au bleu
Lu dans les Echos, «Les amis de Ségolène Royal ne font plus recette en Europe du Nord» de Stéphane Dupont. Il y analyse les derniers résultats électoraux en Suède et en Finlande où les sociaux démocrates viennent de «subir deux revers électoraux retentissants.» «Une chose semble sûre», écrit-il, «les sociaux-démocrates nordiques n’ont pu se renouveler et remettre au goût du jour le fameux Etat-Providence qui a longtemps fait leur succès. Et l’électorat le leur a fait payer. Les dérives de certains programmes sociaux trop généreux, la persistance d’un important chômage déguisé, la défense de monopoles publics parfois obsolètes ou le maintien des prélèvements obligatoires à un niveau record ont fini par irriter. L’assistanat n’a pas la cote dans les pays d’Europe du Nord, où la morale et l’égalitarisme demeurent des valeurs centrales. Le Conservatisme, aussi tempéré soit-il n’y est plus trop de saison, alors que l’ensemble du tissu économique se transforme de manière accélérée pour répondre aux défis de la mondialisation.»
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Le diagnostic de Francis Mer
A l’occasion de la sortie de son livre «Vous, les candidats…», l’ancien ministre diagnostique dans le Figaro : «En Allemagne, l’appareil de production a décidé de jouer le marché monde. Et d’importer massivement ce qu’il peut acheter moins cher pour l’introduire dans la valeur ajoutée allemande, afin d’exporter aux quatre coins du monde avec une compétitivité supérieure. Cela a été fait de manière systématique et remarquable.»
«Nous aussi, nous devons nous dire que nous pouvons jouer ce jeu de la mondialisation. Nous n’atteindrons pas le niveau de l’Allemagne. En dix ans, nous avons, comme elle, multiplié par 4 notre commerce avec la Chine, mais l’Allemagne partait de 5 milliards de dollars pour arriver à 20 et nous de 1 pour arriver à 4. Pour courir le marathon planétaire, la France doit comprendre que la mondialisation est un fait. Redonner confiance en affichant un cap et en expliquant comment chaque Français y trouvera son avenir, voilà la mission du président ! (…) Les entreprises du CAC 40 sont depuis longtemps dans cet esprit-là, mais les autres doivent aussi y venir. C’est pour cela que la qualité de l’éducation est si importante pour nos entreprises. Aujourd’hui, elles n’ont pas les compétences nécessaires pour avoir l’envie et les moyens de saisir les opportunités que leur offre le monde. Le risque n’est pas non plus suffisamment récompensé en France, où la réussite n’est pas appréciée à sa juste valeur.»
«Le drame actuel, qui n’est pas propre à la France, mais est assez général dans le monde capitaliste, est qu’il n’y a pas suffisamment de projets et d’entrepreneurs. Les grands groupes pensent qu’en prenant des risques, ils feront baisser leur rentabilité. Il faut donc relancer la machine à entreprendre pour que les entreprises fassent autre chose que toujours la même chose, mais ailleurs en moins cher. Cela suppose la création d’un climat de confiance avec la population dans un jeu gagnant-gagnant.»
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Révolution ?
Vu dans Les Echos, l’article de Paul Fabra sur les propositions du Medef (voir la lettre du 23 mars). «Depuis que le candidat de l'UMP a édulcoré les réformes d'ordre économique et social qu'il préconisait naguère, les chefs d'entreprise se trouvent en manque d'un programme de rupture. Le Medef a fait ce qu'il a pu en début de cette semaine pour battre le rappel de ce qu'il nomme une «révolution copernicienne». Proposant un objectif ambitieux de croissance (4 % par an pour le prochain quinquennat) «correspondant au potentiel de l'économie française», l'organisation patronale demande au prochain gouvernement qu'il abandonne la politique «suivie depuis des décennies» de stimulation de la demande pour passer résolument à une «politique de l'offre».
Mise à la mode par les économistes qui entouraient le président Reagan, cette expression vaut reconnaissance d'une relation de causalité évidente et pourtant souvent méconnue : c'est de la production que procède l'échange, c'est-à-dire l'économie de marché et son incomparable dynamique. Le premier gouvernement de cohabitation, celui que présida Jacques Chirac entre mars 1986 et juin 1988, avait songé à se mettre à la nouvelle école...»
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Nos élections vues d’ailleurs
Relevé dans Courrier International, "tout le mal" que la presse internationale pense de nos candidats:



SEGOLENE ROYAL
«Si elle est élue, Mme Royal appliquera les vieilles recettes socialistes. On connaît la chanson : impôts massifs, secteur public pléthorique, dirigisme, absence totale de réformes économiques dignes de ce nom, avec pour corollaires chômage, croissance molle et agitation sociale sporadique.»The Daily Telegraph, Londres.
«L’Union Européenne devrait imposer aux Etats membres des taux mimimum pour l’impôt sur le bénéfice des sociétés. Là encore, il s’agit d’une offensive en solitaire. Jusqu’à présent, on envisageait plutôt d’harmoniser les critères de calcul de cet impôt. Avec ses idées. Royal risque de paralyser durablement la machine européenne.»Handselblatt, Düsseldorff.
«Malgré des apparences de nouveauté, la candidate socialiste a derrière elle une longue carrière politique dans la plus pure tradition française. Elle a fait l’ENA, le centre de formation des mandarins français. En clair, si Ségolène Royal remporte l’Elysée, elle engagera certes une rénovation, mais dans le cadre bien établi du mandarinat» El Païs, Madrid.

