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La
primauté S'il existe un point d'accord entre tous les libéraux, c'est bien leur conviction commune de la primauté de l'individu, de la personne humaine, par rapport à la société. La reconnaissance des droits individuels est le point de départ obligatoire de tout libéralisme. C'est là l'idée née en Grèce, il y a vingt-cinq siècles, sur le terrain de la pensée libre, portée par le grand souffle du christianisme et consacré par la Déclaration des droits de l'homme de 1789, véritable Charte de libertés individuelles. Pour le libéralisme, il existe des droits individuels fondamentaux, souvent qualifiés de « naturels », qui tiennent à la nature de l'homme et qui sont le produit de l'histoire de notre civilisation. Ces droits existent indépendamment de l'Etat. Ils sont antérieurs et supérieurs aux conventions et aux lois humaines, et ils doivent être soustraits aux atteintes de l'Etat et du législateur. Certains croient discerner pourtant, dans cette sorte d’individualisme juridique, le talon d'Achille du libéralisme. Le libéralisme, disent-ils, provoque le repli sur soi. Il encourage l'égoïsme et laisse le citoyen isolé face à l'Etat. Rien n'est plus taux. Certes, les libéraux ont été les ennemis des corporations et de leurs privilèges, mais ils n'ont pas été pour autant les adversaires des groupements entre les hommes. Ils se sont faits au contraire les avocats et les initiateurs de la liberté d'association, de la liberté syndicale, des mutuelles, des bourses du travail, des institutions libres de protections sociales. Le jacobinisme triomphant n'appartient évidemment pas à la tradition libérale. Le libéralisme considère la société comme antérieure à l'individu. Ce n'est que bon sens. Les hommes naissent associés par les liens de la famille, par les liens de la langue commune, des mœurs communes, des souvenirs communs, des traditions communes. L'homme du libéralisme est une personne dotée de droits individuels inaliénables, enraciné dans une civilisation en perpétuel échange avec ses semblables. Ce n'est pas un voyageur sans bagages mais un héritier. Ce n'est pas un numéro matricule mais un nom.
Le
socialisme isole, Pour le socialisme, au contraire, dans la tradition de Jean-Jacques Rousseau, le fait primitif n'est pas la société mais l'individu isolé. La société est le produit d'un contrat entre les hommes. Il n'existe donc pas de droits individuels supérieurs à la volonté populaire. Une société peut être bâtie de toutes pièces par le droit pourvu que l'idéologie vous fournisse les plans de la cité idéale. Les libertés individuelles des Droits de l'homme sont noyées dans des droits sociaux qui légitiment l'intervention de l'Etat. Cette conception du droit, qui déborde largement les seuls socialistes, s'est révélée profondément destructrice des valeurs et des cadres sociaux traditionnels. Si l'Etat peut modifier à sa guise les règles de droit, distribuer, au moyen de la loi, des avantages ou des privilèges à certains, quitte à heurter les droits des autres, alors commence le cercle vicieux où plus l’Etat intervient, plus on lui demande d'intervenir. Le corporatisme n'est pas le produit de l'individualisme mais l’exacerbation des égoïsmes individuels et la conséquence logique de la sociale démocratie redistributive. Si le libéralisme relie les hommes au sein d'une société d'échange, le socialisme ou l’étatisme, les isole. Chacun pour soi, l'Etat pour tous. L'Etat providence déchaîne les égoïsmes des individus et des corporations. Pourquoi s'occuper de son voisin dans le besoin, il y a bien des fonctionnaires pour cela ! Aujourd'hui, les libéraux proposent de faire reculer l'Etat, de supprimer nombre de ses tutelles, d'élargir les libertés de choix des citoyens, de remettre en question les lourds mécanismes de l'Etat providence. C'est dangereux, disent leurs adversaires ou leurs faux amis ! Cela va renforcer l'individualisme et le repli de chacun sur ses intérêts égoïstes et laisser bien des individus désemparés, car privés de leur tuteur ! Qui sait même, si certains ne feront pas un mauvais usage de leurs nouvelles