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Le dernier rapport du Conseil d’Analyse Economique de Christian Saint-Etienne et Jacques le Cacheux «Croissance équitable et concurrence fiscale» propose une réforme fiscale d’ensemble : baisse des taux moyens et marginaux de l’IRPP et diminution drastique du nombre de tranches, réduction de l’IS à 18%, augmentation de la CSG à 13% et élargissement de son assiette, remplacement de l’ISF par un impôt sur les revenus de la fortune (IRF), suppression d’un certain nombre de niches fiscales... Avec une idée que nous partageons : On ne peut pas réformer la fiscalité à la marge, le temps est venu d’une reforme fiscale d’ensemble. Les
principes de cette réforme sont très voisins de ceux présentés
par les libéraux depuis longtemps : Intégration de la CSG
comme première tranche d’impôt sur le revenu payé
par tous les Français, trois tranches d’imposition sur le
revenu, diminution très forte de l’impôt marginal et
suppression de l’essentiel des niches fiscales. CSG
IRPP Au totale un rapport très intéressant et nous invitons les libéraux à le lire et à le commenter. Premiers commentaires : Dans
une première approche plusieurs réflexions viennent immédiatement
à l’esprit. La seconde c’est que le rapport propose de maintenir la prime pour l’emploi alors que les libéraux proposent dans le cadre d’une réforme d’ensemble avec retenue à la source de transformer la prime pour l’emploi en impôt négatif à la française : Le revenu minimum familial garanti (lien avec Pour une politique sociale libérale). Enfin, le rapport aurait gagné à être étayé par une réflexion plus profonde sur la fiscalité et notamment sur le rôle des incitations marginales. Il aurait aussi gagné à éviter de confondre TVA et droits de douane « La TVA, dans un monde de concurrence fiscale et sociale, est ainsi devenue le seul rempart envisageable permettant de protéger le travail résident » |
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Beaucoup
voient dans la «discrimination positive» prônée
par Nicolas Sarkozy et refusée par Dominique
de Villepin une vraie différenciation politique. La réalité
est plus complexe... Car aujourd’hui derrière le choc de
la formule, le président de l’UMP met en place un ensemble
de mesures destinées à promouvoir la mobilité sociale
et à compenser les handicaps qui n’ont rien à voir
avec une vraie politique de discrimination positive qui consiste à
donner par la loi des droits à une communauté en tant que
telle et donc à encourager le repli communautaire. |
Discrimination positive
Donner à chacun sa chance c’est aussi favoriser la promotion
sociale des minorités par le biais d’une action positive
qui ne doit en aucun cas prendre la forme d’une loi de discrimination
positive. |
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la
discrimination positive Observatoire du communautarisme : Quels sont les principes de la discrimination positive ? Anne-Marie Le Pourhiet : Le terme de discrimination lui-même est aujourd'hui tellement galvaudé qu'on ne sait plus du tout de quoi l'on parle. Il paraît donc nécessaire de « déconstruire » un peu notre sujet. Le
mot « discriminer » n'a a priori aucun sens péjoratif
ou répréhensible puisqu'il désigne simplement le
fait de distinguer, séparer, sélectionner ou discerner et
vous m'accorderez qu'il est en principe tout à fait louable de
savoir distinguer les êtres, les choses, les caractères ou
les oeuvres. Il est rassurant de jouir de ses « facultés
de discernement » et c'est le contraire qui est jugé inquiétant
par le corps médical. Savoir distinguer un homme courageux d'un
lâche, un homme vertueux d'un fainéant, un savant d'un ignorant,
le permis de l'interdit ou encore un chef d'oeuvre d'un barbouillage est
traditionnellement une qualité. La vérité est cependant plus complexe car elle est essentiellement idéologique. Tout
d'abord, il n'est plus certain que la capacité de discernement
soit encore perçue comme une qualité dans nos sociétés.