FRANÇOIS BAYROU
«L’engouement pour Bayrou est une nouvelle façon d’échapper au changement et non d’y faire face. (…) M. Bayrou avance une ou deux idées plutôt sensées à propos de la dette et du poids des charges sociales, responsables de l’asphyxie du marché de l’emploi. Mais il a également des conceptions antédiluviennes et corporatistes sur l’agriculture ou l’éducation.» The Independant, Londres.
«Son programme relève d’une curieuse conception politique que les analystes français ont baptisée «ninisme» et qui est censée n’être ni le socialisme ni le libéralisme.» ABC, Madrid.
«Certaines de ses propositions ne sont pas dénuées de populisme : puisque la mondialisation fait figure d’épouvantail pour les Français, François Bayrou a rejoint ceux qui accusent la Chine de sous-évaluer sa monnaie. Il affirme que le Yuan est «sous-évalué de 400%» et souhaite qu’on fasse pression sur Pékin. Pense-t-il que la Chine va séance tenante réévaluer sa monnaie pour que les produits européens redeviennent compétitifs» The Economist, Londres.

NICOLAS SARKOZY
«Sarkozy peut dire tout et son contraire sans que personne ou presque ne s’en émeuve. Un exemple : dans la seule émission de TF1 du 5 février, il assène que la moitié des salariés français gagnent le SMIC ; vérification faite, ils sont 17%. Il parle du baril de pétrole qui aurait atteint 90 dollars alors qu’en réalité il n’a jamais dépassé les 78 dollars ; puis, emballé par sa démonstration, il évoque ces temps affreux où l’inflation, en France était à 24%. Depuis que les statistiques existent, le pic le plus élevé indique 14%.» Le Journal du Mardi, Bruxelles.
«Malgré un amour de l’efficacité qui flirte souvent avec le populisme. Sarkozy ne propose pas aux Français un voyage vers l’inconnu, mais un retour à la pureté de l’idéal. L’homme n’est pas un réformateur mais un « régénérationniste » à l’espagnole» El Païs, Madrid.
«Sarkozy est assoiffé de pouvoir. Son agitation musclée, la hargne qui s’affiche à l’occasion sur son visage, malgré ses efforts pour soigner son image, révèle un tout autre aspect du personnage qui effraie de nombreux électeurs.»The Observer, Londres.
«Sarkozy ne dit pas comment il compte financer l’ensemble de son programme économique. Je suis surpris que les médias français ne l’épinglent pas sur ce sujet. Pour réduire les dépenses, il propose de ne pas remplacer un départ à la retraite d’un fonctionnaire sur deux. Une mesure qui, dit-il devrait permettre de récupérer 5 milliards d’euros. Ce ne sera pas suffisant. (…) La façon que Sarkozy a de dénigrer la BCE à mots couverts montre que les élites politiques du pays manquent de lucidité sur l’autonomie économique. Si j’aime ce que Sarkozy a à dire sur le travail et le gouvernement d’entreprise, le programme économique qu’il présente n’est pas bon.» Financial Times, Londres.



