Pour
une plus grande égalité des chances
La
diversification de l'offre éducative et la liberté de choix
ne vont-elles pas jouer au bénéfice des élèves
déjà les plus favorisés ? Ne restera-t-il pas alors
au sein de l'école publique que les enfants les plus défavorisés,
ayant le moins d'aptitude personnelle et le moins de soutien de leur entourage
familiale ? Que deviendront les établissements délaissés
? N'y a-t-il pas un risque de communautarisation à rebours de l'intégration
républicaine ?
En
réalité :
Les phénomènes « d'écrémage »
et de ségrégation au sein de l'école publique existent
d'ores et déjà. Le système actuel instaure une sélection
à rebours soit par l'argent en direction des établissements
privés, soit par diverses techniques de contournement connues d'un
public plus favorisé et plus initié en direction de grands
établissements publics à l'excellence reconnue.
Mais cette sélection « à rebours » fonctionne
selon des critères d'excellence traditionnels (on le voit aux palmarès
des lycées et des collèges régulièrement publiés
par la presse). Il n'existe pas d'institutions suffisamment différenciées
pour valoriser les talents qui ne correspondent pas aux normes des grands
concours académiques.
Libérer le choix des parents et développer les établissements
autonomes c'est multiplier les options permettant à chaque talent
de trouver un lieu d'épanouissement.
Au surplus, l'expérience internationale montre que les élèves
les plus favorisés qui réussissent convenablement dans les
établissements publics ne sont pas incités à le quitter.
Ceux qui sont incités à quitter les établissements
publics ce sont ceux qui sont en situation d'échec. C'est la raison
pour laquelle les premiers soutiens à la liberté de choix
et aux établissements autonomes se trouvent dans les minorités
ethniques.
La liberté de choix favorise une plus grande implication des parents.
Inscrire son enfant à une école n'est plus une formalité
administrative dès lors que vous avez le choix entre plusieurs
établissements distincts proposant des projets éducatifs
distincts.
Si les capacités d'accueil sont inférieures aux souhaits
d'inscription le problème peut être réglé par
diverses formes de régulation (dont le principe « premier
arrivé premier servi »), et à moyen terme par l'extension
des capacités d'accueil de l'établissement. Les établissements
les plus demandés pourront être pris pour modèle par
d'autres établissements dans le cadre d'une saine émulation.
La liberté de choix doit être accompagnée de moyens
important destinés à la revalorisation des établissements
partiellement délaissés. La suppression de la carte scolaire
agissant comme un détecteur de problèmes permettant de concentrer
les moyens sur ces établissements.
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