La réunion du Cercle Libéral des Alpes Maritimes s’est tenue le mercredi 15 février à la permanence de l'UMP de Cannes (BD. Carnot)
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A signaler la chronique de résistance de notre ami, Jean-Louis Caccomo


Le temps de l’indécision

Partout dans le monde où le modèle de l’économie dirigiste a été imposé aux peuples hébétés qui n’avaient rien demandé, on a vu sans aucune exception la tyrannie et le sous-développement détruire les sociétés élues. Et c’est peut-être la seule règle qui ne tolère aucune exception. A ne pas admettre une fois pour toutes cette vérité historique trop longtemps refoulée, on prend le risque de prolonger chez nous le temps de l’indécision qui a déjà trop duré.


Le taux de croissance effective de la France en 2005 ne dépassera pas les 1,4 % observés au grand étonnement de dirigeants qui avaient basé leur politique sur des estimations de taux de croissance supérieures à 2%. Ce n’est pas grave, on est reparti sur des prévisions de croissance en 2006 toutes aussi loufoques sans prendre conscience que ce manège dure depuis deux décennies. Heureusement, M. Jospin revient avec un grand dessein pour la France…
Ce qui m’étonne, moi qui ne suis pas un expert officiel, mais seulement un modeste économiste de province, ce n’est pas la performance réalisée mais la prévision officielle qui fait fi de toutes les analyses et de tous les enseignements élémentaires des modèles dynamiques. Depuis de longues dates, nous savons que la France est dans une situation de sous-capitalisation, qui résulte elle-même d’un sous-investissement chronique et d’une épargne mal utilisée (notamment en raison de la nationalisation du système bancaire dans les années 80). Les données structurelles sont telles que le taux de croissance structurel de la France (et de la zone euro) oscille autour de 1,5 %. Ce sont les chiffres que je donne à mes étudiants depuis bientôt 15 ans…[1]. Cela signifie que la croissance française ne peut durablement s’écarter de ce taux de croissance alors que le taux de croissance structurelle aux U.S.A. est plutôt entre 4 et 5 % (de sorte que 3% de croissance aux USA est une contreperformance même si c’est le double de la croissance française).
Si l’on veut agir sur le taux de croissance structurel, il faut agir sur ces données structurelles qui le conditionnent (démographie, capital humain, technologie, innovation, institution, constitution). Et seules des réformes structurelles sont de nature à modifier l’environnement structurel. Or, la classe politique actuelle française, à droite comme à gauche, a démontré son incapacité à faire émerger un candidat de la réforme, un candidat qui soit porteur d’un projet susceptible de stopper le processus déclin économique et de dérive des comptes publics et sociaux à l’origine de ce déclin.

On ne peut être désillusionné que si l’on s’aveugle volontairement d’illusions. « Changer le monde », « changer la société », voilà la fibre qui anime la plupart de nos leaders politiques. Mitterrand proposer de « changer la vie » et Chirac de réparer la « fracture sociale ». De tels slogans, apparemment séduisants, sont en fait vides de sens. Et ils deviennent bien dangereux lorsqu’ils sont motivés par la haine de l’économie, le déni de la réalité et, en fin de compte, le rejet de l’homme lui-même. C’est bien le rêve de tout dictateur de produire un « homme nouveau ». Ne pas accepter la nature humaine telle qu’elle est, c’est bien vouloir changer l’homme.
A l’heure des manipulations génétiques et de la technologie du clonage, ce programme politique est tout simplement effrayant. Qui servira de référence ? Qui a la prétention de connaître et d’imposer les recettes miracles d’un monde meilleur ? L’économie de marché n’est pas une utopie, elle est un fait. Elle n’est pas un état optimal, elle est un processus perfectible qui se propose d’exploiter les inévitables vices privés pour en faire des vertus collectives. L’économie de marché n’est imposée par personne. Elle se développe spontanément à partir du moment où la liberté individuelle est reconnue. C’est pour cette raison qu’elle ne prétend en aucune manière fournir des solutions parfaites. Elle laisse donc les hommes libres de trouver des solutions effectives et toujours provisoires.

C’est le modèle d’une économie planifiée et centralisée, guidée par des « planificateurs et des juristes bienveillants qui maximisent le bien-être social » qui est une utopie dangereuse que certains cherchent à imposer aux hommes comme étant la solution parfaite une fois pour toutes. Ils n’ont pas d’autre choix que de recourir à la force totalitaire, au parti unique et la propagande car aucune économie dirigée ne peut se conjuguer avec la liberté individuelle.
Partout dans le monde où le modèle de l’économie dirigiste a été imposé aux peuples hébétés qui n’avaient rien demandé, on a vu sans aucune exception la tyrannie et le sous-développement détruire les sociétés élues. Et c’est peut-être la seule règle qui ne tolère aucune exception. A ne pas admettre une fois pour toutes cette vérité historique trop longtemps refoulée, on prend le risque de prolonger chez nous le temps de l’indécision qui a déjà trop duré.