Distinguer une tenue de sport d'une tenue de classe et s'étonner
qu'une élève vienne au collège en jogging constitue
désormais une « humiliation », de même que rendre
les copies par ordre de notes décroissantes (Le Monde, 14 septembre
2005) ; qualifier un certain art contemporain d'« excrémentiel
» est un scandale ; distinguer les sexes et les âges est pénalement
répréhensible tandis que différencier l'enfant légitime
de l'enfant adultérin est civilement inacceptable ; donner une
dictée ou une dissertation à faire à des élèves
ou candidats est un « mode de reproduction des inégalités
sociales » ; vouloir sélectionner à l'entrée
des Universités est une faute politique impardonnable. De façon
plus générale, sélectionner, préférer,
hiérarchiser ou tout simplement juger est devenu révélateur
d'une «phobie» c'est-à-dire d'une maladie mentale à
soigner d'urgence par les moyens idoines. Dans ces conditions, le terme
de discrimination est évidemment voué à un usage
illimité et la «Haute Autorité» en charge de
la lutte contre cette infamie à un fabuleux destin de Big Brother.
L'«apparence physique» étant récemment devenue
un motif de discrimination sanctionné par le droit français
on se demande comment les agences de mannequins et le concours de Miss
France sont encore tolérés.
AMLP
: Dans notre pays où la Révolution a substitué
le droit écrit à la coutume et donc l'autodétermination
à la tradition, les principes de la République ne sortent
pas de l'air du temps mais de textes explicites auxquels il suffit de
se référer pour comprendre en quoi la discrimination positive
est en totale contradiction avec ces valeurs. Je constate souvent que
pas un seul de nos dirigeants n'est capable de citer un article de la
Déclaration de 1789 ou de la Constitution de 1958 et qu'en particulier,
le Président de la République, pourtant garant de notre
texte fondamental, semble ignorer copieusement son contenu. Lisons-le.
AMLP : Il faut bien comprendre ce qu'on est en train de faire et pourquoi on le fait. Si je me mets, comme Renaud Camus, à compter le nombre de journalistes juifs à France-Culture c'est parce que je m'apprête évidemment à juger qu'il y en a « trop » à partir d'un critère standard qu'il me faudra bien expliciter. Que veut dire « trop » ou « pas assez de » ? Si le gouvernement et le patronat demandent à la CNIL l'autorisation de recenser les origines ethniques ou nationales des salariés c'est bien pour que ce comptage débouche sur une appréciation de type « trop » ou « pas assez de » d'inspiration proportionnelle. Et où cela nous mène t-il directement ? A des quotas, bien entendu, même si le mot est pudiquement caché et si l'on se garde bien d'afficher publiquement les standards numériques retenus. L'IEP de Paris n'a sans doute pas fixé à l'avance un pourcentage officiel de Beurs ou de Noirs à recruter chaque année, il n'en demeure pas moins que l'objectif est bien, pour parler comme Fernand Raynaud, d'en faire entrer « un certain nombre ». On introduit bien le poison de l'ethnicité dans les critères de recrutement et de promotion. Or ce critère est foncièrement injuste et pervers. Alors que le concours et le mérite provoquent une concurrence et une compétition stimulante entre les individus, l'introduction d'un critère ethnique ne peut que provoquer des rivalités inter-ethniques et un permanent sentiment de frustration et d'injustice. C'est une erreur politique et psychologique colossale. Ayant plusieurs fois lu et entendu Monsieur Azouz Begag avant sa nomination je ne peux m'empêcher de penser que celle-ci constitue elle-même une discrimination positive car la vacuité et la médiocrité de ses idées ou propos ne le destinaient certainement pas objectivement à une carrière ministérielle. Quand il ne compare pas la France à une voiture il se prend lui-même pour Pasteur en confondant cependant les microbes et les virus, c'est lourd et c'est irresponsable. Les déclarations de Dominique de Villepin sur sa prétendue hostilité aux discriminations positives alors qu'il nomme M. Begag ministre délégué auprès de lui-même c'est-à-dire chargé d'agir et parler pour le compte et sous la