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L’arroseur arrosé » Que n’a-t-on pas entendu à propos de l’Amérique lorsque les caméras montraient ces pilleurs dévaliser des magasins après le passage du cyclone Katrina ? Nos journalistes ne sont-ils vraiment pas conscients de la façon dont eux-mêmes ils tombent systématiquement dans l’hystérie anti-américaine dès qu’il s’agit de traiter un fait outre-atlantique, ne ratant aucune occasion de faire le procès du modèle américain ? Pendant qu’ils consacrent leur énergie à annoncer la débâcle du modèle américain, ils ne voient même plus le cyclone plus insidieux qui est en train de dévaster notre pays. Les banlieues s’enflamment, le modèle social français est déliquescent mais les experts s’enfoncent dans les mêmes lieux communs tandis que la classe politique s’étripe au lieu de faire face. A quelques semaines d’intervalles, la France a connu les mouvements corses liés à l’affaire de la SNCM, les grèves des transports à Marseille et les violences urbaines dans les banlieues parisiennes. Il y a un point commun à tous ces tristes évènements. Ils révèlent à quel point les acteurs du « dialogue social » sont jusqu’au-boutistes, et fondamentalement irrespectueux de l’Etat de droit. En France, la revendication tient lieu de dialogue et la violence se substitue aux arguments. On invoque à longueur de journée l’Etat, l’Etat, l’Etat ! Mais de quel Etat parle-t-on, quel Etat sollicite-t-on ? Celui qui nous distribuera des revenus, des emplois, des aides, des droits miraculeusement acquis par la magie du décret public ? Ou l’Etat de droit, le garant et l’arbitre de l’équilibre nécessaire entre les droits (créances) et les devoirs (dettes), sans lequel aucune économie et aucun tissu social ne peuvent prospérer durablement. Le premier est une chimère qui entretient des illusions dangereuses et des désillusions dévastatrices. Le second est indispensable. En dévoyant
le second pour faire exister le premier, notre pays prétend fournir
au monde entier un « modèle social » unique en son
genre au nom d’un refus de la mondialisation sauvage. C’est
pourtant dans notre pays que le dialogue social - tout comme l’ascenseur
social - est en panne, laissant libre cours aux comportements les plus
sauvages. Au lieu d’être la menace ultime, mise en œuvre
en dernier cours, la grève est devenue un réflexe préventif
dont la collectivité dans son ensemble fait chaque jour les frais.
Quant à la guérilla urbaine, rien ne peut l’excuser.
Et contrairement à ce que colportent les analystes et commentaires
largement médiatisés qui dénoncent à longueur
d’ondes l’absence de politique sociale ou de politique de
la ville ambitieuse, ces évènements mettent précisément
en question l’efficacité illusoire de l’action publique
en ce domaine surtout si elle est conduite en dehors de tout réalisme
économique. La chronique de Jean-Louis Caccomo,
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