Un Parlement en cendres Compte tenu notamment de son moindre coût par rapport à l’inhumation, la crémation est à la mode. Mais, que deviennent les cendres ? La législation actuelle prévoit que l’urne cinéraire peut être conservée dans une propriété privée ou bien, dans certaines conditions, que les cendres puissent être dispersées. Monsieur Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste ("Crémation : pourquoi il faut légiférer", Le Figaro, 1er novembre 2005), a déposé une proposition de loi sur le statut et la destination des cendres des personnes dont le corps a fait l’objet d’une crémation. En effet, explique-t-il, les cendres doivent être considérées « avec dignité et décence ». Elles doivent donc être déposées dans des espaces publics ou dispersées dans la nature, mais après déclaration préalable en mairie. M. Sueur s’élève contre l’ordonnance du 28 juillet 2005 qui a ouvert la possibilité aux communes de créer des sites funéraires, à l’extérieur des cimetières, par gestion déléguée à des sociétés privées. Il s’insurge contre ce premier pas vers la «privatisation des cimetières». Ainsi, il ne se passe pas de semaine sans qu’un parlementaire y aille de sa proposition de loi qui, sous les prétextes les plus divers, entend en réalité réduire davantage les libertés. Les raisons profondes de la proposition Sueur, édulcorées à dessein dans l’article précité mais patentes dans sa proposition de loi du 7 juillet, ne sont guère difficiles à percer : - l’objet est
de miner la famille, entreprise de sape poursuivie avec application par
les socialistes depuis des décennies. En effet, il est inacceptable
à leurs yeux que des « corps intermédiaires »
s’immiscent entre l’Etat débonnaire et les individus
(pardon ! les citoyens) ; Supposons que la
proposition Sueur soit votée et qu’elle soit jugée
conforme à la Constitution (que viendrait faire dans le Code civil
le neutron législatif suivant : les restes humains « doivent,
en toute circonstance, être considérés avec dignité
et décence » ?) , elle sera, comme toutes les propositions
de ce type, inapplicable. En effet, rien n’empêchera les familles
de déclarer préalablement qu’elles disperseront dans
la nature les cendres… tout en les conservant chez elle ! On voit
mal les agents de la force publique pénétrer dans les demeures
et dans les alcôves pour s’assurer du bon respect de la législation
! Le harcèlement textuel et la paperasserie bureaucratique auront
cru, voilà tout, au dépens du droit de propriété.
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