responsabilité de Matignon sont d'une incroyable hypocrisie, on baigne dans le mensonge public le plus effronté et on prend les Français pour des imbéciles. C'est bien M. Begag qui affirmait que « la police nationale a besoin de recruter des jeunes issus de l'immigration magrébine et africaine mesure effectivement adoptée sous le nom trompeur de «cadets de la République») et proposait d'imposer une présence systématique de policiers issus de l'immigration dans les jurys ainsi que d'abandonner des épreuves « trop culturellement marquées » ! Tout cela commence à sentir sérieusement le népotisme. C'est aussi ce que proposent certains syndicats étudiants d'obédience musulmane : il faudrait «adapter» les modalités d'examens et de notation universitaires aux différences culturelles ! On va finir en république bananière ! On constate cependant, depuis très peu de temps, une tendance à rendre publiques un certain nombre d'informations jusque là occultées. Le journal Le Monde se met à révéler l'existence de réseaux puissants et structurés de personnalités « issues de l'immigration » dont le lobbying (Club du XXIème siècle, Club Averroès, notamment) est à l'origine desdites revendications et qui démontrent de façon éclatante la fausseté des affirmations selon lesquelles les « minorités visibles » seraient absentes des lieux de pouvoir (« L'élite beurre mène le débat sur les minorités hors des partis », Le Monde, 20-21 février 2005). Ces clichés victimaires sont, en effet, totalement faux et la liste est longue des personnes très influentes qui effectuent un lobbying efficace en faveur des discriminations positives rebaptisées « diversité ». De même, plusieurs rapports récents remettent en cause les préjugés généralement colportés sur l'échec scolaire des enfants d'immigrés. A force de concentrer l'attention médiatique et politique sur les « sauvageons » des mauvais quartiers on a fini par occulter la réussite tout à fait répandue de très nombreux Beurs et Noirs. J'ai moi-même distribué d'excellentes notes d'oral à un très fort pourcentage d'étudiants issus de l'immigration qui ont fait ensuite de belles carrières. Bien entendu, ces étudiants sont parfaitement assimilés, s'expriment dans un français impeccable et ont une culture et une tenue correctes, on n'imagine pas que des individus incultes au vocabulaire limité à moins de cent mots et déboulant au collège en jogging à capuche en injuriant des professeurs vont pouvoir rentrer à l'ENA ! Un chasseur de têtes africain expliquait récemment dans la presse qu'il recrute en France des diplômés d'origine africaine pour essayer de les faire revenir au pays, c'est donc bien que cette élite existe (Le Monde, 16 septembre 2005). Quant aux Antillais - dont je ne parviens pas à comprendre pourquoi ils veulent s'assimiler aux immigrés alors qu'ils sont Français depuis plus longtemps que les Corses et les Savoyards - cela fait longtemps que les « hussards » de la République en ont fait des avocats, des procureurs, des professeurs, des énarques, des médecins etc.Š Un ancien député martiniquais se plaît à affirmer que son île est la région de France où il y a le plus d'intellectuels au mètre carré ce qui n'est d'ailleurs pas forcément un gage de bonne santé économique.
AMLP
: Votre question présuppose déjà que le
but de l'Affirmative Action est en soi légitime et qu'il suffit
de vérifier s'il a été atteint ou non. Or précisément,
on peut être tout à fait colour ou sex blind et se moquer
du point de savoir s'il y a ou non des Noirs ou des femmes dans telle
profession ou assemblée politique. Je ne serais pas du tout gênée
s'il n'y avait aucune femme à l'Assemblée Nationale car
je me moque du sexe des députés comme de celui des anges
d'autant que les interventions et travaux des parlementaires féminins
ne sont guère brillants et que la parité n'apporte évidemment
et absolument rien au regard de l'intérêt public. Je suis
un jour tombée des nues en entendant un de mes étudiants
martiniquais me faire remarquer qu'il y avait deux professeurs juifs dans
un jury de thèse que j'avais composé je ne m'en étais
pas aperçue et j'ai trouvé cette remarque obscène.
