La préférence communautaire


« La préférence communautaire n’est pas une préférence pour l’emploi. Lorsqu’il s’agit de production de tomates, il est facile de donner un sens à la préférence communautaire, à l’origine du marché agricole commun. Mais que signifie celle-ci aujourd’hui appliquée à des produits industriels ? Compte tenu de l’internationalisation des productions, nous avons besoin d’importer des machines, des composants, des brevets...et il devient de plus en plus difficile d’identifier la source nationale de la valeur ajoutée. Quelle est la vraie nationalité d’un téléviseur Philips quand il est fabriqué en partie en France, en Thaïlande et en Allemagne ? Faut-il faire de ceux qui, dans la triste affaire du sang contaminé, ont fermé nos frontières au test d’un laboratoire américain ou au sang chauffé importé les glorieux précurseurs de la préférence communautaire ?

L’Histoire montre qu’un système de protection détend l’incitation des entreprises à améliorer leur productivité, condamne les consommateurs à en faire les frais, et se paie au bout du compte par un chômage aggravé.

La préférence communautaire est un impôt de plus. Fermer nos marchés, c’est contraindre le consommateur français à acheter un produit européen à un prix supérieur à celui d’un produit extra-européen. La différence entre ces deux prix constitue un prélèvement obligatoire de plus que le consommateur devra verser non pas à l’Etat mais au producteur européen. Il s’agit même d’un impôt sur les consommateurs les plus modestes, car cette préférence communautaire s’appliquerait en priorité sur les produits de grande consommation populaire. »