L'Europe des libertés
Dans son éditorial de «La Nouvelle lettre», notre ami Jacques Garello célèbre à sa façon le 50eme anniversaire de la naissance des institutions européennes. «Imaginer une «forteresse Europe» protégée contre le Tsunami de la mondialisation est doublement illusoire : il n’y a ni forteresse ni tsunami.(…) L’Europe va opter pour devenir un espace de liberté et de créativité au lieu de s’engager dans la construction d’un « pôle politique» capable de tenir la dragée haute aux Américains.» Et de conclure: «L’Europe des Européens devrait être prioritaire par rapport à l’Europe des Etats. Ce dont les Européens ont besoin, c’est d’être libérés de leurs Etats, avec le cortège d’impôts, de bureaucratie, de réglementation. C’est de pouvoir circuler, entreprendre, travailler et échanger librement sans autre contrainte que la confiance mutuelle et le droit commun.»
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L'Europe, une construction libérale par nature
Dans le cadre du débat proposé par le Figaro, David Spector écrit : «Le lien entre la construction européenne et la libéralisation de l'économie française ne date pas d'un hypothétique tournant néolibéral ; il était, au contraire, inscrit dès les origines.» «A partir des années 1990. Les gouvernements ont alors pris l'habitude de justifier par l'Europe des politiques qu'ils auraient conduites de toute façon, avec ou sans Europe. Ils se sont dispensés de poser publiquement le problème de la dette, puisque le critère des 3 % inscrit dans le traité de Maastricht leur permettait de présenter la réduction des déficits comme une obligation résultant d'un traité international. De même, les gouvernements ont pu s'abriter hypocritement derrière la Commission de Bruxelles pour limiter l'octroi d'aides aux entreprises sans assumer politiquement ce choix parfaitement défendable, ou arguer comme à regret de directives européennes qu'ils avaient pourtant votées.(…) La nature même des réformes aujourd'hui nécessaires interdit de continuer à contourner les débats démocratiques par l'invocation de l'Europe.»
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Enfin un vrai programme économique !
Lors d’une conférence de presse, Laurence Parisot, Présidente du MEDEF, a présente cette semaine ce qu’elle appelle «La nouvelle offre France». Sous ce slogan ambitieux un véritable programme économique…enfin !!!
«A partir de 3% de croissance, on commence à résoudre structurellement nos problèmes de finances publiques et de chômage, à 4% on revient en excédent budgétaire et au plein-emploi. Et on peut préserver notre modèle social.» Il nous faut «inverser les priorités qui depuis 30 ans ont fait de la demande le seul levier de l’action économique» a lancé Laurence Parisot en proposant : «une révolution copernicienne stimulant simultanément l’investissement, l’innovation, la croissance, le travail et l’export.»
Ce que le Medef propose

Cinq prix Nobel d’économie jugent la France.
Nos lecteurs savent combien nous regrettons l’absence dans la campagne présidentielle d’une politique cohérente tournée vers la croissance (voir «Le fantôme de la croissance» et «La croissance oubliée»). Ils savent aussi que, pour nous les trois piliers d’une forte politique de croissance sont la diminution de la pression fiscale, l’élargissement de la part des activités marchandes, la libération du marché du travail. Les cinq prix Nobel consultés par les Echos pour «L’Audit de la France» ne disent pas autre chose.
Edmund Phelps (Nobel 2006) : «Les gouvernements ne peuvent pas conduire le changement. Mais ils peuvent améliorer les conditions de fonctionnement de l’économie et encourager l’esprit d’entreprise.» «La France connaît un ralentissement depuis vingt ans et depuis 2001, l’écart se creuse. Je pense que la solution est à trouver dans les forces du marché.»
Robert Solow (Nobel 1987) : «Je ne pense pas que le partage du travail soit une bonne idée (...) Il eût mieux valu que le gouvernement agisse de façon positive en ayant par exemple une politique fiscale plus expansionniste.» «Dans la mondialisation, la France a sans doute plus à gagner qu’à perdre»
Gary Becker (Nobel 1992) : «En valeur absolue, le taux de croissance de la France n’est pas assez élevé. Le pays ne s’est pas suffisamment réformé.» «Le marché du travail n’est pas assez flexible.» «La politique économique française suit de nombreuses fausses pistes : le patriotisme économique, le recours aux subventions en sont des exemples»
Edward Prescott (Nobel 2004) : «L’économie française est en bonne santé. Elle pourrait même être en meilleure santé que l’économie américaine si elle réduisait la forte pression fiscale.» «Si la France ramenait ses taux d’imposition au niveau américain, le produit des impôts serait du même ordre aujourd’hui, car après une période de transition, la production serait de 40% plus élevée !»
Paul Samuelson (Nobel 1970) : «Il me semble que les Français devraient aujourd’hui tolérer la remise en question de certains privilèges et accepter que leur société soit davantage inégalitaire.» «Dans le monde actuel, les capitaux et les connaissances circulent librement vers les systèmes les plus efficaces, même s’ils sont plus injustes et plus brutaux..» «La France a besoin de rencontrer son Ronald Reagan, ou plutôt son Tony Blair.»