Je dois sans doute être « ethnophobe » et le simple
constat qu'il y a ou qu'il n'y a pas de Noirs, d'Arabes, de Juifs ou de
Bretons dans un endroit me choque profondément, je trouve cela
vulgaire et déplacé. Ernest Renan appelait cette comptabilité
de la « zoologie » et y voyait un « retour au droit
des orangs-outans », je partage tout à fait son analyse.
Je suis trop individualiste et libre pour pouvoir raisonner en termes
de groupe et ne comprends pas qu'on puisse accepter d'être rangé
dans un troupeau.
AMLP
: Il n'y a pas officiellement de politique de discrimination
positive dans les DOM puisque, contrairement aux collectivités
de l'article 74 (ex-TOM), ils sont soumis au principe de l'assimilation
juridique simplement « adaptée ». Il y a néanmoins
des méthodes de recrutement qui aboutissent de facto à une
préférence autochtone : par exemple si on déconcentre
le recrutement de certains fonctionnaires territoriaux en organisant les
concours sur place, il est évident que des candidats métropolitains
ne vont pas faire le voyage et que ce système privilégie
partout, mais surtout dans les collectivités insulaires, le recrutement
local.
AMLP
: Bonne question à laquelle je n'ai malheureusement pas
de réponse. Là aussi il faut approfondir l'analyse pour
essayer de comprendre. On voit bien quels sont les lobbies à l'¦uvre
dans cette affaire, les associations et réseaux divers et variés
de minorités défendant leur part de gâteau. Ce qui
est plus difficilement explicable c'est le positionnement politique sur
cette question. Globalement, je pense que l'état de faiblesse de
nos dirigeants de tous bords et surtout leur clientélisme éhonté
les empêche de dire « non » à quelque revendication
que ce soit y compris la plus immorale et la plus nocive pour la société.
Depuis une décennie, hormis la loi sur le voile, nous n'avons pas
vu une seule décision politique de refus : c'est toujours «
oui ». Qu'un gouvernement censé appartenir à la droite
libérale ait pu faire adopter une loi liberticide, digne des soviets,
sur la répression des propos sexistes et homophobes malgré
l'avis négatif de la Commission nationale consultative des droits
de l'homme est proprement ahurissant. La vénalité et la
couardise de notre classe politique défient l'entendement.
AMLP
: Pour « diagnostiquer » des discriminations il faut
d'abord s'entendre sur la définition de ce terme et s'accorder
sur ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. Constater qu'il y a peu de
descendants d'immigrés maghrébins ou africains à
Polytechnique ou peu de handicapés au barreau de Paris ou aucune
femme sur les échafaudages des ravalements d'immeubles ou derrière
les camions-poubelles ne permet pas forcément de crier à
l'injustice et à la discrimination. Encore faut-il accepter d'examiner
les choses avec bonne foi et réalisme au lieu de le faire avec
du sectarisme idéologue et de l'opportunisme militant. En somme, il est devenu juridiquement obligatoire d'être idiot et de ne plus rien savoir distinguer. Monsieur Schweitzer et sa HALDE pourraient ainsi se transformer bientôt en instrument totalitaire de lutte contre l'intelligence. OC : Le dernier concept à la mode est celui de « diversité ». S'oppose t-il celui d' « assimilation » qui semble être devenu un véritable tabou ? AMLP
: J'ai déjà indiqué auparavant que la diversité
est simplement devenue le faux nez de la discrimination positive. Ce terme
n'a pas d'autre fonction que de camoufler la politique de passe-droit
généralisé qui se met en place. Mais en lui-même,
il ne signifie absolument rien, c'est un slogan débile. Anne-Marie Le Pourhiet |
Pour
