Retraites - Assurance maladie : vous aviez dit réformes ?
Mais à quoi donc pensait Nicolas Sarkozy lorsqu’il a dénoncé «les réformes bancales» et la « prudence hypocrite» qui ont conduit la France «dans une impasse» ? Peut être à la réforme des retraites et de l’assurance maladie.


Retraite

Selon le très officiel Conseil d’orientation des retraites, dans le meilleur des cas la réformes des retraites de 2003 pourrait financer «un peu plus de la moitié» des déficits des régimes en 2020 et «un peu plus du quart» en 2050. Dans la meilleure des hypothèses – un retour du chômage à 4,5% en 2015 – avec un taux de chômage de 7% à partir de 2015, le besoin de financement s’affiche à 0,4 point de PIB en 2020 et 2,2 points du PIB en 2050. C’est dire que la réforme reste à faire !

Assurance-maladie

Une chose est sûre l’objectif de zéro déficit en 2007 ne sera pas atteint et comme les libéraux l’avaient annoncé dans l’analyse de la réforme, la dette grossit et la mécanique de déremboursement fonctionne à plein : au 1er mars 156 nouveaux médicaments remboursés en moins et une franchise de 18 euros pour les actes médicaux supérieurs à 91 euros. Ce qui fait dire à Gilles Johanet, en charge des activités de santé aux AGF, «C’est un tournant dans l’histoire» de la sécurité sociale car elle n’hésite plus à ce désengager des actes lourds. Résultat les assurances complémentaires augmenteront leurs tarifs de 6 à 9% pour 2006.
Quant à l’hôpital la crise est devant nous, 75% des hôpitaux n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois. A leurs propos Jean de Kervasdoué, directeur des hôpitaux au ministère de la Santé de 1981 à 1986, n’hésite plus à parler de l’absurdité du modèle français : «Une folie réglementaire, un véritable système soviétique ».
(source : le Figaro 19/09/05).