Les doutes d’un libéral
Dans son éditorial de la Nouvelle Lettre, notre ami Jacques Garello réagit au discours de Cormeilles-en-Parisis de Nicolas Sarkozy et s’interroge : «En trois mois Nicolas Sarkozy aurait-il fait le chemin intellectuel que Chirac a mis 15 ans à parcourir depuis le libéralisme échevelé en 1984 jusqu’à l’altermondialisme en 2007? Si ses maîtres à penser sont réellement Henri Guaino, Nicolas Hulot, il s’attirera peut-être les voix des étatistes impénitents, des protectionnistes et des souverainistes (et c’est vrai qu’il y en a dans ce pays), mais il aura du mal à attirer les quelques centaines de milliers de voix libérales.»
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TVA sociale = dévaluation
La TVA sociale est une fausse bonne idée. Elle comporte de multiples effets pervers (voir notre dossier). Son effet économique réel n’est pas celui d’une taxe sur les produits importés comme le croient ses défenseurs car la TVA n’est pas un impôt sur la consommation mais un impôt sur les facteurs de production (la valeur ajoutée) payé lors de la consommation. D’ailleurs ce n’est pas le produit importé qui paie la taxe mais bien le consommateur de ces produits.
L’effet économique d’une augmentation de la TVA, comme l’avait noté Maurice Lauré –le père de notre TVA- lors de son instauration s’apparente une dévaluation.
Eric Heyer, directeur adjoint de l’OFCE, a très intelligemment développé cet argument dans une tribune des Echos :
«Le report des cotisations sociales sur la TVA revient à transférer du pouvoir d'achat des consommateurs vers les exportateurs. Une telle TVA «sociale» ressemble beaucoup à une dévaluation»
Normalement, une telle manipulation fiscale s’ajusterait plus ou moins rapidement par une dépréciation monétaire. Mais, comme nous sommes passés à l’euro, le gain de compétitivité n’existe, comme le note Eric Heyer, que «si les salariés subissent des pertes de pouvoir d’achat», et il se fait essentiellement au détriment de nos voisins européens.
«Si les pays voisins font de même, le pays initiateur voit alors son gain initial consommé par les politiques similaires en cascade de ses voisins.» Eric Heyer conclut : «Pour la zone euro, une fois les pays de l'Union monétaire égalisés en matière de compétitivité, l'ensemble des mesures revient à un gain de compétitivité vis-à-vis du reste du monde. Voilà un mécanisme bien complexe pour produire un résultat proche d'une dépréciation de l'euro, que la politique monétaire pourrait provoquer plus facilement ».

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Manque d’ambition pour la croissance
La présidente du MEDEF, Laurence Parisot a déploré le 13 mars dernier dans une conférence de presse le manque d’ambition en matière de croissance des candidats à la présidentielle : «Jamais, on ne voit la cohérence des politiques économiques se dessiner pour atteindre des objectifs ambitieux de croissance. Et quand je vois Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal se fixer des seuils de 2% ou de 2,5%, je dis : 'quel manque d’ambition'!»



L’euro et la croissance selon l’OCDE
«L’Hexagone a un profil de croissance qui reste en-deça de ce qu’on peut espérer» estime Jean-Philippe Cotis, l’économiste en chef de l’OCDE. La croissance devrait se situer à un niveau «plus modeste» de 2% au premier semestre en glissement annuel. Mais, selon Jean-Philippe Cotis, si la France fait face à «d’importants problèmes de compétitivité», ceux-ci ne sont pas liés à la monnaie unique européenne. Voilà qui répond aux critiques de l’euro fort développées par Ségolène Royal ou à celles de Nicolas Sarkozy, (voir Ségo, Sarko ...euro) ce dernier venant encore d’affirmer : «L’Europe doit protéger, et pour cela je proposerai à nos partenaires, si je suis élu, que la politique de surévaluation de l’euro, qui est en train d’accentuer tous les problèmes d’Airbus et d’accélérer la désindustrialisation de l’Europe soit abandonnée».



Une CSG familiale ?
Michel Godet
propose dans le Figaro : «Un bonus pour le calcul de la CSG qui tiendrait compte du nombre d’enfants.»
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L’euro et la croissance selon l’OCDE
«L’Hexagone a un profil de croissance qui reste en-deça de ce qu’on peut espérer» estime Jean-Philippe Cotis, l’économiste en chef de l’OCDE. La croissance devrait se situer à un niveau «plus modeste» de 2% au premier semestre en glissement annuel. Mais, selon Jean-Philippe Cotis, si la France fait face à «d’importants problèmes de compétitivité», ceux-ci ne sont pas liés à la monnaie unique européenne. Voilà qui répond aux critiques de l’euro fort développées par Ségolène Royal ou à celles de Nicolas Sarkozy, (voir Ségo, Sarko ...euro) ce dernier venant encore d’affirmer : «L’Europe doit protéger, et pour cela je proposerai à nos partenaires, si je suis élu, que la politique de surévaluation de l’euro, qui est en train d’accentuer tous les problèmes d’Airbus et d’accélérer la désindustrialisation de l’Europe soit abandonnée».