la liberté Dans un système éducatif trop rigide, la variable d'ajustement c'est l'échec scolaire et il y a beaucoup trop de « laissés pour compte » de l'éducation, trop de jeunes qui ne maîtrisent pas les bases du savoir, trop de dons mal révélés ou mal cultivés, une trop piètre préparation à la vie professionnelle et une trop médiocre transmission de notre culture. Pour trop d'enfants, l'école est l'anti-chambre de l'exclusion sociale. Le gouvernement a lancé une large consultation nationale sur l'avenir de l'école. Il lui appartiendra le moment venu de proposer les éléments d'une réforme d'ensemble. Nos propositions s'inscrivent dans une autre démarche. Il ne s'agit pas d'imaginer un grand soir de la réforme de l'Education nationale, il s'agit d'offrir des espaces de liberté à toutes celles et ceux, acteurs du système éducatif, qui voudraient voir bouger les choses. Ce que nous proposons c'est une logique d'adaptation et d'évolution, en libérant les énergies, en responsabilisant et en faisant confiance. Cette adaptation ne se décrètera pas d'en haut, mais se découvrira d'en bas, jour après jour, par l'initiative et l'expérience. C'est pourquoi nous faisons deux propositions : 1° donner aux parents la liberté de choix de l'école de leurs enfants 2° offrir un statut de pleine autonomie à financement garanti aux établissements qui le souhaitent Donner aux parents la liberté de choix de l'école de leurs enfants Force est de reconnaître aujourd'hui que le système dit de la « carte scolaire » - c'est-à-dire en réalité la « sectorisation » qui affecte chaque élève à un établissement déterminé par son domicile - est devenu profondément injuste. La sectorisation - qui avait à l'origine pour objet de favoriser la mixité - conduit aujourd'hui au contraire à "ghettoïsation scolaire", elle-même reflet d'un urbanisme ségrégatif. Cette sectorisation est d'ailleurs plusieurs fois contournée. Les parents des couches les plus favorisées - ou les parents les plus motivés qui acceptent des sacrifices financiers - contournent la carte scolaire en inscrivant leurs enfants dans des établissements privés. D'autres parents usent de leur influence, de leur connaissance du système (c'est souvent le cas des enseignants) pour obtenir - au travers de domiciles fictifs ou d'options rares - l'inscription de leurs enfants dans l'établissement de leur choix. Nous
proposons de donner à tous les parents la même liberté
de choix de l'école de leurs enfants. Parce que c'est une liberté que pratiquent la plupart des pays autour de nous. Parce que c'est l'aspiration de celles et ceux dont les enfants sont les victimes des échecs de notre système éducatif. Parce que enfin, le libre-choix de l'école est un facteur d'émulation et donc de rénovation de notre système éducatif. A la liberté de choix des parents nous associons un statut de pleine autonomie pour les établissements scolaires. Offrir un statut de pleine autonomie à financement garanti aux établissements qui le souhaitent Il est bien entendu souhaitable de donner à l'ensemble des établissements scolaires de très grandes marges d'autonomie (et une totale autonomie pour les Universités). Ce sera un des enjeux des prochaines réformes. Ce « plus » d'autonomie nécessaire s'accompagne de la définition d'objectifs et de la mise en place d'un système d'évaluation. Conformément
à la logique de la nouvelle approche budgétaire (la LOLF)
et à la stratégie ministérielle de réforme
mise en œuvre par le Premier Ministre, il s'agit pour le ministère
de l'Education nationale de fixer à différentes étapes
du cursus scolaire un objectif d'acquisition des compétences. Cela
se traduit par l'élaboration d'un « cahier d'exigences »
qui détermine les connaissances qu'un élève doit
avoir acquises à un niveau donné de sa scolarité.