libertés? Bref, la peur de l'individualisme sert ici à jouer les prolongations de l'étatisme. Encore un instant messieurs les libéraux... En réalité, le recul de l'Etat prôné par les libéraux tend à reconstruire la société créée pour développer les communautés naturelles, les associations volontaires, la libre organisation des hommes, à reconstituer les solidarités libres étouffées par l'étatisme au moyen de la tolérance, de la prévoyance, de la mutualité. Les libéraux doivent prendre appui sur l’aspiration à davantage de libertés individuelles, davantage d'autonomie, davantage de liberté de choix. Le refus de l'embrigadement obligatoire ne signifie pas l'isolement obligatoire. L'esprit de famille, l'amitié, la solidarité, l’altruisme accompagnent le retour des valeurs individuelles, qui n'est pas une menace mais une chance à saisir. ALAIN MADELIN |
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La
politique française
Car le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, n'a pas outrepassé son mandat. C'est clair en ce qui concerne les subventions aux agriculteurs - l'un des deux principaux points de négociation. Peter Mandelson n'a fait qu'essayer de « vendre » la réforme de la politique agricole adoptée en 2003. Les clameurs françaises n'ont réussi qu'à bien faire comprendre à tous les pays de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) que ce que Peter Mandelson s'efforçait de présenter comme une concession n'en était pas une ! De même, rien ne permet de dire que Peter Mandelson a outrepassé son mandat en ce qui concerne la « préférence communautaire », c'est-à-dire les propositions de baisse des droits de douane européens sur les produits agricoles étrangers (l'autre point critique des négociations). D'abord, les baisses proposées sont prudentes. Ainsi les droits de douane resteront-ils très élevés suite aux propositions de la Commission - de 36 à 100 % ! Ensuite, ces dernières contiennent une clause, dite de « produits sensibles », et il suffirait que de 1 à 2 % seulement des produits agricoles en bénéficient pour affaiblir considérable- ment les effets de la baisse proposée des droits de douane. Enfin, les propositions de Peter Mandelson ne seront validées qu'à la fin des négociations en cours, si les autres pays nous ouvrent leurs propres marchés. Aussi, nombreux sont ceux à Genève qui trouvent ridicule une France criant au loup avant même le début des négociations. Le ministère français de l'Agriculture a récemment annoncé des prévisions apocalyptiques pour certains secteurs agricoles suite à cette possible baisse des droits de douane. Ces prévisions ne sont pas crédibles, et le fait que le ministère n'ait donné aucune information détaillée sur sa méthode de calcul est choquant. Prenons l'un de ces secteurs, le sucre par exemple, soumis aujourd'hui à un droit de douane de 110 %. Les propositions Mandelson feraient baisser ce droit à 50 % environ, à supposer que le sucre ne bénéficie pas de la clause de « produits sensibles ». Mais le sucre jouit aussi de subventions, et le tout catapulte le prix européen du sucre à près de trois fois le prix mondial. On voit mal le sucre en grand danger dans un pareil contexte ! Quant aux autres produits cités par le ministère, ils profitent en plus de normes sanitaires dont nombre sont de purs mécanismes de protection. L'affaire est encore plus désastreuse car elle va à l'encontre des intérêts bien compris de l'agriculture française. Parce que ses agriculteurs sont parmi les plus efficients en Europe, la France a intérêt à une réduction plus importante des subventions que celle annoncée par Peter Mandelson. En effet, ces subventions font subsister des productions inefficientes dans d'autres pays européens, réduisant les ventes européennes des agriculteurs les plus efficients. En d'autres termes, la préférence communautaire, censée réserver le marché européen aux agriculteurs français, ne leur laisse que le marché français, « hypersaturé ». Réduire les subventions aurait un autre effet intéressant. Ces dernières semaines, des agriculteurs se sont déclarés prêts à accepter la suppression des subventions