Privatiser EADS
A l'évidence la maladie qui frappe la gestion d’EADS s’appelle l’Etat (et même les Etats français et allemand). Pourtant, alors que l’Etat est le problème, les principaux candidats à l’élection présidentielle veulent en faire une solution. Ils rivalisent dans les propositions pour renflouer EADS avec de l’argent public (que ce soit celui de l’Etat ou des régions) en faisant croire bien entendu aux salariés qu’une telle intervention publique permettrait de limiter les restructurations industrielles nécessaires ! Faire d’EADS une entreprise comme les autres faisant appel au marché sur un vrai projet industriel, EADS est une belle entreprise dont les carnets de commande sont pleins), avec de vrais actionnaires -en bref privatiser EADS- n’est venue à l’idée de personne.
Jean-Pierre Chevallier sur son blog de l’Institut Turgot commente : «L’échec d’EADS est celui de la troisième voie antilibérale antiaméricaine, du capitalisme rhénan et de cette monarchie républicaine française basée sur une cour d’incompétents intouchables qui aura coulé une grande partie du secteur de l’aéronautique européenne qui était pourtant performant et compétitif. Aux Etats-Unis, tous ces responsables auraient été condamnés à de lourdes peines de prison (24 ans pour l’un des anciens dirigeants d’Enron). Les victimes du crash d’Airbus ne devraient pas demander à ceux qui en sont la cause (les hommes politiques et les syndicalistes) de leur venir en aide. Une fois de plus, une rupture s’impose après plus de 25 ans de dérives socialisantes. EADS devrait devenir une entreprise normale, dirigée par ses actionnaires privés comme Boeing, sans intervention d’Etats ni de syndicats.»



Détaxer le travail (suite)
A la suite de notre édito «Détaxer le travail» nous avons relevé dans le commentaire d’un lecteur une idée intéressante : « Le déséquilibre actuel entre employeurs et salariés, avec un rapport de forces en faveur de l’employeur, et la nécessité, de réduire les coûts, aboutit dans certaines entreprises à des abus de pouvoir, à une pression stressante sur les salariés et au développement en fréquence et en gravité de pathologies liées à ces pressions, parfois aggravées sous la forme d’un harcèlement pour éliminer le salarié qui ne peut pas suivre. Elles peuvent être dépistées de l’extérieur de l’entreprise par la constatation d’un absentéisme plus fréquent et plus durable. L’inscription de ces affections dans le cadre des maladies professionnelles augmenterait la part assurance accidents et maladies professionnelles des entreprises concernées, les amenant à revoir leurs méthodes de gestion du personnel.»



Signatures : ne pas oublier le candidat libéral
Un de nos lecteurs ex-membre de DL ayant rejoint l’UMP et soutien de Nicolas Sarkozy se dit «révolté par le fait que les antilibéraux, de Besancenot Le Pen, en passant par Bové et Mme Buffet aient la possibilité de disposer d’un temps de parole pour fustiger le libéralisme et le capitalisme sans que personne ne leur apporte la contradiction.( ...) Bien que je ne sois pas d’accord avec la candidature du Président d’Alternative Libérale, Edouard Fillias, je pense qu’il serait injuste que l’UMP aide Le Pen ou Besancenot à obtenir leurs parrainages et qu’elle ne fasse rien pour Fillias.»

SBA à la française ?
Pour les ministres en charge des PME ou les candidats aux présidentielles en mal de programme, la Small Business Administration (S.B.A) créée il y a plus de cinquante ans aux Etats-Unis reste une précieuse source d’inspiration. Il est vrai que le mot «administration» marié à la libre entreprise a de quoi séduire notre tempérament national. Au risque de chagriner les candidats qui viennent de découvrir cette idée neuve, la S.B.A est le vestige d’une époque révolue et un exemple guère transposable en France. La S.B.A est liée à un programme de développement du capital-risque que les Américains ont arrêté en novembre 2004, car aujourd’hui capital-risque et capital-investissement sont devenus une véritable industrie financière (le chaînon manquant en France est celui du statut fiscal des business-angels). L’autre grande politique menée par la S.B.A, celle que François Bayrou voudrait importer en France avec « un S.B.A à la française », c’est un accès réservé aux marchés publics de 30% (il est de 23% aux USA). La proposition à de quoi séduire. Elle se heurte cependant aux chiffres publiés par l’Observatoire économique de l’achat public installé par Thierry Breton, qui montre que sur la totalité des commandes issues du secteur public, les PME récoltent 49% des montants 73% des marchés attribués). Et si l’on exclut les PME filiales de grands groupes, elles récoltent 36% des montants (64% des marchés). On ne peut pas tout savoir… Beaucoup de bruit pour rien !



Les «nègres» dans la campagne
Relevée dans le Figaro, la chronique de Stéphane Denis : «Ce n’est plus une campagne, c’est un panier percé. Même les nègres s’expriment. (…) Le nègre 2007, si j’en crois celui de l’UMP, qui n’a su résister ni au portrait ni à l’interview n’est plus un nègre. D’abord il récuse le mot, il méprise la plume dont je lui accorde qu’elle fait un peu vieillot. Il se veut conseiller. Il complète, il concepte, il élabore de la pensée en la traitant d’égal à égal avec le candidat. Avoir des idées serait insuffisant : sa présence est un gage. Commentant son œuvre, il se cite, s’analyse, se pèse, veille à la concurrence et proteste quand un coucou s’introduit dans sa chose ; on sent l’auteur. C’est la première élection où les candidats ne font même pas semblant de savoir lire et écrire.»