Dans le cadre de cette nouvelle logique d'objectifs et d'évaluation des résultats, nous proposons d'offrir aux établissements qui le souhaitent un statut de pleine autonomie à financement garanti. L'autonomie c'est un choix de confiance dans les directeurs d'école et les enseignants afin de leur permettre de faire une meilleure école. Déjà les quelques expériences d'autonomie ont montré l'extraordinaire capacité des enseignants et des chefs d'établissements. Chacun sait bien - et les enseignants mieux que quiconque - qu'une heure peut suffire à un élève là où trois sont nécessaires à d'autres, que tel contenu de programme convient mieux à tel enfant plutôt qu'à tel autre. A quoi bon s'obstiner à imposer les mêmes programmes et les mêmes horaires à tous les enfants d'une même tranche d'âge ? Un statut de pleine autonomie permettrait d'adapter l'éducation au plus près de la réalité des élèves : composition des classes, des groupes de niveau, tutorat, rythmes scolaires, contenu de l'enseignement et méthodes pédagogiques, d'utiliser au mieux les nouvelles technologies de formation… Cette grande liberté des moyens doit s'accompagner dans les établissements sous statut d'autonomie de la pleine responsabilité donnée aux chef d'établissement dans la gestion et le recrutement des ressources humaines nécessaires au projet éducatif : liberté de recrutement des enseignants dans le cadre des postes de l'Education nationale, dans le cadre de poste à exigence particulière (PEP) et ouverture partielle des fonctions d'enseignement et de tutorat à des professionnels expérimentés venus de l'extérieur. Ce statut d'autonomie doit s'accompagner d'un financement global garanti (calculé sur une base proportionnelle au nombre d'élèves accueillis et modulés selon certains critères spécifiques). Une telle démarche s'inscrit dans le sens d'un mouvement international où l'Etat finance davantage l'éducation que l'école au travers d'un forfait éducatif annuel qui suit l'élève pour être affecté à l'école choisie (ou qui dans certain cas est attribué directement à la famille sous une forme non monétaire - le chèque éducation - encaissé par l'école choisie). Ce statut de pleine autonomie serait offert au libre choix des établissements, les chefs d'établissements, l'équipe éducative en associant les parents. Il pourrait aussi servir de cadre pour des projets nouveaux. Il pourrait enfin être accordé aux établissements privés qui pourraient d'eux-mêmes opter sous certaines conditions pour ce nouveau statut dans lequel ils trouveraient davantage de marges de manœuvre que dans l'actuel statut d'association. Pour une plus grande égalité des chances Une telle démarche novatrice - du moins en France - suscite bien entendu de légitimes interrogations. La diversification de l'offre éducative et la liberté de choix ne vont-elles pas jouer au bénéfice des élèves déjà les plus favorisés ? Ne restera-t-il pas alors au sein de l'école publique que les enfants les plus défavorisés, ayant le moins d'aptitude personnelle et le moins de soutien de leur entourage familiale ? Que deviendront les établissements délaissés ? N'y a-t-il pas un risque de communautarisation à rebours de l'intégration républicaine ? En réalité :
En réalité liberté de choix et établissements autonomes vont davantage dans le sens d'un brassage social et ethnique en généralisant une liberté d'accès à certains établissements jusqu'à présent réservés à quelques uns ou en permettant l'adaptation des établissements à des problèmes spécifiques. La plupart des pays autour de nous n'ont pas de carte scolaire et leur système éducatif n'est pas pour autant, bien au contraire considéré comme injuste. Une réforme progressive et progressiste Donner la liberté de choix aux parents de choisir l'école de leurs enfants et accorder un statut de pleine autonomie à financement garanti aux établissements qui le souhaitent c'est offrir de meilleures chances à nos enfants. C'est aussi favoriser l'adaptation du système non par « le haut » au moyen d'on ne sait trop quelle réforme miraculeuse, mais par « le bas » en libérant l'initiative. C'est une approche progressive et progressiste. C'est un choix de confiance dans les parents et les enseignants et il existe sûrement une large majorité de Français pour accompagner ces choix.
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