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Je
suis un libéral, oui mais…
Introduire plus de flexibilité dans les contrats de travail améliore
la réactivité des entreprises aux variations conjoncturelles,
ce qui est a priori positif et très libéral, mais les entreprises
n’embauchent pas davantage de salariés si la demande faiblit.
Or le niveau de l’activité des entreprises en France dépend
d’abord et avant tout… de la croissance du PIB des Etats-Unis
avec un décalage de 6 mois. En effet, la locomotive est américaine
et les wagons européens suivent tant bien que mal (avec une certaine
inertie), alourdis par le poids du secteur public qui représente
plus de 50 % du PIB dans la plupart d’entre eux.
Comme la croissance du PIB des Etats-Unis est régulée par
les taux de la Fed, en les relevant à 4,5 % au dessus de leur neutralité
(3 %), les membres du FOMC ont provoqué l’inversion de la
courbe des taux préludant à un très fort ralentissement
de la croissance du PIB qui s’est déjà manifesté
au 4° trimestre 2005 (avec 1,1 %) et qui s’accentuera dans les
6 mois à avenir. En France, la croissance du PIB au 4° trimestre
2005 dépendait de celle du 1° trimestre aux Etats-Unis, qui
était alors forte mais normale (3 à 4 %). Elle sera plus
faible dans les mois à venir, et les risques d’une récession
sont maintenant très élevés.
En introduisant davantage de flexibilité dans le marché
du travail, le gouvernement va faciliter les licenciements de ces emplois
au cours de ces prochains mois, c’est à dire juste avant
les élections présidentielles, ce qui est le meilleur moyen
de faire élire ses adversaires !
Raymond Barre, alors qu’il était Premier ministre choisi
par Giscard, a mené une politique qui a permis aux Français
d’avoir le niveau de vie relatif le plus élevé de
l’après guerre : au 9° rang mondial alors qu’il
est tombé au 16° rang après 25 ans de gouvernements
de gauche antilibéraux. Que faudrait-il faire maintenant ? La réponse
est très simple… Comme tous les cancres, il suffit de copier
sur le meilleur élève de la classe économique : l’Irlandais
et de supprimer les prélèvements obligatoires qui portent
sur les revenus du travail.
C’est à cette seule condition que la croissance d’une
nation peut se démarquer de celle des Etats-Unis et être
plus performante. En effet, en supprimant le monopole de la Sécurité
Sociale, de l’assurance chômage et des caisses publiques de
retraite, l’effet serait triple : le poids du secteur public diminuerait,
la productivité des organisations fournissant des prestations analogues
augmenterait et les personnes qui travaillent gagneraient enfin de l’argent
qu’elles pourraient utiliser selon leur volonté, ce qui augmenterait
la demande qui pourrait alors être modérée par un
relèvement de la TVA à 21 % qui remplirait les caisses publiques.
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Les pays scandinaves
ne doivent pas leur richesse à la flexibilité du marché
du travail. Dans certains d’entre eux, le niveau de vie relatif
a peu décliné au cours de ces dernières années
parce qu’ils ont diminué le taux de leurs prélèvements
obligatoires : entre 1983 et 2005, il est passé en Suède
de 73 % à 57 %, en Finlande de 64 % à 51 % et au Danemark
de 61 % à 54 %. En Irlande, il est tombé de 45 % à
35 %, ce qui explique le bond du Tigre celtique.
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Le niveau ce culture
économique et financière des Français est dramatiquement
nul (y compris dans le microcosme libéral), ce qui leur est fatal
! En effet, personne ne dénonce avec pertinence cette erreur monumentale
qu’est ce plan pour l’emploi. Le libéralisme ne consiste
pas à privatiser les rues et les routes ni à réciter
de grands principes éculés. Un minimum de réflexion
juste s’impose…
Raymond Barre a dit un jour : je suis un libéral, oui mais pas
un libéral à la con. C’est le seul écart connu
de cet économiste distingué réputé pour son
langage particulièrement châtié. Le libéralisme,
c’est simple, ça marche, oui mais un grand nombre de mécanismes
simples et disparates sont mis en jeu, ce qui finit par devenir complexe.
Beaucoup de gens se trompent en voulant adopter des mesures qui paraissent
libérales mais qui provoquent des catastrophes. Ainsi en est il
avec ce plan pour l’emploi lancé par le gouvernement .
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La réussite
de l’Irlande s’explique par le fait que des business économistes
comme Dermot McAleese ont fourni les analyses justes qui ont été
reprises par un petit parti libéral qui a persuadé les dirigeants
du parti majoritaire de les adopter, ce qui a transformé en quelques
années le vilain petit canard en un Tigre celtique bondissant.
La flexibilité du marché du travail joue à plein
son rôle positif en cas de croissance, mais les effets négatifs
sur l’emploi sont considérables en cas de récession.
Aux Etats-Unis, de 2001 à 2003, plus de 2,5 millions d’emplois,
en net, ont été supprimés ! mais tout est reparti
très rapidement (le taux de chômage est inférieur
à 5 %) après la relance de l’économie par la
baisse des impôts et des taux de la Fed. En Irlande, le taux de
chômage était de 16 % en 1985. Il est tombé à
moins de 5 % et la croissance a été de 5,6 % en moyenne
pendant ces 20 années.
Il serait possible de retrouver de tels taux de croissance en France en
adoptant une politique économique libérale pertinente et
non pas celle prônée par des économistes… comme
ceux qui sont décriés par Raymond Barre. Comme le niveau
de productivité par heure travaillée en France est l’un
des plus élevés dans le monde, en cas de récession,
les entreprises seraient amenées à supprimer ces nouveaux
emplois en masse pour maintenir leur rentabilité car leur situation
financière ne leur permet pas de payer des salariés sans
travailler.
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Des économistes
belges dont Paul Vreymans exposent très clairement sur WorkForAll
de telles analyses qui sont basées en grande partie sur les statistiques
publiées par l’OCDE.
Jean-Pierre
Chevallier
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