Un libéral pessimiste
Dans «Volatilité électorale», notre ami Jacques Garello explique son pessimisme : «Comment s’y retrouver dans un tel brouillard électoral ? Faute d’un programme complet et cohérent, inscrit dans un projet de société original, les électeurs risquent d’émettre une fois de plus un vote négatif, ou un vote passionnel ou pas de vote du tout.»
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Droits de succesion
Dans la Tribune, Pascal Salin dénonce, au nom de l’éthique, les droits de succession. «Comment, en effet, justifier un prélèvement, qui reste élevé, sur un mort au seul motif qu’il a su se constituer ou entretenir dans sa vie passée un capital ? Cela remet en cause la légitimité de la propriété du capital et par conséquent la liberté du propriétaire de donner la destination qu’il souhaite à ce capital après sa mort.»
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Réforme de l'Etat : une méthode libérale
Dans «La fin des privilèges», les économistes Jacques Delpla et Charles Wyplosz, redécouvrent près de 30 ans après la présence de Margaret Thatcher (1979/1990) au 10, Downing Street, les recettes libérales pour réformer l’Etat. Les auteurs ne dénoncent pas seulement les avantages acquis devenus indus, qui empêchent la création d’emplois, ils donnent la méthode socialement juste et politiquement acceptable, pour sortir de cette situation : indemniser ceux qui bénéficient des rentes de situation que l’on veut éliminer. Une méthode que les libéraux ont développée depuis belle lurette.
Voir aussi "méthode pour réformer l'Etat" et notre dossier "réforme de l'Etat"



Leçon italienne
Relevé dans le Monde, «Du Chianti pour la croissance» d’Eric le Boucher. L’auteur y analyse la récente crise politique et compare les objectifs italiens aux propositions économiques de la présidentielle française. «Objectivement, l'Italie est plus mal en point que la France, mais les ressemblances sont grandes. Tout se résume dans notre similaire croissance chétive, l'Italie nous ayant rattrapés en 2006 avec 2 %.
Romano Prodi a lancé un vaste programme pour changer le visage de l'Italie en cinq ans. Rigueur budgétaire, mutation de l'administration, libéralisation, réformes des retraites, de la "sécu", développement de la recherche et de l'éducation, investissements massifs au Mezzogiorno, etc. Le chef du gouvernement a avancé avec difficultés à cause de la politique, mais il a avancé.
Que dit-il ? La croissance, la croissance, la croissance. L'Italie sera coulée, si elle ne parvient pas à redynamiser son économie. Au regard de nos prétendants nationaux qui ne parlent que de social et dont la stratégie économique est peu claire, le discours italien souligne l'avantage de se choisir un chef de gouvernement qui touche sa bille en économie.»

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15 idées simples pour ruiner la France
Précipitez-vous pour acheter ce petit livre pas cher (5€), tonique et agréable à lire dans lequel Sophie de Menthon, la très libérale présidente d’Ethic, donne 15 recettes pour ruiner la France.
Des recettes dans lesquelles les heureux lecteurs retrouveront, hélas, tout ou partie des programmes des principaux candidats. Avec en plus, sur chaque thème, des contre-propositions de bon sens.



