« Bravo pour la saine réaction de Sophie de Menthon à la promotion de Viviane Forrester dans l'Ordre National du Mérite. Mais avant d'être promu officier, il faut avoir été nommé chevalier. Qui avait bien pu commettre cette erreur?
Bravo aussi à Yves Chadirac pour son bouquet de citations chiraquiennes. »

Francis WEISS

Lire la contribution de Jean-Jacques MARCHI ( Cercle Libéral de Gironde ) "sur notre trop fameux "service public"

SERVICE PUBLIC, SERVICE AU PUBLIC

« Service public » : en voilà une expression qui fleure bon la France, qui suscite les envolées (nécessairement) lyriques de nos hommes politiques de (presque) tous bords, les larmes (de crocodile) de nos syndicalistes et les cris (pas toujours de joie) des usagers (ne parlez surtout pas de clients !).

Toujours plus fort, voici le « Service public à la française » : le service public que le monde entier nous envie, à ce qu’il paraît. Là, l’effet franco-français est à son comble : la France se trouve enfin rétablie à la place qui est la sienne, celle de phare de l’humanité. Grande mission (elle aussi, de service public ?) : éclairer le monde en chassant les ténèbres libérales.

Voyez l’effet d’annonce : « après la France des Droits de l’Homme, voici maintenant la France du service public ». Chapeau bas, mesdames et messieurs ! Que sont l’électricité, l’électronique, internet, l’aéronautique, l’espace, face à une telle invention ? Broutilles !

Toutefois, modérons quelque peu notre ardeur, juste le temps d’examiner de plus près l’expression de « service public ». « Service public »: c’est donc le service qui est public. Le service ne pourrait donc pas être privé, il serait nécessairement public ? Et pourquoi donc?

J’y vois une explication fort simple : une fois de plus, dans notre pays, on a perdu de vue le but, on ne regarde plus que le moyen. Et naturellement ce moyen public est noble, désintéressé (la preuve : il peut engloutir des sommes colossales chaque année sans être sérieusement inquiété). C’est une pièce du puzzle surnommé « modèle social à la française ». Il doit en conséquence être protégé contre la rapacité des entreprises privées. On peut se demander un instant pourquoi un « rapace privé », supposé sans aucune intention suicidaire, serait intéressé par un « service public » qui est un trou financier sans fond, propre à entraîner son prédateur six pieds sous terre, mais passons : mon propos est ailleurs.

Essayons (un instant, un seul !) de rétablir les choses, concentrons-nous sur le but. Au bout du compte, ce que l’on veut rendre, ne serait-ce pas un service AU public ? Tiens donc, un service au public? Et comment peut-on le rendre, ce service au public ?

On peut le rendre de différentes façons, mais d’abord en commençant par respecter ce public, qui est à la fois contribuable et client, pardon : usager. En abordant la question sans a priori. Et ça, ça change tout : c’est carrément une autre histoire, une histoire qui n’a jamais été racontée en France.

Moralité : restons toujours attentifs à ce que les mots cachent. Les mots sont rarement anodins : entre « service public » et « service au public », il n’y a qu’un seul mot qui change, mais je change de mode de pensée.

Un petit malin rajouterait qu’entre «service public» et «sévice public», il n’y a qu’une lettre de différence…

Jean-Jacques MARCHI