si les prix à la production étaient plus élevés. Or le premier moyen pour accroître ces prix est de réduire les subventions qui dépriment les prix en favorisant la surproduction. Toute cette histoire soulève deux questions. Premièrement, pourquoi les industriels et producteurs de services français se laissent-ils prendre en otages sans réagir ? Ils ont beaucoup à perdre dans cette affaire. Un échec à Hong Kong aura un seul effet certain : il accélérera les accords régionaux auxquels songent l'Inde et ses voisins, la Chine et ses voisins, et les Amériques. Les Européens seront alors marginalisés pour longtemps, dans ces immenses marchés à potentiels fabuleux. Le temps où le régionalisme jouait pour l'Europe est bien révolu. Pour les Européens, la réunion ministérielle de Hong Kong est un moment décisif où doit être gagnée la bataille pour une ouverture non discriminatoire des marchés mondiaux. Si ce n'est pas fait maintenant, cela ne le sera pas avant plusieurs décennies. Deuxièmement, l'équation politique de la réforme et de l'ouverture de l'agriculture française est plus favorable qu'il n'y paraît si l'on traite différemment grandes et petites exploitations. Seules les premières devraient contribuer à la réduction des subventions internes. Si l'on prend en compte cet aspect essentiel, il est possible à la fois d'ouvrir l'agriculture française au monde - et le reste du monde aux produits (industriels et agricoles) et services français - et d'assurer un meilleur équilibre social entre grands et petits agriculteurs. PATRICK MESSERLIN est professeur à Sciences po, où il est directeur du Groupe d'économie mondiale (GEM) |
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Analyse
libérale des émeutes |
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Emeutes
urbaines : D’abord, rétablir l’ordre, ensuite
changer la philosophie A l’évidence,
nous pouvons, sans grand risque, évoquer la participation massive
de français issus de l’immigration dans les saccages et vandalismes
de ces derniers jours. Rachid
KACI |
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L’état Providence est mort, vive l’Etat ! D’habitude,
un Etat, ça impressionne et ça impose le respect. Défini
par Hobbes comme un Léviathan, l’Etat rend possible les relations
entre les individus en canalisant les peurs que ceux-ci ont l’un
de l’autre pour faire respecter l’ordre : l’Etat tout
puissant est une menace, mais il est une menace moindre que celle d’une
société où la guerre de tous contre tous serait perpétuelle.
Il sert donc de rempart aux individus qui font un pacte ensemble pour
échapper à une mort certaine, mort susceptible d’être
causée par nos voisins à n’importe quel moment. L’état,
et cette fois-ci, c’est Locke qui parle, protège la propriété
des individus et rend possible la jouissance des fruits de leur travail,
sans quoi, ces mêmes voisins ne manqueraient pas de venir piller
nos biens et nous n’aurions plus aucun intérêt pour
le travail. « Une commission
d’experts, pour des mesures d’enfer, Combien de temps
ce système peut-il durer ? Combien de temps peut-on continuer à
niveler la société par le bas, en redistribuant à
perte le peu de valeur ajoutée créé par les actifs
dont les voitures n’auront pas été brûlées
(c’est-à-dire ceux qui peuvent continuer à se rendre
au travail) ? Jean-Paul Oury |
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Les
syndicats de la SNCF lancent encore un mot d'ordre de grève ! Les comptes de
la SNCF font peur ! Heureusement les Français sont tranquilles
car ils ne s'y intéressent pas et la SNCF publie de jolis contes
pour les bercer dans leurs illusions au lieu de les afficher clairement.
Cependant, l'IFRAP a déniché le véritable chiffre
d'affaires de la SNCF. Il est révélé à la
ligne produit des trafics (l'expression est vraiment justifiée
!) publiée dans le Mémo Stat du contrôle de gestion
central de la SNCF alors qu'il aurait dû figurer en première
ligne des comptes certifiés. Jean-Pierre Chevallier |
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L’Alberta
ou les fruits de la liberté
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