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Violences
urbaines : Les violences qui
ont démarré le 27 octobre dernier à Clichy-sous-Bois
sortent de l’ordinaire, par leur extension à d’autres
quartiers, par leur durée, par l’importance des désastres. Le dispositif a permis de montrer la vivacité croissante du phénomène et de dégager quelques tendances d'évolution. En 1991, nous repérions une centaine de points chauds, parmi lesquels quarante, plus gravement atteints, étaient le théâtre de violences contre les policiers ; en octobre 2000, ils étaient respectivement plus de huit cents et plus de cent soixante. Les modes opératoires ont durci : usage d'armes à feu lors de rixes entre bandes, réserves de projectiles et de bouteilles incendiaires, banalisation des guets-apens contre la police, montée des trafics qui transforment les territoires en zones de non-droit. Dès 1995, avec l'apparition des portables, la violence a débordé des quartiers d'origine : incidents dans les centres-villes, affrontements armés entre bandes, raids contre des lycéens lors de manifestations. Depuis 1997, des émeutes ludiques, dénuées d'incident déclencheur, éclatent lors des fêtes de fin d'année et du 14 Juillet. Enfermés dans une même contre-culture des banlieues basée sur le ressentiment et une haine attisée par l'actualité internationale, les casseurs potentiels s'exercent au quotidien, cultivent la contestation de la République et de ses institutions, propagent et entretiennent des rumeurs et des stéréotypes, ressassent les analyses explicatives de la violence qui les exonèrent de toute responsabilité personnelle. Quand le signal de la fête est donné, que les derniers verrous ont sauté, quasiment assurés de l'impunité, ils se lancent à coeur joie dans une aventure d'autant plus excitante qu'elle a l'air martiale (ce qui n'est que fausse apparence, car les déploiements massifs de forces ont pour seul objectif de permettre des interventions dénuées de risques pour les émeutiers). Les événements
actuels s'inscrivent dans ces grandes tendances. Tous les quartiers qui
s'embrasent étaient répertoriés comme difficiles.
Aucune des exactions commises n'est nouvelle en soi. Ainsi que le laissaient
augurer les émeutes ludiques, des violences éclatent ici
et là simultanément, sans être déclenchées
par un événement local. Toujours à l'oeuvre, le nationalisme
joue un rôle d'émulation. La malchance a joué : alors que, au bout de trois jours, l'émeute de Clichy-sous-Bois allait se calmer, des solidarités autres que purement territoriales se sont éveillées, après l'explosion d'une grenade lacrymogène devant l'entrée d'une salle de prière. Le regain de nervosité a fait durer un phénomène qui était déjà abondamment présent à la télévision (seul média, avec Internet, qu'on puisse sérieusement accuser de favoriser la contagion). La médiatisation télévisuelle est montée en puissance. Elle a été très orientée sur le rappel de problèmes sociaux qui, pour être réels, ne devraient tout de même pas être mis dans la balance pour justifier des exactions criminelles en cours. Une fois encore, la télévision a joué le rôle de tam-tam battant le rappel des troupes. Par le passé, des envolées persistantes de violences disséminées ont ainsi eu lieu à la faveur de polémiques politiques ou de matraquages médiatiques, comme en juin 1995, lors d'une campagne pour les municipales, où les débats avaient été centrés sur la «préférence nationale» et sur l'insécurité, ou, en octobre 1997, après le colloque de Villepinte sur l'insécurité, prétexte à de nombreux reportages sur la violence. Enfin et surtout,
toujours avec l'appui de la télévision, les événements
ont été instrumentalisés par les ennemis politiques
du ministre de l'Intérieur, qui ont ressassé les termes
de «racaille» et de «karcher», sans jamais les
replacer dans leur contexte (le décès d'un enfant victime
d'un règlement de comptes entre bandes à La Courneuve),
ni préciser qu'ils ne désignaient qu'une infime minorité
de délinquants et non toute une population respectable. Ainsi caricaturés,
ces mots sont devenus un cri de ralliement pour des casseurs potentiels
déjà fascinés par des images de violences. En optant pour la
division face à la violence, plusieurs personnes bien placées
pour faire passer des messages télévisuels forts ont ainsi
pris le risque de souffler sur des braises qui auraient normalement dû
s'éteindre plus rapidement. Article
de Lucienne Bui Trong, |
«
L’arroseur arrosé » Que n’a-t-on pas entendu à propos de l’Amérique lorsque les caméras montraient ces pilleurs dévaliser des magasins après le passage du cyclone Katrina ? Nos journalistes ne sont-ils vraiment pas conscients de la façon dont eux-mêmes ils tombent systématiquement dans l’hystérie anti-américaine dès qu’il s’agit de traiter un fait outre-atlantique, ne ratant aucune occasion de faire le procès du modèle américain ? Pendant qu’ils consacrent leur énergie à annoncer la débâcle du modèle américain, ils ne voient même plus le cyclone plus insidieux qui est en train de dévaster notre pays. Les banlieues s’enflamment, le modèle social français est déliquescent mais les experts s’enfoncent dans les mêmes lieux communs tandis que la classe politique s’étripe au lieu de faire face. A quelques semaines d’intervalles, la France a connu les mouvements corses liés à l’affaire de la SNCM, les grèves des transports à Marseille et les violences urbaines dans les banlieues parisiennes. Il y a un point commun à tous ces tristes évènements. Ils révèlent à quel point les acteurs du « dialogue social » sont jusqu’au-boutistes, et fondamentalement irrespectueux de l’Etat de droit. En France, la revendication tient lieu de dialogue et la violence se substitue aux arguments. On invoque à longueur de journée l’Etat, l’Etat, l’Etat ! Mais de quel Etat parle-t-on, quel Etat sollicite-t-on ? Celui qui nous distribuera des revenus, des emplois, des aides, des droits miraculeusement acquis par la magie du décret public ? Ou l’Etat de droit, le garant et l’arbitre de l’équilibre nécessaire entre les droits (créances) et les devoirs (dettes), sans lequel aucune économie et aucun tissu social ne peuvent prospérer durablement. Le premier est une chimère qui entretient des illusions dangereuses et des désillusions dévastatrices. Le second est indispensable. En dévoyant
le second pour faire exister le premier, notre pays prétend fournir
au monde entier un « modèle social » unique en son
genre au nom d’un refus de la mondialisation sauvage. C’est
pourtant dans notre pays que le dialogue social - tout comme l’ascenseur
social - est en panne, laissant libre cours aux comportements les plus
sauvages. Au lieu d’être la menace ultime, mise en œuvre
en dernier cours, la grève est devenue un réflexe préventif
dont la collectivité dans son ensemble fait chaque jour les frais.