Stratégie fiscale
Dans le Figaro, Philippe Marini, Sénateur de l’Oise, et rapporteur général du Budget analyse le discours de Ségolène Royal et particulièrement ses propositions fiscales : «Chez Ségolène Royal, comme dans les propositions qui lui ont été remises par ses experts, il y a une tendance persistante à plaider pour une exception française, alors que nos frontières sont ouvertes, que nous faisons partie, avec nos partenaires de l’Union européenne, d’un seul et même marché intérieur et que les assiettes fiscales sont de plus en plus délocalisables. Ce grave sujet, qui est, à mon avis, au centre de toute stratégie fiscale, est totalement ignoré.»
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Le carnaval des chiffres
Notre ami Jacques Garello s’élève à juste titre contre le débat sur le chiffrage des programmes des candidats qui occulte le débat sur les logiques économiques qui sous-tendent leur choix. «Les chiffres cachent les problèmes de la société française comme l’arbre cache la forêt. Prévoir tant de milliards pour l’école, ou pour les hôpitaux, ou pour le logement, c’est ignorer les vraies questions. C’est oublier que le système scolaire ne peut se réformer dans le cadre d’un service public éliminant toute liberté de choix des familles, toute autonomie de gestion, et toute concurrence entre établissements. Ce ne sont pas les milliards qui m’intéressent, mais la liberté scolaire: pourquoi ne pas en parler ? (...) Les chiffres sont un masque de carnaval. Passez beaux masques ! Comme disait Bastiat, il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. On ne voit pas que l’économie ne se nourrit pas de chiffres, mais de logique des comportements.»
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L'ennemi, c'est l'impôt
A lire dans Les Echos la tribune d’Hervé Novelli et de Luc Chatel : «Augmenter les impôts pour financer de nouvelles dépenses et surtout ne rien changer à nos modes de gestion. C'est la politique de la résignation ; c'est surtout la politique qui, ces trente dernières années, a échoué, qui n'a pas enrayé la montée du chômage ni réglé celle de l'exclusion, et encore moins permis de renouer avec une croissance forte et durable.»
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Sarkozy et la liberté du travail
Dans une interview accordée aux Echos, Nicolas Sarkozy revient sur sa proposition : «je veux poser la question du vote à bulletin secret dans les entreprises, les universités, les administrations au bout de huit jours de grève». Le quotidien faisant observer qu'«Alain Madelin et le PS dénoncent des risques d'inconstitutionnalité au nom du droit individuel à faire grève». Nicolas Sarkozy répond : «Ce risque est inexistant. Ce n'est pas parce que 90 % des salariés voteront pour la reprise du travail que les 10 % restants ne pourront pas continuer à faire grève. Ils ne pourront pas, en revanche, maintenir des piquets de grève.»
Plusieurs observations :
1/ D’abord Nicolas Sarkozy contredit Xavier Bertrand, son porte-parole, qui avait expliqué à la Tribune que ce référendum ne concernerait plus le privé et ne s’appliquerait que dans les entreprises publiques. A moins qu’il s’agisse d’une erreur de relecture sa proposition semble s’appliquer à nouveau au privé. Une nouvelle clarification s’impose.
2/ Le vote majoritaire des non-grévistes n’empêchera pas une minorité de faire grève dit Sakozy. Même si cela tombe sous le sens, cette précision est utile. Mais alors, à quoi servira le référendum (sauf dans certains cas à faire une pression morale utile sur certains syndicats) ? Surtout dans le service public où l’on propose par ailleurs un service minimum.
3/ Mais surtout, assure Sarkozy, un vote majoritaire contre la grève interdirait le «maintien des piquets de grève» Est-ce à dire qu’un vote majoritaire en faveur de la grève autoriserait les piquets de grève et donc interdirait légalement la liberté du travail qui constitue dans notre droit un principe fondamental? Rappelons qu’un piquet de grève constitue une entrave illicite à la liberté du travail, sanctionnable et sanctionnée par les tribunaux sous astreinte financière ou sous menace de recours à la force publique et qu’il est alors du devoir du préfet et du Ministre de l’Intérieur de rétablir -sauf considération d’ordre public exceptionnelle- la liberté du travail. En l’état actuel, la proposition de N.Sarkozy n’est pas un progrès mais une récession.
Lire l'interview


Ségolène Royal sous le signe
du cornouiller

Dans Libération du 14 février, lire la chronique politique d’Alain Duhamel : qui relève: «Le Royalisme s’installe entre le modèle scandinave, l’expérience britannique et la démocratie d’opinion.» ou encore : «François Mitterrand avait choisi comme emblême le chêne et l’olivier, Ségolène Royal pourrait adopter le cornouiller, cet arbuste, qui peut comme elle, fleurir tantôt en blanc tantôt en rouge.»
Lire la chronique




Mais si, il faut baisser les impôts
Dans la Tribune, Christian de Boissieu, Président du Conseil d’Analyse Economique (CAE) écrit : «La réforme fiscale est compatible avec la maîtrise des déficits et de la dette. Un peu partout dans le monde, elle consiste à réduire les taux moyens et marginaux d’imposition et à élargir les assiettes en supprimant un certain nombre de «niches» fiscales



Le bouc émissaire du profit
«La France est sans doute le seul pays développé où l’on peut voir réunis dans la même unanimité les hommes et les femmes politiques de tous les camps afin de dénoncer les mots «profit» ou «bénéfice».», écrit Yves de Kerdrel dans le Figaro, le 13 février 2007. «Curieusement, dans ce pays que l’on dit envoûté par les «déclinologues» et plongé dans la mélancolie, il n’y a pas un leader politique pour s’enthousiasmer de ces résultats, et de la vigueur des grands groupes.» Mais les profits se gagnent toujours à la force du poignet et les gaspillages se chassent euro après euro. Ce qui est fainéant, c’est l’Etat lorsqu’il peine à se réformer. Ce qui est rapace, ce sont les charges, notamment celles qui pèsent sur le travail. Ce qui est arrogant enfin, c’est le politique qui considère le profit comme un bouc émissaire idéal de manière à rallier les suffrages les plus divers.» conclut-il enfin.
Lire l'article



Droits opposables
Frédéric Rouvillois, Professeur agrégé de Droit public et la Fondation pour l’innovation politique dont nous n'avons pas toujours salué les travaux viennent de publier une étude fort intéressante «Faut-il s’opposer aux droits opposables ?»
Lire l'étude et l'article


