|
Données
chiffrées : |
Le Gouvernement britannique et les libéraux français
Depuis plusieurs mois, la situation économique de l’Angleterre donne lieu à de nombreux témoignages d’admiration provenant de France et spécialement des rangs libéraux. La
3ème victoire électorale de Tony Blair a semblé prouver
que ses politiques étaient les bonnes. Il y a effectivement beaucoup de leçons à tirer de ce qui a été fait, (ou au contraire de ce qui ne l'a pas été !), par les gouvernements depuis Margaret Thatcher. Dans le domaine économique, on peut citer aujourd’hui, les politiques de l'emploi dont l'objectif est d'inciter fortement les chômeurs et inactifs à reprendre une activité. S’agissant des services publics des hôpitaux et des écoles, le Gouvernement actuel se fixe comme objectif d’offrir aux usagers un véritable choix ce qui s’oppose à la vision socialiste du National Health Service et à la carte scolaire à la française. Côté résultats, la situation d'aujourd'hui aussi fait envie: un taux de chômage de 4,7% soit 5 points de moins que la France, un taux de croissance de 3% en 2004 contre 2% en France et un endettement public qui ne s’élève qu’a 38,5% du PIB contre un taux de prélèvements obligatoires par rapport au PIB de 35,9% pour plus de 44% en France. De façon plus structurelle, l’Angleterre, secteurs privé et public confondus, se caractérise par sa flexibilité (pas seulement du marché du travail), sa capacité d'adaptation, d’innovation et de réforme. Corollaire de cette situation: une culture économique et une quasi-unanimité des citoyens, employeurs, employés, syndicats….., quant au respect des principes de base d'une économie moderne et des grandes lois économiques. Il s’agit peut-être du domaine où nous avons le plus à apprendre des Anglais puisque cette compréhension de l’économie conditionne le comportement des citoyens et leur capacité à moderniser, réformer et innover sans attendre que l’Etat ne s’en charge ! Pour autant, en tant que libéraux, ne faut-il pas modérer notre enthousiasme devant l'action du Gouvernement actuel ? Du point de vue de la conjoncture économique, les dernières statistiques font apparaître une réduction des taux de croissance et de consommation des ménages et une légère progression du taux de chômage. Certes, une comparaison avec les pays européens, tout particulièrement avec la France, est encore largement favorable et pour très longtemps certainement au Royaume-Uni. Mais nous pouvons nous poser la question : s’agit-il d’une simple inflexion passagère ou cela présage-t-il un mouvement plus profond ? Sur
le moyen terme, il ne faut pas oublier qu’une importante part des
emplois créés provient du secteur public. Depuis 1997, le
Gouvernement a créé 44.000 emplois dans la fonction publique
et 650.000 dans l'ensemble du secteur public. Ces éléments sont les ingrédients d'une politique keynésienne bien éloignée des principes libéraux que l’on prête en France au Premier ministre anglais. Enfin,
sur les questions de société, là aussi, un certain
nombre de décisions viennent contredire les préceptes libéraux. Il y a sans conteste en Angleterre de nombreux domaines dont nous devrions nous inspirer. Mais ce serait faire fausse route que de voir dans le Gouvernement britannique actuel l’archétype de ce que les libéraux français souhaitent. |