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Une
grande école d'économie socialiste (à vos frais !)
Les universités
françaises ne peuvent rivaliser avec les grandes universités
étrangères. Universitaires français, nous avons souvent
fait ce constat et nous en connaissons les raisons : refus des financements
privés, refus de la concurrence, refus de la privatisation, refus
de la sélection des étudiants et du libre choix des enseignants.
C’est vrai dans toutes les disciplines, et plus encore dans les
sciences humaines, et surtout en économie, science jeune et exigeante.
Fort heureusement, notre gouvernement veille au grain. Nous avions été
alertés dès le mois de juin par le projet de création
d’une « Ecole d’Economie de Paris ». Celle-ci
devait permettre de « disposer d’une école qui se situera
d’emblée au premier rang européen ». Selon le
premier ministre, Dominique de VILLEPIN, cela nous permettra de «
jouer dans la cour des grands ».
Le projet est ambitieux Il s’agira en fait d’une école
doctorale (et non d’une université) qui rassemblera 300 enseignants-chercheurs
et 900 étudiants et devrait être opérationnelle à
la rentrée 2007. L’université Paris I (bien sûr
pas Paris II, trop à droite) le Cnrs, évidemment, l’Inra,
l’école des Ponts et Chaussées et quelques autres
établissements participeront à ce « campus de recherche
».
Sur le champ nous n’avions pas compris l’intérêt
de cette « école publique » supplémentaire.
Pourquoi créer un nouvel établissement bureaucratique, une
administration publique qui n’aura aucune des qualités nécessaires
pour soutenir une vraie concurrence internationale ? Pourquoi ne pas renforcer
plutôt les universités existantes, qui sont dans un état
de sous-développement et en profiter pour les ouvrir à la
concurrence et les décentraliser ?
Si nous abordons ce sujet cette semaine, c’est parce que nos amis
de Contribuables Associés sur leur site, ont soulevé un
lièvre. Ils ont mis l’accent sur deux aspects qui n’étaient
pas précisés au moment de l’annonce de la création
de l’école. Le premier, c’est que cette école
sera dotée d’une enveloppe initiale de 10 millions d’euros.
C’est une somme non négligeable, dont aucune faculté
d’économie ne dispose. Et cela au moment où l’on
parle de rigueur budgétaire !
Le second aspect est encore plus intéressant. C’est que ce
gouvernement de droite (paraît-il - en tous cas sûrement pas
libéral), a confié la direction de l’école
à un jeune économiste qui s’appelle Thomas PIKETTY.
Celui-ci est bien connu car il sait soigner sa communication. Il est,
entre autres, chroniqueur à Libération et rédacteur
de notes pour le parti socialiste, ce qui à l’évidence
le qualifie pour diriger cette grande école d’économie…
socialiste sûrement.
De plus, ses travaux portent pour les trois quarts sur la redistribution
des revenus et les impôts et sa proposition essentielle consiste
à demander des augmentations d’impôts, pour réduire
les « inégalités » et à protester contre
les baisses d’impôts. C’est ainsi qu’il voit la
baisse de l’impôt sur les successions comme « médiocre,
populiste et sans envergure ».
Mais il aura un adjoint, tout aussi libéral, Daniel COHEN, spécialiste
des pays sous-développés et conseiller de Dominique STRAUSS-KAHN.
Il dirige le « centre d’études prospective d’économie
mathématique appliquées à la planification »
(comme le fait remarquer Contribuables Associés, il n’y a
qu’en France qu’on peut imaginer un tel organisme financé
par le contribuable).
Bien entendu, comme le dit Contribuables Associés, « aucun
des promoteurs de cette école n’a la moindre expérience
des entreprises et a fortiori de celles qui créent des emplois
en France, les PME. Inutile d’attendre de cette école d’économie
de Paris des propositions compétentes et constructives pour la
création d’entreprises, pour le développement d’emplois
dans le secteur privé et donc la réduction du chômage
».
Evidemment, il ne serait pas venu à l’idée du gouvernement
de proposer la direction de l’école à un économiste
libéral. Il est vrai - nous sommes bien placés pour le savoir-
qu’ils sont peu nombreux en France. Mais il est tellement naturel
pour ce gouvernement de faire appel à des économistes de
gauche que personne, hors Contribuables Associés et nous, n’a
réagi contre ce scandale. 10 millions pour financer une école
d’économie dont le thème principal sera d’augmenter
les impôts, voilà qui va sûrement ravir les contribuables.
Jacques
Garello
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