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Banqueroute
Aux Etats-Unis, les charges de retraite sont presque totalement provisionnées car les Américains ont placé une partie importante de leur épargne, qui est considérable (5 000 milliards de dollars dans les caisses d'épargne), dans des fonds de pension (9 000 milliards de dollars) qui sont le seul et unique moyen d'assurer rationnellement et efficacement le financement des revenus des retraités. Ils disposent ainsi de 11 000 milliards de dollars de provisions (avec le fonds public de retraite) équivalant au PIB annuel. Le surendettement
de la France est hors normes, mais d'autres pays de la zone euro sont
dans une situation comparable. Ces dérives sont révélées
dans l'agrégat monétaire M1 qui correspond à l'ensemble
des disponibilités des ménages (l'argent que nous avons
dans nos portefeuilles et sur nos comptes courants). M1 est anormalement
élevé : 3 350 milliards d'euros, en augmentation de plus
de 10 % depuis 2001 alors que la croissance du PIB est de 1 à 2
% en moyenne. Ainsi, 2 000 milliards d'euros environ circulent sans qu'ils
aient pour contrepartie la vente de produits tirés d'un travail.
C'est de l'argent non gagné. Pour l'essentiel, il s'agit d'aides
dites sociales, des salaires de fonctionnaires dont le travail ne crée
aucune valeur réelle supplémentaire et de subventions à
des entreprises publiques. En l'absence de données chiffrées, les charges de retraite peuvent être estimées par extrapolation des comptes certifiés de certaines entreprises publiques qui les ont publiées. Ainsi par exemple, comme le statut des électriciens est identique à celui des gaziers, les charges de retraite d'EDF peuvent être estimées à 70 milliards d'euros par rapport à celles qui sont publiées par GDF et pour le même montant pour la SNCF par analogie avec celles de La Poste. Ce sont ainsi 225 milliards d'euros qui ne sont pas provisionnés dans ces seules quatre entreprises ! La commission Pébereau les évalue à 800 milliards d'euros pour l'ensemble des administrations et des entreprises publiques. Ces données sont concordantes et vraisemblablement très proches de la réalité. A qui la faute ? Les responsables de cette banqueroute généralisée sont nombreux. Ce sont d'abord les dirigeants de ces entreprises publiques et les hauts fonctionnaires des administrations. Ce sont ensuite les hommes politiques des partis qui se sont succédé au pouvoir depuis une trentaine d'années car ils ont accepté de couvrir ces irrégularités. C'est aussi toute la communauté financière française : les dirigeants de la Banque de France, de l'Autorité des Marchés Financiers et des organismes comptables et financiers qui supervisent le système financier français, les banquiers, c'est à dire les dirigeants et les spécialistes des établissements financiers et des sociétés de bourse, les analystes, les experts (!) et les journalistes financiers. Les sociétés de certification et les agences de notation ont perdu une grande partie de leur crédibilité dans cette aventure : Ernst & Young a certifié les comptes de la SNCF et d'eDF avec Deloitte, PricewaterhouseCoopers ceux de La Poste. Standard & Poor's, Fitch et Moody's n'ont pas déclassé la dette de la France et des autres pays alors que ces dérives étaient évidentes, etc, etc. Les universitaires, les chercheurs et autres enseignants sont notoirement totalement incompétents dans ce domaine et toujours hors course… Code de commerce
(Partie Législative) Section 1 : De la banqueroute La dette d'une nation est légitime quand elle finance la construction d'infrastructures qui augmentent la productivité des entreprises, comme par exemple la construction de routes, d'autoroutes, de ponts, de tunnels, etc qui facilitent la circulation des personnes et des marchandises. Dans le cas présent, pour la France et d'autres pays de la zone euro, cette dette publique réelle alimente des revenus qui sont distribués mais qui n'ont pas pour contrepartie la vente de produits tirés d'un travail. Ces revenus sont dépensés. C'est de l'argent non gagné qui circule, qui ne rapportera rien et qui n'augmentera pas la productivité en France. Le général de Gaulle disait que les Français étaient des veaux. La situation a empiré depuis cette époque révolue car ils sont maintenant victimes d'une encéphalite spongiforme qui les touche quasiment tous. Le manque de culture économique et financière élémentaire leur sera fatal. De Gaulle qui avouait ne rien connaître à l'économie, avait eu la sagesse de s'en remettre à des économistes libéraux compétents comme Jacques Rueff, qui ont assuré la prospérité de la France dans les années 60. La propagande antilibérale qui sévit depuis une trentaine d'années a des conséquences qui seront de plus en plus dévastatrices… Jean-Pierre Chevallier |