Quant à la guérilla urbaine, rien ne peut l’excuser.
Et contrairement à ce que colportent les analystes et commentaires
largement médiatisés qui dénoncent à longueur
d’ondes l’absence de politique sociale ou de politique de
la ville ambitieuse, ces évènements mettent précisément
en question l’efficacité illusoire de l’action publique
en ce domaine surtout si elle est conduite en dehors de tout réalisme
économique. La chronique de Jean-Louis Caccomo,
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«Entre
intégration économique Seule la croissance
économique, elle-même génératrice d’emplois
constitue le meilleur vecteur d’intégration dans ces banlieues
où le taux de chômage frôle les 30%. S’attaquer
aux racines de ce fléau par des mesures libérales reviendrait
à réduire cette fracture sociale synonyme de misère,
d’échec scolaire, d’exclusion et donc de violence.
le
billet d’humeur de Bruno Pineau Valencienne, |
Un Parlement en cendres Compte tenu notamment de son moindre coût par rapport à l’inhumation, la crémation est à la mode. Mais, que deviennent les cendres ? La législation actuelle prévoit que l’urne cinéraire peut être conservée dans une propriété privée ou bien, dans certaines conditions, que les cendres puissent être dispersées. Monsieur Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste ("Crémation : pourquoi il faut légiférer", Le Figaro, 1er novembre 2005), a déposé une proposition de loi sur le statut et la destination des cendres des personnes dont le corps a fait l’objet d’une crémation. En effet, explique-t-il, les cendres doivent être considérées « avec dignité et décence ». Elles doivent donc être déposées dans des espaces publics ou dispersées dans la nature, mais après déclaration préalable en mairie. M. Sueur s’élève contre l’ordonnance du 28 juillet 2005 qui a ouvert la possibilité aux communes de créer des sites funéraires, à l’extérieur des cimetières, par gestion déléguée à des sociétés privées. Il s’insurge contre ce premier pas vers la «privatisation des cimetières». Ainsi, il ne se passe pas de semaine sans qu’un parlementaire y aille de sa proposition de loi qui, sous les prétextes les plus divers, entend en réalité réduire davantage les libertés. Les raisons profondes de la proposition Sueur, édulcorées à dessein dans l’article précité mais patentes dans sa proposition de loi du 7 juillet, ne sont guère difficiles à percer : - l’objet est
de miner la famille, entreprise de sape poursuivie avec application par
les socialistes depuis des décennies. En effet, il est inacceptable
à leurs yeux que des « corps intermédiaires »
s’immiscent entre l’Etat débonnaire et les individus
(pardon ! les citoyens) ; Supposons que la
proposition Sueur soit votée et qu’elle soit jugée
conforme à la Constitution (que viendrait faire dans le Code civil
le neutron législatif suivant : les restes humains « doivent,
en toute circonstance, être considérés avec dignité
et décence » ?) , elle sera, comme toutes les propositions
de ce type, inapplicable. En effet, rien n’empêchera les familles
de déclarer préalablement qu’elles disperseront dans
la nature les cendres… tout en les conservant chez elle ! On voit
mal les agents de la force publique pénétrer dans les demeures
et dans les alcôves pour s’assurer du bon respect de la législation
! Le harcèlement textuel et la paperasserie bureaucratique auront
cru, voilà tout, au dépens du droit de propriété.
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Une
grande école d'économie socialiste (à vos frais !) Les universités
françaises ne peuvent rivaliser avec les grandes universités
étrangères. Universitaires français, nous avons souvent
fait ce constat et nous en connaissons les raisons : refus des financements
privés, refus de la concurrence, refus de la privatisation, refus
de la sélection des étudiants et du libre choix des enseignants.
C’est vrai dans toutes les disciplines, et plus encore dans les
sciences humaines, et surtout en économie, science jeune et exigeante. Jacques Garello |
Economiquement
incorrect
Eric
Le Boucher, rédacteur en chef-éditorialiste au journal Le
Monde publie « Economiquement incorrect » chez Grasset. Il
y décrit avec justesse la situation économique mondiale,
le succès de la Chine et de l'Inde, l'hyperpuissance américaine,
assise sur une supériorité dans les sciences et les technologies
et le déclin de l'Europe…et de la France. |
Le
cercle de Gironde organise un dîner-débat Réunion
du cercle de Mantes (Yvelines) Réunion
du cercle du Puy de Dôme Les
cercles libéraux de Paris invitent Claude Goasguen |