Le MEDEF dans la campagne
Sans prendre position officiellement dans la campagne électorale, le Medef développe utilement à l’intention des candidats, un certain nombre de propositions.
Tous les candidats seraient bien avisés de lire et de s’inspirer de ces propositions. En dehors du livre «Besoin d’air !» nous pouvons les retrouver dans Le Figaro:«La priorité des priorités c’est la baisse du chômage» et «La France est-elle en train de s’appauvrir ?» ou encore dans Le Fig Mag «Liberté, prospérité, durabilité»

 



A gauche toute
On a bien aimé l’ironie d’ Alexis Brézet, dans son éditorial du Figaro, «La dame en rouge».
«Et dire qu’elle brandissait l’étendard de la politique moderne ! Et dire que, démocratie participative en bandoulière, elle se faisait gloire et vertu, de rompre avec les archaïsmes de la gauche d’avant …Moderne, vous avez dit moderne ? Mardi soir, pour son premier vrai meeting de campagne, Ségolène Royal a montré un tout autre visage…… Beau comme du Mitterrand ! La droite des privilèges, les conglomérats de la finance, les puissances de l’argent, le profit rapace et fainéant… »
Lire l'éditorial d'Alexis Brézet



Défaite du politique
"Très réussie de son point de vue, l'émission à laquelle Nicolas Sarkozy a participé est une défaite du journalisme…" affirme Stéphane Denis dans sa chronique du Figaro. D’accord avec lui ! Nous pourrions même ajouter que c’est aussi une défaite du politique. D’ailleurs Stéphane Denis note en ce sens que "aucune des questions que veut lui poser un électeur n'a plus de rapport avec ce que sont les responsabilités d'un président. Il s'agit simplement, pour l'un comme pour l'autre, de parler d'eux…. Aucun candidat ne devrait accepter de répondre à des questions comme celles dont Nicolas Sarkozy a brillamment triomphé l'autre soir. Mieux, tous les candidats devraient exiger que les chaînes les plus importantes, les plus écoutées, organisent des débats directs, fondés sur la confrontation des caractères et des idées, et des séances de questions-réponses avec des journalistes aguerris et informés."
Lire la chronique de Stéphane Denis


Le credo libéral de Nicolas Sarkozy
«Je suis libéral» affirme Nicolas Sarkozy dans le Figaro du 31/01/07, «mais je refuse la caricature du libéralisme. J’ai dit que le capitalisme doit respecter une éthique. Je ne transigerai pas là-dessus. Que les chefs d’entreprises aient des gros salaires, c’est normal car c’est la contrepartie d’un risque. Mais les «golden parachute» me choquent. Je crois que c’est le travail qui crée le travail. Je veux autoriser les gens à s’affranchir des 35 heures, à cumuler retraite et travail à temps partiel. Je veux que les patrimoines s’investissent en France, je veux qu’on développe le capitalisme familial, par exemple en défiscalisant la cotisation à l’ISF de ceux qui investiront dans les petites entreprises. Tout cela n’est-il pas libéral?».
Lire l'article



Voter la grève : une fausse bonne idée !
Dans le même article Nicolas Sarkozy dit vouloir instaurer un service minimum dans les services publics. Fort bien ! Mais il renouvelle hélas sa proposition de légitimer le droit de grève par un vote majoritaire. Avec pour argument « Le vote n’empêche pas ceux qui veulent faire grève de le faire. Mais s’il y a 51% de gens qui refusent la grève, on ne pourra pas les empêcher de travailler.» Cela semble signifier qu’ à contrario, si 51% votent la grève les autres seront empêchés de travailler ! Faut-il rappeler à M. Sarkozy que nous vivons dans un Etat de Droit, dans lequel l’Etat et la Justice se doivent d’assurer la liberté du travail. Le droit de grève, c’est le droit d’arrêter son travail pas celui d’empêcher le travail des autres. La question qui se pose n’est donc pas de tenter de légitimer ou de délégitimer une grève par un vote mais d’associer à la fois le respect du droit de grève et de lutter contre ses abus pour assurer la continuité du travail.
Même si cette proposition a été nuancée par son porte parole X. Bertrand qui limite l’usage de ce vote à bulletin secret" dans les entreprises en charge d'un service public, dans les universités et les administrations » il est absurde de dire que dans ces secteurs « la grève se poursuivra si une majorité» y est favorable » D’abord parce que le droit de grève est un droit constitutionnellement, un droit individuel qui s’exerce d’une façon collective et qui ne requiert pas l’adhésion d’une majorité ; ensuite parce qu’une telle proposition est contradictoire avec le service minimum, enfin parce que 60% d’étudiants qui décident une grève ne sauraient avoir le droit d’empêcher les 40% autres d’étudier !



Leçon d’anglais
Après la visite de Nicolas Sarkozy à Londres, le Cercle d’Outre-Manche, think tank rassemblant des Français expatriés dans la capitale an